2 DVD d’Avi Mograbi

Argu (Page 1)Dans un jardin je suis entré et Z32, d’Avi Mograbi. 2 DVD édités par Epicentre.

Ce sont deux films importants qui deviennent accessibles grâce à une édition DVD. Importants, ils l’étaient lorsqu’ils ont été réalisés, en 2009 pour Z32 et en 2013 pour Dans un jardin je suis entré, ils le sont restés depuis et le seront de toute façon dans les années à venir. Mais leur “importance”, c’est à dire leur vigoureuse pertinence, la richesse des effets de leur énergie, de leur rigueur, de leur humour et de leur humanité, est comme décuplée par l’actualité de cet été de mort et d’aveuglement au Moyen-Orient.

On a dit ici-même lors de sa sortie combien l’approche de Dans un jardin, par l’inventivité de ses moyens de cinéma, était une proposition à la fois passionnante et émouvante face aux blocages et aux opacités qui règnent sur cette partie du monde, et sur les esprits un peu partout. Cinq ans après sa sortie, Z32 est hélas d’une actualité toujours aussi brûlante, en même temps qu’il mobilise avec inventivité des enjeux qu’aucune actualité ne recouvre ni n’efface, ceux de la responsabilité de chacun – ceux qui tuent, ceux qui filment, ceux qui habitent dans une maison, dans une ville, dans un pays… – face à ce qui est fait, par eux-mêmes et par d’autres.

L’immensité des enjeux est assumée par l’audace cinématographique de Mograbi, artiste prêt à tous les risques au nom de l’intégrité éthique et politique, à commencer par le burlesque radical et inquiet de sa propre présence à l’image. Tandis qu’il filme la confession du soldat israélien chargé d’assassinats délibérément non-ciblés dans les territoires palestiniens, et en organise les multiples niveaux de commentaires tels que le cinéma les rend possible, c’est un véritable vertige de sens, d’une étonnante fécondité, qui se met en place.

L’utilisation des masques de plus en plus sophistiqués, depuis le collant de femme sur son propre visage jusqu’à un dispositif numérique évolutif, fait jouer ensemble avec un humour ajusté jusqu’à la douleur la question des images, la question des identités et celles des “nouvelles technologies”- les mêmes qui rendent possibles drones meurtriers et cyber-manipulations. Dans sa propre maison comme sur le terrain des crimes de Tsahal, en privé, en famille, avec une collectivité à la fois concrète et métaphorique, en colère et en musique, Avi Mograbi fait vibrer les multiples échos d’une tragédie éternelle et très contemporaine, dans sa tranchante singularité. 

 

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esptein-erectoJEAN EPSTEIN. Coffret de 9 DVD. 14 films.

Potemkine Films / La Cinémathèque française / agnès b.

 Les éditions en DVD permettent fréquemment, et heureusement, de découvrir des raretés, ou de retrouver des films aimés. Il est exceptionnel que d’un coup une édition rende accessible une œuvre essentielle, jusqu’à présent pratiquement invisible. Son auteur, Jean Epstein, n’est pourtant nullement un inconnu. Mais ce qu’il a offert au cinéma, comme cinéaste mais aussi comme penseur et écrivain, est si vaste et si singulier que sans être ignoré, il sera resté comme en lisière de la reconnaissance officielle et des circuits de visibilité qui établit et entretient les principaux repères de l’histoire mondiale du cinéma. C’est dire combien ce coffret, dernier temps d’une vaste opération qui a vu les films d’Epstein faire l’objet d’une grande rétrospective à la Cinémathèque française, puis de la sortie en salles de ses deux chefs d’œuvre (La Chute de la Maison Usher, 1928, Le Tempestaire, 1947) est précieux et, aussi, courageux, puisqu’il faut aujourd’hui une certaine audace pour se lancer dans une pareille entreprise afin de rendre la place qu’il mérite à un des grands artistes et intellectuels du cinéma.

