«Roses» fauchées par l’administration

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C’était le plus beau film attendu en cette fin d’année. Mais vous ne le verrez pas. Le Centre national du cinéma vient de bloquer sa sortie. Roses à crédit d’Amos Gitai est une réinvention du grand livre d’Elsa Triolet, palpitant de l’omniprésence carrément bouleversante de Léa Seydoux en jeune femme saisie du délire de consommer. Film bizarre, bariolé fifties et violemment contemporain, traversé de la présence d’acteurs au mieux de leur forme: Grégoire Leprince-Ringuet, Valeria Bruni Tedeschi, Arielle Dombasle, André Wilms, Catherine Jacob, Pierre Arditi, Ariane Ascaride, Florence Thomassin… Pas un défilé de vedettes pour l’affiche, mais une sorte de carnaval assumé, nécessaire. Histoire de désirs et de consommation filmé comme un Minnelli cubiste, question sérieuse du surendettement traité par assemblages chromatiques et montage elliptique, comédie aux bords coupants, affaire de mort et de survie, au prix de rêves qui ne s’accordent ni entre eux, ni au monde. Enfin, c’était vraiment bien quoi, on aiguisait son clavier pour en parler comme il se doit, le 15 décembre, date annoncée de la sortie en salles. Promotion, affiches et projections de presse allaient bon train.

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