«Juste la fin du monde»: Xavier Dolan en famille comme à la guerre

520343Nathalie Baye et Gaspard Ulliel dans Juste la fin du monde de Xavier Dolan

Juste la fin du monde de Xavier Dolan avec Nathalie Baye, Vincent Cassel, Marion Cotillard, Léa Seydoux, Gaspard Ulliel. Durée: 1h35. Sortie le 21 septembre 2016

Ce n’est pas une adaptation théâtrale, et pourtant le film est non seulement inspiré de la pièce éponyme de Jean-Luc Lagarce, mais en a conservé l’essentiel des dialogues. Ce n’est pas un film à vedettes, et pourtant il est interprété par Nathalie Baye, Gaspard Ulliel, Léa Seydoux, Marion Cotillard, Vincent Cassel.

Mais c’est bien, absolument, un film de Xavier Dolan, même si on n’y retrouve pas les échappées joyeuses et les digressions affectueuses qui participaient à la richesse de ses précédents films, et qui contribuaient notamment à la réussite de Laurence Anyways et de Mommy.

Il fait chaud. Louis revient dans cette maison à la campagne, maison de sa famille qu’il a quitté jeune homme, douze ans plus tôt, et à laquelle il n’a pas donné de nouvelles. Il veut revoir les siens, à l’heure où il se sait condamné à brève échéance par le sida. Il ne les a pas prévenus de son arrivée. Ils ne savent rien de sa vie, ni de sa mort qui vient.

 Sa famille? Un nœuds de conflits, rivalités, tensions et incompréhensions –la mère, le grand frère Antoine et son épouse Catherine, la petite sœur, Suzanne.
Une famille où le retour de ce fils et frère devenu un inconnu, objet de rancœurs ou de fantasmes, exacerbe les regrets et les non-dits, fait remonter les déceptions, les rêves laissés en plan.

Alors? Alors la guerre, comme on dit dans Les Liaisons dangereuses. Mais une guerre subie plutôt que choisie, subie par toutes et tous. Une guerre sale, faites d’embuches et de dérobades.

Une guerre où tous les moyens sont bons –c’est-à-dire mauvais. Surtout l’affection, la compréhension, l’affichage de passer à autre chose, d’éviter les sujets qui fâchent.

C’est moche, la guerre, et Juste la fin du monde est un film violent, difficile. Les armes de ces belligérants, tous blessés, tous pugnaces, ce sont les voix, les corps, les gestes, les regards et les silences. (…)

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