Le coffret est organisé en trois ensembles. Les films réalisés pour la société Albatros fondée par des Russes émigrés dont Ivan Mosjoukine témoignent de l’invention d’un vocabulaire cinématographique singulier, où fantastique, humour et une énergie venue du romanesque exotique et feuilletonesque nourrissent une verve originale – à vrai dire, il vaudra mieux regarder ces films en dernier, lorsqu’on sera en mesure d’y repérer ce qui s’y esquisse qui éclatera dans les périodes suivantes. La fin des années 20 est ici représentée par, outre l’étrange mélodrame historique Mauprat, trois titres essentiels, Le Chute de la maison Usher, La Glace à trois faces et Six et demi, onze, films de passions et d’énergie qui sont aussi des manifestes en actes pour cette pensée des puissances propres du cinéma, aux confins toujours pas explorés de la technique et de la magie, du réalisme et de l’imaginaire, puissances qu’il réfléchira également dans de considérables écrits (dont les principaux sont réunis dans deux volumes publiés chez Seghers). Sous l’intitulé « Films bretons », la troisième partie du coffret réunit des essais poétiques d’une beauté à couper le souffle – Finis Terrae, Le Tempestaire ­– et des réalisations qui, pour être plus circonstancielles, témoignent différemment des ressources suggestives de son approche du cinéma, telle qu’il aura continué de la mettre en œuvre sur ces côtes bretonnes où il a passé toute la fin de sa vie.

Cette grande aventure artistique et réflexive, marquée aussi par plus d’une ombre tragique, est racontée par la première biographie du réalisateur, l’excellent Jean Epstein, une vie pour le cinéma de Joël Daire (Editions La Tour verte).  

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DVD “Real” de K. Kurosawa

pack REAL BR_MINReal de Kiyoshi Kurosawa. Edition Condor Entertainment.

La plus récente proposition à ce jour du cinéaste japonais est une nouvelle manifestation de son talent singulier pour fondre romanesque sentimental et fantastique. D’abord attentif à s’enfoncer lentement dans un système de signes qui s’avèreront des leurres, le film recourt à un basculement du scénario, ruse qui trouverait vite sa limite si l’élégance de la mise en scène, gracieusement placée sous le signe d’une image tendant vers une abstraction blanche, ne venait constamment sublimer ce que l’intrigue pourrait avoir de simpliste. Sans doute conscient de cette tension, le réalisateur finit dans une étonnante dernière partie par complètement changer de registre, pour choisir avec un mélange d’humour et de bravade un parti-pris très illustratif, proche du film pour enfants (l’effet Tokyo Sonata?), qui s’avère une heureuse variation dans son parcours. Real, dont le récit repose sur le contact mental entre deux esprits dont l’un est gravement malade, est une rReprise actuelle, plus simple et plus consensuelle du premier film qui l’avait fait connaître, le puissant et troublant Cure. Ce nouveau film n’approche certes pas les beautés envoûtantes et les interrogations de Charisma, de Vaine Illusion, de Kairo, de Jellyfish, qui sont les sommets de cette grande œuvre hantée par l’horreur réelle. Il en est du moins une très plaisante déclinaison en mineur.

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Films à voir au cinéma en ce moment

 

FILMS A VOIR AU CINÉMA EN CE MOMENT:

205966Sils Maria d’Olivier Assayas

309669Les Combattants de Thomas Cailley

443407Trap Street de Vivian Qu

265628Ana Arabia d’Amos Gitai

251957L’Homme qu’on aimait trop d’André Téchiné

051205Les Ponts de Sarajevo

de Aida Begic, Leonardo DiCostanzo, Jean-Luc Godard, Kamen Kalev, Isild LeBesco,

Sergei Loznitsa, Vincenzo Marra, Ursula Meier, Vladimir Perisic, Cristi Puiu, Marc Recha, Angela Schanelec, Teresa Villaverde

(attention: direction artistique JM Frodon=autopromo)

