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	<title>Le Medialab de Cécile</title>
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	<description>New journalism in training ...</description>
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		<title>Journaliste + Programmeur = Super manager?</title>
		<link>http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2010/03/09/journaliste-programmeur-manager-columbia/</link>
		<comments>http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2010/03/09/journaliste-programmeur-manager-columbia/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 09 Mar 2010 16:04:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sayseal</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cours]]></category>
		<category><![CDATA[Métiers]]></category>
		<category><![CDATA[Adrian Holovaty]]></category>
		<category><![CDATA[Columbia]]></category>
		<category><![CDATA[Ecole de journalisme]]></category>
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		<category><![CDATA[ProPublica]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/03/superman.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-755" title="superman" src="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/03/superman.jpg" alt="superman" width="500" height="333" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Un récent article d&#8217;Owni<a href="http://owni.fr/2010/02/23/journaliste-programmeur-le-mutant-parfait/#france" target="_blank"> se demandait si l&#8217;ère du mutant journaliste-programmeur était arrivée</a>. Les journalistes interviewés (dont Johan Hufnagel de Slate) estimaient que l&#8217;idée d&#8217;avoir des journalistes qui savaient coder aussi bien que des programmeurs étaient la lubie du moment, mais qu&#8217;il serait bien utile d&#8217;avoir dans les rédactions des techniciens capables de comprendre les journalistes et vice-versa.</p>
<p style="text-align: justify;">Columbia est désormais sur le point de confirmer <a href="http://gawker.com/5448635/hack-to-hacker-rise-of-the-journalist+programmer" target="_blank">la tendance américaine relevée il y a quelques mois par Gawker</a>: l&#8217;essor du journaliste-ingénieur informaticien. L&#8217;école a en effet développé un nouveau double-diplôme (<a href="http://www.journalism.columbia.edu/cs/ContentServer/jrn/1165270052348/page/1165270091558/JRNSimplePage2.htm" target="_blank">en plus de ceux qu&#8217;elle a déjà</a> avec l&#8217;école de droit, de relations internationales, de business, ou <a href="http://www.journalisme.sciences-po.fr/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=22&amp;Itemid=45" target="_blank">avec Sciences Po</a>) avec <a href="http://www.cs.columbia.edu/education/ms" target="_blank">l&#8217;école de sciences de l&#8217;informatique</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Les deux écoles sont d&#8217;accord et ont mis au point une proposition de cursus qui doit désormais être approuvée par le Sénat de l&#8217;université. La question «comment trouver et communiquer avec des développeurs web?» travaillait beaucoup <a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2009/12/03/fred-wilson-venture-capitalist-business-angel-journalisme/" target="_blank">l&#8217;un des élèves des leçons de Ken Lerer</a>, le cofondateur du Huffington Post, et la réponse de Columbia semble être de former des journalistes qui parlent le programmeur et des programmeurs qui parlent le journaliste.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un nouvelle catégorie d&#8217;emplois</strong></p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;après David Klatell, en charge des double-diplômes à l&#8217;école, le cursus durera trois ans, deux à l&#8217;école de sciences de l&#8217;informatique, une à l&#8217;école de journalisme. C&#8217;est long pour un master aux Etats-Unis, et cher (l&#8217;année à Columbia coûte plus de 40 000 dollars), donc il s&#8217;attend à une petite promo de six à huit étudiants par an. «Si on limite la taille de la promo, ça permettra aussi de mieux aider financièrement les étudiants», explique-t-il.</p>
<p style="text-align: justify;">Le but du programme est aussi simple qu&#8217;ambitieux: créer une nouvelle catégorie d&#8217;emplois. Plusieurs médias ont dit à l&#8217;administration de l&#8217;école qu&#8217;ils «rêvent d&#8217;avoir des programmeurs qui comprennent le monde de l&#8217;information, que ça serait merveilleux d&#8217;avoir des employés qui puissent faire les deux», affirme David Klatell.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2004, <a href="http://www.shirky.com/writings/situated_software.html" target="_blank">Clay Shirky relevait déjà la tendance</a>, soulignant que plus la programmation se démocratisait, plus elle passerait lentement de boulot à part entière à compétence parmi d&#8217;autres. Mais le double cursus ne compte pas créer des petits soldats du web qui viendraient remplacer les programmeurs. «Vous ne verrez pas apparaître des rédactions où tous les journalistes sont censés savoir coder comme ils sont aujourd&#8217;hui censés savoir prendre une photo ou enregistrer du son», estime David Klatell.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des managers plutôt que des petits soldats</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span id="more-749"></span></strong>«Alors que le journalisme, les contenus, la distribution, le reportage deviennent technologiques, une nouvelle catégorie de jobs va se développer, à un niveau managerial, pour des gens qui comprennent les deux camps», poursuit-il; des gens qui non seulement comprennent ce que programmer veut dire, mais peuvent imaginer comment utiliser la programmation pour innover dans des entreprises médiatiques. En bref, Columbia veut former les successeurs d’<a href="http://www.holovaty.com/" target="_blank">Adrian Holovaty</a> et son <a href="http://www.everyblock.com/" target="_blank">Everyblock</a>, de l&#8217;équipe derrière <a href="http://www.propublica.org/ion/changetracker" target="_blank">le Change Tracker</a> de ProPublica, ou derrière la page <a href="http://www.politifact.com/" target="_blank">PolitiFact</a> du St. Petersbourg Times, <a href="http://www.pulitzer.org/citation/2009-National-Reporting" target="_blank">qui a remporté le prix Pulitzer en 2009</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">«Il y a une grande séparation entre ces deux camps», regrette-t-il, «alors qu&#8217;il faudrait voir la technique comme une partie intrinsèque du contenu!» David Klatell imagine ses futurs diplômés très bien payés dès la sortie d&#8217;école, «pas comme des reporters juniors, ni comme des techniciens».</p>
<p style="text-align: justify;">Columbia n’est pas la première université américaine à se lancer dans les passerelles journalistes/programmeurs. En 2007, Medill, l&#8217;école de journalisme de Northwestern à Chicago, a gagné 639.000 dollars &#8211; 469.000 euros &#8211; grâce au Knight News Challenge (<a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2009/12/11/knight-news-challenge-cinq-millions-dollars/" target="_blank">encore le News Challenge!</a>) pour <a href="http://www.newschallenge.org/graduate_digital_journalism_program" target="_blank">un programme offrant des bourses à des étudiants en sciences de l’informatique qui souhaitent étudier le journalisme</a>. Georgia Tech propose <a href="http://lcc.gatech.edu/compumedia/?page_id=10" target="_blank">une double-licence en «computational media»</a> (journalisme de données), et de nombreuses écoles donnent des cours de «computer-assisted reporting».</p>
<p style="text-align: justify;">A Columbia, les étudiants suivront le parcours classique de l&#8217;école, avec les même cours principaux que les autres apprentis-journalistes, et des cours de «digital media» adaptés à leur niveau. Faisant la liste des problèmes de l&#8217;industrie — trouver et produire des contenus, les distribuer efficacement, les sauvegarder durablement, et faire payer pour ces contenus, David Klatell espère que ces journalistes-nerds pourront aider à les régler, au sein de leurs cours puis dans la vie professionnelle.</p>
<p style="text-align: justify;">«Aujourd&#8217;hui, les médias sont des entreprises incroyablement technologiques», remarque-t-il, «mais il est impossible de trouver un patron qui comprend réellement la technologie qui sous-tend son business». Si le Sénat de Columbia approuve le cursus, il compte bien sur ses étudiants pour venir progressivement remplacer ces patrons.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> Que pensez-vous de cette idée? Les journalistes devraient-ils apprendre à programmer et les programmeurs à journaler? </strong></p>
<p><em>Cécile Dehesdin</em></p>
<p><em><em>Des questions, des envies, des idées? Dites-moi tout dans les commentaires, sur Twitter (<a href="http://twitter.com/sayseal" target="_blank">@sayseal</a>), sur <a href="http://www.facebook.com/home.php#/pages/Le-medialab-de-Cecile/154050350676?ref=ts" target="_blank">la page Facebook du medialab</a>, ou envoyez-moi un mail à cecile.dehesdin (@) slate.fr</em></em></p>
<p><em><em>(Photo:<a href="http://www.flickr.com/photos/tomasfano/4254749294/" target="_blank"> New York. St Mark&#8217;s Place, Superman neon sign</a>, par Tomas Fano via Flickr)</em></em></p>
<p><em><em>(P.S: le texte justifié, on vote pour ou contre?)<br />
</em></em></p>
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/03/superman.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-755" title="superman" src="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/03/superman.jpg" alt="superman" width="500" height="333" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Un récent article d&#8217;Owni<a href="http://owni.fr/2010/02/23/journaliste-programmeur-le-mutant-parfait/#france" target="_blank"> se demandait si l&#8217;ère du mutant journaliste-programmeur était arrivée</a>. Les journalistes interviewés (dont Johan Hufnagel de Slate) estimaient que l&#8217;idée d&#8217;avoir des journalistes qui savaient coder aussi bien que des programmeurs étaient la lubie du moment, mais qu&#8217;il serait bien utile d&#8217;avoir dans les rédactions des techniciens capables de comprendre les journalistes et vice-versa.</p>
