Un royaume pour mes lasagnes

Soudain tout m’est revenu à la mémoire.

Les lasagnes Findus, les pommes noisette Findus, les crêpes Findus, les steaks hachés de poisson Findus à l’ail et fine herbe. Toute une tranche de vie.

Quand je n’avais ni le temps ni l’argent pour cuisiner.

Quand je mangeais dans le seul but de me nourrir.

Quand j’avais le palais aussi développé qu’un mouton bègue d’Alaska.

Quand mon four à micro-ondes était mon confident.

Quand je confondais le produit vaisselle avec le débouche-chiottes.

Que je buvais des bières douteuses achetées en rafales chez Leader Price.

De ces bières acides et rances qui recelaient des taux d’alcoolémie faramineux.

Que j’accompagnais avec une farandoles de crêpes fourrées au fromage suivies d’un hachis parmentier royal avalé en trois bouchées jamais mastiquées avant de broyer entre mes mains le plat en aluminium que je venais de vaincre en moins de cinq minutes.

Quand je me régalais d’escargots congelés retrouvant des couleurs dans un océan de beurre frelaté.

Que je frémissais de plaisir à l’idée de dévorer un saumon en papillotes accompagné de sa sauce à la moutarde qui devait ressemblait à un dégueulis de vomi d’autruche.

L’époque n’était pas au bien-être, au respect de son corps, à l’écoute de son corps, à la glorification de son corps.

Personne ne venait nous emmerder en nous suppliant d’avaler des gorgées de légumes du potager arrosés d’un litron d’eau minérale. Le cancer n’existait pas. La mort non plus.

On ne mangeait pas, on bouffait.

Tout et n’importe quoi.

Vite et n’importe comment.

A la louche.

Salement.

Voracement.

Mon frigo ne servait qu’à abriter des régiments de bières se tenant comme des chiens de garde sur les rayons de mes ivresses à venir.

Pour la nourriture, c’était direction le congélateur géant où pétaradaient les rouges et les bleus des produits Findus.

Les rouges triomphants des plats cuisinés. Les bleus marine des poissons carrés. Le marron doucereux des pommes noisette.

On ne dressait jamais la table. A quoi bon ?

C’est tout juste si on se servait d’assiettes. La plupart du temps on mangeait directement dans le plat.

On trouvait ça délicieux. Goûtu. Crémeux à souhait.

Avec un dernier croûton de pain, on astiquait les quatre coins de la barquette afin de ne pas en perdre une miette.

On finissait le repas rassassié comme jamais. Vaguement écoeuré mais tellement heureux de s’être baffré. Repu. L’estomac lourd de nourritures riches et grasses.

C’était bon.

Effroyablement bon.

 

37 commentaires pour “Un royaume pour mes lasagnes”

  1. Nous assistons en direct à la fin d’us et coutumes de Mr Sagalovitch…bon je sors !

  2. C’ est casher, Findus ?

  3. suis bien content d’avoir grandit dans un restaurant.

  4. :D La vache (…enfin heu le ch’val, kua)… Je commence à comprendre votre usage excessif de temesta, Laurent. Un peu plus, et vous passiez à l’usage abusif de télé-réalité et de comédies françaises, à l’écoute envoûtée de Goldman ou de Sardou, et à la lecture frénétique de Christine Angot et consorts.
    Ces pauvres canassons sacrifiés vont en sauver plus d’un, j’ai l’impression.

  5. Un article interessant concernant les nouveaux visiteurs de ce blog
    http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/02/14/comment-les-trolls-radicalisent-l-esprit-des-lecteurs-sur-internet_1832973_1650684.html

  6. @ Vinnie : on pourrait rebaptiser les trolls des Narcisse, au fond.
    (Au fait, on ne lit plus du tout Julie depuis qu’on sait qu’elle s’appelle en réalité Jules-Edouard Gubitsh et qu’elle/il est Grolandais(e), donc…)

  7. @ Sophie : Oui, de leur point de vue. Mais ce qui est encore plus navrant et qu’exprime l’ article, c’ est que les trolls finissent par rendre tout le monde aussi con qu’eux.
    Moi-même, je dois avouer…

  8. @ Vinnie : meuh non, vous résistez très bien, même quand vous vous déguisez en motard tatoué fan de foot. :D

  9. @belle Sophie, il n’est pas encore sorti de l’asile

  10. @Grand Rackam Ze Rouge : qui ça ? Vinnie, Laurent ou Jules-Edouard ?