528153Sunhi de Hong Sang-soo

033103Palerme Emma Dante

147796Eastern Boys de Clint Eastwood

446081Sangue de Pipo Delbono

041503Black Coal de Diao Yinan

075169Bird People de Pascale Ferran

139289La Vache de Dariush Mehrjui

383149Adieu au langage de Jean-Luc Godard

170326La Chambre bleue de Mathieu Amalric

490001Deux jours, une nuit de Jean-Pierre et Luc Dardenne

422164-1La Frappe de Yoon Sung-hyun

119097Les Femmes de Visegrad de Jasmila Zbanic

21011807_201306111238001863x3D pour Les Trois Désastres de Jean-Luc Godard

488836La Ligne de partage des eaux de Dominique Marchais

403323Je m’appelle Hmmm… d’Agnès b

118340Noor de Çagla Zencirci et Guillaume Giovanetti

418492Night Moves de Kelly Reichardt

468567Les Trois Sœurs du Yunnan de Wang Bing

012559Métabolisme ou Quand le soir tombe sur Bucarest de Corneliu Porumboiu

052917Heli d’Amat Escalante

169364L’Etrange Petit Chat de Ramon Zürcher

234348Mille soleils de Mati Diop

491047Eastern Boys de Robin Campillo

012340Real de Kiyoshi Kurosawa

303495Leçons d’harmonie d’Emir Baigazin

21023581_20130731104757894Portrait of Jason de Shirley Clarke

043550Le Vertige des possibles de Vivianne Perelmuter

014107Her de Spike Jonze

174935Les Chiens errants de Tsai-Ming-liang

053203Arrête ou je continue de Sophie Fillières

20103062L’Etudiant de Darejan Omirbaev

204703At Berkeley de Frederick Wiseman

232065La Femme du Ferrailleur de Danis Tanovic

445377Only Lover Left Alive de Jim Jarmusch396497L’Expérience Blocher de Jean-Stéphane Bron

591914Abus de faiblesse de Catherine Breillat

459766Ida de Pawel Pawlikowski

21048491_20131010163051547C’est eux les chiens de Hicham Lasri

358282Nymphomaniac Volume 2 de Lars von Trier

21052583_2013102415340471

Le vent se lève de Hayao Miyazaki

21055218_20131106104323322Comme des lions de pierre à l’entrée de la nuit d’Olivier Zuchuat

21050903_20131031165612775A ciel ouvert de Mariana Otero

21058784_20131118171801678Philomena de Stephen Frears

121226Les Gouffres d’Antoine Barraud

21062037_20131129102802768Nymphomaniac, volume 1 de Lars von Trier

21058182_201311151217430422 automnes 3 hivers de Sébastien Betbeder

 21003660_20131108102404011

Tel père, tel fils de Hirokazu Kore-Eda

 

215220Museum Hours de Jem Cohen

21006443_20130516122228502La Bataille de Tabato de João Viana

21006036_20131025171007628A Touch of Sin de Jia Zhang-ke

20541978_20131010174200124All is Lost de JC Chandor

21035507_20131114181440783La Jalousie de Philippe Garrel

21045994_20131002130427226A World Not Ours de Mahdi Fleifel

21001670_20131003122000657Le Cours étrange des choses de Raphaël Nadjari

21049757_20131015170623847The Immigrant de James Gray

21053769_20131029173428428La Marche de Nabil Ben Yadir

21056846_2013111211262021725 novembre 1970 Le jour où Mishima choisit son destin de Koji Wakamatsu

21047540_20131008115643155Le Dernier des injustes de Claude Lanzmann

21005275_20130927183847948Inside Llewyn Davis d’Ethan et Joel Coen

FDUne femme douce de Robert Bresson

20193768_20131015095235802Le fond de l’air est rouge de Chris Marker

SnowSnowpiercer, le transperceneige de Bong Joon-ho

21040491_20131001105209498Workers de Jose Luis Valle

Histoire de ma mort d’Albert Serra

Pink de Jeon Soo-il

Omar de Hany Abu-Assad

Haewon et les hommes de Hong Sang-soo

Salvo de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza

La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechicke

Vandal de Hélier Cisterne

Fifi hurle de joie de Mitra Farahani

Blue Jasmine de Woody Allen

Miele de Valeria Golino

The Connection de Shirley Clarke

Ma vie avec Liberace de Steven Soderberg

Jimmy P. d’Arnaud Desplechin

Ma Belle Gosse de Shalimar Preuss

Vic+Flo ont vu un ours de Denis Côté

Gare du Nord de Claire Simon

Leviathan de Lucien Castaing-Taylor et Véréna Paravel

Alabama Monroe de Felix van Groeningen

Jeune & jolie de François Ozon

Les Salauds de Claire Denis

Leones de Jazmin Lopes

Meteora de Spiros Stathoulopoulos

Grigris de Mahmat Saleh Haroun

Dans un jardin je suis entré d’Avi Mograbi

Ini Avan, celui qui revient d’Asoka Handagama

People Mountain People Sea de Cai Shang-jun

L’Inconnu du lac d’Alain Guiraudie

Amor Carne de Pippo Delbono

Bambi de Sébastien Lifchitz

Not in Tel-Aviv de Nony Geffen

Shokuzai de Kiyoshi Kurozawa

La Dernière Fois que j’ai vu Macau

de Joao Pedro Rodrigues et Joao Rui Guerra da Mata

Le Joli Mai de Chris Marker et Pierre Lhomme

Post Tenebras Lux de Carlos Reygadas

Une vie simple de Ann Hui

The Lebanese Rocket Society de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige

