Les caprices de Sophie

 

J’avoue, jusqu’à récemment, je ne savais quoi trop penser des divagations romanesques de François Hollande.

Je barbotais dans une mer de confusion.

Je m’interrogeais sans relâche sur la difficile équation entre vie privée et vie publique sans être capable d’arrêter ma pensée sur un jugement bien défini.

Et puis comme souvent en ce bas-monde la lumière est venue de Sophie Marceau, femme en tout point admirable, d’une moralité irréprochable, à la carrière cinématographe impeccable, icône de mon adolescence, phare de mes années de maturité et assurément guide spirituel de ma retraite à venir.

En grande penseuse qu’elle a toujours été, elle a su trouver les mots adéquats pour définir en quelques mots percutants la conduite de notre président de la république lors de sa dernière épopée sentimentale :  il se serait montré d’une lâcheté inouïe parce que “il a des maîtresses et quand on le sait il refuse d’en parler. Un mec qui se conduit comme ça avec les femmes, c’est un goujat “.

Goujat dans l’exacte mesure où “ parce que c’est faire du mal à quelqu’un, de le blesser par des manières un peu offensantes “.

Paulo Coelho n’aurait pas pu trouver formulation plus percutante. La Bruyère l’aurait volontiers rajouté à son recueil de maximes. Cioran se serait damné pour être l’auteur d’un trait d’esprit si brillant. Moi-même je crève de jalousie de n’avoir eu pareille fulgurance.

Cette capacité d’analyse ensorcelante, ce raffinement exquis dans le jugement, cette pensée vibrionnant de mille feux permettant d’asseoir un raisonnement sur la base d’une réflexion mûrement pesée, cette appétence linguistique, cette pratique de la casuistique portée à son pinacle, cette façon de parvenir à dire la vérité à l’aide d’une formule lapidaire demeure toujours l’apanage des grands de ce monde.

Il me semble évident que depuis que Sophie Marceau partage ses nuits et ses jours avec Christophe Lambert, elle a indubitablement gagné en maturité ; elle a franchi une nouvelle étape dans l’affirmation de son identité remarquable ; à son contact elle s’est forgée une carapace intellectuelle lui permettant désormais de s’affranchir des contingences du quotidien pour l’amener à fréquenter les plus hautes sphères de la pensée contemporaine.

On sait depuis longtemps les bienfaits de l’émulation intellectuelle dans un couple.

Qu’eût été Jean-Paul Sartre sans la fréquentation de Simone de Beauvoir ? Jean-Louis Barrault sans sa Madeleine ? John Cassavetes sans Gena Rowlands ? Chantal Goya sans Jean-Jacques Debout ? Céline Dion sans René ?

Sophie Marceau a toujours incarné l’excellence française.

De ces femmes d’esprit qui de Georges Sand à Colette, de Marie Curie à Edith Piaf, de Madame de Sévigné à Marguerite Yourcenar, de Sarah Bernhardt à Mireille Mathieu, ont écrit les plus belles pages de notre récit national.

On ne compte plus les longs métrages où l’actrice préférée des français a chamboulé de fond en comble notre rapport au septième art, l’amenant à fréquenter des sommets dont on ne le pensait pas jusque-là capable : de la Boum à LOL, de l’Etudiante à De l’autre côté du lit, de Fanfan à Un bonheur n’arrive jamais seul, elle n’a eu cesse à chacun de ses rôles de se mettre en danger, de chercher à chaque fois à repousser ses limites, de s’affirmer film après film, comme une de ces actrices essentielles dont la seule apparition sur un écran nous bouleverse et nous laisse sans voix.

C’est pourquoi il faut entendre Sophie Marceau lorsqu’elle se permet de traiter François Hollande de lâche et de goujat.

Sophie Marceau connaît les mécanismes du désordre amoureux comme personne.

Elle a toute la légitimité nécessaire pour apostropher ainsi notre Président.

N’a-t-elle pas déjà par trois fois connu les sortilèges de l’Amour en s’entichant d’hommes à la fortune diverse ?

Sophie Marceau sait d’expérience les contradictions du cœur en conflit avec lui-même, l’infinie lâcheté des hommes, leurs traîtrises, leur incapacité à affronter la vérité, leurs mesquineries, leurs faux semblants, leurs veuleries, leurs faiblesses, leurs louvoiements.

 

Elle est notre nouvelle Roland Barthes.

 

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17 commentaires pour “Les caprices de Sophie”

  1. Eh bien si Sophie Marceau n’avait pas de légitimité pour exprimer son mépris pour Hollande, vous la lui avez donnée en lui dédiant votre article !
    Pourquoi n’aurait elle pas le droit de dire ce que nous pensons dans une grande majorité ? Personnellement, j’ajouterai que sa goujaterie n’a d’egale que son physique repoussant et son allure ridicule.

  2. « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » : même en… « people ». Pierre Corneille avait raison.

    Sophie Marceau n’est sans doute pas un aigle, ni le cinéma, le plus grand des arts. Mais enfin, « l’actrice préférée des Français » – préférence de « look » ? – ne méritait pas d’être aussi cruellement habillée pour l’hiver… À tel enseigne que la première remarque (De quoi je me mêle ?!) qui traverse l’esprit après l’audition de sa …maxime : « Parce que c’est faire du mal à quelqu’un de le blesser par des manières un peu offensantes » (rien moins que volée à La Rochefoucauld !), se transforme, votre développement une fois lu, en : « La pauvre ! Méritait-elle autant d’indignité ? » Des films – de Bertrand Tavernier : « La Fille de d’Artagnan » (1994), d’Alain Monne, « L’Homme de chevet » (2009) – attestent même qu’elle peut faire montre d’un réel talent d’actrice.

