Le mobile et l’évolution des usages du transport

 

Shanghai - Globallogisticsmedia.com

Avec la démocratisation de l’internet et l’utilisation accrue des smartphones et autres supports technologiques, les utilisateurs sont à la recherche de services qui se centralisent sur leurs smartphones. Baskets aux pieds et smartphones en poches, ils conçoivent une nouvelle définition de la liberté. Le support mobile est devenu le nouveau « wallet ». L’homme moderne est devenu un « homo mobilis » qui s’adapte aux avancées technologiques qui lui facilitent sa vie quotidienne et sa mobilité physique.

Le NFC dans les transports

Après le paiement sans contact, le titre de transport dématérialisé est une tendance à suivre dans les mois à venir. Le secteur des transports est l’un des premiers à avoir adopté le sans contact avec les titre de transport dotés de puces. En juin 2013, le système de transport nous montrera que nous pouvons aller plus loin. Un échantillon d’usagers du transport en commun de la ville de Strasbourg pourra tester le nouveau mode de paiement et de validation de leur titre de transport par la technologie sans contact. Ce système de « billetterie » sur mobile fonctionne par une application téléchargeable sur smartphone Android compatible NFC. Ce service sera ouvert sur le réseau de tram et de bus fin juin 2013 à Strasbourg. L’utilisateur devra effleurer son mobile à l’entrée dans le bus ou le tram, sur des vignettes compatibles NFC pour valider son titre de transport dématérialisé et embarqué dans son smartphone. Depuis le début de cette année, l’application de cette technologie dans les transports en commun a fait ses preuves dans plusieurs pays dont le Singapour, la Russie, le Japon, le Costa Rica, le Kuwait, la Chine et la Turquie. L’industrie aérienne serait également sur cette piste avec Easyjet qui teste la carte d’embarquement sur mobile à Nice.

L’auto-mobilité

A l’avenir, de plus en plus d’usagers feront usage de leur téléphone mobile pour gérer leurs trajets et anticiper de façon plus efficace leurs déplacements. Deux grandes tendances de fond dessineront le comportement des usagers : l’auto-partage et le co-voiturage. Il n’y a pas de doute que l’état économique et la progression inéluctable du prix du pétrole incitent les usagers à utiliser des moyens de transports alternatifs, notamment dans les grandes villes. La tendance semble indiquer que l’usage de la voiture sans en avoir la propriété surpasse le besoin d’avoir une voiture à titre individuel. L’auto-mobilité s’inscrit dans une logique de « liberté de choisir » son mode de déplacement. La voiture devient un produit de consommation ponctuel quand le besoin se présente et non comme un bien permanent qui engendre des coûts pour le propriétaire. Cette tendance est également le résultat de la prise de conscience des consommateurs des enjeux environnementaux. Prioriser l’auto-mobilité serait une très bonne chose pour la France qui a déjà été sanctionnée par les institutions européennes vu le seuil élevé de l’indice CO2 dans les agglomérations françaises. Dans ce cadre les sites et applications mobiles poussent comme des champignons sur internet pour faciliter l’auto-mobilité. Exemple avec : TwoGo, 123envoiture.

L’inter-modalité

Le paradoxe entre la demande et l’offre sans cesse croissante des outils compatibles et dynamiques sur mobiles, s’explique par un système trop cloisonné. Chaque opérateur de transport propose son application mobile, fournissant une information partielle ne répondant pas au besoin de voyageurs pratiquant désormais l’inter-modalité. L’utilisateur a le besoin d’assurer une continuité dans son trajet  « sans coupure », c’est-à-dire le besoin pour les usagers de pouvoir anticiper leurs trajets en fonction des contraintes des différents réseaux. Le décloisonnement du système permettrait non seulement de répondre à une demande croissante mais optimiserait également la fluidité des transports les plus efficaces. La SNCF a déployé un site de covoiturage à destination des gares, afin de fluidifier au maximum les trajets et d’éviter « la déstructuration des parcours ».

En partenariat avec les opérateurs de télécommunication, le système des transports pourra s’assurer un avenir basé sur l’immédiateté de ses services si les acteurs concernés arrivent à décloisonner leurs systèmes et surpasser les défis de l’open data dans les transports.

 

Sources : lenouveleconomiste.fr, intermodes.com, lecercle.lesechos.fr

 

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Le cercle vicieux du gaspillage alimentaire

Chaque année vous jetez 20 kilos d’aliments par an, soit entre 500 et 1500€ de nourriture encore consommable. Moi aussi. C’est en tout cas ce que révèlent les chiffres 2012 de France Nature Environnement. Impossible ? Non, mais un gaspillage inconscient, plus probablement.

http://www.rue89.com/rue89-planete/2011/12/30/en-suisse-les-freegans-se-nourrissent-de-nos-gaspillages-227935

De prime abord, lorsque l’on parle de gaspillage alimentaire, on pense rapidement à ces poubelles proches des supermarchés qui débordent de nourriture. On pense aussi à cet employé de Monoprix à Marseille qui s’était fait licencier en 2011 alors qu’il récupérait les aliments jetés par la grande surface pour laquelle il travaillait. On pense à ce geste devenu instinctif des employés de la restauration scolaire, qui vident les assiettes des collégiens et lycéens alors que celles-ci sont parfois à peine touchées.

Et on a raison de le penser.

Pourtant le gaspillage, ce n’est pas que « les autres », c’est aussi nous, chaque jour, à la maison comme au supermarché en faisant nos courses.

Comment ? Essayons d’y réfléchir un peu.

Je pousse mon lourd caddy dans le rayon bien rempli de mon supermarché habituel, bien décidée à aller acheter de quoi préparer ma moussaka, considérant que j’ai déjà de la viande hachée dans mon congélateur.

Commençons par les légumes. Quatre aubergines mûres à point, une belle grappe de tomates, quatre oignons. Me voilà devant les étals.

http://www.gpspassion.com

Je choisis avec soin mes aubergines, il faut qu’elles soient longues pour faire de belles tranches. Ca y est je les ai choisies. En fait non, celle-ci est tachetée, elle doit être abîmée, je la repose.

Bien, passons aux tomates maintenant. Cette grappe est parfaite, les tomates sont bien rondes, bien rouges. Je vais prendre deux grappes en fait, les tomates, ça se mange toujours.

Les oignons maintenant, tiens c’est moins cher si je prends un filet de 1kg, parfait, l’affaire est faite.

Arrêtons-nous là tout d’abord.

  • Oui, cette aubergine est tachetée, alors je ne l’achète pas. Et le consommateur derrière moi la poussera sur le côté également. Et les employés la jetteront le soir même parce qu’ils savent que personne n’en voudra.

Cette aubergine pourtant est tachetée, juste tachetée. Ca ne présage pas nécessairement de son mauvais goût. De plus, on mange rarement les aubergines crues, alors une fois bien cuite dans une moussaka, qu’elle soit un peu molle ou tachetée au départ, ça ne changera pas grand-chose à la qualité de notre plat.

  • De la même manière, j’ai pris soin de prendre les plus « belles » grappes de tomates. Parce que quoi qu’on en dise, on le fait tous, naturellement. Nous avons en quelque sorte intériorisé, que beau légume = bon légume. Pourtant, les tomates du potager de votre vieil oncle qui habite à la campagne ne sont pas aussi rouges, pas aussi rondes. D’ailleurs, pas sûr que vous les auriez choisies parmi les autres tomates du supermarché. Pourtant elles, elles ne sont pas traitées.Je prends deux grappes, parce que c’est vrai que des tomates ça se mange facilement : dans un gratin, sur une tarte, une quiche, en salade, farcies. Mais en fait, je n’ai prévu que de faire une moussaka ce soir. Et demain je mange au restaurant, et après-demain j’aurai envie de commander chinois, et après-après-demain j’aurai oublié ces tomates qui « se mangent toujours », et dans une semaine je les retrouverai au fond de mon bac à légumes, immangeables.
  • En tant que consommatrice rationnelle j’ai choisi de prendre un filet de 1 kg d’oignons. Au kilo ça me revenait moins cher, alors suite à un petit calcul « coût-avantage » que j’ai aussi bien intériorisé que « beau = bon », je prends le filet. Mais les oignons, ça reste un condiment, qui se cuisine, qui demande du temps. Du temps, je n’en ai pas toujours, ou je ne le prends pas toujours. Alors ces oignons, je finirai sans doute par les jeter d’ici trois semaines, parce que j’estimerai qu’ils ne sont plus comestibles.

RIP aubergines, tomates, et oignons.

 

 

http://www.georgesbuisset.fr

Reprenons nos courses. Il me faut également de quoi faire une béchamel. Du beurre, du lait … Mince, il me semble bien qu’il reste du beurre dans le frigo, mais en aurais-je assez ? Mieux vaut en prendre dans le doute, ce serait trop bête de devoir aller chez l’épicier du coin s’il m’en manque au dernier moment, surtout que je le paierais au prix fort. Un peu de fromage aussi, du gruyère pour faire gratiner tout ça, et de la mozarella pour donner de l’onctuosité, juste un petit peu, je finirai ce qu’il reste en salade avec les tomates.

Tiens, pendant que je suis dans le rayon des produits frais je vais prendre aussi des yaourts, je n’en ai plus beaucoup. Je commence à pousser tous les paquets afin d’arriver tout au bout de l’étagère, car je ne veux pas gâcher, je n’en mange qu’un par jour donc autant prendre le paquet dont la date de péremption est la plus éloignée. Oh et je vais prendre ces mousses au chocolat, pour le dessert.

Faisons une petite pause.

  • En rentrant chez moi je vais m’apercevoir que j’avais déjà du beurre entamé, et même une plaquette au fond du frigo que j’avais oubliée. Elle doit dater de plusieurs semaines, et mon frigo est petit, alors tant pis, je la jette.
  • En faisant ma moussaka je vais me rendre compte que c’est déjà un plat fort gras, alors je vais y aller doucement sur la mozarella, et n’utiliser qu’une demi-boule de fromage. Ces paquets plein de jus ne sont guère pratiques, d’ici trois jours je le renverserai sans faire exprès, en voulant attraper mon yaourt. Je râlerai, épongerai, et finirai par jeter cette mozarella restante et parfaitement comestible.
  • En rangeant mes yaourts dans mon frigo, je vérifierai la date de péremption de ceux qu’ils me restent. Je les jetterai car celle-ci est dépassée. Je ne vais pas risquer de m’empoisonner alors même que j’en ai des frais, non ? Pourtant, j’avais fait la même chose en les achetant, j’avais prix le paquet de 12 yaourts dont la date de péremption était la plus éloignée.
  • Nous ne sommes que deux à manger ce soir. Mais ma recette de moussaka est pour quatre personnes. Alors je mettrai les restes dans un Tupperware, que je placerai dans le frigo et que je finirai… Pas demain car je vais restaurant, ni après-demain car je mangerai chinois… Et dans trois jours je considérerai sans doute que sa fraîcheur est douteuse, surtout qu’il y a de la viande dedans.