L’Intervallo de Leonardo Di Costanzo

Mud de Jeff Nichols

La Sirga de William Vega

The Grandmaster de Wong Kar-wai

Les Lendemains de Bénédicte Pagnot

Casa nostra de Nathan Nicholovitch

La Belle endormie de Marco Bellocchio

Jaurès de Vincent Dieutre

Camille Claudel 1915 de Bruno Dumont

No de Pablo Larrain

La Porte du paradis de Michael Cimino

Bestiaire de Denis Côté

Cinq caméras brisées de Emad Burnat et Guy Davidi

Elefante Blanco de Pablo Trapero

Wadjda de Haifa Al-Mansour

Dans la brume de Sergei Loznitsa

Invisible de Michal Aviad

Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow

Mundane Story d’Anocha Suwichakompong


Django Unchained de Quentin Tarantino

Lullaby to my Father d’Amos Gitai

Aujourd’hui d’Alain Gomis

Tabou de Miguel Gomes

Les Bêtes du sud sauvage de Benh Zeitlin


L’Age atomique de Héléna Klotz

Au-delà des collines de Cristian Mungiu

Après Mai d’Olivier Assayas

Rengaine de Rachid Djaidani

Free Radicals de Pip Chodorov

L’Hypothèse du Mokélé-Mbembé de Marie Voignier

Genpin de Naomi Kawase

Saudade de Katsuya Tomita

Une famille respectable de Massoud Bakhshi

Traviata et nous de Philippe Béziat

Into the Abyss de Werner Herzog

In another Country de Hong Sang-soo

César doit mourir de Paolo et Virttorio Taviani

Like Someone in Love d’Abbas Kiarostami

Dans la maison de François Ozon

Avoir 20 ans dans les Aurès de René Vautier

Damsels in Distress de Whit Stillman

Gebo et l’ombre de Manoel de Oliveira

Après la bataille de Yousri Nasrallah

Captive de Brillante Mendoza

Camille redouble de Noémie Lvovsky

Would You Have Sex with an Arab? de Yolande Zauberman

La Vierge les coptes et moi de Nabil Abel Messeeh

Confession d’un enfant du siècle de Sylvie Verheyde

Demain? de Christine Laurent

Tokyo Park de Shinji Aoyama

La Servante de Kim Ki-young

Tourbillon de Helvécio Marins Jr et Clarissa Campolina

Voie rapide de Christophe Sahr

Poussière dans le vent de Hou Hsiao-hsien

Laurence Anyways de Xavier Dolan

Historias, les histoires n’existent que lorsque l’on s’en souvient de Julia Murat

ACAB (All Cops Are Bastards) de Stefano Solima

Trois sœurs de Milagros Mumenthaler

La Femme qui aimait les hommes de Hagar Ben Asher

Rétrospective Cassavetes

Holy Motors de Leos Carax

One-O-One de Franck Guérin

Faust d’Alexandre Sokourov

Adieu Berthe de Bruno Podalydès

El Campo de Hernan Belon

Cosmopolis de David Cronenberg

Les Femmes du bus 678 de Mohammed Diab

11 Fleurs de Wang Xiao-shuai

Dark Shadows de Tim Burton

Le Chemin noir d’Abdallah Badis

Querelles de Morteza Farshbaf

Twixt de Francis Coppola

Nana de Valérie Massadian

Je suis d’Emmanuel Finkiel

Chez Léon coiffure de François Lunel

A moi seule de Frédéric Videau

Low Life de Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval

le Juif qui négocia avec les nazis de Gaylen Ross

Train de nuit de Jerzy Kawalerowicz

La Terre outragée de Michale Boganim

Les Adieux à la reine de Benoit Jacquot

Bellflower d’Evan Glodell

38 témoins de Lucas Belvaux

Bi, n’aie pas peur de Phan Dang Di

Le Fossé de Wang Bing

Fengming, chronique d’une femme chinoise de Wang Bing

L’Oeil de l’astronome de Stan Neumann

Bovines d’Emmanuel Gras

Portrait au crépuscule d’Angelina Nikonova

Go Go Tales d’Abel Ferrara

L’Inconsolable de Jean-Marie Straub

Sur la planche de Leïla Kilani

Hanezu de Naomi Kawase

Elles de Malgorzata Szumowska

Les Chants de Mandrin de Rabah Ameur-Zaïmeche

Sport de filles de Patricia Mazuy

Tahrir Place de la Libération de Stefano Savona

La Folie Almayer de Chantal Akerman

Duch, Le Maître des forges de l’enfer de Rithy Panh

J. Edgar de Clint Eastwood

A l’âge d’Ellen de Pia Marais

Les Acacias de Pablo Giorgelli

Take Shelter de Jeff Nichols

Le Havre d’Aki Kaurismaki

The Terrorizers d’Edward Yang

Hugo Cabret de Martin Scorsese

Sweetgrass de Lucien Castaing Taylor

Le Cheval de Turin de Bela Tarr

Americano de Mathieu Demy

Territoire perdu de Pierre-Yves Vandeweerd

Donoma de Djinn Carrénard

Tous au Larzac de Christian Rouaud

Black Blood de Miaoyan Zhang

 