    Quant aux béguins, diraient nos grand-mères et vos arrière-grand-mères, que la capricieuse Sophie Marceau s’est choisis, « Closer » ne vous dirait certainement pas que ça la regarde, mais comment ne pas le penser très fort ?

    Roland Barthes, auteur du très remarquable « Fragments d’un discours amoureux » (1977) ne manquerait pas de rappeler le précepte de tous les maîtres (d’école, et d’arts & lettres) : « Ne comparez que ce qui est comparable ». À ne pas suivre une aussi sage règle, on risque d’atteindre le degré zéro de l’ironie et de l’humour. Simple leçon d’esthétique.

  3. Je ne connais pas le contexte dans lequel Sophie Marceau a donné cet avis dont a priori on se fout, même si on le partage (ce qui est mon cas).

    Ceci étant votre attaque est bien lourde.

    Tout comme la réponse de C.Deneuve qui s’offusque qu’on manque de respect à la fonction présidentielle. Je pense que le gugusse qui va voir sa poule en scooter manque plus de respect à la fonction que l’actrice lambda qui le traite de lâche.

  4. “il se serait montré d’une lâcheté inouïe parce que “il a des maîtresses et quand on le sait il refuse d’en parler.” et pourquoi nous en aurait il parlé ??? moi cela ne m’intéresse absolument pas, de quel droit demander des comptes ?

  5. Mr Puycasquier : vous m’impressionnée, une encyclopédie à vous tout seul….

  6. oups ! impressionnez …vraiment !

  7. Rien compris. “On” c’est qui? “On” sait quoi? Il refuse de parler à qui? Et pourquoi? Marceau a des preuves? Ce serait donc un goujat parce qu’il aurait été démasqué et aurait nié? C’est sûr, pas vu pas pris :) Mais Marceau elle savait à quoi s’attendre, c’est d’ailleurs pour cela qu’elle n’a pas voté pour lui, d’une logique imparable. Marceau Présidente!!!
    Saga vous me faites perdre mon temps à moins que vous sachiez comment on dit goujat au féminin?
    closde, vous pourriez m’expliquer ce que raconte Puycasquier? Nous expliquerait il que la connasse de service à été maltraitée? Elle a cherché non? Si lire rend intelligent il semblerait que ça s’ajoute à la connerie. C’est bien dommage.

  8. Sainte-nitouche, qu’est ce que vous en pensez?

  9. C’est étonnant de décider qui a le droit ou non de s’exprimer… Pourquoi Sophie Marceau n’aurait pas le droit de s’exprimer ?
    En tout cas, je partage son affirmation concernant F.Hollande. C’est bien, dans la manière où “il a mis fin” à sa relation avec sa compagne, en quelque sorte la congédiant par agence de presse interposée, un signe de parfait goujat. Qu’il soit président ou balayeur de rue, c’était minable, et je n’ai aucune sympathie particulière pour Mme T. Je me reprends : en tant que président, F.Hollande a moins de droit que le balayeur pour être aussi minable.

  10. Et bien Monsieur par votre article, vous nous avez prouve que vous êtes un “goujat”.

  11. Déjà qu’on se contrebalance royalement de l’avis de cette actrice, alors autant dire que celui qui écrit sur ce qu’elle pense a atteint les tréfonds de la branlette intellectuelle, le tout sous-poudré par un curieux mélange d’amalgame dirimant.

  12. Non mais sérieux il la ferme quand ce puycasquier? Il jouit au moins quand il poste ses commentaires de puants d’orgueil ?

  13. Par ailleurs je viens de découvrir ce blog et c’est un vrai plaisir de vous lire depuis bamako ! Bien écrit, (plutôt) drôle, un vrai plaisir de lire !

  14. Le truc c’est que tout le monde a le droit de s’exprimer. C’est ça être célèbre; donner son avis sur tout même si on n’y connait rien.
    Tout le monde a le droit d’avoir une opinion. Et tous les autres ont le droit de trouver cette opinion spectaculairement conne.

  15. Quelle emphase ! Quelle lourdeur ! Pauvre Sophie… Que n’a-t-elle dit pour qu’une personne à la parole facile à défaut d’être talentueuse, se déchaîne ainsi contre des propos maladroits, certes, manquant aussi de profondeur, mais qui, me semble-t-il, ne mettent la vie ni la réputation de personne en péril ! Allons monsieur si vous en êtes un, du calme ! Vous a-t-elle un jour éconduit au point de vous sentir aussi meurtri et confus ? Et si vous êtes une dame, seriez-vous jalouse de notre beauté nationale au point de ne plus savoir à quels seins de Sophie vous vouer (je sais, celle-là, elle était facile) ? Je reste stupéfaite de lire autant d’ironie pour une petite phrase sans aucun intérêt…

  16. C’est la deuxième fois que je lis ce billet en 24 heures, et je me suis autant marrée les deux fois. Tout simplement génial ! Quelle plume et quel esprit. Vraiment.

    Bravo !

  17. faut pas exagérer non plus mais merci tout de même

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