RIP moussaka restante, yaourts, beurre, et mozarrella qui a eu le culot de se renverser dans mon frigo.

 

http://www.gouvernement.fr/

J’ai tout ce qui me faut pour ma moussaka et mon repas de ce soir, mais je vais tout de même faire un tour pour voir si je tombe sur quelque chose qui pourrait m’être utile. Après tout, je ne viens dans cette grande surface à six arrêts de métro de chez moi qu’une fois par semaine, alors autant en profiter.

Je vais acheter beaucoup de choses, qui me font envie sur le moment, parce que je suis dans cette grande surface et que c’est donc une occasion que je n’ai pas le temps de reproduire tous les deux jours, parce que j’ai peur de manquer, parce que je veux faire plaisir à mes proches.

Et chaque année, je jette entre 500 et 1500€ de nourriture, alors même que j’ai horreur de jeter de la nourriture. Et chaque année, vous jetez entre 500 et 1500€ de nourriture, alors même que vous avez horreur de jeter de la nourriture.

Mais nous autres consommateurs ne sommes pas les seuls acteurs de ce gaspillage.

Évidemment, les distributeurs ont bien compris que les consommateurs sont rationnels et exigeants.

Tous les matins les employés jetteront immédiatement tous les produits dont la date de péremption se rapproche dangereusement. Enfin, dangereusement, question de point de vue. Dans beaucoup de grandes surfaces, les employés font un tri drastique tous les matins avant l’ouverture :

- les produits traiteur sont enlevés deux jours avant la date de péremption ;

- la charcuterie est enlevée cinq jours avant la date de péremption ;

- les yaourts sont enlevés six jours avant la date de péremption.

Pourquoi ? Parce que les distributeurs connaissent la technique des consommateurs qui consiste à sélectionner les produits qui se périment dans un long laps de temps, alors ils savent qu’ils ne pourront pas vendre ceux qui se périment dans un ou deux jours. De plus, la plupart des supermarchés font cela, or la concurrence est grande sur le marché de l’agroalimentaire, alors il faut s’aligner.

Par ailleurs, ils n’agréeront que les fruits et légumes aux lignes lisses, à la couleur éclatante, à la « normalité » incontestable. Les fruits et légumes qui ne passent pas le concours d’entrée seront renvoyés à l’envoyeur et devenus invendables après deux trajets en camion.

Par crainte de voir le fruit de leur production leur revenir, les producteurs mettront tout en œuvre pour que leurs légumes soient parfaits : ils seront retouchés pour être d’une taille égale, pas trop gros, beaucoup seront directement écartés car leur forme ne rentre pas dans la norme.

Le diktat de la norme, voire de la beauté, il semblerait que même les légumes n’y échappent pas. Un diktat imposé par les consommateurs, encouragé par les distributeurs, suivi par les producteurs, avec comme résultat principal un gaspillage alimentaire irréaliste et pourtant bien réel.

 

http://nacreates.blogspot.fr/2011/07/un-lapin-dans-le-jardin.html

Mais ne vous sentez pas pour autant affreusement coupable, car en premier lieu les choix que nous effectuons au moment de nos courses en supermarché sont inconscients, ou somme toute rationnels. De plus, il y a également derrière ce gaspillage, une logique économique à laquelle nous n’échappons plus guère aujourd’hui.

Intéressons-nous à ces fameuses dates de péremption. Elles sont anxiogènes pour un bon nombre de consommateurs et certains industriels ne se privent pas d’exploiter cette crainte.

Il faut tout d’abord faire la distinction entre la DLC et la DLUO :

- La DLC correspond à la date limite de consommation. Elle s’applique à tous les produits frais. Une fois cette date dépassée (et elle est généralement courte) on considère que ces produits représentent un risque réel pour la santé humaine.

- La DLUO correspond quant à elle à la date limite d’utilisation optimale, celle que nous apparentons souvent à « consommer de préférence avant le » et que l’on retrouve sur les produits dits plutôt d’épicerie comme les pâtes, le riz, des boîtes de conserve ou encore des céréales.

 

http://vivresimplement.webou.net

Deux problèmes sont liés à ces dates de consommation.

Tout d’abord, la DLUO ne correspond en fait … pas à grand-chose. Un paquet de pâtes aura une date de DLUO portant son existence à environ cinq ans. Alors qu’en réalité, on pourrait encore les cuisiner d’ici 25 ans et peut-être plus. Les produits secs ne se « périment » pas. Replantez un grain de blé qui a été conservé à l’abri de la lumière pendant des centaines d’années, et il re-germera, l’expérience a déjà été faite. D’ailleurs la loi française permet de commercialiser les produits à DLUO dépassée, seulement la grande distribution ne le fait pas, pour des questions d’image.

Venons-en maintenant à la DLC. Puisqu’elle concerne les produits frais on pourrait penser qu’elle demande à être suivie scrupuleusement. Pour la viande ou le poisson, rien à redire, mieux vaut être tatillon. Pour les yaourts par contre, les industriels ont pris l’habitude de se protéger, un peu trop.

En France aucune règle ne fixe la DLC, c’est l’industriel qui a ce seul pouvoir décisionnaire, et qui est de ce fait responsable en cas de problème, voilà pourquoi il se protège. Mais en réalité, au-delà de la date on consomme le yaourt dans les mêmes qualités et ce pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines.

Comment font les industriels pour fixer la DLC ? Ils réalisent des tests sur certains yaourts, et vérifient l’aspect, l’odeur, il faut qu’il ait conservé son goût initial et qu’il soit visuellement conforme. Mais lorsqu’ils calculent la date de péremption, ils prennent en compte le temps nécessaire pour vendre le plus de yaourts possibles et celui nécessaire pour re-remplir leurs stocks. D’ailleurs, lorsque les industriels doivent exporter des produits frais comme des yaourts, ils comptabilisent le temps de transport lorsqu’ils calculent la date de péremption, si bien que cette dernière est bien souvent doublée, pour des nécessités économiques.

 

Si le problème est maintenant posé, n’en restons pas à ce constat assez défaitiste et voyons plutôt les solutions envisageables.

Tout d’abord, des actions sont déjà menées pour tenter de rompre le cercle vicieux du gaspillage alimentaire.

  • Sur le plan national, la France s’est fixé l’objectif de réduire le gaspillage de 50% d’ici 2025. Une large campagne de sensibilisation a été lancée. De la même façon que les campagnes de santé publique centrées sur le tabac ont cherché à faire prendre conscience aux fumeurs des conséquences de leur pratique sur leur propre santé et sur celles de leur proche, le gouvernement cherche aujourd’hui à conscientiser les Français : non, beau ne veut pas nécessairement dire bon, et pourtant nous sommes les premiers à repousser un fruit ou légume à l’apparence imparfaite.

 

 

Campagne nationale de sensibilisation au gaspillage alimentaire

 

  • Plusieurs associations sont également très actives et récoltent les denrées alimentaires jetées par les distributeurs ou lors des marchés.
  • Certaines enseignes de la grande distribution s’engagent également dans la lutte contre le gaspillage.Monoprix par exemple a mis au point une stratégie anti-gaspillage axée sur plusieurs grandes mesures :

- limiter les volumes dans les promotions ;

- améliorer la gestion du magasin ;

- développer les dons aux associations ;

- sensibiliser le client ;

- conditionner les produits de manière à se rapprocher le plus possible des besoins du consommateur.

 

C’est un premier pas important, mais d’autres voies pourraient être possibles.

  • Nous l’avons vu, la date de péremption est l’un des éléments déclencheurs du gaspillage alimentaire.

- Il serait tout d’abord possible d’agir sur la différenciation entre DLUO et DLC puisque beaucoup de consommateurs les confondent. Certaines enseignes du Royaume Uni s’efforcent alors de rendre moins visible la DLUO, alors que l’association CCLV préconise de faciliter la distinction entre les deux en mettant par exemple au point des étiquettes de couleurs différentes. Le tout demandant évidemment un effort pédagogique et informatif qui pourrait faire l’objet d’une campagne de communication.

- Du côté des producteurs et industriels, une réglementation pourrait permettre de limiter des dates de péremption exagérément courtes, surtout lorsque l’on sait qu’il est possible d’ « allonger » – et ce sans aucun risque pour la santé – certaines dates de péremption pour des nécessités économiques d’exportation.

- Enfin, les distributeurs pourraient également se soumettre à une réglementation limitant le tri exagéré des produits ayant eu lieu tous les matins, ou au moins les mettre de côté pour que certains consommateurs puissent les acheter à prix réduits. Car si la « charte fraîcheur » oblige les distributeurs qui y adhèrent à jeter par exemple la charcuterie six jours avant la date de péremption, il n’est pas certain que tous les consommateurs adhèrent eux-mêmes à ces pratiques.

 

  • Les emballages pourraient également être repensés afin de limiter le gaspillage.

- En Angleterre par exemple, la chaîne Marks and Spencer ne vend plus ses fraises dans de simples barquettes, mais dans un conditionnement particulier fait d’une bande d’argile et de minéraux venant absorber l’éthylène, permettant ainsi d’augmenter le temps de conservation des fruits de deux jours.

- Toujours en Grande Bretagne, c’est cette fois l’université de Dublin qui a présenté un emballage capable de repérer l’état de décomposition du poisson et de fruits de mer. Cet emballage change alors de couleur en fonction de cet état, ce qui donne une parfait visibilité de la fraîcheur du produit aux consommateurs.

- Enfin, il serait probablement souhaitable d’encourager la vente de produits à l’unité ou dans des conditionnements moins grands.