Qu’ils reposent en révolte de Sylvain Georges

 

Jeanne captive de Philippe Ramos

 

Noces éphémères de Reza Sarkanian

 

 

 

 

 

 

 

Il était une fois en Anatolie de Nuri Bilge Ceylan

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Curling de Denis Côté

 

 

 

 

 

 

 

Hors satan de Bruno Dumont

 

 

 

 

 

 

Octobre à Paris de Jacques Panijel

 

 

 

 

 

 

Ici on noit les Algériens de Yasmina Adi

 

 

 

 

 

 

The Artist de Michel Hazavanicius

 

 

 

 

 


Beur sur la ville de Djamel Bensallah

 

 

 

 

 

 

 

Beauty de Oliver Hermanus

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ceci n’est pas un film de Jafar Panahi et Mojtaba Mirtahmasb

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Apollonide de Bertrand Bonello

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Restless de Gus Van Sant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Attenberg d’Athina Rachel Tsangari

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une vie avec Oradour de Patrick Séraudie


 

 

 

 

 

 

 

 

Kinshasa Symphony de Claus Wischmann et Martin Bae

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La guerre est déclarée de Valérie Donzelli

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La Grotte des rêves perdus de Werner Herzog

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Les meilleurs documentaires

 

film-l-homme-a-la-camera3L’une des plus anciennes et respectées revues de cinéma, la britannique Sight & Sound, s’est fait une spécialité d’organiser des votes de spécialistes du cinéma (critiques, programmateurs et universitaires), et aussi désormais de réalisateurs, dans le monde entier mais avec une forte dominante anglo-saxonne, pour dresser des listes de titres de référence. On a dit ailleurs, à l’occasion d’un précédent vote, combien cet exercice, au-delà de son aspect ludique (qu’il ne faut en aucun cas mésestimer) est utile et intéressant. Sight & Sound vient de récidiver en proposant cette fois de désigner les meilleurs documentaires de tous les temps. Le résultat se trouve là, pour les “spécialistes” (200 votants) et là, pour les réalisateurs (une centaine).

Ces résultats sont globalement très réjouissants, aussi du fait de la proximité entre les deux listes. Que L’Homme à la caméra de Dziga Vertov, modèle d’intelligence et de d’invention pour ce qui concerne les ressources du cinéma, film d’une modernité inaltérée, arrive en tête des deux listes et reste, 85 ans après sa réalisation, une référence majeure, est une excellente nouvelle. Que Shoah de Claude Lanzmann, œuvre à plusieurs titres décisive – du point de vue de l’histoire comme pour ce qui concerne le langage cinématographique, occupe une place éminente, l’est tout autant. La présence parmi les tout premiers de Sans soleil de Chris Marker et de Nuit et brouillard d’Alain Resnais, des Glaneurs et la glaneuse d’Agnès Varda et bien sûr du fondateur Nanouk l’esquimau de Flaherty complète la validité de ce choix. Et on se réjouit également que figurent en bonne position Le Chagrin et la pitié d’Ophuls, Grizzly Man d’Herzog, et que les votants aient pris acte de l’importance de Leviathan de Casting-Taylor et Paravel, un des films les plus importants du 21e siècle.

N’aurait-il pas fallu faire meilleur place à Wiseman, à Rouch (pour Moi un noir plutôt que le factice Chronique d’un été), à Buñuel, à Vigo, à Wang Bing – et à l’absolue merveille qu’est La maison est noire de Forough Farrokhzad? Assurément, mais c’est la loi du genre de comporter ce genre d’injustice. Et ne faut-il pas regretter l’absence d’Ivens, de Meyer, de Brault, de Perrault, de Kramer, de Depardon, de Gitai, de Tsuchimoto, de Philibert, de Guerin, de Comolli, de Jia Zhang-ke, de Loznitsa, de Farocki ? Sans aucun doute. Un seul scandale impardonnable: que Johan van Der Keuken n’apparaisse même pas.  Histoire(s) du cinéma de Godard, Close-up de Kiarostami, Le Songe de la lumière d’Erice, D’Est d’Akerman sont-ils des documentaires? Rien n’est moins sûr, et tant mieux si leur présence fait trembler la catégorie, qui ne se porte jamais mieux que d’être en état de totale instabilité. La question vaudrait d’ailleurs aussi bien pour L’Homme à la caméra.