  11. Mais c’est moi qui ne veut pas sortir!

  12. juliedoardgulb bien entendu, bon Vince un peu aussi :)

  13. @Laurent, vous etes coincé dans le déshumidificateur?

  14. Et Laurent, donc (mais lui c’est prévisionnel et salvateur). :D
    (Y’a encore de la place et une cambuse pas trop chère ?)

  15. Je peux vous faire une petite place sur mon tapis rond si vous voulez

  16. Ah, si vous me promettez une place sur votre pouf-poire, alors là c’est tentant.

  17. Vous pourriez venir m’aider à passer un coup d’aspirateur : http://www.aspirateursilencieuxsanssac.com/

  18. On peut même perdre du poids ici : http://www.commentperdredeshanches.com/

  19. (Déshumidifiez bien tout avant, je fais des allergies au moisi.)

  20. :D Sans vous flatter, Laurent, je trouve que c’est une prouesse épatante d’arriver à faire rire autant avec des aspirateurs et des régimes. Vous me bluffez.

  21. Vous êtes trop gentil : http://www.carteremerciementanniversaire.com/message-remerciement-anniversaire/

    Vous voulez mes oeuvres completes ?!

  22. pareil pour moi, c’est pour que ça que je voulais savoir si il y avait un compteur sur les pages en question, pour voir le nombre de fois que ces textes sont lus.

  23. “la poussière qui se cramponne comme des forcenés aux franges du tapis”… J’ai un fou rire, ayé.

  24. Riez, riez à gorge déployée, vos voisins n’entendront rien : http://www.isolationphoniqueplafond.com/mousse-isolation-phonique/

  25. juste pour savoir encore, vous etes censuré parfois?

  26. @ Laurent : ah, pour l’isolation, vous avez séduit Mélanie. Ou alors c’est votre boss qui, tétanisé, s’est déguisé en Mélanie, histoire de noyer le poisson. (Il n’y a pas un lien sur les fusils à pompe pour ceux qui n’ont pas le budget isolationphoniqueplafond ?)

  27. Pas de fusil mais pour cacher un cadavre je vous propose une http://www.bacheabullepiscine.com/

  28. Ah parce que vous vendez aussi des aspirateurs ?? vous pourrez les vendre au Brésil quand les petites bêtes à 8 pates seront descendues du ciel et quelles s’infiltreront dans tous les coins des maisons pour y pondre leur progéniture…le vrai cauchemar, pire que les oiseaux de Hitchcock ; mais vous pouvez aussi vous recycler dans les fenêtres dans l’Oural à moins qu’un astéroïde en décide autrement…Bonne soirée !

  29. @ closde : mais je vends rien du tout moi!!!!!!!!!! C’était une commande textes quand dans ma vie il faisait faim

  30. alors ça va mieux maintenant ! ouf je suis rassurée…j’allais fouiller le fond de mon congèle pour vous faire un ptit colis, mais je n’ai pas de Findus :) )))

  31. Cher auteur , il était bon le porc dans les barquettes Findus?
    Signé le pape juif

  32. Encore un article qui est à la littérature ce que findus est à la gastronomie

  33. érotisé au porno soft

    élevé aux surgelés

    éduqué aux best sellers

    il a le poil qui brille.

  34. A qui profite le crime ? Qui a eu intéret à dévoilé la magouille ? Depuis combien de temps durait elle ? Y a t-il eu des morts ? N’est on pas plus langue de b… quand il s’agit d’étouffer des scandales plus graves ? Sang contaminé….etc . Doit on incriminer le bout de la chaine ? Certains prétendent que même les ouvriers de Spanguero étaient capables de faire la différence entre du boeuf et du cheval, résultat des courses il y a 300 ouvriers qui vont se retrouver sur le carreau ! Il serait peut être plus judicieux de s’intéresser aux conditions sanitaires ds lesquelles vivent ces chevaux en Roumanie, car s’il y a eu magouille c’est parce que le cheval était vendu moins cher, pourquoi ? telle est la seule question qu’il faudrait se poser, car au final, qui s’est aperçu qu’il mangeait du cheval ?

  35. Compliqué ! A dessein ?
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/02/15/01016-20130215ARTFIG00516-le-scandale-de-la-viande-de-cheval-resumee-en-cinq-points.php

  36. hé ! vous êtes où ? y a quelqu’un ?