<p style="text-align: justify;">Columbia est désormais sur le point de confirmer <a href="http://gawker.com/5448635/hack-to-hacker-rise-of-the-journalist+programmer" target="_blank">la tendance américaine relevée il y a quelques mois par Gawker</a>: l&#8217;essor du journaliste-ingénieur informaticien. L&#8217;école a en effet développé un nouveau double-diplôme (<a href="http://www.journalism.columbia.edu/cs/ContentServer/jrn/1165270052348/page/1165270091558/JRNSimplePage2.htm" target="_blank">en plus de ceux qu&#8217;elle a déjà</a> avec l&#8217;école de droit, de relations internationales, de business, ou <a href="http://www.journalisme.sciences-po.fr/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=22&amp;Itemid=45" target="_blank">avec Sciences Po</a>) avec <a href="http://www.cs.columbia.edu/education/ms" target="_blank">l&#8217;école de sciences de l&#8217;informatique</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Les deux écoles sont d&#8217;accord et ont mis au point une proposition de cursus qui doit désormais être approuvée par le Sénat de l&#8217;université. La question «comment trouver et communiquer avec des développeurs web?» travaillait beaucoup <a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2009/12/03/fred-wilson-venture-capitalist-business-angel-journalisme/" target="_blank">l&#8217;un des élèves des leçons de Ken Lerer</a>, le cofondateur du Huffington Post, et la réponse de Columbia semble être de former des journalistes qui parlent le programmeur et des programmeurs qui parlent le journaliste.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un nouvelle catégorie d&#8217;emplois</strong></p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;après David Klatell, en charge des double-diplômes à l&#8217;école, le cursus durera trois ans, deux à l&#8217;école de sciences de l&#8217;informatique, une à l&#8217;école de journalisme. C&#8217;est long pour un master aux Etats-Unis, et cher (l&#8217;année à Columbia coûte plus de 40 000 dollars), donc il s&#8217;attend à une petite promo de six à huit étudiants par an. «Si on limite la taille de la promo, ça permettra aussi de mieux aider financièrement les étudiants», explique-t-il.</p>
<p style="text-align: justify;">Le but du programme est aussi simple qu&#8217;ambitieux: créer une nouvelle catégorie d&#8217;emplois. Plusieurs médias ont dit à l&#8217;administration de l&#8217;école qu&#8217;ils «rêvent d&#8217;avoir des programmeurs qui comprennent le monde de l&#8217;information, que ça serait merveilleux d&#8217;avoir des employés qui puissent faire les deux», affirme David Klatell.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2004, <a href="http://www.shirky.com/writings/situated_software.html" target="_blank">Clay Shirky relevait déjà la tendance</a>, soulignant que plus la programmation se démocratisait, plus elle passerait lentement de boulot à part entière à compétence parmi d&#8217;autres. Mais le double cursus ne compte pas créer des petits soldats du web qui viendraient remplacer les programmeurs. «Vous ne verrez pas apparaître des rédactions où tous les journalistes sont censés savoir coder comme ils sont aujourd&#8217;hui censés savoir prendre une photo ou enregistrer du son», estime David Klatell.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des managers plutôt que des petits soldats</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span id="more-749"></span></strong>«Alors que le journalisme, les contenus, la distribution, le reportage deviennent technologiques, une nouvelle catégorie de jobs va se développer, à un niveau managerial, pour des gens qui comprennent les deux camps», poursuit-il; des gens qui non seulement comprennent ce que programmer veut dire, mais peuvent imaginer comment utiliser la programmation pour innover dans des entreprises médiatiques. En bref, Columbia veut former les successeurs d’<a href="http://www.holovaty.com/" target="_blank">Adrian Holovaty</a> et son <a href="http://www.everyblock.com/" target="_blank">Everyblock</a>, de l&#8217;équipe derrière <a href="http://www.propublica.org/ion/changetracker" target="_blank">le Change Tracker</a> de ProPublica, ou derrière la page <a href="http://www.politifact.com/" target="_blank">PolitiFact</a> du St. Petersbourg Times, <a href="http://www.pulitzer.org/citation/2009-National-Reporting" target="_blank">qui a remporté le prix Pulitzer en 2009</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">«Il y a une grande séparation entre ces deux camps», regrette-t-il, «alors qu&#8217;il faudrait voir la technique comme une partie intrinsèque du contenu!» David Klatell imagine ses futurs diplômés très bien payés dès la sortie d&#8217;école, «pas comme des reporters juniors, ni comme des techniciens».</p>
<p style="text-align: justify;">Columbia n’est pas la première université américaine à se lancer dans les passerelles journalistes/programmeurs. En 2007, Medill, l&#8217;école de journalisme de Northwestern à Chicago, a gagné 639.000 dollars &#8211; 469.000 euros &#8211; grâce au Knight News Challenge (<a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2009/12/11/knight-news-challenge-cinq-millions-dollars/" target="_blank">encore le News Challenge!</a>) pour <a href="http://www.newschallenge.org/graduate_digital_journalism_program" target="_blank">un programme offrant des bourses à des étudiants en sciences de l’informatique qui souhaitent étudier le journalisme</a>. Georgia Tech propose <a href="http://lcc.gatech.edu/compumedia/?page_id=10" target="_blank">une double-licence en «computational media»</a> (journalisme de données), et de nombreuses écoles donnent des cours de «computer-assisted reporting».</p>
<p style="text-align: justify;">A Columbia, les étudiants suivront le parcours classique de l&#8217;école, avec les même cours principaux que les autres apprentis-journalistes, et des cours de «digital media» adaptés à leur niveau. Faisant la liste des problèmes de l&#8217;industrie — trouver et produire des contenus, les distribuer efficacement, les sauvegarder durablement, et faire payer pour ces contenus, David Klatell espère que ces journalistes-nerds pourront aider à les régler, au sein de leurs cours puis dans la vie professionnelle.</p>
<p style="text-align: justify;">«Aujourd&#8217;hui, les médias sont des entreprises incroyablement technologiques», remarque-t-il, «mais il est impossible de trouver un patron qui comprend réellement la technologie qui sous-tend son business». Si le Sénat de Columbia approuve le cursus, il compte bien sur ses étudiants pour venir progressivement remplacer ces patrons.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> Que pensez-vous de cette idée? Les journalistes devraient-ils apprendre à programmer et les programmeurs à journaler? </strong></p>
<p><em>Cécile Dehesdin</em></p>
<p><em><em>Des questions, des envies, des idées? Dites-moi tout dans les commentaires, sur Twitter (<a href="http://twitter.com/sayseal" target="_blank">@sayseal</a>), sur <a href="http://www.facebook.com/home.php#/pages/Le-medialab-de-Cecile/154050350676?ref=ts" target="_blank">la page Facebook du medialab</a>, ou envoyez-moi un mail à cecile.dehesdin (@) slate.fr</em></em></p>
<p><em><em>(Photo:<a href="http://www.flickr.com/photos/tomasfano/4254749294/" target="_blank"> New York. St Mark&#8217;s Place, Superman neon sign</a>, par Tomas Fano via Flickr)</em></em></p>
<p><em><em>(P.S: le texte justifié, on vote pour ou contre?)<br />
</em></em></p>
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		<title>La bourse ou l&#8217;audience!</title>
		<link>http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2010/03/03/bourse-ou-audience-gratuit/</link>
		<comments>http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2010/03/03/bourse-ou-audience-gratuit/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 03 Mar 2010 20:40:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sayseal</dc:creator>
				<category><![CDATA[Polémiques]]></category>
		<category><![CDATA[Blog]]></category>
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		<category><![CDATA[The Local]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/03/shockedjourno.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-741" title="shockedjourno" src="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/03/shockedjourno.jpg" alt="shockedjourno" width="500" height="376" /></a></p>
<p>Le New York Times vient d&#8217;annoncer la création d&#8217;un nouveau blog hyperlocal, qui viendra rejoindre les deux dont je vous avais parlé<a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2009/11/06/hyperlocal-journalisme-etats-unis-patch-local-dnainfo/" target="_blank"> il y a quelques mois</a>. Un blog sur l&#8217;East Village, au sud de Manhattan, s&#8217;ajoutera donc a celui sur Clinton Hill et Fort Greene (Brooklyn), et celui sur MappleWood, Millburn et South Orange (New Jersey).</p>
<p>Petite particularité du blog: il sera entièrement géré (depuis son actuelle création jusqu&#8217;à son entretien une fois lancé) par des étudiants en journalisme de New York University, encadrés par leurs profs, un rédacteur en chef, et supervisés de loin par Mary Ann Giordano, en charge de l&#8217;initiative «The Local» au New York Times.</p>
<p>Le journal travaillait déjà depuis la création des blogs avec l&#8217;école de journalisme de City University of New York (CUNY). Mi-janvier, <a href="http://www.poynter.org/column.asp?id=101&amp;aid=176147" target="_blank">le New York Times avait entièrement passé le relais</a> de son blog brooklynien à CUNY, avec désormais à sa tête une rédactrice en chef payée par l&#8217;université.</p>
<p>Parce qu&#8217;il s&#8217;agit bien ici d&#8217;argent. Andy Newman, ancien rédacteur en chef du blog brooklynien désormais à la tête de CityRoom, <a href="http://fort-greene.thelocal.nytimes.com/2010/01/08/the-day-a-new-chapter-begins/" target="_blank">rappelait dans son billet d&#8217;au revoir</a> que «depuis le début, [les patrons du journal] nous ont dit qu&#8217;ils ne comptaient pas dédier indéfiniment un reporter de la rédaction au projet».</p>
<p><span id="more-735"></span></p>
<p>Lors du lancement de The Local il y a plus d&#8217;un an, Jim Schachter, en charge du développement numérique du quotidien,<a href="http://www.niemanlab.org/2009/03/nyt-wants-to-build-and-spread-a-platform-for-local-journalism-sees-business-model-in-placeblogosphere/" target="_blank"> expliquait son plan au Nieman Lab</a>: créer une maquette et des outils faciles à distribuer sous forme de licence à des communautés qui voudraient écrire sur elles-mêmes, sans besoin de reporters ou d&#8217;éditeurs du New York Times. Le journal pourrait également faire de l&#8217;argent grâce à un réseau publicitaire qui fonctionnerait pour tous ses blogs hyperlocaux.</p>
<p>«Le plus tôt possible, disait-il à l&#8217;époque, nous pourrons tirer un bilan de ce qu&#8217;on a déjà appris. Pour vraiment savoir si on a ici un modèle qui peut se répliquer, il faut qu&#8217;on le transmette à quelqu&#8217;un d&#8217;autre». C&#8217;est chose faite avec le futur blog hyperlocal sur l&#8217;East Village: il sera entièrement mené par des élèves de NYU au travers d&#8217;un nouveau cours intitulé «la rédaction hyperlocale».</p>
<p>A sa tête, Richard G. Jones, un rédacteur en chef payé par NYU, pas le New York Times, aidé par deux professeurs de l&#8217;université. La seule personne du journal encore impliquée dans le projet est Mary Ann Giordano.</p>
<p>D&#8217;après<a href="http://journalism.nyu.edu/pubzone/weblogs/pressthink/2010/02/23/the_local.html" target="_blank"> les précisions de Jay Rosen de NYU</a>, le New York Times fournira l&#8217;URL du blog — et donc le prestige et l&#8217;audience, la plateforme de publication et les serveurs nécessaires, et une supervision éditoriale. NYU fournit le salaire du rédacteur en chef, la force de travail (étudiants + professeurs), des bureaux, et sa réputation.</p>