Alors bien sûr il y a le racoleur The Thin Blue Line, la seule véritable ombre au tableau. On le regrettera ouvertement, tout en se réconfortant en songeant que sa présence a du moins le mérite de rappeler que l’univers si vaste et si dynamique du documentaire, depuis les films des frères Lumière jusqu’aux réalisations récentes de Stefano Savona, de Sylvain George, de Zhao Liang, de Naomi Kawase et de bien d’autres est en permanence menacé par ce genre de dévoiement sensationnaliste, et n’existe que de s’y confronter.

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Le Train de la liberté

 

 

 

arton85

Alors que le Parlement espagnol doit examiner ce mois de juillet
une réforme en profondeur destinée à
restreindre, voire supprimer, le droit à l’avortement…¡ Le Train de la Liberté entre en gare en France !

À l’occasion de la mise en ligne de la version française du film,
dont Espagnolas en París avait proposé les premières images
en ouverture de Dífferent 7! L’autre cinéma espagnol
avant son lancement retentissant en Espagne…

¡ Venez partager en avant-première
une projection unique sur grand écran !

YO DECIDO
El tren de la libertad
(collectif)

(Espagne, 2014 – 55 min – VO stf)

Mardi 22 juillet 2014

20h30

Cinéma Chaplin St Lambert
6 rue Péclet – 75014 Paris
Métro Vaugirard

Présenté par
Chus Gutiérrez et Laura del Sol

Projection et débat(s) suivront autour d’un bon verre de vin !

Entrée libre
dans la limite des places disponibles



Février 2014.
Chus Gutiérrez, Gracia Querejeta, Mabel Lozano, Ana Diez, Georgina Cisquella… Une soixantaine de professionnelles de tous les secteurs du cinéma espagnol, réalisatrices, productrices, scénaristes, monteuses… unissent leurs forces pour réaliser Yo decido / El Tren de la Libertad sur la marche contre la réforme de la loi sur l’avortement.Une quinzaine d’équipes ont filmé l’énorme rassemblement à Madrid, point d’arrivée du Train de la Liberté parti des Asturies. Des femmes cinéastes ont aussi tourné à Barcelone, Valladolid, Séville, Valence
Iciar Bollaín était à Édimbourg, Laura del Sol à Paris, d’autres manifestations de solidarité avec les femmes espagnoles ont eu lieu à Buenos Aires, Bruxelles, Amsterdam, Rome ou encore Lisbonne.
Vous pouvez aider à financer le film :
crowdfunding¡ SÚBETE AL TREN ! ¡ DIFUNDE LA NOTICIA !

MONTE DANS LE TRAIN ! PARTAGE L’INFORMATION !

Avec le soutien de
l’Association de Femmes Cinéastes et des Media Audiovisuels (CIMA)
www.eltrendelalibertadfilm.blogspot.com
www.cimamujerescineastas.es


Organisation

Espagnolas en París
gnolas@free.fr
www.gnolas.org

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Andrée Davanture est morte

André-DavantureBoulevard Jules Ferry, près de la Place de la République à Paris, c’était un grand appartement tout en couloirs et petites pièces, transformé à la diable en salles de montage et en bureaux de production. Il y avait des meubles de récup, des dossiers un peu partout, du café et du thé, du monde toujours. Durant près de 20 ans, de 1981 à 1999, s’est joué là une part importante d’une histoire belle et triste, l’émergence d’un grand cinéma venu d’Afrique de l’Ouest, et son déclin. Là, à Atria, ont travaillé tous les membres de cette génération d’artistes démiurges qui, à la seule force de leur énergie et de leur talent, ont tenté de faire naître un grand cinéma, malgré l’indifférence sinon l’hostilité des puissances politiques et économiques de leurs pays, et la difficulté de trouver des interlocuteurs à l’extérieur.

Souleymane Cissé, Gaston Kaboré, Idrissa Ouedraogo, Cheikh Omar Sissoko, Djibril Diop Mambety, Abderrahmane Sissako, Mahamat Saleh Haroun et tous les autres ont travaillé là, à la mise en œuvre de projets, à la réflexion sur le scénario, à la construction des possibilités de tournage, et bien sûr au montage, aux finitions, à la recherche d’une distribution. Ils ont discuté, débattu, réfléchi. Souvent, on retrouvait un jeune réalisateur, sénégalais, burkinabé, ivoirien, camerounais… endormi dans une des pièces, faute d’avoir où se loger durant son séjour à Paris.