  37. Pour la peine je suis allez voir le spectacle de Bartabas, Calacas, avec des mariées mortes, des squelettes ricanants qui dansent en lévitation et des chevaux encore vivants. Les percussionnistes mexicain tournoient sur un rythme endiablé jusque la transe et le petit rat de chair au tétons d’acier durs et froids comme la mort l’embrasse comme pour mieux s’en débarrasser. La musique joyeusement funèbre des fanfares jaillis des corbillards et des bars à tequila mis en mouvement (doppler) par les chevaux. Comme le dit Bartabas ” Celui qui a l’énergie vitale dans Calacas, c’est le cheval, pas l’homme.” C’est très poétique, beaucoup plus que les lasagnes et la 8-6.

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YOU WILL NEVER HATE ALONE

Avant tout, une mise au point. A priori, je ne vous aime pas et je me contrefous de savoir si vous m’aimez ou si vous allez apprécier ou pas ce que je vais pouvoir radoter à longueur d’article. Ce n’est en aucun cas mon problème, c’est le vôtre. Je rajoute que je suis d’une mauvaise foi crasse, que je n’ai d’avis arrêté sur aucun sujet, que je prends un grand plaisir à manier l’art du contre-pied, que je n’aurai cesse de vous provoquer et de vous titiller afin que vous vous sentiez offusqué au point d’aller pondre un commentaire rageur et furieux auquel je prendrais un malin plaisir à répondre. Toujours.  

Ceci posé, la plupart du temps, mes articles seront à prendre au deuxième ou au troisième degré. De grâce, nul besoin d’aller embêter la standardiste de la Licra, de menacer de convoquer le conseil d’administration de la Mrap, de m’admonester de présenter des excuses sur le champ, sans quoi, vous irez tout rapporter au commissaire général de S.O.S racisme, à l’inspecteur en chef de la SPA, au rapporteur de la Ligue des Droits de l’Homme. Je ne suis pas sérieux. Je suis un bouffon. Un pitre. Un petit con hargneux. Un individu sans intérêt qui aime jouer à l’intéressant.  
Surtout par pitié, ne me taxez jamais d’antisémitisme. J’ai eu le bonheur ou le malheur d’être né de parents tout à la fois ashkénaze et sépharade donc pas de jaloux non plus de ce coté-là. Chacun en prendra pour son grade et aura sa pâtée de critiques bien senties.   J’oubliais : bien que je sois né en France, bien que je possède un passeport français, que j’ai trop longtemps vécu dans ce beau pays, je n’éprouve envers lui aucune tendresse particulière et n’aurait cesse de démonter et démontrer à longueurs d’articles ses travers et ses absurdités.

Je n’ai jamais pardonné la rafle du Vel d’hiv et ne la pardonnerais jamais. Par principe et par instinct, je n’ai aucune sympathie pour l’Allemagne ou pour la Pologne. C’est ainsi. Vous pourrez toujours me parler de la réconciliation nécessaire entre les peuples, de la nécessité du pardon, de l’exigence de tourner la page, je suis sourd à jamais à tous ces raisonnements frappés du bon sens.  
La notion de patriotisme m’est complètement étrangère, celle de nationalisme me donne la nausée. Si l’équipe de France de Football devait disputer une rencontre capitale contre la Hollande ou l’Italie, je supporterais toujours ces dernières.   Si le PSG ou l’OM ou Lyon, surtout Lyon, était amené à rencontrer Manchester United, le Milan AC ou Barcelone, je serais toujours du côté des équipes qui considèrent le football comme un des beaux arts et ne supporterais jamais une bande de tacherons au simple motif qu’ils sont français. Sauf Saint-Etienne. L’amour est aveugle et j’ai pour les verts des yeux de Chimène.

  Ne venez pas m’emmerder sur ce sujet en me disant que depuis trente ans ils n’ont rien gagné, qu’ils vivent sur leur passé, que la roue a tourné. Je saurais vous répondre avec le cinglant approprié à vos sottes remarques.
 
Mais de tout cela vous en vous en rendrez compte très vite. A bientôt donc mon idiot de semblable, mon crétin de frère, mon stupide cousin. Sois donc soulagé: désormais, dans le désert de ta connerie qui est infinie, tu ne seras plus jamais seul.

Laurent Sagalovitsch

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