
Comment parler d’autre chose ? Comment s’intéresser ne serait-ce qu’une seconde à une autre actualité télé ? Aujourd’hui mardi 2 février 2010, l’amateur de séries ne pense qu’à une chose, une seule : Lost. Ce soir, la dernière saison de la série imaginée par J.J. Abrams commence aux États-Unis. L’événement est tel que même la presse nationale hexagonale s’en fait l’écho. Pensez donc, trois ans (au moins) qu’on attend ça. Même Barack Obama a libéré sa soirée pour le plaisir de ses compatriotes. Pas sûr que LA X (le titre de l’épisode, en deux parties) batte des records d’audiences (on devrait difficilement dépasser les 15 ou 16 millions de fans, un excellent score pour Lost, cependant très, très loin des 121,6 millions de fans qui avaient suivi la fin de MASH en 1983), mais en terme d’attentes, on atteint des sommets jamais vus ces dix dernières années.
Qui aurait cru, il y a quatre ans, au cœur d’une seconde saison décriée, à l’heure où on commençait à se dire que Lost était la plus belle arnaque de l’histoire des séries, qu’un tel engouement serait possible ? En deux saisons et demi (en gros, le réveil des scénaristes s’est fait à mi-saison 3, quand ils ont su qu’ils auraient 6 saisons pour boucler leur histoire), la série a su littéralement nous retourner, passer du statut de plus belle arnaque de l’histoire des séries, donc, à celui de… plus belle arnaque de l’histoire des séries, mais au sens positif du terme. Car c’est pour ça qu’on aime Lost, parce qu’on s’y fait balader littéralement, qu’on n’y comprend pas toujours tout, qu’on cherche désespérément à comprendre. Comme les meilleurs films de David Lynch, Lost fascine et égare, nous prend par les émotions et nous pousse à participer, à élaborer nos propres théories. Comme aurait dit l’autre, il doit y avoir plusieurs millions de scénaristes de Lost à travers la planète. Et on sera sans doute “déçus” de la fin de l’histoire, puisqu’elle s’achèvera sans avoir répondu à toutes nos questions.
Depuis un mois, donc, on compte à rebours. Plus que deux semaines, plus qu’une semaine, plus que trois jours, deux, un. Nous y voila. Tous les vilains pirates font chauffer leur Torrent, et même TF1 a prévu d’être dans le coup : dès jeudi, TF1 Vision, le site de VOD de la chaîne, proposera le début de cette sixième saison (épisode qui sera dans la foulée disponible sur ITunes). Du coup, Lost devient un des plus beaux exemples du handicap du PAF, incapable d’être dans un timing satisfaisant côté séries américaines (on ne verra pas Lost sur TF1 avant cet été). Et pose une question majeure : si la VOD finit par attirer les téléspectateurs internautes, notamment en baissant ses prix, qui regardera les séries à la télé ? Sans doute moins de monde. Il faudra attendre au moins cinq ans pour que la situation devienne “problématique.” D’ici là, espérons que la pression populaire poussera les chaînes à diffuser les séries plus rapidement, et en V.O. Le jour du retour de Lost, on a le droit de rêver…
Image de Une : Lost/ABC

séries: critiques, analyses et commentaires




Le samedi à 18h45.
“si la VOD finit par attirer les téléspectateurs internautes, notamment en baissant ses prix, qui regardera les séries à la télé ?”
Les passionnés de séries et le sériephiles se tourneront peut-être vers la VOD, mais le grand public, qui reste largement majoritaire, jamais. Ce public-là n’aime pas la VO et les sous-titres.
assez d’accord avec Nick et aussi avec Pierre. J’ai toujours en tête le buzz de Heroes saison 1 qui était multi-téléchargé, qui arrive avec sur TF1 avec un renfort de pub énorme et qui se plante lamentablement! Le grand public veut de la VF, des trucs pas compliqués, c’est pour ça qu’il regarde CSI. Vous avez remarqué comment TF1 diffuse quasi exclusivement des séries qui sont diffusées sur des chaînes non payantes aux USA?
)
The Mentalist est un carton. Soyons honnête: cette série est agréable mais ne justifie pas cet engouement. Signe d’une baisse des séries de qualité, certes mais aussi que le grand public veut du simple. Même Lost (que je n’aime pas du tout et qui représente toujours à mes yeux et au contraire de ce que dit Pierre une “arnaque scénaristique” à force de n’avoir aucune écriture sur le long terme et de reposer sur des retournements de situation qui sont là pour la coupure pub et les fins d’épisodes) a droit à la case de la “série d’été” . C’est un signe qui ne trompe pas. Les séries sur les chaînes payantes? Eh bien c’est Canal+ en majorité. Etrange miroir. (PS: tous les gouts sont dans la nature donc si vous adorez Lost ne vous sentez pas obligés de m’abreuver de messages haineux, nous sommes entre amis ici
Ton article est une véritable déclaration d’amour à cette série et me fait beaucoup penser à mon propre post sur mon blog. Nous nous rejoignons sur différents points. Il y aura définitivement un avant et un après Lost. Après je peux comprendre que certains aient abandonnés depuis longtemps et je ne les en blâme pas vue la complexité à multi-tiroirs des intrigues. Mais je suis heureuse de ne pas avoir abandonné face à l’ennuyeuse/sans buts saison 2, car cela valait la peine d’en arriver là.
Qui l’aurait crue, six ans auparavant ? Si j’avais su la complexité fantastique que Lost allait être, l’aurais-je regardé ? Et cela aurait été vraiment dommage pour l’addict-raide dingue de ce show.
Une part de moi se sentira orpheline le 23 mai prochain au terme du dernier épisode de cette grande saga lostienne.