Caravansérail d’un cinéma africain qui essayait de s’inventer, Atria, association loi 1901, et Atriascop, société de production, se sont aussi portées aux côtés de réalisateurs venus du monde arabe ou d’Amérique latine. Dans ses couloirs exigus, il arrivait que Youssef Chahine demande du feu à Nelson Pereira Dos Santos – on fumait beaucoup, à Atria, on y buvait pas mal à l’occasion. Au cœur de ce qui était à tous les sens forts du mot une maison, il y avait, donc, la maitresse de maison, Andrée Davanture. Monteuse de très grand talent, elle s’était engagée dès les indépendances aux côtés des cinémas émergents, et avait notamment travaillé dans le cadre d’une « section technique du ministère de la Coopération », fermée en 1980 suite à un incendie. C’est alors que Dédée Davanture crée Atria, « structure relai » qui aura en effet joué un rôle de passage sans équivalent, dans une relation plus directe, moins chargée d’ambiguïtés liées au passé colonial que les interventions d’organismes étatiques français. Sauf qu’il fallait bien trouver des soutiens financiers, et qu’avec l’arrêt brutal des aides du Ministère de la Coopération et un moindre engagement du CNC qu’à l’époque où Dominique Wallon, alors directeur général avait renforcé les aides, Atria fut condamné à mort avant que le siècle ne s’achève. Les tentatives de ressusciter la structure aux débuts des années 2000 Malgré d’infinis efforts, Andrée Davanture n’avait pas renoncé, mais elle n’est jamais parvenue à recréer une structure comparable. Ce qui ne l’a pas empêchée de se porter aux côtés de la nouvelle génération d’auteurs, au premier rang desquels les Algériens Tariq Teguia (Rome plutôt que vous, Inland), Mohamed Latrèche, Damien Onouri, tout en retrouvant Souleymane Cissé ou Régina Fanta Nacro. En 2005, le Fespaco, où elle avait assuré le montage de quatre des films en compétition, lui avait rendu hommage.

Travaillant toujours comme monteuse, elle était devenue aussi une inlassable interlocutrice, partageant sa connaissance des rouages des mécanismes de soutien comme son savoir de productrice et de technicienne. Andrée Davanture est morte le 1er juillet, elle avait  81 ans. Les obsèques se dérouleront le 7 juillet 2014, au cimetière de Bransles, à Egreville (Seine-et-Marne) où repose son mari Michel Taleghani. Un hommage lui sera rendu en septembre à Paris.

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Le cinéma, 100 ans de jeunesse

Enfants à la CF 2

Sans avoir souvent les honneurs des médias, l’immense travail accompli par des gens de cinéma avec les jeunes publics, à l’intérieur des cadres scolaires ou pas, est assurément un des aspects les plus enthousiasmants dans ce secteur. Parmi les multiples formes que prennent ces activités , notamment les grands dispositifs pilotés par le CNC avec des associations et des enseignants, Ecole et cinéma, Collège au cinéma et Lycéens  au cinéma, l’activisme militant et ludique de “Le Cinéma, cent ans de jeunesse” mis en place par la Cinémathèque française occupe une place de choix. Sous la direction de Nathalie Bourgeois et avec Alain Bergala comme conseiller artistique, ce dispositif ouvert aux enfants de tous les âges multiplie les manières de rencontrer les films, par des projections, par l’édition de documents et de livres, et par la réalisation de films dans le cadre d’ateliers. Après avoir essaimé dans toute la France, Le cinéma, cent ans de jeunesse s’est répandu dans le monde: la plupart des pays d’Europe mais aussi  le Brésil et désormais Cuba. Du 4 au 6 juin à la Cinémathèque, cette opération célèbre ses 20 ans en présentant un florilège des réalisations de cette année, qui a vu la participation de plus de 2000 enfants et adolescents.

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DVD BONELLO & SAINT-CYR

048392_ph2Isabelle Huppert dans Saint-Cyr de Patricia Mazuy lpscreenshots06Jean-Pierre Léaud dans Le Pornographe de Bertrand Bonello

 Ce sont deux parutions DVD qui rendent justice à certaines des meilleures propositions de cinéma de la génération de réalisateurs français apparue juste avant le changement de siècle – et qui du coup témoignent aussi combien peut-être longue et incertaine l’accession à la place qui leur revient de réalisateurs talentueux.