Ainsi, si les produits laitiers sont parmi les produits les plus jetés à cause d’un dépassement de la date de péremption, cela s’explique probablement en partie car les yaourts sont vendus par huit ou plus, ou parce que les bouteilles de lait sont vendues dans des formats de 1L alors même que le lait peut rapidement tourner. En optant donc pour de la vente au détail pour les yaourts, et pour des formats plus petits pour le lait, les produits laitiers seraient sans doute moins massivement gaspillés.

 

 

Yaourts à l'unité vendus en Allemagne

 

Ce sont enfin des habitudes de la vie de tous les jours qui sont à revoir.

- Très simplement, beaucoup de consommateurs ne pensent pas à la congélation. Or, plutôt que de garder votre reste de moussaka pendant des jours alors même qu’il n’est pas particulièrement agréable de manger la même chose pendant une semaine, pensez à faire une barquette de votre reste de moussaka et à le congeler. Vous éviterez ainsi du gaspillage, et serez sans doute particulièrement content de trouver votre barquette prête à être dégustée deux semaines plus tard en rentrant tard du travail.

- Les supermarchés sont de toute évidence un appel à l’achat inutile : les promotions vous incitant à acheter plus pour payer moins sont bien souvent à l’origine de votre poubelle débordant de denrées alimentaires abîmées. De plus, la multiplicité des produits, des marques, ou même du packaging ne font que vous tenter davantage. Pour éviter cela, pensez simplement à faire une liste précise des produits dont vous avez besoin, et à faire un état des lieux de vos placards et réfrigérateur avant d’établir cette liste : oui, il y a suffisamment de beurre pour faire une béchamel et pour vos petits déjeuners de la semaine, il n’est donc pas nécessaire d’en racheter.

Pour vous en tenir à votre liste, favorisez également les magasins que vous connaissez bien afin d’aller directement à l’essentiel plutôt que de risquer de vous perdre dans des rayons divers et variés qui finiraient par remplir votre caddy bien plus que ce qui était prévu.

- Enfin, surveillez votre frigo puisque c’est bien souvent là que les tomates finissent par pourrir et vos yaourts par périmer :

  • Pensez tout d’abord à sortir les fruits et légumes de leurs sacs plastiques avant de les mettre dans le bac à légumes.
  • Mettez sur le devant de l’étagère les produits qui vont se périmer rapidement.
  • Ne couvrez pas vos restes d’un papier aluminium ou d’un couvercle de tupperware : le papier film vous permettra de voir à travers votre récipient, et ainsi de vous souvenir du reste de moussaka.
  • Cherchez à utiliser vos produits plutôt qu’à en utiliser de nouveaux. Il existe par exemple des sites internet qui vous permettent de trouver des recettes de cuisine adaptées aux restes de votre frigo.

 

Le gaspillage est un cercle vicieux dont les acteurs sont nombreux. Le côté positif de cela ? Des progrès sont possibles à tous les niveaux, et nous autres consommateurs en sommes un essentiel. Alors pensez y lors de vos prochaines courses, avant de repousser cette tomate à deux têtes, ou avant de vous ruer sur le filet de 1,5 kg de tomates en promotion. Parce que non, les tomates, « ça [ne] se mange [pas] toujours ».

 

Eve-Anaelle Blandin

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Du magasin d’Etat au McDonald’s nash : penser la transition démocratique de l’ex-URSS en termes de consommation

 

2013 marquera deux étapes dans la vie de la chaîne de restauration rapide américaine McDonald’s : les 23 ans de son premier restaurant à Moscou, et l’ouverture de ses premiers restaurants en Sibérie.

Ce développement du géant américain peut sembler anecdotique tant ce restaurant est devenu l’un des symboles forts de la mondialisation, elle-même étant un trait caractéristique du monde d’aujourd’hui. Et pourtant, on oublie parfois qu’il n’y a pas si longtemps, les pays de l’ex bloc soviétique ne connaissaient pas l’économie de marché. Il y a un peu plus de 20 ans, ces pays n’avaient pas même le choix des produits qu’ils consommaient, et les pénuries alimentaires rythmaient le quotidien des habitants. Il y a un peu plus de 20 ans, ces pays ne connaissaient pas McDonald’s. Aujourd’hui, McDonald’s y est non seulement implanté, mais produit aussi localement.

 

http://a136.idata.over-blog.com/5/75/17/58/nourriture--3-.JPG

 

Du communisme au lendemain de la chute du mur : une transformation de prime abord radicale

Revenons brièvement sur cette transition. Elle est – presque – connue de tous sous ses aspects politiques et symboliques, mais on ne l’évoque guère en termes de consommation.

Après la chute du mur, le paysage économique et social se transforme dans les pays de l’ex-URSS. On voit apparaître des supermarchés et même de grands centres commerciaux. Les enseignes des géants de l’industrie occidentale tels que McDonald’s s’intègrent rapidement, si bien que l’arche dorée, encore inconnue quelques mois auparavant, devient un point de repère pour les passants égarés.

Les pratiques culinaires se transforment également au contact de McDonald’s : la fréquentation des restaurants augmente, et ils deviennent des lieux privilégiés pour célébrer des événements tels que des anniversaires. De plus, les mets propres à ce restaurant, comme les frites, les hamburgers ou les milkshakes, sont très rapidement intégrés aux habitudes culinaires des familles, et sont proposés par les restaurants locaux au bout de quelques mois.

 

Mais plus que l’environnement du consommateur, c’est le processus même de consommation qui se transforme pour les Russes ou les Allemands « de l’Est » (cet article se centre principalement sur l’exemple de ces deux pays. Il est clair que les transformations ne sont pas nécessairement identiques dans tous les pays de l’ex-URSS). Sous le communisme, consommer se réduisait souvent à se nourrir, et l’on organisait le quotidien pour satisfaire à la nécessité.  En effet, touchés par une forte crise causant des pénuries à répétition, les habitants devaient planifier leurs journées en fonction de leurs besoins, car chaque détour au magasin d’État demandait de passer plusieurs heures dans une file d’attente. Dès lors, la vie s’organisait en fonction de ces longues attentes nécessaire pour atteindre les rares magasins encore approvisionnés, des événements tels que des célébrations d’anniversaire qui devaient être planifiés des mois à l’avance de manière à être sûr de ne manquer de rien, des réserves qui devaient être faites car rien ne permettait d’assurer que les produits du quotidien seraient encore disponibles quelques jours plus tard.

 

http://lhistgeobox.blogspot.fr/2012/03/257-die-partei-hat-immer-recht-1950.html

 

Lorsque le mur de Berlin tombe, c’est donc tout un processus de consommation qui s’écroule, puis s’achemine vers l’hyperconsommation – en apparence, du moins. Désormais, les habitants doivent inclure de nouveaux déterminants dans leur acte d’achat : la variété, leurs goûts, le rapport qualité-prix. Avec cette possibilité de choix et la variable du prix, l’acte de consommation ne représente également plus la même chose. Alors que la pratique s’individualise, le produit devient également un marqueur social témoignant d’un statut. La valeur « sociale » attribuée à un bien est également transformée. Durant le communisme, si l’on voulait offrir un cadeau de valeur, on se basait sur sa disponibilité : plus celui-ci était difficile à obtenir, plus il était valorisé. Dans les années 1990, on s’oriente davantage sur des biens vecteurs de sociabilité : des chocolats étaient une bonne idée car ils seraient partagés à la fin d’un dîner entre amis, ou un cognac français était un beau cadeau pour le médecin de la famille parce que c’était plus original que de la vodka, plus cher, et évoquait davantage la société occidentale.

Ce ne sont donc pas simplement les nouvelles variétés de produits venant compléter des étals bien souvent vides qui marquent cette transition, c’est aussi l’acte d’achat et tout le processus de choix, voire de calcul coût-avantage. C’est l’apparition d’un homo œconomicus russe ou estonien.

 

Homo-economicus russe ou allemand, mais toutes choses égales par ailleurs, car si les frontières de l’ex-URSS disparaissent, l’histoire et le vécu qui y sont attachés laissent, eux, des empreintes bien plus profondes, encore visibles aujourd’hui.

 

« Buy Russian » et la bière RDA : nostalgie ou quête d’identité ?

 

http://www.press-on.fr/19/Les-Objets-de-la-RDA--de-la-decharge-a-la-vitrine.html?news_id=49

Il serait une erreur de penser que les habitudes de consommation adoptées durant le communisme se sont parfaitement effacées au profit d’habitudes venues « de l’Ouest », occidentalisées. Dans les années 1990 et encore aujourd’hui, les habitants de l’ex-URSS ont su domestiquer une culture qui leur a longtemps été interdite.

Notons par exemple la campagne « Buy Russian » qui s’est déployée à la fin des années 1990. Celle-ci vantait les produits locaux, non pour relancer l’économie, mais tout simplement pour être en adéquation avec une préférence qui se dessinait de plus en plus chez les Russes. Ceux-ci avaient en effet la possibilité de consommer des produits venus de pays très différents, mais ils choisissaient de consommer russe.

Deux explications possibles à ce phénomène :

 

  • Avec la chute du socialisme, la Russie s’est trouvée dans une grande difficulté économique, si bien que les Russes étaient convaincus d’être perçus comme le tiers-monde et d’être dès lors les derniers de la ligne de distribution. Les produits arrivés chez eux étaient perçus comme les plus mauvais dans l’échelle de la consommation, d’où une préférence pour des produits locaux dont ils connaissaient l’origine et pouvaient attester de la qualité. Une méfiance exacerbée certes, mais reconnaissons qu’à cette époque ils n’auraient pas trouvé de cheval dans leurs saucisses !

 

  • Une autre explication, ou plutôt un complément à la première, réside en la reconquête d’une identité collective, d’un sens collectif. Les Russes sont souvent présentés, voire stéréotypés, comme un peuple particulièrement fier de son passé et de ses traditions. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Au lendemain de la chute du mur, beaucoup d’habitants des pays de l’ex-URSS ont éprouvé de véritables difficultés dans ce monde nouveau qui s’ouvrait à eux. Leur passé soviétique était souvent tourné en dérision, et des objets de cette époque étaient devenus des symboles de l’infériorité du communisme, notamment en ex Allemagne de l’Est (la voiture appelée la Trabant par exemple, qui contrastait avec les Mercedes et autres Porsches, très présentes en Allemagne de l’Ouest). Petit à petit, ces anciens soviétiques ont entrepris de se  reconstruire une identité collective à travers leur consommation, afin de ne pas oublier d’où ils venaient et qui ils étaient. Nous nous appuyons ici principalement sur les exemples de la Russie et de l’ex Allemagne de l’Est. Mais évidemment, si la majorité des pays de l’ex-URSS connaissent un repli nationaliste dans les années 1990 et parfois encore aujourd’hui, les nationalismes diffèrent d’un pays à un autres dans leurs pratiques. Surtout, les modes de consommation peuvent être l’une des expressions d’un nationalisme qui s’exprime naturellement dans d’autres comportements économiques, sociaux et culturels.

