Ouvrez, ouvrez la cage aux partis


Avec un peu de chance, en 2017, si nous sommes bien sages, nous aurons droit au même bal des prétendants que lors de la dernière élection présidentielle : François, Nicolas, Marine, Jean-Luc, François (de Pau et de sa région) et quelques autres trublions qui le temps d’une campagne brilleront au firmament de leurs espérances électorales avant de disparaître dans la grande nuit de l’entre-deux tours.

C’est dire à quel point on a hâte d’y être.

Autant dire que le système politique français n’est point sclérosé mais qu’il est juste mort.

Figé dans une posture d’éternité que rien ne semble pouvoir ébranler.

Incapable de se renouveler, inepte à se réinventer, écrasé par des années d’immobilisme, il meurt chaque jour un peu plus d’inanition.

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Les partis, verrouillés à triple tour, ressemblent à des hospices où pour prétendre se retrouver à la manœuvre, il faut montrer sa carte vermeil, être bien établi dans sa carrière d’émeutier politique, jouir d’une certaine respectabilité, avoir tissé un réseau d’influence assez puissant pour que le jour-dit, il vous propulse en haut de l’affiche.

Avoir passé sa jeunesse à fanfaronner sur le banc de grandes écoles où l’on vous aura appris tout sauf l’expérience de la vraie vie et ses déraillements perpétuels, la confrontation avec le monde réel et ses innombrables emmerdements, la rencontre avec les hommes et les femmes que vous serez censé représenter mais que vous oublierez bien vite une fois aux responsabilités, obnubilé que vous serez alors par votre réélection de dans cinq ans.

Les partis fonctionnent comme une sorte de club fermé où on ne procède jamais à une quelconque expulsion, où quelle que puisse être la gravité de vos échecs, la grandeur de votre imbécillité, la parfaite inanité de votre agilité intellectuelle, on vous gardera toujours une place au chaud, vous offrant même la possibilité de revenir en deuxième semaine tant on aura toujours besoin de votre incompétence certifiée conforme par des années d’exercice du pouvoir.

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Bien sûr vous aurez beau jeu de dire que vous avez changé, que vous n’êtes plus celui que vous étiez hier encore, que vous avez réalisé à quel point vous vous étiez trompé lors de votre précédente mandature, que vous avez réfléchi, mûri, compris les attentes de la population et les réponses à lui apporter.

Vous irez même jusqu’à torcher un livre que quelques âmes incrédules prendront pour les Nouvelles Evangiles.

Sauf qu’on n’échappe point à sa vraie nature ; elle finit toujours par vous rattraper.

Des années de pratique d’une langue de bois forcenée, d’inculture soigneusement entretenue, d’incapacité à s’ouvrir à la société civile, à élargir le champ de vos connaissances, vous auront transformé en une sorte de perroquet des plus bavards, de ceux qui n’aiment rien tant que de bavasser les mêmes sempiternelles ritournelles, les mêmes formules décaties, les mêmes mesures programmatiques que par ailleurs, par prudence ou par pusillanimité, vous n’appliquerez jamais lorsque que vous serez confronté à l’exercice du pouvoir.

Bref, vous serez aussi passionnant à écouter que des mères maquerelles en charge d’un bordel composé uniquement d’eunuques.

Et pourtant vous serez bien là fidèle au poste, ne comprenant même pas qu’on puisse s’interroger sur le bien-fondé de votre présence tant on vous aura inculqué depuis votre tendre enfance que la République Française chérit ses hommes politiques jusqu’à ce que mort s’ensuive et parfois même au-delà.

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Quant aux petits pioupious qui auraient l’outrecuidance de vouloir exister par-eux mêmes, vous les calmerez d’un maroquin ministériel qui saura tempérer leurs juvéniles ardeurs.

Ainsi va la politique française, de croques morts en croques morts, de figures de cire en figures de cire, de petits chefs en petits chefs, de résurrection en résurrection, en une procession parfaitement ordonnée qui vitrifie l’espérance et anéantit toute possibilité de vrai changement.

Et vlan !

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3 commentaires pour “Ouvrez, ouvrez la cage aux partis”

  1. « Vlan ! » À qui ? À quoi ? Un besoin physiologique de cogner vous a-t-il saisi brusquement ? Vous l’avez sublimé (c’est beaucoup dire…) dans cet écrit polémique ? Bravo pour la sublimation – pas pour le texte.

    Figé dans une posture de vindicte que rien ne semble expliquer (on plagie, et en déformant !), de Vancouver où personne ne vous envoya pour on ne sait quel fictif bannissement, vous passez votre colère, avec une mauvaise foi insigne, sur la gent politique. Sans doute serez-vous applaudi. Chacun est libre d’applaudir, comme de quêter les applaudissements.

    L’on signalera quelques étonnements : d’abord, les hospices – quoique les partis soient loin de n’être peuplés que de vieux croûtons – sont parfois verrouillés ; les partis, à l’être, seraient plutôt auto-verrouillés car personne n’y empêche personne d’en sortir ! Et puis, comment dans les hospices « prétendre se retrouver à la manœuvre » ? Au reste, qui ne serai ravi de voir des cacochymes, des égrotants soudain si ragaillardis qu’ils se puissent lancer dans des « manœuvres »… ? Quant aux grandes écoles (ah, ces ignobles grandes écoles !), il ferait beau voir qu’au nombre de leurs missions ait jamais figuré – si ce n’est via des stages d’application – celle d’apprendre à ses élèves « l’expérience de la vraie vie ». Tout regrettable que parfois cela est, « la vraie vie » ne nous est enseignée que par… la vie.

    Quant à leur « vraie nature », à laquelle les politiques en exercice n’échapperaient pas – et pour cause, puisque leur longue carrière est, selon vous, consacrée à l’assidue « pratique d’une langue de bois forcenée », à la culture et à l’entretien de « l’inculture » et de « l’incapacité à élargir le champ de [leurs] connaissances » (de la « société civile », suppose-t-on), l’on se demande (quoique exempt de ces contaminations-là et des maux attrapés dans une ou plusieurs grandes écoles) si ladite « vraie nature » d’une personne ne serait pas déjà fortement constituée avant même une formation supérieure et une carrière politique.

    Enfin, quand et où avez-vous lu, dans quel livre d’histoire récent, que « la République française chérit ses hommes politiques jusqu’à ce que mort s’ensuive [un amour excessif les tuerait… ?] et parfois même au-delà ? ». Il advient parfois que la puissance sélective des mémoires aidant, au-delà de la mort d’un gouvernant, un peuple finisse par oublier les multiples raisons qu’il eut de le critiquer, voire de le pilonner verbalement à chacune ou presque de ses décisions. Mais le chérir de son vivant et/ou sa mort venue ! Ne serait-ce pas, disons : un amour nostalgique, ou nostalgie de citoyens vieillissants ?

  2. Le sujet ne passionne pas les foules.

  3. Bien dit, a part la charge sur les grandes ecoles, car si on regarde le parcours on a autre chose:
    Marine Le Pen: heritiere
    Sarkozy : a peniblement eut son bac B
    Melanchon : license de philo
    On fait des etudes plus poussees
    Bayrou : agrege de lettres
    Juppe/Hollande : ena

    Bon c est vrai que les 2 enarques sont notre president actuel et le prochain :-(

    Sinon vous avez raison, c est quand meme terrible que tous n ont fait que de la politique dans leur vie et qu on s apprete a porter au pouvoir un type de 70 ans qui a ete (il y a 20 ans !) un tres mediocre premier ministre (a part creer des impots et etouffer les affaires judiciares de ses copains qu a t il fait ?)

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