Alors qu’un des titres les plus attendus sur la Croisette cette année est le Saint Laurent de Bertrand Bonello, la sortie d’un coffret réunissant ses trois premiers films est une très heureuse initiative. Elle permet de souligner la singularité et la cohérence du cinéma d’un réalisateur dès ses débuts inventeur d’une manière de plonger dans les profondeurs de l’esprit humain grâce à un cinéma extrêmement physique, d’une grande crudité alliée à une grande élégance. Peu et mal vu à sa sortie en 1998, Quelque chose d’organique, son premier long métrage, portait déjà les promesses de cette mise en scène sensuelle et inquiète, que la comédie noire et quasi-abstraite Le Pornographe (2001) puis le conte cruel et terriblement émouvant Tiresia (2002) devaient ensuite déployer. Après le malentendu De la guerre, la très belle entrée dans le monde palpitant d’humanité et de féminité L’Apollonide aura commencé en 2011 de vraiment établir la place majeure qui revient à Bonello dans le cinéma contemporain.

Fort injustement, une telle reconnaissance n’a pas encore touché Patricia Mazuy. Son Saint-Cyr fut une des découvertes majeures du Festival de Cannes 2000. La réalisatrice réinventait la possibilité d’un film d’époque plein de charme et de sensualité, pourtant traversé de questions essentielles. Emmenée par une Isabelle Huppert souveraine en Mme de Maintenon, une troupe formidable de très jeunes filles donnaient corps et vie à cette plongée dans le passé, mettant à feu un défi très contemporain au sens qu’il est légitime d’accorder à l’idée d’enseignement, au mot « liberté ». Mise en scène inspirée, énergie charnelle et grâce des images faisaient de ce film tombé depuis dans un très injuste oubli une pourtant mémorable réponse du cinéma à l’injonction du spectacle comme aux opacités du temps, de ce temps.

 

Bertrand Bonello, genèse (Quelque chose d’organique, Le Pornographe, Tiresia) Edité par Orange Studio.

Saint-Cyr de Patricia Mazuy. Blaq Out éditions.

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“Conversation animée avec Noam Chomsky”

20141228_1_IMG_543x305Conversation animée avec Noam Chomsky de Michel Gondry. 1h.28. Sortie le 30 avril.

Singulier, gonflé, coloré, amusant et ambitieux : ainsi se révèle le nouveau film de Michel Gondry. Celui-ci a rencontré Noam Chomsky au Massachusetts Institute of Technology (le MIT, une fac un peu connue dans la banlieue de Boston), où le chercheur en linguistique et infatigable observateur critique des injustices du monde poursuit son travail au long cours. Le cinéaste s’est longuement entretenu avec le savant, de sa vie, de ses travaux, de ses engagements politiques, de ses idées sur l’existence. Chomsky parle avec modestie et précision, son savoir et la rigueur de ses prises de position, qui ont fait de lui une conscience des Etats-Unis (et l’ont à l’occasion envoyé en prison), donnent au film sa structure, malgré le caractère un peu décousu de la conversation. Mais Gondry  ne s’est pas content d’enregistrer Chomsky, il a entrepris la fabrication artisanale d’un dessin animé inventant avec une apparente naïveté et beaucoup de finesse et d’empathie des traductions formelles, visuelles et aussi sonores, à ce que dit Chomsky parlant de grammaire générative, de sa famille, ou des crimes contre l’humanité commis par les Américains. Pari cinématographique assez fou, et pour l’essentiel gagné, qui cherche à coups de feutres bleus, verts et rouges, de lignes sautillantes et de petits personnages facétieux la traductions pour les yeux et les oreilles des faits, des idées et des sentiments énoncées par l’auteur du Langage et la pensée. Il y a quelque chose de très affectueux de la part de Gondry à l’égard de Chomsky, et de très confiant dans le cinéma, même comme ici littéralement « fait à la main », pour accompagner une vie, une pensée, une recherche et un combat, qui rendent toute l’affaire éminemment sympathiques, et parfois passionnante.

(Cette critique est une nouvelle version de celle publiée lors de la présentation du film au Festival de Berlin 2014)

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A propos de…

Critique de cinéma, notamment pour Le Monde, écrivain, enseignant, Jean-Michel Frodon a dirigé Les Cahiers du Cinéma. Il anime Projection publique, le blog ciné de Slate, et participe à ArtScienceFactory (artistes et scientifiques associés)
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