 

http://traces.rmc.fr/250791/La-Trabant-voiture-mythique-de-la-RDA-fete-ses-50-ans/

 

La campagne « Buy Russian » est un exemple de cette recherche d’identité collective, mais il en existe d’autres. Les ex-Allemands de l’Est ont également éprouvé ce besoin de reconstruire leur identité en assumant pleinement leur passé sous le communisme, et cela s’est concrétisé par la réapparition d’objets assez typiques, comme par exemple la bière traditionnelle de la République Démocratique Allemande. Ces vieux objets étaient remis en circulation, ou s’intégraient à la décoration de la maison, comme pour rappeler aux propriétaires leurs racines.

 

Revivre le passé pour ces ex-sovietiques et le faire partager à leur descendance ainsi qu’à de parfaits inconnus s’est également matérialisé à travers des salles de cinéma qui ne diffusaient que des films de l’époque ou encore des musées qui se sont spécialisés dans la reproduction de logements de l’époque. Cette envie de se replonger dans le passé s’explique une nouvelle fois par une déception suite à la fin de l’URSS. En effet, les anciens soviétiques n’étaient pas habitués à l’individualisme qui s’est petit à petit imposé dans les pratiques tant sociales qu’économiques, ou encore à la compétitivité. Les habitants ont alors connu un sentiment de désillusion et in fine un repli identitaire.

 

Gageons également que les industriels avisés ont su repérer cette nostalgie naissante et l’exploiter pour en tirer profit. Mais quoiqu’il en soit, à travers ces pratiques de consommation, à mi-chemin de l’adoption d’un comportement d’homo-oeconomicus et d’une volonté de ne pas oublier son passé, on trouve en fait un moyen pour les habitants de l’ex-URSS de connecter des biographies individuelles à un passé commun dont les frontières géographiques ont parfois disparues.

 

Et surtout, les entreprises ont su s’adapter à ce passé et ces traditions que les habitants des pays de l’ex-URSS ont voulu préserver. Si bien qu’aujourd’hui, le McDonald’s de Moscou est peut-être le plus grand McDonald’s au monde, mais il n’en est pas moins intrinsèquement russe.

 

« Des McCrevettes, s’il vous plait !» : McDonald’s peut-être, mais McDonald’s « nash » sûrement

 

« Il y a une dizaine d’années, mon père, en voyage en France, nous avait ramené comme souvenir des hamburgers McDonald’s. C’était alors une réalité qui paraissait inaccessible lorsque l’on habitait Varsovie », se rappelle Bartlomiej Zdianuk, originaire de Pologne.

 

Un Russe pourrait dire exactement la même chose. Alors imaginez l’effet que peut avoir l’ouverture d’un McDonald’s dans des pays où les habitants ont imaginé une culture occidentale d’autant plus idéalisée qu’elle leur était formellement interdite. Alors que des hamburgers étaient ramenés en guise de souvenir de voyage, qu’ils étaient passés en douce par-delà le mur qui séparait Berlin en deux zones, ils sont soudain devenus accessibles, libres d’être dévorés sans retenue. Résultat : dans le plus grand McDonald’s au monde (capacité d’accueil de 700 clients, tout de même), le restaurant de Moscou accueille le 31 janvier 1990 pas moins de 30000 amateurs de burgers, obligés de faire la queue sur plusieurs dizaines de mètre avant d’atteindre l’un des 27 tiroirs-caisses du McDonald’s moscovite. On peut peut-être voir là une touche d’humour du destin puisque les files d’attentes menant aux magasins d’État communistes furent remplacées du jour au lendemain par celles menant au restaurant,  souvent considéré comme le parangon de la mondialisation et du capitalisme débridé. Tout un symbole.

 

http://moscou.esj-lille.net/2011/11/16/mcdo-a-moscou-et-partout-la-vie-rapide/

Les Russes laissèrent alors pour un temps bortsch et chachlik, mais firent également la connaissance d’un tout autre style de service. Khamzat Khasbulatov, le chef exécutif de McDonald’s Russie et président de la division Europe de l’Est de McDonald’s se souvient  de ces débuts dans cette entreprise, à la culture bien différente de ce qu’il avait pu connaître alors qu’il gérait un magasin d’État sous le socialisme : « When I moved from a state-owned restaurant to McDonald’s, it was not really a significant change for me as an industry, as a business. But the approach — how the business is developed, focus on very small details, customer and employee are first, how we treat all of these small parts of business — that was different under McDonald’s than it used to be under the state organizations »

Une approche de la relation client qui ne manqua  pas non plus de surprendre les premiers concernés, peu habitués à être accueillis par des serveurs souriants et prêts à répondre à n’importe laquelle de leur demande : « When you see the faces of customers who have never been treated as welcomed guests, that was a surprise for me », se souvient Khamzat Khasbulatov.

 

L’arrivée de McDonald’s dans les pays de l’Est, et notamment en Russie, ce n’est donc pas seulement découvrir le BigMac, c’est aussi découvrir une nouvelle culture d’entreprise, et c’est finalement devenir des consommateurs d’un marché dont l’offre est de plus en plus personnalisée.

 

Mais la curiosité ne dure qu’un temps, et s’intégrer durablement dans des pays encore fortement marqués par le communisme et la planification demande une stratégie spécifique, ce que McDonald’s a bien compris.

Pour perdurer sur l’ex sol soviétique, il fallut donner confiance à ceux qui furent rapidement déçus par le capitalisme puisque la crise économique les rattrapa rapidement, il ne fallait pas imposer une culture toute entière mais seulement des petites touches et surtout, s’adapter à la culture et au passé local.

 

La stratégie du géant américain de la restauration rapide s’est développée selon plusieurs axes.

  • L’entreprise a tout d’abord revêtu une image plus humaine, en mettant en avant les fondations Ronald McDonald et ses dons généreux (pas moins de 4 millions de dollars en une dizaine d’années) permettant de soigner des enfants malades et des handicapés.

 

  • Dès l’ouverture du premier restaurant à Moscou, un axe s’est affirmé : pour faire couleur locale, il fallait employer local également, des cadres aux employés. Le chef exécutif de McDonald’s Russie en témoigne : « We don’t have any expats in our organization. The whole company is run by Russians. That is a win-win for the local company, because you have to understand the local consumer and environment. You have to understand how to deal with the market every minute, every day, every year ».

 

  • Le local se retrouve également dans l’assiette, puisque McDonald’s a su tirer enseignement de la préférence nationale russe (les Russes différenciaient alors la nourriture locale appelée « nash » et celle venant de l’étranger) qui avait été à l’origine de la campagne « Buy Russian ». Aujourd’hui la matière première des McDonald’s russes est à plus de 80% issue de l’industrie locale, et ce grâce à près de 50 millions investis dans le développement d’une « food-town » à Solntsevo où sont produit l’essentiel des ressources nécessaires à la production des restaurants. Un but ? Assurer la qualité des produits. Le destin est décidemment fourbe : la préférence pour les produits d’origine russe, causée par une méfiance envers le monde occidental suite à la fin de la guerre froide, se retrouve aujourd’hui dans les BigMac moscovites.

http://ht.ly/h172k

  • McDonald’s a également usé de la stratégie qui fait aujourd’hui un peu de l’image de marque de ce leader de la restauration rapide : l’adaptation culturelle. Alors non, n’exagérons rien, vous ne trouverez pas de bortsch coincé entre deux tranches de pain à burger et de cheddar. Mais vous aurez le plaisir de tester cette spécialité McDonald’s des pays de l’Est, les « McCrevettes », ou petites crevette frites et panées. Et si l’envie vous prend de faire une pause au McDonald’s lors de votre périple polonais, soyez local, commandez un « WiesMac ».

 

  • Enfin, si vous n’en étiez pas encore convaincus, les McDonald’s russes ne sont pas les mêmes qu’ailleurs, non. Pourquoi ? Parce que, et c’est là une spécificité notable pour McDonlad’s, vous n’y trouverez que peu de fast foods à l’américaine à l’architecture novatrice et gargantuesque. Khamzat Khasbulatov en est très fier : de nombreux McDonald’s ne dénaturent pas le paysage russe, ils s’intègrent dedans. Ainsi, avant la construction d’un restaurant, les archives sont consultées afin de ne pas transformer le bâtiment qui a été choisir pour accueillir le fast food. Les restaurants doivent s’intégrer harmonieusement dans les lieux qu’ils occupent, les respecter, et même parfois les valoriser, comme c’est le cas à Arbat : « The most striking example may be the McDonald’s restaurant on Arbat, which is in an early nineteenth-century building. There we did a complete restoration of the building and tried to reconstruct it in the spirit of a nineteenth century restaurant interior ».

Des McDonald’s donc, mais des McDonald’s nash.

 

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Mais attention, alors qu’en France on risque de voir les jeunes cadres dynamiques demander à leurs grands-parents la recette du pot-au-feu et de la blanquette de veau car ils n’osent plus se ravitailler chez Findus ou Picard, les jeunes russes ou tchèques ne sont pas avares de tradition et risquent de délaisser les fast food, aussi nash soient-ils.

Ainsi, lorsque l’on interroge des jeunes gens des pays de l’Est, ceux-ci ne voient plus McDonald’s comme un symbole quelconque. Il s’agit pour eux simplement d’un fast-food bien pratique car souvent situé au centre-ville, mais qui n’est pas forcément leur lieu de prédilection car plus cher et pas vraiment à leur goût :

« Je vais dans les fast-food le moins possible : je trouve les produits du McDo plus repoussants qu’attirants. Je pense pouvoir répondre au nom de la plupart des étudiants pragois : nous privilégions des formes de restauration “rapides” mais plus traditionnelles et tchèques. Les alentours de la faculté fourmillent de petits restaurants aux plats simples (salades, plats tchèques), à l’ambiance moins impersonnelle et à des prix surtout moins élevés », explique par exemple une étudiante à l’université Charles de Prague.

 

De la restauration rapide mais plus traditionnelle et tchèque, comment cela ?