<p>En résumé, le New York Times obtient gratuitement un blog de qualité professionnelle (j&#8217;estime qu&#8217;avec trois profs — dont un qui se dédie au Local East Village à plein temps — pour superviser les étudiants, le blog sera pro).</p>
<p>L&#8217;annonce a fait doucement rire certains bloggueurs locaux, comme Choire Sicha, de The Awl: «L&#8217;actuelle expansion du New York Times dans des rubriques &#8220;locales&#8221;, où les informations sont fournies par des étudiants non payés, vient désormais de nous toucher là où ça fait mal, juste à côté de nos bureaux»,<a href="http://www.theawl.com/2010/02/the-times-comes-for-the-east-village-with-another-non-paying-student-paper" target="_blank"> écrit-il, avant d&#8217;enchaîner</a>, «cet arrangement suggère que la seule manière de financer des médias locaux, c&#8217;est de le faire avec une force de travail gratuite», reprochant à NYU d&#8217;inciter ses élèves à accepter avec gratitude ce genre d&#8217;opportunités.</p>
<p>Alors que l&#8217;annonce de NYU et du NYT arrive en meme temps que la nouvelle rubrique «université» du Huffington Post, <a href="http://www.huffingtonpost.com/adam-clark-estes/college-reporting-team_b_471091.html" target="_blank">qui cherche des étudiants-journalistes non payés</a>, il n&#8217;est pas le seul à s&#8217;indigner de la pratique que l&#8217;on retrouve dans des écoles de journalisme à travers le pays. <a href="http://www.insidehighered.com/news/2010/03/01/journalism" target="_blank">Inside Higher Ed s&#8217;interroge sur l&#8217;avenir de la profession</a>: les étudiants prennent-ils la place qui devrait revenir à des journalistes payés? Ou les complètent-ils en comblant un vide éditorial?</p>
<p>Dans son billet de blog discutant de la future collaboration, Jay Rosen la comparait aux accords signés par le New York Times avec deux associations journalistiques a but non lucratif <a href="http://www.nytimes.com/2009/10/23/business/media/23chicago.html?_r=2" target="_blank">pour couvrir Chicago</a> et <a href="http://techcrunch.com/2010/01/21/bay-area-news-project-strikes-content-deal-with-the-new-york-times/" target="_blank">San Francisco</a>, soulignant que dans ces trois situations, «un organisme a but non lucratif produit du contenu pour le New York Times, lui permettant d&#8217;offrir une meilleure couverture médiatique qu&#8217;il ne le pourrait autrement».</p>
<div id=":2zr">
<p>Le professeur expliquait également vouloir payer «au moins une partie des contributions de la communauté, des étudiants et des pigistes au Local East Village». La directrice de l&#8217;école de journalisme de NYU est ainsi en train de collecter des fonds pour fournir un «trésor de guerre» au rédacteur en chef du blog et payer les contributeurs-clés, particulièrement quand NYU est en vacances.</p>
<p>Les médias se servent-ils des étudiants en journalisme quand ils leur proposent de bloguer sur leur plateforme gratuitement? Personnellement, je garde un très bon souvenir <a href="http://muniparis.blog.lemonde.fr/" target="_blank">d&#8217;un blog sur les municipales parisiennes tenu avec des camarades de Sciences Po</a> sur <a href="http://lemonde.fr" target="_blank">Lemonde.fr</a>. Enfin des commentaires, enfin des gens qui lisaient nos articles! Parce que c&#8217;est bien beau d&#8217;apprendre le journalisme en ligne, s&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;audience, pas de communauté, on rate tout de même l&#8217;un des principaux aspects du média. C&#8217;était d&#8217;ailleurs l&#8217;un des points abordés lors du <a href="http://www.journalisme.sciences-po.fr/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=534&amp;Itemid=126" target="_blank">colloque international sur l&#8217;avenir des formations en journalisme</a><a href="http://www.journalisme.sciences-po.fr/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=534&amp;Itemid=126" target="_blank"></a>, tenu mi-juin 2009 à Sciences Po: comment donner une audience aux élèves?</p>
<p>Mais ce blog avait été créé en classe uniquement pour le temps des municipales 2008, pas comme une section à part entière du journal censée perdurer semestre après semestre. Et si Lemonde.fr mettait nos contenus en valeur, le site et le journal mettaient en ligne leurs propres articles; nous étions un complément, pas un remplacement.</p>
<p><strong>Est-ce que l&#8217;audience compense la gratuité? Une école devrait-elle refuser ces collaborations sachant pertinemment qu&#8217;elles n&#8217;aboutiront jamais à des embauches et que les accepter donnerait un mauvais exemple aux élèves? Ou au contraire les envisager comme des opportunités en terme d&#8217;apprentissage? Et dans ce cas-la, quelles devraient-en être les conditions?</strong></p>
<p><em>Cécile Dehesdin</em></p>
<p><em><em>Des questions, des envies, des idées? Dites-moi tout dans les commentaires, sur Twitter (<a href="http://twitter.com/sayseal" target="_blank">@sayseal</a>), sur <a href="http://www.facebook.com/home.php#/pages/Le-medialab-de-Cecile/154050350676?ref=ts" target="_blank">la page Facebook du medialab</a>, ou envoyez-moi un mail à cecile.dehesdin (@) slate.fr</em></em></p>
<p><em><em>(Photo: <a href="http://www.flickr.com/photos/rabbleradio/95070447/" target="_blank">Joey-Everywhere</a>, by rabbleradio via Flickr)<br />
</em></em></div>
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/03/shockedjourno.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-741" title="shockedjourno" src="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/03/shockedjourno.jpg" alt="shockedjourno" width="500" height="376" /></a></p>
<p>Le New York Times vient d&#8217;annoncer la création d&#8217;un nouveau blog hyperlocal, qui viendra rejoindre les deux dont je vous avais parlé<a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2009/11/06/hyperlocal-journalisme-etats-unis-patch-local-dnainfo/" target="_blank"> il y a quelques mois</a>. Un blog sur l&#8217;East Village, au sud de Manhattan, s&#8217;ajoutera donc a celui sur Clinton Hill et Fort Greene (Brooklyn), et celui sur MappleWood, Millburn et South Orange (New Jersey).</p>
<p>Petite particularité du blog: il sera entièrement géré (depuis son actuelle création jusqu&#8217;à son entretien une fois lancé) par des étudiants en journalisme de New York University, encadrés par leurs profs, un rédacteur en chef, et supervisés de loin par Mary Ann Giordano, en charge de l&#8217;initiative «The Local» au New York Times.</p>
<p>Le journal travaillait déjà depuis la création des blogs avec l&#8217;école de journalisme de City University of New York (CUNY). Mi-janvier, <a href="http://www.poynter.org/column.asp?id=101&amp;aid=176147" target="_blank">le New York Times avait entièrement passé le relais</a> de son blog brooklynien à CUNY, avec désormais à sa tête une rédactrice en chef payée par l&#8217;université.</p>
<p>Parce qu&#8217;il s&#8217;agit bien ici d&#8217;argent. Andy Newman, ancien rédacteur en chef du blog brooklynien désormais à la tête de CityRoom, <a href="http://fort-greene.thelocal.nytimes.com/2010/01/08/the-day-a-new-chapter-begins/" target="_blank">rappelait dans son billet d&#8217;au revoir</a> que «depuis le début, [les patrons du journal] nous ont dit qu&#8217;ils ne comptaient pas dédier indéfiniment un reporter de la rédaction au projet».</p>
<p><span id="more-735"></span></p>
<p>Lors du lancement de The Local il y a plus d&#8217;un an, Jim Schachter, en charge du développement numérique du quotidien,<a href="http://www.niemanlab.org/2009/03/nyt-wants-to-build-and-spread-a-platform-for-local-journalism-sees-business-model-in-placeblogosphere/" target="_blank"> expliquait son plan au Nieman Lab</a>: créer une maquette et des outils faciles à distribuer sous forme de licence à des communautés qui voudraient écrire sur elles-mêmes, sans besoin de reporters ou d&#8217;éditeurs du New York Times. Le journal pourrait également faire de l&#8217;argent grâce à un réseau publicitaire qui fonctionnerait pour tous ses blogs hyperlocaux.</p>
<p>«Le plus tôt possible, disait-il à l&#8217;époque, nous pourrons tirer un bilan de ce qu&#8217;on a déjà appris. Pour vraiment savoir si on a ici un modèle qui peut se répliquer, il faut qu&#8217;on le transmette à quelqu&#8217;un d&#8217;autre». C&#8217;est chose faite avec le futur blog hyperlocal sur l&#8217;East Village: il sera entièrement mené par des élèves de NYU au travers d&#8217;un nouveau cours intitulé «la rédaction hyperlocale».</p>
<p>A sa tête, Richard G. Jones, un rédacteur en chef payé par NYU, pas le New York Times, aidé par deux professeurs de l&#8217;université. La seule personne du journal encore impliquée dans le projet est Mary Ann Giordano.</p>
<p>D&#8217;après<a href="http://journalism.nyu.edu/pubzone/weblogs/pressthink/2010/02/23/the_local.html" target="_blank"> les précisions de Jay Rosen de NYU</a>, le New York Times fournira l&#8217;URL du blog — et donc le prestige et l&#8217;audience, la plateforme de publication et les serveurs nécessaires, et une supervision éditoriale. NYU fournit le salaire du rédacteur en chef, la force de travail (étudiants + professeurs), des bureaux, et sa réputation.</p>
<p>En résumé, le New York Times obtient gratuitement un blog de qualité professionnelle (j&#8217;estime qu&#8217;avec trois profs — dont un qui se dédie au Local East Village à plein temps — pour superviser les étudiants, le blog sera pro).</p>
<p>L&#8217;annonce a fait doucement rire certains bloggueurs locaux, comme Choire Sicha, de The Awl: «L&#8217;actuelle expansion du New York Times dans des rubriques &#8220;locales&#8221;, où les informations sont fournies par des étudiants non payés, vient désormais de nous toucher là où ça fait mal, juste à côté de nos bureaux»,<a href="http://www.theawl.com/2010/02/the-times-comes-for-the-east-village-with-another-non-paying-student-paper" target="_blank"> écrit-il, avant d&#8217;enchaîner</a>, «cet arrangement suggère que la seule manière de financer des médias locaux, c&#8217;est de le faire avec une force de travail gratuite», reprochant à NYU d&#8217;inciter ses élèves à accepter avec gratitude ce genre d&#8217;opportunités.</p>
<p>Alors que l&#8217;annonce de NYU et du NYT arrive en meme temps que la nouvelle rubrique «université» du Huffington Post, <a href="http://www.huffingtonpost.com/adam-clark-estes/college-reporting-team_b_471091.html" target="_blank">qui cherche des étudiants-journalistes non payés</a>, il n&#8217;est pas le seul à s&#8217;indigner de la pratique que l&#8217;on retrouve dans des écoles de journalisme à travers le pays. <a href="http://www.insidehighered.com/news/2010/03/01/journalism" target="_blank">Inside Higher Ed s&#8217;interroge sur l&#8217;avenir de la profession</a>: les étudiants prennent-ils la place qui devrait revenir à des journalistes payés? Ou les complètent-ils en comblant un vide éditorial?</p>