Alors qu’en France McDo doit faire sa place dans un marché de la restauration rapide concurrencé par les « jambon-beurre » et autres sandwichs à la baguette française, il doit également affronter de nouveaux concurrents dans les pays de l’Est. Car le traditionnel a le vent en poupe, et les Chlebíček sýrový et autres Chlebíček šunkový (sandwichs tchèques) séduisent incontestablement les jeunes tchèques.

 

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En Russie aussi on se prend au jeu, avec des restaurants rapides qui proposent de la nourriture traditionnelle russe. Fini le BigMac-Coca, bonjour le Bortsch-Kvas. C’est au « Ruskie Bistro » que vous pourrez déguster cette formule rapide à prix réduit. Un fast food à l’initiative de qui ? La mairie de Moscou elle-même. Serait-ce trop poussé de voir là une lointaine parenté avec les « Beryezka » (magasins d’Etat) d’il y a quelques années ? Taquin ce destin, taquin.

 

Eve-Anaelle Blandin

 

Sources :

The Moscow Times

Regard Est

Berdahl Daphne

Caldwell Melissa

Patico Jennifer

 

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Pour la promotion de l’économie circulaire

Le 6 février, dans la salle Victoire Hugo de l’Assemblée Nationale, à 10 heures GMT+1, l’Institut de l’économie circulaire a été officiellement lancé. Cet Institut composé de responsables politiques nationaux et locaux, d’entrepreneurs, d’universitaires issus de différents horizons et de responsables associatifs ambitionne de promouvoir une vision alternative de l’économie.

« Faire des déchets des uns les ressources des autres »

François Michel Lambert, Président de l’Institut de l’économie circulaire et Député des Bouches du Rhône, part du constat quasi-unanime que le système économique linéaire consistant à « extraire, fabriquer, consommer puis jeter est à bout de souffle ». Notre modèle économique basé sur la dépendance accrue à des matières première se raréfiant et caractérisé par le développement d’une consommation de biens non durables souvent gâchés impacte fortement l’environnement et la société dans son ensemble.

L’économie circulaire se veut une manière pragmatique et fédératrice permettant un déplacement vers un nouveau modèle de développement économique, social et écologique. Faisant écho à la célèbre formule de Lavoisier, « rien ne se crée, tout se transforme », l’économie circulaire voit dans les déchets une matière première réutilisable pour la conception de produits ou d’autres utilisations. Ainsi, pour « boucler la boucle », l’économie circulaire soutient une vision des activités où aucun résidu ne peut être créé sans qu’il puisse être intégralement absorbé par le système industriel ou la nature. Il s’agit dès lors d’une révolution concernant les modes de production, de consommation ainsi que de décision qui ne répond pas uniquement aux défis du développement durable mais permet également de porter une réponse à la question de la ré-industrialisation de la France en développant des emplois non dé-localisables.

Fédérer et éduquer autour de l’économie circulaire

C’est à partir de ces visions des activités économiques que l’Institut de l’économie circulaire a été lancé fin 2012. L’institut de l’économie circulaire ambitionne de créer une impulsion pour « fédérer et impliquer tous les acteurs et experts concernés dans une démarche collaborative en mutualisant les ressources de manière à mener des réflexions collectives ». L’Institut insiste fortement sur l’impératif de mettre en place des actions concrètes, pragmatiques.

Pour que « l’économie tourne enfin rond », l’Institut s’engage à promouvoir l’économie circulaire afin d’améliorer sa compréhension à destination des décideurs et du public. Cela passe par la création de synergies entre les divers acteurs concernés, le développement de projets multipartistes, la mise en place de plans de communications et une action spécifique permettant de faire évoluer la législation et la réglementation y inférant.

L’ « économie circulaire » est un concept large qui, comme son nom ne l’indique pas, ne se limite pas uniquement à repenser les idées et pratiques économiques. La dynamique de l’économie circulaire répond à l’impérieuse nécessité écologique, sociale et économique (notamment au regard des évolutions sectorielles au premier plan desquelles la situation de l’industrie) de transformation du système actuel vers un système vertueux marqué par la transversalité des enjeux et des solutions.

L’économie circulaire copie le principe de fonctionnement du cycle naturel dont le système économique actuel semble faire fi : les déchets de l’un font les ressources de l’autre. Actuellement, notre système économique est linéaire, en opposition à circulaire. Les déchets des uns se cumulent à ceux des autres et les ressources sont exploitées sans vision stratégique sur le long terme tenant compte des externalités (positives ou négatives) et de leur raréfaction alors que les demandes mondiales augmentent constamment.

Une alter-économie pragmatique

Les concepts de recyclage (le terme de « régénération » y étant préféré) et d’alter-croissance sont au fondement de l’économie circulaire. L’alter-croissance se distingue de la décroissance en ce sens qu’elle ne prône pas une abolition de la notion de « croissance économique » ou « d’accroissement de production de richesses » mais plutôt une autre croissance, mesurée différemment et disposant d’un cadre idéologique rénové.

Au centre du renouveau du cadre idéologique, l’économie circulaire insiste pour la définition des besoins et de la satisfaction. La consommation extensive, la réduction des cycles de vie des produits et la relocalisation de la production sont au centre de ce débat intellectuel.

Il s’agit également de repenser les usages et les consommations. Cet élément est central dans l’économie circulaire, notamment en ce qui concerne la propriété. Il ne s’agit pas de mutualiser ou de collectiviser les propriétés mais de réfléchir en termes d’usages différenciés d’un bien. À titre indicatif, l’intérêt d’être propriétaire d’une machine à laver est nul ; a contrario son utilité est élevée. Une fois dépassée, l’utilité de la machine décroit alors que ses composantd et sa composition en minerais représentent une utilité forte.

Identifier les freins et proposer des moyens d’action

Pour créer un réel mouvement en faveur de l’économie circulaire, l’Institut doit agir sur les freins qui limitent son développement, notamment les freins réglementaires, fiscaux, culturels et comportementaux. Il s’agit de les identifier précisément et de proposer des leviers pour une application concrète. Cela passe par une démarche collaborative de mutualisation des connaissances et compétences, un échange de savoir et d’expérience, la dynamisation de la recherche et de la réalisation concrète, la création de synergies entre les acteurs parties d’un projet, une action pour impacter les législations et, in fine, une communication éducative à destination du grand public.

L’économie circulaire répond à des défis impérieux. L’accroissement mondial de la population, souvent occulté des pensées macro-économiques, est central dans l’économie circulaire car, d’ici 2020 la population mondiale devrait avoisiner les 9 milliards d’individus. La consommation des ressources, le gaspillage des ressources (estimée à 90 millions de tonnes par an et projetée à 126 millions en 2020), l’évolution des demandes, l’accroissement de l’exploitation des ressources (estimé à 400% d’ici 2050) et le coût des matières premières nécessitent d’adopter une vision socio-économico-environnementale cohérente et optimale pour le plus grand nombre qui puisse trouver un ancrage et un développement territoriale.

Face à ces défis existent de réelles opportunités dont la réduction de types de consommation, la réutilisation, le recyclage, la substitution, la valorisation adéquate des ressources dans la décision d’action en prenant en compte les aspects économiques et environnementaux, et la sauvegarde des ressources, des écosystèmes et de la biodiversité.

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Voiture 100% électrique et Origine France garantie

La question du parc automobile électrique français nous intéresse. Un article sur le dernier rapport du Centre d’Analyse Economique qui redoutait pour l’avenir de la voiture électrique vous donnera un aperçu des enjeux. Aujourd’hui, nous réagissons à une information parue sur auto-actu.org selon laquelle une voiture à 100% électrique labellisée « origine France garantie » devrait voir le jour au printemps 2013. Bonne nouvelle pour le patriotisme économique à la mode mais mauvaise nouvelle pour l’environnement ?

Un secteur automobile à réinventer

Le secteur automobile français est en difficulté depuis un bon moment. Les constructeurs français perdent en parts de marchés sur leurs concurrents étrangers. Cela se traduit par des plans sociaux dans un contexte marqué par une hausse du prix de l’essence. Le secteur automobile est donc à réinventer, pour favoriser l’émergence de nouveaux emplois et pour cela, la seule perspective identifiée est celle du développement du marché de la voiture électrique.

Le cas C-ZEN

Dans la région lyonnaise, « après presque 10 ans de recherches et de tests, COURB livrera ses premières voiture électriques fabriquées en France au printemps 2013 ». Il s’agit de la C-ZEN, qui « fonctionne uniquement à l’électricité » : « elle propose 2 places et surtout un énorme coffre de 400 litres qui lui permettent de se démarquer de ses concurrentes directes » d’après auto-actu.org. Informations incontournables lorsque l’on parle « véhicule électrique », la C-ZEN « dispose d’une autonomie de 120 km et peut rouler jusqu’à 110 km/h ».

L’Etat français soutient le marché du véhicule électrique puisqu’il accorde, par exemple, aux acheteurs de C-ZEN, « une aide de 7000€ ». Il s’agit du « bonus écologique maximal ». Le comparatif est éloquent : « rouler 100km revient à 1,50€ contre en moyenne 9,10€ pour un véhicule à essence et 17,17€ pour un diesel ».

Qu’est-ce que le « Origine France Garantie » ?

Auto-actu.org explique que « derrière cette expression se cache en fait un label certifiant la fabrication en France d’un produit. Pour qu’une voiture obtienne ce label, il faut impérativement respecter 2 critères cumulatifs » :

  • « La voiture prend ses caractéristiques essentielles et/ou sa forme distinctive en France » ;
  • « Au moins 50% du prix de revient unitaire (PRU) de la voiture est acquis en France ».

Pour le cas de COURB il est donc mis en avant qu’ « avec son usine à Saint Priest », dans le Rhône, « c’est même 80% du prix de revient unitaire de la C-ZEN est acquis en France ». A ce jour, COURB est donc présenté comme « le seul constructeur automobile français à pouvoir se prévaloir de cette certification ».

Patriotisme économique mais polluant tout de même

Le développement du marché du véhicule électrique en France peut en effet être efficace en matière d’emplois. Mais quid de la pollution ? La pollution liée à la production d’électricité, même s’il elle diffère de la pollution engendrée par l’extraction pétrolière, n’est pas moindre. Cela mérite d’être rappelé ! S’il est envisagé de développer un parc automobile électrique d’envergure dans notre pays fortement nucléarisé, d’où proviendra l’électricité utilisée pour recharger les batteries ?

Le patriotisme économique peut être encouragé mais à quel prix pour l’environnement ? Est-ce une solution de remplacer une pollution carbonique par une pollution radioactive ?  La seule solution pour pallier l’alternative serait une Europe de l’énergie durable avec les investissements nécessaires à l’essor d’énergies renouvelables mutualisées au sein de la zone européenne voire méditerranéenne.

 

 

 

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Le gaspillage alimentaire, le cycle infernal

Tout au long du cycle, de la récolte, en passant par le traitement, la livraison et la consommation, le gaspillage alimentaire est partout et qui plus est, colossal. La FAO estime ainsi qu’en Europe, le gaspillage total de nourriture s’élèverait à environ 280kg par personne et par an et que dans le monde, près d’un tiers des aliments produits sont perdus ou gaspillés.

Les aliments et boissons jetés, mais qui étaient avant d’être jetés, comestibles représentent 64 % des déchets alimentaires des ménages au Royaume-Uni.

Concernant la consommation, l’agence britannique, le WRAP a classé les déchets alimentaires des ménages en trois catégories :

Les déchets évitables (64%) : les aliments et boissons jetés, mais qui étaient avant d’être jetés, comestibles.

Les déchets potentiellement évitable (18%) : les aliments et boissons que certaines personnes mangent et d’autres non (croutes de pain) ou qui pourraient être mangées si la nourriture était préparée autrement.

Enfin les déchets inévitables (18%) : les déchets d’aliments ou de boissons qui ne sont pascomestibles dans des circonstances normales (os, coquilles d’œufs, peau d’ananas).

Mais comment expliquer le fait que nous jetions autant de nourriture ?

Un enjeu éthique

En 2010, c’est 925 millions d’individus au total qui souffrent de la faim selon la FAO. Une crise alimentaire qui ne saurait supporter un gaspillage considérable et non justifié. En France les restos du cœur, pour leur 27e campagne d’hiver en 2012, ont  accueilli 900 000 personnes chaque jour et servi 115 millions de repas. Quelles sont les causes d’un tel gaspillage ? Comment expliquer qu’un tiers des aliments produits dans le monde soit perdu ou gaspillé ? Que se passe-t-il le long de la chaine, de la production à la consommation ? Prenons un exemple extrait d’un article paru sur Citazine de Sophie Guillemin :

C’est l’histoire d’une pomme de terre…

«  Dans un champ, les pommes de terre sont ramassées par des machines. Ces appareils ne les collectent pas toutes, certaines restant dans la terre. Les pommes de terre récoltées sont stockées dans un hangar. Là, elles sont triées. Celles qui ne correspondent pas à la norme sortent du circuit de production. Les autres sont acheminées dans une usine de production de frites. Avant d’être transformées, elles sont une nouvelle fois triées, certaines seront ratées lors du découpage des frites… créant des pertes. Surgelées, les frites seront jetées en cas de rupture de la chaîne du froid. Dans le magasin, si la gestion des stocks n’est pas maîtrisée et que la date de péremption est dépassée, les sachets seront déversés dans une benne à ordures. Si le sachet de frites est acheté, les frites cuisinées, celles qui restent finiront, la plupart du temps, à la poubelle ».

Voici pour le cycle infernal où plusieurs causes apparaissent telles que les pratiques de la restauration, notamment collective où les quantités de nourriture, la gestion des stocks, l’organisation en cuisine centrale posent des problèmes de gaspillage très importants.

A l’échelle du consommateur, les causes sociologiques sont conséquentes avec une modification de l’organisation familiale et des rythmes de vie en général. Il y a aussi une méconnaissance réelle sur la conservation des aliments et une mauvaise gestion du réfrigérateur. De plus les pratiques commerciales comprenant les offres promotionnelles et la publicité à outrance encouragent l’acte d’achat et ne correspondent pas nécessairement aux besoins des foyers.

L’enjeu environnemental

France Nature Environnement dans un communiqué de presse, évoque le fait que « ce gaspillage a aussi des impacts très importants sur l’environnement car il s’accompagne d’un gaspillage inutile de ressources en plus des pollutions liées à la production de la nourriture et du traitement des déchets ».

« Pour sa production, cette nourriture nécessite des terres cultivées inutilement auxquelles il faut ajouter de multiples consommations de carburant, d’engrais et de biocides, sans oublier toute l’énergie nécessaire à son transport, sa transformation et sa distribution. Si l’on part du constat de la FAO que du champ à l’assiette, un tiers de la nourriture produite est jeté, c’est qu’alors 30% des terres et des intrants sont utilisés inutilement ».

Un repas = 3 kg de gaz à effet de serre.

Le cycle de vie de la nourriture d’un Français moyen représente environ 20% du total de ses émissions quotidiennes. Un repas = 3 kg de gaz à effet de serre.

Il faut 16 000 litres d’eau pour produire 1 kg de viande rouge

De manière générale, chaque aliment de base représente un certain volume d’eau consommé pour le produire, le transformer, le préparer, l’emballer etc. A titre d’exemple, il faut 1 000 litres d’eau pour produire 1 kg de farine et 16 000 litres d’eau pour produire 1 kg de viande rouge.

Enfin il faut savoir que ce gaspillage est d’autant plus inquiétant que les besoins en nourriture et par conséquent en eau risquent de doubler d’ici 2050.

 

Alors que faire ?

« Nous ne pouvons pas nous permettre de rester plus longtemps dans l’inaction, alors que des aliments sains et comestibles sont jetés à la poubelle » déclarait Salvatore Caronna, membre du groupe de l’Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates au Parlement européen.

Une action qui passe d’abord par la prévention : « En Europe, les parlementaires préconisent la mise en place de cours d’éducation alimentaire à l’école et même en dehors, qui porteront sur les méthodes de conservation des denrées alimentaires et leur préparation. Dans ce but, les Eurodéputés ont demandé à ce que 2014 soit proclamée « Année européenne contre le gaspillage alimentaire ».

A l’échelle du consommateur, de nombreux conseils sont disponibles sur le site reduisonsnosdechets.com pour éviter le gaspillage alimentaire.

L’économie verte, la grande vedette du sommet de la Terre Rio+20,  entraîne, selon le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement), “une amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie de ressources“.

Cela signifie concrètement que l’action ne se résume pas à la prévention et que nos modèles de production et de consommation sont à revoir, et vite.

Sources : Réduisons nos déchets et France Nature Environnement

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Au Japon les anti-nucléaires sont “in” et ils sont des millions

Les militants anti-nucléaires français ont souvent l’image de « roots », « ringards » ou autre énergumènes fan de kermesses. Au Japon, être anti-nucléaire, c’est « in ». Normal, remarquez, quand on sait ce qu’ils vivent depuis la catastrophe de Fukushima. Une catastrophe « provoquée par l’homme », selon le dernier rapport officiel, et non par le tremblement de terre à l’origine du tsunami géant survenu le 11 mars 2011. C’est d’ailleurs ce qui motive des manifestations anti-nucléaires, chaque semaine dans ce pays, mais en Inde également.

Ce week-end, « des milliers de personnes ont répondu présent à l’appel du compositeur japonais Ryuichi Sakamoto en faveur de l’abandon de l’énergie atomique » au Japon. Ils se sont mobilisés pour « soutenir et applaudir le concert de soutien « No Nukes » organisé en « proche banlieue de Tokyo ». Qu’ils soient rigoureusement militants anti-nucléaires ou simple amateurs de musique au départ, le message en faveur de la construction d’un « après-nucléaire » est passé auprès d’un large public.

Mise en ligne le 7 juillet sur Youtube, cette vidéo du concert a été vue plus de 15 000 fois déjà.

 

 

Il s’agit du Yellow Magic Orchestra, réuni à l’initiative de son ex-acolyte Sakamoto, pianiste et pionnier de la musique électro-acoustique au Japon. Ils ont manifesté en musique, donc, avec une dizaine de groupes, parmi lesquels le groupe allemand Kraftwerk (« centrale électrique », en français), également hostile à l’énergie nucléaire.

Les fonds récoltés lors de ce concert seront reversés au mouvement « Adieu l’énergie nucléaire », également soutenu par le prix Nobel de littérature Kenzaburo Oe et par le journaliste « dénonciateur de scandales » Satoshi Kamata.

Pour voir l’ensemble des concerts du week-end, c’est par : un visionnage en streaming déjà « liké » par plus de 18 000 personnes sur Facebook.

Les organisateurs de l’évènement expliquent que « plus d’un an s’est écoulé depuis l’accident de la centrale de Fukushima. La compagnie d’électricité Tokyo Electric Power (Tepco) et le Premier ministre japonais ont déclaré la crise aigüe terminée, mais la réalité est que le danger n’est pas écarté et que la vraie résolution de l’accident demeure incertaine ». Ils ajoutent que « l’avenir est une totale inconnue pour les personnes forcées d’évacuer leur région à cause du désastre atomique consécutif au séisme et au tsunami du 11 mars 2011. Et il est fort probable que les conséquences sanitaires de ce drame ne soient découvertes que plus tard. Nous avons donc organisé ces concerts pour pousser à l’abandon de l’énergie nucléaire au Japon, afin qu’une telle catastrophe ne se reproduise pas ».

On les comprend. Depuis plus d’un an, une pétition contre l’énergie atomique a recueilli « plus de 7,5 millions de signatures » dans le pays. Tous les vendredis, des manifestations sont organisées « devant la résidence tokyoïte du Premier ministre » où se rassemblent « des dizaines de milliers d’opposants à la présence de réacteurs nucléaires sur le territoire japonais ».

La catastrophe de Fukushima n’est pas une catastrophe naturelle

Rappelons que, survenue dans un contexte de catastrophe naturelle (tremblement de terre +  tsunami), la catastrophe de Fukushima n’en est finalement pas une. Il s’agit d’une catastrophe imputable à l’homme.

Jeudi dernier, une commission d’enquête mandatée par le Parlement nippon, composée de  10 membres de la société civile (sismologue, avocats, médecins, journaliste, professeurs) désignés par les parlementaires, a conclu que l’accident nucléaire de Fukushima a été «  un désastre créé par l’homme » (collégialement, non individuellement) résultant d’ « une collusion entre le gouvernement, les agences de régulation et l’opérateur Tepco, et d’un manque de gouvernance de ces mêmes instances ».