<p>Dans son billet de blog discutant de la future collaboration, Jay Rosen la comparait aux accords signés par le New York Times avec deux associations journalistiques a but non lucratif <a href="http://www.nytimes.com/2009/10/23/business/media/23chicago.html?_r=2" target="_blank">pour couvrir Chicago</a> et <a href="http://techcrunch.com/2010/01/21/bay-area-news-project-strikes-content-deal-with-the-new-york-times/" target="_blank">San Francisco</a>, soulignant que dans ces trois situations, «un organisme a but non lucratif produit du contenu pour le New York Times, lui permettant d&#8217;offrir une meilleure couverture médiatique qu&#8217;il ne le pourrait autrement».</p>
<div id=":2zr">
<p>Le professeur expliquait également vouloir payer «au moins une partie des contributions de la communauté, des étudiants et des pigistes au Local East Village». La directrice de l&#8217;école de journalisme de NYU est ainsi en train de collecter des fonds pour fournir un «trésor de guerre» au rédacteur en chef du blog et payer les contributeurs-clés, particulièrement quand NYU est en vacances.</p>
<p>Les médias se servent-ils des étudiants en journalisme quand ils leur proposent de bloguer sur leur plateforme gratuitement? Personnellement, je garde un très bon souvenir <a href="http://muniparis.blog.lemonde.fr/" target="_blank">d&#8217;un blog sur les municipales parisiennes tenu avec des camarades de Sciences Po</a> sur <a href="http://lemonde.fr" target="_blank">Lemonde.fr</a>. Enfin des commentaires, enfin des gens qui lisaient nos articles! Parce que c&#8217;est bien beau d&#8217;apprendre le journalisme en ligne, s&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;audience, pas de communauté, on rate tout de même l&#8217;un des principaux aspects du média. C&#8217;était d&#8217;ailleurs l&#8217;un des points abordés lors du <a href="http://www.journalisme.sciences-po.fr/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=534&amp;Itemid=126" target="_blank">colloque international sur l&#8217;avenir des formations en journalisme</a><a href="http://www.journalisme.sciences-po.fr/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=534&amp;Itemid=126" target="_blank"></a>, tenu mi-juin 2009 à Sciences Po: comment donner une audience aux élèves?</p>
<p>Mais ce blog avait été créé en classe uniquement pour le temps des municipales 2008, pas comme une section à part entière du journal censée perdurer semestre après semestre. Et si Lemonde.fr mettait nos contenus en valeur, le site et le journal mettaient en ligne leurs propres articles; nous étions un complément, pas un remplacement.</p>
<p><strong>Est-ce que l&#8217;audience compense la gratuité? Une école devrait-elle refuser ces collaborations sachant pertinemment qu&#8217;elles n&#8217;aboutiront jamais à des embauches et que les accepter donnerait un mauvais exemple aux élèves? Ou au contraire les envisager comme des opportunités en terme d&#8217;apprentissage? Et dans ce cas-la, quelles devraient-en être les conditions?</strong></p>
<p><em>Cécile Dehesdin</em></p>
<p><em><em>Des questions, des envies, des idées? Dites-moi tout dans les commentaires, sur Twitter (<a href="http://twitter.com/sayseal" target="_blank">@sayseal</a>), sur <a href="http://www.facebook.com/home.php#/pages/Le-medialab-de-Cecile/154050350676?ref=ts" target="_blank">la page Facebook du medialab</a>, ou envoyez-moi un mail à cecile.dehesdin (@) slate.fr</em></em></p>
<p><em><em>(Photo: <a href="http://www.flickr.com/photos/rabbleradio/95070447/" target="_blank">Joey-Everywhere</a>, by rabbleradio via Flickr)<br />
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		<title>Facebook: mes amis, mes amours, mon actu ?</title>
		<link>http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2010/02/23/facebook-google-buzz-twitteramis-amours-actu/</link>
		<comments>http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2010/02/23/facebook-google-buzz-twitteramis-amours-actu/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 23 Feb 2010 14:01:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sayseal</dc:creator>
				<category><![CDATA[Y a pas qu'à Columbia...]]></category>
		<category><![CDATA[Commentaires]]></category>
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		<category><![CDATA[Twitter]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/facebook.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-727" title="facebook" src="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/facebook.jpg" alt="facebook" width="500" height="333" /></a></p>
<p>Un des thèmes les plus abordés dans <a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/tag/ken-lerer/" target="_blank">mes cours d&#8217;entrepreunariat</a>, <a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2009/10/01/je-peux-pas-la-jai-cours-de-twitter/" target="_blank">de réseaux sociaux</a>, et par les nombreux <a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/category/invites/" target="_blank">invités</a> qui passent à l&#8217;école, c&#8217;est l&#8217;idée qu&#8217;on a envie de lire ce que nos amis nous suggèrent.</p>
<p>Peut-être que vous avez fait (ou faîtes encore?) partie des lecteurs qui aiment découper leurs articles préférés pour les ramener chez eux et les afficher dans leur chambre ou les faire lire à leur famille, ou peut-être abusez-vous du bouton «envoyer cet article par email» sur tous les sites d&#8217;infos.</p>
<p>Personnellement, je me suis aperçue que j&#8217;avais arrêté de lire mes flux RSS pour ne plus me satisfaire que de Twitter, Facebook, et de mes sites préférés pour me tenir au courant de l&#8217;actualité. (Depuis que j&#8217;ai commencé ce blog, je me suis remise aux liens RSS. Twitter me sert d&#8217;entrée dans l&#8217;info du jour mais je l&#8217;utilise aussi pour suivre des amis, Facebook m&#8217;offre des trouvailles d&#8217;actu mais je m&#8217;en sers plutôt pour un usage personnel, tandis que mes liens RSS forment une page entièrement dédiée à ce qui se passe dans les nouveaux médias.)</p>
<p><strong> Recherche sociale</strong></p>
<p>On a beaucoup parlé de Google Buzz ces dernières semaines, mais la version publique de Google Social Search, lancée un peu plus tôt sans trop de fanfare, est beaucoup plus impressionnante: quand vous avez besoin d&#8217;information, vous tapez quelques mots clés dans le moteur de recherche; sauf qu&#8217;en plus des résultats habituels (news, photos, pages webs et — depuis peu — derniers tweets), Google propose également des résultats <a href="http://googleblog.blogspot.com/2010/01/search-is-getting-more-social.html" target="_blank">tirés de votre réseau</a>, affichés en bas de la première page. Votre réseau est automatiquement défini par vos contacts gmail, comme Buzz, et vous pouvez y ajouter votre compte Twitter ou Friendfeed.</p>
<p>Il s&#8217;agit carrément de considérer vos connaissances comme vos sources d&#8217;informations: si j&#8217;hésite à louer un film, en plus des critiques et de la page Wikipédia qui lui est dédiée, je verrai le post de Charlotte qui l&#8217;a démonté méthodiquement sur son blog, et celui de Luisa qui l&#8217;a défendu. «Ce n&#8217;est que la première étape d&#8217;un effort continu pour que la recherche web Google soit toujours aussi sociale que le web lui-même», expliquait l&#8217;entreprise sur son blog. Tout est dit. Google n&#8217;est pas en compétition avec Twitter, mais en compétition avec le web même. Et <a href="http://www.steverubel.com/facebook-could-eat-the-web" target="_blank">Facebook l&#8217;est tout autant</a>.</p>
<p><strong> Facebook comme source de trafic pour les sites d&#8217;infos</strong></p>
<p><strong><span id="more-721"></span></strong><a href="http://mashable.com/2010/02/17/facebook-unseats-yahoo/" target="_blank">Facebook vient de devenir le deuxième site le plus visité aux Etats-Unis</a>, dépassant Yahoo! et se rapprochant tranquillement de Google. Pour devenir le premier site que l&#8217;on ouvre en allumant son téléphone ou son ordinateur, Facebook doit permettre à ses utilisateurs de tout faire: d&#8217;où son champ de recherche, qui propose aussi des résultats tirés du web, des posts de vos amis, ou des posts de l&#8217;ensemble des utilisateurs.</p>
<p>Pour fêter ses six ans, le site de Mark Zuckerberg a publié un post sur son blog proposant aux utilisateurs de se servir de Facebook pour <a href="http://blog.facebook.com/blog.php?post=276507062130" target="_blank">créer leur propre chaîne d&#8217;infos personnalisée</a>, en réunissant les flux de leurs fan pages préférées en une liste d&#8217;amis. «Vous pouvez vous tourner vers Facebook pour partager des informations, entrer en contact avec des médias et discuter de l&#8217;actualité avec d&#8217;autres. Les informations que vous lisez sur Facebook peuvent être aussi diverses que les amis et les médias auxquels vous êtes connecté», assurait le billet.</p>
<p>En six mois, <a href="http://www.allfacebook.com/2010/02/facebook-releases-new-statistics-sharing-quintuples-in-6-months/" target="_blank">le partage de liens sur le site a augmenté de 500%</a> <a href="http://www.allfacebook.com/2010/02/facebook-releases-new-statistics-sharing-quintuples-in-6-months/" target="_blank"></a> alors que le nombre d&#8217;utilisateurs a un peu moins que doublé dans le même laps de temps. Il reste loin derrière Yahoo, Google et MSN dans les sources de trafic vers des sites d&#8217;information, mais est devenu <a href="http://weblogs.hitwise.com/us-heather-hopkins/2010/02/facebook_largest_news_reader_1.html" target="_blank">la 4e source de trafic de ces site</a>s, devant Google News et, surtout, devant Google Reader.</p>
<p><strong>Les médias s&#8217;adaptent</strong></p>
<p>Facebook et Twitter incitent à se passer du jugement éditorial des médias eux-mêmes pour faire de nos amis nos rédacteurs en chef, en charge de nous tenir au courant des informations les plus importantes.</p>
<p>Plutôt que de paniquer, plusieurs médias essayent de s&#8217;adapter au mieux à ce phénomène en allant chercher les lecteurs là où ils sont, et en cherchant à bâtir avec eux des relations plus «amicales».</p>
<p>Dans un récent billet, <a href="http://blog.slate.fr/labo-journalisme-sciences-po/2010/02/13/ou-sont-passees-les-communautes-des-sites-dinfos/" target="_blank">Alice Antheaume notait que les communautés des sites d&#8217;info se diluaient</a>. Pour résister à cette tendance, de plus en plus de sites utilisent <a href="http://developers.facebook.com/connect.php" target="_blank">Facebook Connect</a> ou <a href="http://js-kit.com/" target="_blank">d&#8217;autres moyens d&#8217;identifications</a> du même type: arrivé sur un site, il vous suffit de cliquer sur un bouton pour commenter sur un article depuis votre compte Facebook/Twitter/Google sans avoir besoin de créer un compte spécifique au site. Le système permet aussi de partager des articles que vous avez aimé sur votre Wall plus facilement, faisant ainsi voyager l&#8217;information grâce aux lecteurs.</p>
<p>D&#8217;autres cherchent à se servir de Facebook pour leur travail de reportage même: après le tremblement de terre en Haïti, deux reporters du Wall Street Journal sont partis suivre un américain à la recherche de sa famille dans les décombres. <a href="http://www.facebook.com/intoportauprince" target="_blank">L&#8217;histoire s&#8217;actualisait sur Facebook</a>, renvoyant régulièrement vers le Wall Street Journal. Pour les Jeux olympiques, le New York Times a ajouté un onglet dédié à l&#8217;évènement dans sa page Facebook, plutôt que d&#8217;en créer une nouvelle. <a href="http://www.facebook.com/nytimes?v=app_289103741436">Le résultat est ici</a>, et avec son flux Twitter, ses vidéos, ses articles et son sondage, ressemble beaucoup plus à une page d&#8217;un site d&#8217;info qu&#8217;à une page Facebook!</p>
<p><strong> Utilisez-vous Facebook comme source d&#8217;information? Faîtes-vous plus attention aux articles que vos amis vous envoient qu&#8217;aux autres? Aimeriez-vous que plus d&#8217;actu se fasse sur Facebook directement plutôt que sur les sites d&#8217;infos? </strong></p>
<p><em>Cécile Dehesdin</em></p>
<p><em><em>Des questions, des envies, des idées? Dites-moi tout dans les commentaires, sur Twitter (<a href="http://twitter.com/sayseal" target="_blank">@sayseal</a>), sur <a href="http://www.facebook.com/home.php#/pages/Le-medialab-de-Cecile/154050350676?ref=ts" target="_blank">la page Facebook du medialab</a>, ou envoyez-moi un mail à cecile.dehesdin (@) slate.fr</em></em></p>
<p><em><em>(<a href="http://www.flickr.com/photos/andrewfeinberg/2325659148/" target="_blank">Photo</a> par Andrew Feinberg, via Flicker)<br />
</em></em></p>
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/facebook.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-727" title="facebook" src="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/facebook.jpg" alt="facebook" width="500" height="333" /></a></p>
<p>Un des thèmes les plus abordés dans <a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/tag/ken-lerer/" target="_blank">mes cours d&#8217;entrepreunariat</a>, <a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2009/10/01/je-peux-pas-la-jai-cours-de-twitter/" target="_blank">de réseaux sociaux</a>, et par les nombreux <a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/category/invites/" target="_blank">invités</a> qui passent à l&#8217;école, c&#8217;est l&#8217;idée qu&#8217;on a envie de lire ce que nos amis nous suggèrent.</p>
<p>Peut-être que vous avez fait (ou faîtes encore?) partie des lecteurs qui aiment découper leurs articles préférés pour les ramener chez eux et les afficher dans leur chambre ou les faire lire à leur famille, ou peut-être abusez-vous du bouton «envoyer cet article par email» sur tous les sites d&#8217;infos.</p>
<p>Personnellement, je me suis aperçue que j&#8217;avais arrêté de lire mes flux RSS pour ne plus me satisfaire que de Twitter, Facebook, et de mes sites préférés pour me tenir au courant de l&#8217;actualité. (Depuis que j&#8217;ai commencé ce blog, je me suis remise aux liens RSS. Twitter me sert d&#8217;entrée dans l&#8217;info du jour mais je l&#8217;utilise aussi pour suivre des amis, Facebook m&#8217;offre des trouvailles d&#8217;actu mais je m&#8217;en sers plutôt pour un usage personnel, tandis que mes liens RSS forment une page entièrement dédiée à ce qui se passe dans les nouveaux médias.)</p>
<p><strong> Recherche sociale</strong></p>
<p>On a beaucoup parlé de Google Buzz ces dernières semaines, mais la version publique de Google Social Search, lancée un peu plus tôt sans trop de fanfare, est beaucoup plus impressionnante: quand vous avez besoin d&#8217;information, vous tapez quelques mots clés dans le moteur de recherche; sauf qu&#8217;en plus des résultats habituels (news, photos, pages webs et — depuis peu — derniers tweets), Google propose également des résultats <a href="http://googleblog.blogspot.com/2010/01/search-is-getting-more-social.html" target="_blank">tirés de votre réseau</a>, affichés en bas de la première page. Votre réseau est automatiquement défini par vos contacts gmail, comme Buzz, et vous pouvez y ajouter votre compte Twitter ou Friendfeed.</p>
<p>Il s&#8217;agit carrément de considérer vos connaissances comme vos sources d&#8217;informations: si j&#8217;hésite à louer un film, en plus des critiques et de la page Wikipédia qui lui est dédiée, je verrai le post de Charlotte qui l&#8217;a démonté méthodiquement sur son blog, et celui de Luisa qui l&#8217;a défendu. «Ce n&#8217;est que la première étape d&#8217;un effort continu pour que la recherche web Google soit toujours aussi sociale que le web lui-même», expliquait l&#8217;entreprise sur son blog. Tout est dit. Google n&#8217;est pas en compétition avec Twitter, mais en compétition avec le web même. Et <a href="http://www.steverubel.com/facebook-could-eat-the-web" target="_blank">Facebook l&#8217;est tout autant</a>.</p>
<p><strong> Facebook comme source de trafic pour les sites d&#8217;infos</strong></p>
<p><strong><span id="more-721"></span></strong><a href="http://mashable.com/2010/02/17/facebook-unseats-yahoo/" target="_blank">Facebook vient de devenir le deuxième site le plus visité aux Etats-Unis</a>, dépassant Yahoo! et se rapprochant tranquillement de Google. Pour devenir le premier site que l&#8217;on ouvre en allumant son téléphone ou son ordinateur, Facebook doit permettre à ses utilisateurs de tout faire: d&#8217;où son champ de recherche, qui propose aussi des résultats tirés du web, des posts de vos amis, ou des posts de l&#8217;ensemble des utilisateurs.</p>
<p>Pour fêter ses six ans, le site de Mark Zuckerberg a publié un post sur son blog proposant aux utilisateurs de se servir de Facebook pour <a href="http://blog.facebook.com/blog.php?post=276507062130" target="_blank">créer leur propre chaîne d&#8217;infos personnalisée</a>, en réunissant les flux de leurs fan pages préférées en une liste d&#8217;amis. «Vous pouvez vous tourner vers Facebook pour partager des informations, entrer en contact avec des médias et discuter de l&#8217;actualité avec d&#8217;autres. Les informations que vous lisez sur Facebook peuvent être aussi diverses que les amis et les médias auxquels vous êtes connecté», assurait le billet.</p>
<p>En six mois, <a href="http://www.allfacebook.com/2010/02/facebook-releases-new-statistics-sharing-quintuples-in-6-months/" target="_blank">le partage de liens sur le site a augmenté de 500%</a> <a href="http://www.allfacebook.com/2010/02/facebook-releases-new-statistics-sharing-quintuples-in-6-months/" target="_blank"></a> alors que le nombre d&#8217;utilisateurs a un peu moins que doublé dans le même laps de temps. Il reste loin derrière Yahoo, Google et MSN dans les sources de trafic vers des sites d&#8217;information, mais est devenu <a href="http://weblogs.hitwise.com/us-heather-hopkins/2010/02/facebook_largest_news_reader_1.html" target="_blank">la 4e source de trafic de ces site</a>s, devant Google News et, surtout, devant Google Reader.</p>
<p><strong>Les médias s&#8217;adaptent</strong></p>
<p>Facebook et Twitter incitent à se passer du jugement éditorial des médias eux-mêmes pour faire de nos amis nos rédacteurs en chef, en charge de nous tenir au courant des informations les plus importantes.</p>
<p>Plutôt que de paniquer, plusieurs médias essayent de s&#8217;adapter au mieux à ce phénomène en allant chercher les lecteurs là où ils sont, et en cherchant à bâtir avec eux des relations plus «amicales».</p>
<p>Dans un récent billet, <a href="http://blog.slate.fr/labo-journalisme-sciences-po/2010/02/13/ou-sont-passees-les-communautes-des-sites-dinfos/" target="_blank">Alice Antheaume notait que les communautés des sites d&#8217;info se diluaient</a>. Pour résister à cette tendance, de plus en plus de sites utilisent <a href="http://developers.facebook.com/connect.php" target="_blank">Facebook Connect</a> ou <a href="http://js-kit.com/" target="_blank">d&#8217;autres moyens d&#8217;identifications</a> du même type: arrivé sur un site, il vous suffit de cliquer sur un bouton pour commenter sur un article depuis votre compte Facebook/Twitter/Google sans avoir besoin de créer un compte spécifique au site. Le système permet aussi de partager des articles que vous avez aimé sur votre Wall plus facilement, faisant ainsi voyager l&#8217;information grâce aux lecteurs.</p>
<p>D&#8217;autres cherchent à se servir de Facebook pour leur travail de reportage même: après le tremblement de terre en Haïti, deux reporters du Wall Street Journal sont partis suivre un américain à la recherche de sa famille dans les décombres. <a href="http://www.facebook.com/intoportauprince" target="_blank">L&#8217;histoire s&#8217;actualisait sur Facebook</a>, renvoyant régulièrement vers le Wall Street Journal. Pour les Jeux olympiques, le New York Times a ajouté un onglet dédié à l&#8217;évènement dans sa page Facebook, plutôt que d&#8217;en créer une nouvelle. <a href="http://www.facebook.com/nytimes?v=app_289103741436">Le résultat est ici</a>, et avec son flux Twitter, ses vidéos, ses articles et son sondage, ressemble beaucoup plus à une page d&#8217;un site d&#8217;info qu&#8217;à une page Facebook!</p>
<p><strong> Utilisez-vous Facebook comme source d&#8217;information? Faîtes-vous plus attention aux articles que vos amis vous envoient qu&#8217;aux autres? Aimeriez-vous que plus d&#8217;actu se fasse sur Facebook directement plutôt que sur les sites d&#8217;infos? </strong></p>
<p><em>Cécile Dehesdin</em></p>
<p><em><em>Des questions, des envies, des idées? Dites-moi tout dans les commentaires, sur Twitter (<a href="http://twitter.com/sayseal" target="_blank">@sayseal</a>), sur <a href="http://www.facebook.com/home.php#/pages/Le-medialab-de-Cecile/154050350676?ref=ts" target="_blank">la page Facebook du medialab</a>, ou envoyez-moi un mail à cecile.dehesdin (@) slate.fr</em></em></p>
<p><em><em>(<a href="http://www.flickr.com/photos/andrewfeinberg/2325659148/" target="_blank">Photo</a> par Andrew Feinberg, via Flicker)<br />
</em></em></p>
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			<wfw:commentRss>http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2010/02/23/facebook-google-buzz-twitteramis-amours-actu/feed/</wfw:commentRss>
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		</item>
			<item>
		<title>Vous la prendrez comment votre info aujourd&#8217;hui?</title>
		<link>http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2010/02/16/vous-la-prendrez-comment-votre-info-aujourdhui/</link>
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		<pubDate>Tue, 16 Feb 2010 18:52:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sayseal</dc:creator>
				<category><![CDATA[Y a pas qu'à Columbia...]]></category>
		<category><![CDATA[10x10]]></category>
		<category><![CDATA[Chris Wilson]]></category>
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		<category><![CDATA[Jonathan Harris]]></category>
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		<category><![CDATA[Slate]]></category>
		<category><![CDATA[Visuel]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/wordsflow.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-709" title="wordsflow" src="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/wordsflow.jpg" alt="wordsflow" width="500" height="281" /></a></p>
<p>Une des grandes opportunités qu&#8217;offre internet en matière d&#8217;information, c&#8217;est la possibilité de la présenter autrement. Que ce soit avec des webdocus <a href="http://www.curiosphere.tv/ressource/22876-lobesite-est-elle-une-fatalite" target="_blank">dont vous êtes le héros</a> ou qui sont séquencés originalement, Internet permet d&#8217;échapper à la linéarité.</p>