Le document, argumenté sur 641 pages, affirme qu’« ils ont trahi le droit de la nation à être protégée des accidents nucléaires ». Les auteurs pensent que « les causes fondamentales sont les systèmes d’organisation et de régulation qui se sont basés sur des logiques erronées dans leurs décisions et leurs actions ». La commission pointe que « bien qu’ayant eu de nombreuses occasions de prendre des mesures, les agences de régulation et la direction de Tepco n’ont délibérément rien fait, ont reporté leurs décisions ou ont pris des mesures qui les arrangeaient ».

Dans un article paru en France sur Atlantico, Corinne Lepage, eurodéputée et présidente de CAP21, partage les conclusions de cette commission et parle d’« accident nucléaire d’origine industrielle ». Elle met en garde la France, afin que n’y soient pas reproduites les mêmes erreurs.

En France, elle fait partie des nombreuses voix à prendre position en faveur d’une sortie claire du nucléaire. Mais dans notre pays, les voix sont trop « éparses », du centre politique aux anarchistes, les opposants à l’atome s’éparpillent et le mouvement, contrairement au Japon ou à l’Allemagne, ne prend pas.

Manque-t-il un leader au mouvement anti-nucléaire français ?

Au Japon, le mouvement antinucléaire est conduit par un leader talentueux et reconnu comme tel. Il est mené par le charismatique Ruki Sakamoto.

 

© Kazuhiro Nogi / AFP

En France, plusieurs mouvements politiques (de CAP21 au NPA en passant par les Verts), anti-nucléaires (Sortir du Nucléaire et maintenant l’Observatoire du Nucléaire) ou des fédérations anarchistes (qui militent contre l’Etat nucléaire responsable du chantier EPR de Flamanville notamment) s’époumonent, dans leur coin ou en réseau online. Mais quelle figure charismatique pourrait porter la voix du discours anti-nucléaire ? Qui pourrait rassembler et conduire un mouvement unifié en faveur de l’ « après-nucléaire » ? On se le demande encore… à l’aune du débat énergétique prévu pour la rentrée de septembre.

L’heure sera aux prises de position. Que faire de l’énergie nucléaire ? A quelle vitesse en sortir ? Comment prévoir la transition énergétique ? Comment favoriser l’accès à l’énergie à tous (la précarité énergétique augmente) ? Quelle part donner aux économies d’énergie dans le futur mixe énergétique ?

Pendant que nous débattons de concert, des réacteurs nucléaires sont en projet ailleurs dans le monde. En Inde par exemple, où les communautés locales manifestent depuis des mois à Koodankulam, contre la construction de deux réacteurs russes.

L’Inde milite contre l’énergie nucléaire également

 

 

L’opposition à l’énergie nucléaire, quelle que soit sa forme et sa portée, semble ne pas s’essouffler. Mais comment la traduire en faits réels, tant que les acteurs politiques, institutionnels et industriels ne parviennent pas à dépasser leurs intérêts particuliers au profit de l’intérêt général ?

 

Sources : Ivan Villa (blog Mediapart), Francetv.frYahoo.com

 

 

 

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Quel avenir énergétique après Fukushima ?

Photo: Flickr.com

Suite à la catastrophe de Fukushima, le Japon a fermé, depuis le 5 mai dernier, ses 54 réacteurs nucléaires. Décision que la société civile salue, ainsi que l’ONG Greenpeace, malgré son caractère provisoire. En effet, en dépit de l’hostilité de la population qui s’organise pour vivre avec la radioactivité, le gouvernement japonais envisage de rouvrir certaines centrales. Les solutions énergétiques s’offrant au pays étant fortement coûteuses, quel sera son avenir ?

Conséquences de la fermeture des centrales

Placé en troisième position des pays les plus nucléarisés, après les Etats-Unis (104 réacteurs) et la France (58 réacteurs), la décision prise par le Japon représente un véritable tournant. Cependant, les 54 réacteurs nucléaires maintenant éteints produisaient environ 30% (chiffres de 2010) de l’électricité du pays, le reste étant produit par les énergies fossiles, et l’hydroélectricité. Les conséquences de cette décision sont donc multiples : le pays prévoit une hausse sensible des tarifs, des restrictions, l’importation d’énergies fossiles doublée d’une dépendance énergétique accrue, une hausse de la production de gaz à effets de serre, entre autre. Le Japon a déjà été obligé d’augmenter ses importations en gaz (37%), pétrole (20%) et charbon (16%), le conduisant à un déficit commercial, le premier depuis les années 80.

Dans l’esprit de création d’un nouveau mix énergétique, le premier ministre japonais, Yoshihiko Noda, n’exclut pas le nucléaire de la balance et propose « une réduction de la part du nucléaire », via la fermeture et le non remplacement des réacteurs en fin de vie. La population, qui a déjà fortement diminué sa consommation d’énergie, permet au gouvernement d’investir dans les énergies renouvelables (EnR) pour atteindre les 20% d’ici 2020.

Développement des énergies renouvelables

Malgré la confusion qui règne au Japon depuis les annonces du gouvernement à propos de la possible réouverture des centrales nucléaires, le gouvernement envisage dans l’avenir de revoir son mix énergétique et de se concentrer sur le développement des énergies renouvelables. A ce propos, Greenpeace encourage le pays à saisir cette opportunité pour aller de l’avant en matière de transition énergétique.  Suite au tsunami, le Japon, qui voulait jusque là renforcer la part du nucléaire à hauteur de 50% en 2030, s’est vu contraint de revoir ses objectifs à la baisse. Atteindre les 20% d’énergies renouvelables d’ici 2020 est un véritable défi pour le pays, d’autant que 8 des 9% d’énergies renouvelables dans la production totale proviennent de l’hydroélectricité.  C’est sur le 1% restant que l’effort doit donc se porter, puisque les EnR doivent « être multiplié par 12 en 8 ans » pour atteindre les objectifs 2020. Selon le ministre de l’environnement japonais, M. G. Hosono, cette croissance portera essentiellement sur le photovoltaïque et l’éolien, la géothermie et la biomasse restant en retrait, leur développement se heurtant à la préservation des sites naturels.

Photo: Fotopedia.com

Concernant le photovoltaïque, depuis le lancement du Japon dans l’aventure du solaire dans les années 70, le pays reste à la pointe en matière de recherche et de rendement. La production japonaise est une valeur sûre, malgré le monopole du marché du solaire pris en 2007 par la Chine, date à laquelle le gouvernement japonais a décidé de ne plus subventionner la technologie jugée « mature ». Des subventions continuent, toutefois, d’être accordées aux particuliers afin d’encourager les installations, les tarifs d’achat de « surplus d’électricité » restant également  attractifs. Du côté de l’éolien, l’espace libre au Japon est assez limité, les éoliennes terrestres générant de la « pollution sonores et visuelles ». Toutefois, deux projets sont en cours de réalisation, dont une ferme d’éoliennes flottantes, arrimées aux grands fonds marins, au large de Fukushima, devant atteindre une capacité de 1000 MW en 2020.

Révolte et organisation de la société civile

La population reste, malgré tout, très mobilisée après les déclarations du gouvernement de rouvrir deux réacteurs en juillet, faisant prévaloir le risque de pénurie d’énergie. Des manifestations ont d’ailleurs eu lieu à Tokyo, le 11 mars dernier, jour anniversaire de la catastrophe de Fukushima et le 5 mai, contre la relance des réacteurs nucléaires. Kolin Kobayashi, correspondant à Paris du Days Japan, explique que « loin de prendre cette mobilisation en compte, le nouveau gouvernement a au contraire fait pression sur l’autorité japonaise de sûreté nucléaire pour procéder à un seul stress test au lieu de deux, comme elle l’avait pourtant recommandé ». Le journaliste précise que l’avenir énergétique du pays reste flou depuis Fukushima, mais que « le gouvernement persiste » à vouloir conserver une branche nucléaire, « malgré les coûts financiers démesurés qu’elle implique. La commission du nucléaire civil évalue cette politique de relance à 18 milliards d’euros, un investissement impossible dans le contexte économique actuel ».

Face à ces décisions, la société civile se mobilise et s’organise en associations de défense contre le nucléaire. Rappelons que 80% des Japonais se déclarent contre la poursuite du nucléaire dans le pays. On voit notamment que des associations de parents, avec l’aide des ONG anti-nucléaires comme « Fukurô no kai, Greenaction ou Friends of the Earth Japan et l’appui d’experts scientifiques », se sont mobilisées « pour demander la décontamination et le contrôle des aliments dans les cantines ». Dans un autre registre, la population s’est organisée pour « avoir accès aux mesures de radioactivité et obtenir des informations non manipulées ». David Boilley, physicien, membre de l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’ouest (ACRO), déclare à ce propos que «  des dosimètres ont été distribués, 1 000 laboratoires citoyens ont été créés à travers le pays en un an, et même s’ils ne peuvent pas tout mesurer, faute d’avoir les outils nécessaires trop coûteux et les connaissances scientifiques pour déchiffrer les résultats, la population a repris en main les informations ». Au niveau  local, la population peut faire des mesures concernant les taux de radioactivité, tandis que l’ACRO opère au niveau international. Avec ses outils, l’association a pu découvrir des contaminations 250 km autour de Fukushima.

Controverse autour des professionnels de la santé

Photo: Flickr.com

Tandis que la population met en place des « solutions » pour vivre avec la radioactivité, les professionnels de la santé se divisent selon plusieurs opinions différentes. Certains jugent que la radioactivité est « sans danger pour la santé », une partie du personnel médical a préféré fuir la catastrophe de Fukushima et a quitté les hôpitaux, une troisième catégorie d’entre eux tentent d’apporter leurs services aux populations, notamment avec le « National Network of Parents to Protect Children from Radiation », ou en assurant des consultations gratuites aux victimes du drame. D’autres médecins encore, se sont regroupés pour « influencer le gouvernement  en matière de dose et répondre aux sollicitations, comme  l’association Citizen’s Science Initiative Japan ». David Boilley estime que beaucoup de membres du personnel médical n’a pas joué son rôle envers la population sinistrée, « sans doute parce qu’ils étaient trop déconnectés de la population ».