<p>En dehors de ces web-documentaires, qui traitent de sujets particuliers, il existe des interfaces qui cherchent à présenter l&#8217;info de la journée d&#8217;une façon originale, qui laisse plus de liberté au lecteur ou cherche à organiser l&#8217;information selon une autre hiérarchie que celle éditoriale et humaine, d&#8217;un rédacteur en chef.</p>
<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://slatest.slate.com/features/news_dots/default.htm" target="_blank">News Dots</a></strong></p>
<div>
<p style="text-align: center;"><a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/newsdots.png"><img class="aligncenter size-medium wp-image-689" title="newsdots" src="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/newsdots-300x191.png" alt="newsdots" width="300" height="191" /></a></p>
<p>En septembre dernier, Chris Wilson de Slate.com a lancé <a href="http://slatest.slate.com/features/news_dots/default.htm" target="_blank">News Dots</a><a href="http://slatest.slate.com/features/news_dots/default.htm" target="_blank"></a>, une sorte de réseau social géant consacré à l&#8217;information: les mots-clés des articles sont transformés en tags, et les tags apparaissent sous forme de cercles, plus ou moins gros selon le nombre de publications qui les utilisent. Les cercles/tags sont reliés entre eux quand ils sont apparus ensemble dans aux moins deux articles. Pour le vendredi 12 février 2010 «United Kingdom» sera par exemple relié à «Afghanistan», «Toyota», «Japan», «Bank», «Britain», etc. Il suffit de cliquer sur chaque cercle pour voir apparaître sur la droite une liste d&#8217;articles qui lui correspondent. L&#8217;historique remonte à environ deux semaines.</p>
<p>«J&#8217;ai créé News Dots pour que les lecteurs puissent avoir une vue d&#8217;ensemble de la façon dont les informations sont connectées les unes aux autres par quelques degrés de séparation», explique Chris Wilson. «C&#8217;est aussi pratique pour voir les sujets les plus couverts par les médias».</p>
<p>L&#8217;idée lui est venue il y a trois ans, au moment du procès de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Lewis_Libby" target="_blank">Scooter Libby</a> dans <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Plame-Wilson" target="_blank">l&#8217;affaire Valerie Plame</a>. «Je lisais le journal, et dans le même quotidien il y avait des articles sur le procès et sur des attentats suicides en Irak. Et je me rappelle m&#8217;être dit que ces sujets étaient étroitement liés même si, là dans l&#8217;immédiat, ils n&#8217;avaient rien à faire l&#8217;un avec l&#8217;autre. Libby était accusé d&#8217;avoir menti en disant qu&#8217;il n&#8217;avait pas fait fuité le nom d&#8217;un agent de la CIA pendant la montée vers la guerre en Irak, la même guerre qui était désormais devenue une violente insurrection».</p>
<p>Comme il se renseignait également beaucoup sur la théorie des réseaux sociaux, Chris Wilson s&#8217;est dit «que le moyen de montrer comment ces articles étaient connectés l&#8217;un à l&#8217;autre serait peut être un diagramme du réseau de ces sujets».</p>
<p>Mais chaque média tagguait ses articles selon différents systèmes, et il est «incroyablement difficile d&#8217;apprendre à un ordinateur que &#8220;Clinton, Hillary Rodham&#8221; est la même personne que &#8220;Hillary Clinton&#8221;». Il paraissait donc impossible de réussir à compiler plus d&#8217;une publication dans ce diagramme.</p>
<p>C&#8217;est là qu&#8217;est arrivé <a href="http://www.opencalais.com/" target="_blank">Calais</a>, un service créé par Thompson Reuters: il suffit de lui fournir des articles pour qu&#8217;il les taggue automatiquement avec ses mots-clés, permettant ains d&#8217;obtenir un système de nomenclature uniforme pour tous les articles, quelque soit le média d&#8217;où ils viennent.</p>
<p>A terme, Chris Wilson aimerait que News Dots soit un portail d&#8217;accès à l&#8217;actualité, mais pour l&#8217;instant, «c&#8217;est un peu chaotique. Je le verrais plutôt comme une destination secondaire, où les gens se rendent après avoir lu leur journal du matin pour prendre un peu de recul». Il voudrait ajouter plus de publications et améliorer la transition entre les différents jours pour que les gens puissent voir l&#8217;actu évoluer devant leurs yeux, plutôt que d&#8217;avoir un diagramme remplacé par un autre diagramme.</p>
<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://newsmap.jp/" target="_blank">Newsmap</a></strong></p>
<p><a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/newsmap.png"><img class="aligncenter size-medium wp-image-691" title="newsmap" src="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/newsmap-300x133.png" alt="newsmap" width="300" height="133" /></a></p>
<p><span id="more-685"></span></p>
<p>Marcos Weskamp, un ingénieur en design, a créé <a href="http://newsmap.jp/" target="_blank">Newsmap</a> en 2004 pour présenter visuellement le flux d&#8217;informations de Google News. Les articles de la journée, représentés par des blocs, sont regroupés par couleurs autour des rubriques de Google News (rouge pour &#8220;International&#8221;, violet pour &#8220;Santé&#8221;, etc).<br />
<a href="http://marumushi.com/projects/newsmap" target="_blank">Chaque rubrique occupe plus ou moins d&#8217;espace sur l&#8217;interface</a> en fonction du nombre d&#8217;articles dans cette rubrique sur Google News<a href="http://marumushi.com/projects/newsmap" target="_blank"></a>. Newsmap fonctionne pour 15 pays, ce qui permet de voir, par exemple, que les sites espagnols ont davantage traité plus l&#8217;information internationale que nationale le vendredi 12 février 2009, alors que les sites français ont couvert un poil plus leurs infos nationales.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/spain.png"><img class="aligncenter size-large wp-image-693" title="spain" src="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/spain-1024x432.png" alt="spain" width="574" height="242" /></a></p>
<p>En octobre 2009, le site a enregistré plus de 500.000 visiteurs, et en moyenne chaque visiteur à cliqué plus de 2 fois sur chaque article (chaque bloc) <a href="http://newsmap.blogspot.com/2009/11/some-newsmap-stats.html" target="_blank">raconte Marcos Weskamp</a> sur son blog. Le principal problème du site, pour l&#8217;instant, c&#8217;est son succès: on tombe régulièrement sur une page d&#8217;erreur en tentant d&#8217;y accéder ou de changer les données prises en compte. Si le site ne fait que reprendre les flux de Google News, j&#8217;aime la présentation qui permet de voir tous les sujets du moments sur une même page sans avoir besoin de scroller.</p>
<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://tenbyten.org/10x10.html" target="_blank">10&#215;10</a></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/10X10.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-697" title="10X10" src="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/10X10.png" alt="10X10" width="572" height="360" /></a></p>
<p>10&#215;10 est l&#8217;oeuvre de <a href="http://www.ted.com/talks/jonathan_harris_tells_the_web_s_secret_stories.html" target="_blank">Jonathan Harris</a>, que je connaissais sans le savoir pour <a href="http://thewhalehunt.org/" target="_blank">The Whale Hunt</a>, un web-documentaire hallucinant: 3214 photos, au rythme d&#8217;au moins une photo toutes les cinq minutes (et plus dans les moments d&#8217;agitation intense), qui relatent son périple de neuf jours avec une famille d&#8217;Inuits partant à la chasse à la baleine.</p>
<p>Avec 10&#215;10, Jonathan Harris voulait «une exploration interactive des mots et des images qui définissent notre époque», <a href="http://tenbyten.org/about.html" target="_blank">explique-t-il sur le site</a>. Toutes les heures, 100 images viennent remplir la grille sous forme d&#8217;icônes qui grossissent lorsque la souris les effleure et font apparaître des liens vers des articles correspondants, et 100 mots correspondant à ces images sont classés sur la droite de la grille. Les images et les mots viennent d&#8217;articles publiés par Reuters, la BBC, et la rubrique «International» du New York Times, et sont classés par un algorithme.</p>
<p>«J&#8217;ai fait 10&#215;10 pour créer un moyen plus simple, plus immédiat et plus viscéral d&#8217;accès à l&#8217;information (et à la compréhension du monde)», m&#8217;écrit-il dans un email. A l&#8217;origine, l&#8217;idée était de capturer un moment précis dans le temps, de façon continuelle, et d&#8217;enregistrer ces moments pour produire une série de portraits de notre monde, heure par heure.»</p>
<p>Un historique permet de revisiter chaque heure de chaque jour de chaque mois de chaque année depuis 2004, quand l&#8217;interface a été créée. Le seul problème, c&#8217;est qu&#8217;en six ans beaucoup de bugs sont apparus: il y a des trous dans la grille (des blancs ou des «photo not applicable»), les mots et liens vers des articles et photos ne sont pas toujours logiquement associés. Par exemple, le 4 novembre 2009 à 17h, si l&#8217;on clique sur la photo de Maddie McCann les liens renvoient vers des articles sur la Chine ou l&#8217;Iran.</p>
<p>«10&#215;10 est un très vieux projet (2004-pratiquement préhistorique quand on parle d&#8217;Internet)», explique Jonathan Harris, «donc il y a des petits problèmes après tout ce temps (photos qui manquent, articles mal associés, mauvaise date, etc), mais on peut tous les attribuer à l&#8217;ancienneté du projet et à un logiciel grincheux!»</p>
<p>Jonathan Harris ne compte pas se repencher sur 10&#215;10 (ni sur <a href="http://universe.daylife.com/" target="_blank">Universe</a>, une autre interface complètement démente qui représente l&#8217;information sous forme de constellations), parce qu&#8217;il est en train de construire un système de storytelling pour permettre à n&#8217;importe qui de raconter leur histoire «d&#8217;une façon simple et belle».</p>
<p>Ces trois interfaces ne sont que quelques exemples d&#8217;une bonne petite dizaine du même genre. Ce que je me demande, c&#8217;est si l&#8217;expérience est assez plaisante, utile et immédiate pour que les lecteurs aient envie de consommer leur information de cette façon. Dans les mots de Chris Wilson: «J&#8217;espère vraiment que, quel que soit l&#8217;usage que les gens font de News Dots, ils y reviennent régulièrement; qu&#8217;ils ne se disent pas &#8220;Wow, c&#8217;est stylé&#8221;, et puis l&#8217;oublient.»</p>
<p><strong>Pensez-vous qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une simple question d&#8217;habitude et que des interfaces de ce type pourraient servir de point d&#8217;entrée à l&#8217;actu, ou qu&#8217;elles resteront au stade de «gadget»? Quels autres sites connaissez-vous qui présentent l&#8217;information de façon différente?</strong></p>
<p><em>Cécile Dehesdin</em></p>
<p><em><em>Des questions, des envies, des idées? Dites-moi tout dans les commentaires, sur Twitter (<a href="http://twitter.com/sayseal" target="_blank">@sayseal</a>), sur <a href="http://www.facebook.com/home.php#/pages/Le-medialab-de-Cecile/154050350676?ref=ts" target="_blank">la page Facebook du medialab</a>, ou envoyez-moi un mail à cecile.dehesdin (@) slate.fr</em></em></div>
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/wordsflow.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-709" title="wordsflow" src="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/wordsflow.jpg" alt="wordsflow" width="500" height="281" /></a></p>
<p>Une des grandes opportunités qu&#8217;offre internet en matière d&#8217;information, c&#8217;est la possibilité de la présenter autrement. Que ce soit avec des webdocus <a href="http://www.curiosphere.tv/ressource/22876-lobesite-est-elle-une-fatalite" target="_blank">dont vous êtes le héros</a> ou qui sont séquencés originalement, Internet permet d&#8217;échapper à la linéarité.</p>
<p>En dehors de ces web-documentaires, qui traitent de sujets particuliers, il existe des interfaces qui cherchent à présenter l&#8217;info de la journée d&#8217;une façon originale, qui laisse plus de liberté au lecteur ou cherche à organiser l&#8217;information selon une autre hiérarchie que celle éditoriale et humaine, d&#8217;un rédacteur en chef.</p>
<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://slatest.slate.com/features/news_dots/default.htm" target="_blank">News Dots</a></strong></p>
<div>
<p style="text-align: center;"><a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/newsdots.png"><img class="aligncenter size-medium wp-image-689" title="newsdots" src="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/newsdots-300x191.png" alt="newsdots" width="300" height="191" /></a></p>
<p>En septembre dernier, Chris Wilson de Slate.com a lancé <a href="http://slatest.slate.com/features/news_dots/default.htm" target="_blank">News Dots</a><a href="http://slatest.slate.com/features/news_dots/default.htm" target="_blank"></a>, une sorte de réseau social géant consacré à l&#8217;information: les mots-clés des articles sont transformés en tags, et les tags apparaissent sous forme de cercles, plus ou moins gros selon le nombre de publications qui les utilisent. Les cercles/tags sont reliés entre eux quand ils sont apparus ensemble dans aux moins deux articles. Pour le vendredi 12 février 2010 «United Kingdom» sera par exemple relié à «Afghanistan», «Toyota», «Japan», «Bank», «Britain», etc. Il suffit de cliquer sur chaque cercle pour voir apparaître sur la droite une liste d&#8217;articles qui lui correspondent. L&#8217;historique remonte à environ deux semaines.</p>
<p>«J&#8217;ai créé News Dots pour que les lecteurs puissent avoir une vue d&#8217;ensemble de la façon dont les informations sont connectées les unes aux autres par quelques degrés de séparation», explique Chris Wilson. «C&#8217;est aussi pratique pour voir les sujets les plus couverts par les médias».</p>
<p>L&#8217;idée lui est venue il y a trois ans, au moment du procès de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Lewis_Libby" target="_blank">Scooter Libby</a> dans <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Plame-Wilson" target="_blank">l&#8217;affaire Valerie Plame</a>. «Je lisais le journal, et dans le même quotidien il y avait des articles sur le procès et sur des attentats suicides en Irak. Et je me rappelle m&#8217;être dit que ces sujets étaient étroitement liés même si, là dans l&#8217;immédiat, ils n&#8217;avaient rien à faire l&#8217;un avec l&#8217;autre. Libby était accusé d&#8217;avoir menti en disant qu&#8217;il n&#8217;avait pas fait fuité le nom d&#8217;un agent de la CIA pendant la montée vers la guerre en Irak, la même guerre qui était désormais devenue une violente insurrection».</p>
<p>Comme il se renseignait également beaucoup sur la théorie des réseaux sociaux, Chris Wilson s&#8217;est dit «que le moyen de montrer comment ces articles étaient connectés l&#8217;un à l&#8217;autre serait peut être un diagramme du réseau de ces sujets».</p>
<p>Mais chaque média tagguait ses articles selon différents systèmes, et il est «incroyablement difficile d&#8217;apprendre à un ordinateur que &#8220;Clinton, Hillary Rodham&#8221; est la même personne que &#8220;Hillary Clinton&#8221;». Il paraissait donc impossible de réussir à compiler plus d&#8217;une publication dans ce diagramme.</p>
<p>C&#8217;est là qu&#8217;est arrivé <a href="http://www.opencalais.com/" target="_blank">Calais</a>, un service créé par Thompson Reuters: il suffit de lui fournir des articles pour qu&#8217;il les taggue automatiquement avec ses mots-clés, permettant ains d&#8217;obtenir un système de nomenclature uniforme pour tous les articles, quelque soit le média d&#8217;où ils viennent.</p>
<p>A terme, Chris Wilson aimerait que News Dots soit un portail d&#8217;accès à l&#8217;actualité, mais pour l&#8217;instant, «c&#8217;est un peu chaotique. Je le verrais plutôt comme une destination secondaire, où les gens se rendent après avoir lu leur journal du matin pour prendre un peu de recul». Il voudrait ajouter plus de publications et améliorer la transition entre les différents jours pour que les gens puissent voir l&#8217;actu évoluer devant leurs yeux, plutôt que d&#8217;avoir un diagramme remplacé par un autre diagramme.</p>
<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://newsmap.jp/" target="_blank">Newsmap</a></strong></p>
<p><a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/newsmap.png"><img class="aligncenter size-medium wp-image-691" title="newsmap" src="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/newsmap-300x133.png" alt="newsmap" width="300" height="133" /></a></p>
<p><span id="more-685"></span></p>
<p>Marcos Weskamp, un ingénieur en design, a créé <a href="http://newsmap.jp/" target="_blank">Newsmap</a> en 2004 pour présenter visuellement le flux d&#8217;informations de Google News. Les articles de la journée, représentés par des blocs, sont regroupés par couleurs autour des rubriques de Google News (rouge pour &#8220;International&#8221;, violet pour &#8220;Santé&#8221;, etc).<br />
<a href="http://marumushi.com/projects/newsmap" target="_blank">Chaque rubrique occupe plus ou moins d&#8217;espace sur l&#8217;interface</a> en fonction du nombre d&#8217;articles dans cette rubrique sur Google News<a href="http://marumushi.com/projects/newsmap" target="_blank"></a>. Newsmap fonctionne pour 15 pays, ce qui permet de voir, par exemple, que les sites espagnols ont davantage traité plus l&#8217;information internationale que nationale le vendredi 12 février 2009, alors que les sites français ont couvert un poil plus leurs infos nationales.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/spain.png"><img class="aligncenter size-large wp-image-693" title="spain" src="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/spain-1024x432.png" alt="spain" width="574" height="242" /></a></p>
<p>En octobre 2009, le site a enregistré plus de 500.000 visiteurs, et en moyenne chaque visiteur à cliqué plus de 2 fois sur chaque article (chaque bloc) <a href="http://newsmap.blogspot.com/2009/11/some-newsmap-stats.html" target="_blank">raconte Marcos Weskamp</a> sur son blog. Le principal problème du site, pour l&#8217;instant, c&#8217;est son succès: on tombe régulièrement sur une page d&#8217;erreur en tentant d&#8217;y accéder ou de changer les données prises en compte. Si le site ne fait que reprendre les flux de Google News, j&#8217;aime la présentation qui permet de voir tous les sujets du moments sur une même page sans avoir besoin de scroller.</p>
<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://tenbyten.org/10x10.html" target="_blank">10&#215;10</a></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/10X10.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-697" title="10X10" src="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/10X10.png" alt="10X10" width="572" height="360" /></a></p>
<p>10&#215;10 est l&#8217;oeuvre de <a href="http://www.ted.com/talks/jonathan_harris_tells_the_web_s_secret_stories.html" target="_blank">Jonathan Harris</a>, que je connaissais sans le savoir pour <a href="http://thewhalehunt.org/" target="_blank">The Whale Hunt</a>, un web-documentaire hallucinant: 3214 photos, au rythme d&#8217;au moins une photo toutes les cinq minutes (et plus dans les moments d&#8217;agitation intense), qui relatent son périple de neuf jours avec une famille d&#8217;Inuits partant à la chasse à la baleine.</p>
<p>Avec 10&#215;10, Jonathan Harris voulait «une exploration interactive des mots et des images qui définissent notre époque», <a href="http://tenbyten.org/about.html" target="_blank">explique-t-il sur le site</a>. Toutes les heures, 100 images viennent remplir la grille sous forme d&#8217;icônes qui grossissent lorsque la souris les effleure et font apparaître des liens vers des articles correspondants, et 100 mots correspondant à ces images sont classés sur la droite de la grille. Les images et les mots viennent d&#8217;articles publiés par Reuters, la BBC, et la rubrique «International» du New York Times, et sont classés par un algorithme.</p>
<p>«J&#8217;ai fait 10&#215;10 pour créer un moyen plus simple, plus immédiat et plus viscéral d&#8217;accès à l&#8217;information (et à la compréhension du monde)», m&#8217;écrit-il dans un email. A l&#8217;origine, l&#8217;idée était de capturer un moment précis dans le temps, de façon continuelle, et d&#8217;enregistrer ces moments pour produire une série de portraits de notre monde, heure par heure.»</p>
<p>Un historique permet de revisiter chaque heure de chaque jour de chaque mois de chaque année depuis 2004, quand l&#8217;interface a été créée. Le seul problème, c&#8217;est qu&#8217;en six ans beaucoup de bugs sont apparus: il y a des trous dans la grille (des blancs ou des «photo not applicable»), les mots et liens vers des articles et photos ne sont pas toujours logiquement associés. Par exemple, le 4 novembre 2009 à 17h, si l&#8217;on clique sur la photo de Maddie McCann les liens renvoient vers des articles sur la Chine ou l&#8217;Iran.</p>
<p>«10&#215;10 est un très vieux projet (2004-pratiquement préhistorique quand on parle d&#8217;Internet)», explique Jonathan Harris, «donc il y a des petits problèmes après tout ce temps (photos qui manquent, articles mal associés, mauvaise date, etc), mais on peut tous les attribuer à l&#8217;ancienneté du projet et à un logiciel grincheux!»</p>
<p>Jonathan Harris ne compte pas se repencher sur 10&#215;10 (ni sur <a href="http://universe.daylife.com/" target="_blank">Universe</a>, une autre interface complètement démente qui représente l&#8217;information sous forme de constellations), parce qu&#8217;il est en train de construire un système de storytelling pour permettre à n&#8217;importe qui de raconter leur histoire «d&#8217;une façon simple et belle».</p>