Concernant la défense des victimes des radiations consécutives à la catastrophe de Fukushima, des initiatives montrent que « les populations sont en train de s’organiser pour construire une autre société, alors que les autorités continuent sur un processus décisionnel centralisé qui ne tient pas compte de l’avis des personnes concernées ». L’ACRO explique que des avocats se battent pour que les populations puissent être dédommagés, « ils sont une cinquantaine et veulent maintenant bâtir une démarche collective de négociation avec TEP Co, pour donner plus de poids aux réclamations des personnes spoliées. Plus d’une centaine de victimes se sont déjà déclarées prêtes à les suivre dans cette démarche ».

La situation reste donc très complexe concernant le nucléaire et les solutions énergétiques au Japon, le combat entre les autorités et le gouvernement s’annonce difficile. Affaire à suivre.

Source : Novethic.fr

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François Hollande, Président : quelles perspectives pour l’écologie ?

Qui sera le ministre de l’écologie ? Quel rôle tiendront les Verts auprès du nouveau gouvernement ? Quelques questions qui titillent sérieusement les ONG environnementales, avides d’une démarche politique à la hauteur des enjeux. La conférence mondiale des Nations Unies sur le développement durable, Rio +20 a lieu dans un peu plus d’un mois, du 20 au 22 juin. Membres de gouvernement, secteur privé, ONG et autres se réunissent pour définir les moyens de réduire la pauvreté et assurer la protection environnementale de la planète. François Hollande, Président fraîchement élu saura-t-il dessiner une politique écologique ambitieuse et confier à la France un rôle substantiel dans ce domaine ?

Le programme socialiste à travers la loupe des ONG environnementales

Revenons d’abord sur le programme du Président avec l’ONG, Agir pour l’Environnement qui dénonce en premier lieu le manque d’ambition de ses propositions. Dans un communiqué de presse daté du 4 mai, l’organisation dénonce de la part de François Hollande « son soutien à l’aéroport Notre-Dame-des-Landes ainsi que sa volonté de ne fermer qu’un seul réacteur nucléaire, tout en construisant l’EPR et en maintenant la filière de « retraitement » des déchets nucléaires ». Il lui concède, en revanche, le fait de s’être déclaré « favorable à l’interdiction claire et nette de l’exploitation des gaz et huile de schistes, quitte à renforcer la loi du 13 juillet 2011 ». L’ONG se satisfait également du fait « qu’il soutient le développement des énergies renouvelables en créant un fonds vert de capital investissement au sein de la future banque publique d’investissement ».

L’ONG, France Nature Environnement, quant à elle, par la voix de son président Bruno Genty, déclare après l’élection: « Bien que le programme de François Hollande ne nous semble pas suffisamment ambitieux d’un point du vue environnemental, nous avons pris acte d’un certain nombre d’engagements importants, qui créent les bases d’avancées concrètes. Nous serons très attentifs à leur mise en œuvre et nous participerons à leur appropriation par les citoyens. En agissant dès aujourd’hui, l’environnement sera un levier. Attendre, ce serait le transformer en obstacle ».

Ces deux ONG s’accordent donc sur le manque d’ambition inhérent au programme écologique du nouveau Président de la République. Cependant le PS a signé un accord avec Europe Ecologie Les Verts (EELV) et milite pour la transition écologique. Alors qu’en pense Cécile Duflot, secrétaire du parti ?

« Une chance pour l’écologie »

Elle déclare que la victoire de François Hollande est « une chance pour l’écologie ». Cette dernière contribuera selon elle, à « relancer la mobilisation pour la transition écologique, la lutte contre le changement climatique, la réduction de la part du nucléaire, la préservation de la biodiversité et de nos espaces naturels, l’action contre les pollutions de l’air, du sol et des eaux, une agriculture paysanne et une alimentation de qualité ».

Cécile Duflot, qui a annoncé quitter son poste à la tête du parti le 22 juin, serait-elle pressentie pour le fauteuil de ministre de l’écologie ? A-t-elle été contactée par les équipes de François Hollande ? « Par principe, je ne fais pas de langue de bois, je dis la vérité, alors je ne vais pas vous le dire » assure-t-elle.
Toujours est-il que les écologistes se déclarent « disponibles » pour entrer dans le futur gouvernement.
Rio+20 approchant à grand pas, la volonté politique impulsée par le nouveau gouvernement devra penser l’économie et le développement durable comme indissociables.

L’économie verte

La conférence Rio +20 est structurée par deux thèmes : l’économie verte dans le cadre du développement durable et de l’éradication de la pauvreté ; et le cadre institutionnel du développement durable. Concernant le premier thème : « il s’agit surtout de transférer dans la sphère économique le débat sur le développement durable, qui s’est jusque-là essentiellement tenu dans la sphère environnementale » dixit le site du gouvernement consacré à la conférence. Dans un rapport diffusé en février 2011 par le programme des Nations Unis pour l’environnement (PNUE) intitulé « vers une économie verte », l’économie verte se définit comme « une économie qui entraine une amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale, tout en réduisant significativement les risques environnementaux et la pénurie des ressources ».

Des réflexions à mener, un sommet pour se réunir, cinq ans pour agir.

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OGM et nanotechs, quelle culture du risque ?

Les OGM et nanotechnologies ont trente ans, et pourtant sur le plan du risque, ils font toujours figure de technologies émergentes. Pourquoi ?

Il faut savoir que 150 millions d’hectares d’OGM sont cultivés dans le monde (soja, mais, coton, colza, riz, pomme de terre…). Des centaines de produits (cosmétiques, peintures, plastiques…) qui incorporent des nanofibres ou des nanoparticules connaissent une diffusion massive.

Pourtant, en trente ans, l’expérience accumulée est encore insuffisante et les méthodes d’évaluation trop imprécises pour déterminer les dangers potentiels sur la santé humaine et l’environnement.

Les questions sont nombreuses, selon le journaliste Philippe Testard-Vaillant, auteur de l’article « Vers un monde plus dangereux » publié dans le hors-série de Science et Vie, « Un siècle de catastrophes technologiques » :
« Les gênes insérés dans les variétés cultivées, dont on sait qu’ils peuvent se répandre chez des espèces sauvages, y provoqueront-ils des résistances massives aux herbicides et aux insecticides ? Ces mêmes gènes peuvent-ils à long terme, avoir un impact sur la santé humaine ? Les nanoparticules, dont il a été montré en 2011 qu’elles peuvent franchir des barrières biologiques aussi inviolables que celle séparant cerveau et circulation sanguine, peuvent-elles provoquer des maladies ? »

La culture du risque

Pour l’instant, les réponses tardent à venir dans une société accoutumée à la culture du risque. Le risque se définit comme un danger éventuel, plus ou moins prévisible, inhérent à une situation, à une activité. Mais que recouvre exactement la notion de culture du risque ?

Selon le sociologue Anthony Giddens, la culture du risque est « un aspect fondamental de la modernité, par lequel la conscience des risques encourus devient un moyen de coloniser le futur ». Patrick Peretti-Watel précise « nous vivons dans une société qui n’est plus orientée vers le passé mais tournée vers le futur, dans laquelle l’individu a acquis une grande autonomie et se voit exhorté à prendre sa vie en main, en se projetant sans cesse dans l’avenir, pour rester attentif aux risques et aux opportunités qu’il recèle, et en s’appuyant pour cela sur des savoirs experts ».

Le risque est l’auxiliaire indispensable de l’innovation et du progrès. Les inventions de l’homme sont toujours plus ambitieuses mais les performances de sécurité suivent-elles pour autant le même rythme ? Le temps s’accélère, cinq cents milliers d’années ont séparé l’invention du feu de celle de l’arme à feu, mais six cents ans ont suffi pour passer de l’arme à feu au feu nucléaire.

Aujourd’hui rien ne permet d’infirmer ou d’affirmer que les OGM et les nanomatériaux constituent une menace sanitaire ou environnementale. L’inquiétude est légitime, d’autant qu’en France, les débats restent vifs.

Le principe de précaution, quels usages ?

Face au risque, on oppose le principe de précaution. En France, ce principe est inscrit dans la constitution. François Ewald, philosophe du risque, dans un article du Monde précise que « dans sa définition originelle, le principe de précaution est un principe de gestion environnementale (…). Il apparait en Allemagne à la fin des années 60 (« Vorsorgeprinzip »). Les Allemands vont le décliner selon trois dimensions : éviter les dangers immédiats, prévenir les risques de moyen terme et avoir une gestion optimale, à long terme, des ressources naturelles. Il va ensuite prospérer sur le plan international en devenant une figure imposée de tous les traités internationaux en matière d’environnement. Le premier acte important était le Sommet de la Terre de Rio en 1992 ».

Aujourd’hui, ce principe connait plusieurs usages et cela s’explique notamment par le fait que, selon François Ewald, « le principe de précaution est toujours lié à la défense d’un système de valeurs précis. (…) Une association écologiste qui se bat contre une société qui fabrique des OGM va surpondérer la protection de l’environnement face aux bénéfices potentiels d’un progrès technique. Nous sommes donc, en réalité, dans une bataille de valeurs. »

Confronté à l’alternative innovation et progrès versus risque, quelle est finalement l’impulsion donnée par le gouvernement français ? Et que souhaite la population ?


« Sans considération éthique, il n’y a pas de véritable progrès, que des avancées techniques »

Dans une lettre adressée aux candidats à la présidence de la République française de 2012, Alain Grimfeld, président du CCNE ( Comité Consultatif National d’Ethique pour les sciences de la vie et de la santé), rappelle la mission qui est confiée au comité par la loi de 2011 relative à la bioéthique, « Tout projet de réforme sur les problèmes éthiques et les questions de société soulevés par les progrès de la connaissance dans les domaines de la biologie, de la médecine et de la santé doit être précédé d’un débat public sous la forme d’états généraux ». Selon un sondage effectué en décembre 2011 à la demande du CCNE, les Français se sont prononcés à plus de 70% en faveur d’une meilleure information sur les enjeux des progrès de la science dans les domaines de la vie et de la santé ».

Plus de transparence, certes, et surtout des débats publics car de la réflexion sur les enjeux éthiques dépend le choix de l’avenir réservé aux générations futures.

Etienne Klein, dans son article « les vacillements de l’idée de progrès » explique : « soit nous voyons en elle (la science), le lieu présumé et exclusif de la certitude, soit nous la condamnons au motif qu’associée à la technique elle serait responsable de tous les dangers que nous sentons poindre ».
Il conclut : « ni la science ni la négation de la science ne choisiront l’avenir à notre place. Reste le plus difficile : organiser le débat entre les experts et les citoyens ».

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