<p>Ces trois interfaces ne sont que quelques exemples d&#8217;une bonne petite dizaine du même genre. Ce que je me demande, c&#8217;est si l&#8217;expérience est assez plaisante, utile et immédiate pour que les lecteurs aient envie de consommer leur information de cette façon. Dans les mots de Chris Wilson: «J&#8217;espère vraiment que, quel que soit l&#8217;usage que les gens font de News Dots, ils y reviennent régulièrement; qu&#8217;ils ne se disent pas &#8220;Wow, c&#8217;est stylé&#8221;, et puis l&#8217;oublient.»</p>
<p><strong>Pensez-vous qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une simple question d&#8217;habitude et que des interfaces de ce type pourraient servir de point d&#8217;entrée à l&#8217;actu, ou qu&#8217;elles resteront au stade de «gadget»? Quels autres sites connaissez-vous qui présentent l&#8217;information de façon différente?</strong></p>
<p><em>Cécile Dehesdin</em></p>
<p><em><em>Des questions, des envies, des idées? Dites-moi tout dans les commentaires, sur Twitter (<a href="http://twitter.com/sayseal" target="_blank">@sayseal</a>), sur <a href="http://www.facebook.com/home.php#/pages/Le-medialab-de-Cecile/154050350676?ref=ts" target="_blank">la page Facebook du medialab</a>, ou envoyez-moi un mail à cecile.dehesdin (@) slate.fr</em></em></div>
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		</item>
			<item>
		<title>Tous à l&#8217;école (de journalisme) !</title>
		<link>http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2010/02/08/tous-ecole-journalisme/</link>
		<comments>http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2010/02/08/tous-ecole-journalisme/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 08 Feb 2010 14:57:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sayseal</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<p><a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/graduation.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-671" title="graduation" src="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/graduation.jpg" alt="graduation" width="500" height="334" /></a></p>
<p>Disclaimer: l&#8217;auteure de ce billet de blog n&#8217;a pas fait une, mais deux écoles de journalisme. Deux. Ecoles. De. Journalisme.</p>
<p>Une en France, à <a href="http://www.journalisme.sciences-po.fr/" target="_blank">Sciences Po Paris</a>, et l&#8217;autre, que finalement vous suivez avec moi depuis septembre dernier, à Columbia, New York. Columbia, qui, ça fait toujours du bien de se le rappeler, <a href="http://www.journalism.columbia.edu/cs/ContentServer/jrn/1165270070864/page/1165270070872/JRNSimplePage2.htm" target="_blank">coûte 43.527 dollars </a>(31.697 euros) de frais d&#8217;inscription. Pour dix mois.</p>
<p>Dans mes expériences professionnelles françaises, faire des études de journalisme a toujours été un point positif auprès de mes employeurs. Mais je me souviens encore de ma discussion avec mon rédacteur en chef à Politico il y a un an: dix minutes passées à le convaincre — lui même avait pourtant un diplôme de journalisme! — que postuler à Columbia était une bonne idée pour la suite de ma carrière.</p>
<p>«Mais pourquoi faire?», m&#8217;avait-il alors demandé, persuadé que des expériences professionnelles suffiraient amplement, selon le mythe du petit jeune qui commence par la rubrique chiens écrasés avant de progresser sous la houlette de ses aînés pour devenir grand reporter/ photojournaliste de génie/ rédacteur en chef impressionnant.</p>
<p><strong>Les journaux meurent et les écoles se remplissent</strong></p>
<p>En janvier 2010, le site Paper Cuts, créé pour chroniquer la mort des journaux américains, affirme que six publications ont fermé et <a href="http://graphicdesignr.net/papercuts/2010/02/january-2010-ends-with-813-layoffs/" target="_blank">au moins 813 personnes licenciées</a> pour des raisons économiques. En 2009, <a href="http://graphicdesignr.net/papercuts/2009-layoffs/" target="_blank">584 journaux ont procédé à des licenciements ou des plans de départ</a>, pour un total de 14.845 journalistes remerciés. Et ces chiffres ne concernent que les journaux papiers, pas les chaînes télévisées ou les radios. En France aussi les <a href="http://www.challenges.fr/actualites/medias/20091126.CHA9421/le_parisien__un_premier_plan_et_35_departs.html" target="_blank">plans </a>de <a href="http://www.lepoint.fr/actualites-medias/2009-10-26/radio-rfi-le-plan-de-departs-volontaires-enfin-ouvert/1253/0/389221" target="_blank">départ </a>se <a href="http://www.strategies.fr/actualites/medias/130102W/vsd-plan-de-departs-volontaires-et-formule-enrichie.html" target="_blank">succèdent </a>dans les <a href="http://www.influmedia.com/2009/12189000-plan-de-departs-volontaires-sur-rtl.html" target="_blank">médias</a>.</p>
<p>Face au triste état du marché de l&#8217;emploi, les <a href="http://www.letudiant.fr/etudes/secteurs/journalisme_1.html" target="_blank">13 écoles de journalisme reconnues par la profession qui existent en France</a> et des centaines d&#8217;écoles qui enseignent le métier aux Etats-Unis (difficile d&#8217;en donner un nombre exact, puisque le journalisme s&#8217;y enseigne en licence ou en master à l&#8217;université) continuent à diplômer des centaines (de futurs?) journalistes, et <a href="http://www.forbes.com/2009/04/06/journalism-media-jobs-business-media-jobs.html" target="_blank">ne désemplissent pas</a>.</p>
<p>Dans ces conditons, «<a href="http://www.niemanlab.org/2010/02/what-is-journalism-school-for-a-call-for-input/" target="_blank">mais pourquoi faire une école de journalisme?</a>» reprend Seth Lewis, nouvellement engagé par le NiemanLab, l&#8217;excellent blog sur les médias d&#8217;Harvard, pour discuter éducation et formation. Comment aller à l&#8217;école pourrait aider à se préparer à un métier qui va changer mille fois entre le jour où je suis arrivée à New York en septembre et le jour où j&#8217;en repartirai en mai? Pourquoi faire confiance à des profs qui sont eux-mêmes en train de réapprendre leur métier?</p>
<p><span id="more-665"></span></p>
<p><strong>Profession: «</strong><strong>multitasker»</strong></p>
<p>Parce que les écoles de journalisme, si elles sont intelligemment dirigées, réussissent à donner à leurs étudiants des compétences qui pourront leur servir quelque soit l&#8217;état du marché de l&#8217;emploi à leur remise de diplôme. Seth Lewis estime que la seule utilité de l&#8217;école de journalisme aujourd&#8217;hui, c&#8217;est d&#8217;apprendre à ses élèves à s&#8217;adapter.</p>
<p>A Columbia, on nous apprend le boulot de reporter qu&#8217;il soit intégré au sein d&#8217;une rédaction, pigiste, ou entrepreneur: dans mes cours de reportage au premier semestre, j&#8217;ai dû proposer et faire valider mes propres sujets par mes profs, et apprendre à bosser comme dans une rédaction<a href="http://theuptowner.org/tag/elections/" target="_blank"> pour couvrir</a> <a href="http://theuptowner.org/2009/11/03/uptown-votes-or-not/" target="_blank">les</a> <a href="http://theuptowner.org/2009/11/04/how-uptown-voted-for-mayor-2001-2009/" target="_blank">élections</a><a href="http://theuptowner.org/2009/11/04/how-uptown-voted-for-mayor-2001-2009/" target="_blank"></a> ou des «<a href="http://theuptowner.org/2009/12/04/columbia-university-loses-key-court-battle-for-eminent-domain/" target="_blank">breaking news</a>». En plus des cours de business de base, j&#8217;ai choisi d&#8217;assister aux <a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/tag/ken-lerer/" target="_blank">leçons d&#8217;entreprenariat de Ken Lerer</a>. Et ce semestre, je suis un cours poussé de business du journalisme, ainsi qu&#8217;un atelier interactif mené par Gabe Dance du New York Times, où j&#8217;apprends à penser des sujets visuellement et à passer des heures à coder; pour l&#8217;instant, <a href="http://projects.jrn.columbia.edu/interactive/dehesdin/exercise2/dehesdin_exercice2.html" target="_blank">on s&#8217;entraîne surtout à la technique</a><a href="http://projects.jrn.columbia.edu/interactive/dehesdin/exercise2/dehesdin_exercice2.html" target="_blank"></a>, mais on vient de proposer notre premier sujet.</p>
<p>Le jour de la remise de diplôme, je sortirai de l&#8217;école en sachant tourner et monter des vidéos pour le web, manier un appareil photo et un micro suffisamment bien pour des audio-slideshows, réaliser des graphiques interactifs de A à Z, comment faire un bon reportage ou mener une interview, proposer mes sujets ou travailler en équipe, et je possèderai assez de connaissances en terme de business et de stratégie pour savoir ce qui se passe dans ma boîte, voire pour créer mon propre site. J&#8217;aurai des bases en droit et en histoire des médias américains, et je me serai posé des questions sur ce qui est déontologique et ce qui ne l&#8217;est pas à travers des études de cas.</p>
<p>Bien sûr, il n&#8217;y a pas qu&#8217;à Columbia que l&#8217;enseignement du journalisme s&#8217;adapte en permanence aux évolutions des médias. Seth Lewis lui-même donne un cours de «journalisme en ligne». Comme <a href="http://twitter.com/sreenet" target="_blank">Sree Sreenivasan</a>, mon <a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2009/10/01/je-peux-pas-la-jai-cours-de-twitter/" target="_blank">prof de médias sociaux</a>, il met le programme de sa classe en ligne. Il poste chaque semaine <a href="http://writingforonline.wordpress.com/" target="_blank">sur son blog</a> un résumé du cours, apprend à ses élèves à quoi peut servir le crowd-sourcing, ce qu&#8217;est le journalisme participatif, comment construire une communauté en ligne, etc. Le cours se termine par la présentation d&#8217;un projet au <a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2009/12/11/knight-news-challenge-cinq-millions-dollars/" target="_blank">News Challenge de la Knight Foundation</a>.</p>
<p>Jeff Jarvis <a href="http://studio20nyu.tumblr.com/" target="_blank">a lancé Studio 20</a> à NYU, où l&#8217;année se termine avec les étudiants jouant le rôle de consultants auprès de médias comme «The Economist», en les aidant à repenser leur stratégie web par exemple.</p>
<p>L&#8217;université de Birmingham, au Royaume-Uni, <a href="http://www.mediacourses.com/news.asp?newsID=328" target="_blank">a créé plusieurs nouveaux masters</a> en «photographie freelance», «entreprenariat journalistique» ou «médias sociaux». Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée de séparer ces cursus, vu qu&#8217;il y a plutôt intérêt à ce que les élèves sachent un peu de tout ça. Sur mon diplôme, il y aura d&#8217;ailleurs juste écrit «Masters of Science in Journalism, Columbia», et pas ma spécialisation en «digital media». Parce que, d&#8217;une part, ça serait bête de désavantager ceux qui n&#8217;ont pas cette spécialisation mais ont suivi des cours optionnels sur le sujet tout au long de l&#8217;année, et, d&#8217;autre part, on sort tous de l&#8217;école avec les mêmes enseignements fondamentaux du journalisme.</p>
<p><strong>Journalisme pour tous</strong></p>
<p>En décembre dernier, <a href="http://rebootnews.com/2009/12/02/what-does-the-j-school-of-the-future-look-like/#p04" target="_blank">Dave Winer s&#8217;interrogeait sur le futur des écoles de journalisme</a>. Sa conclusion: «tout le monde pourra être journaliste, et les gens qui seront les plus précieux sont ceux qui sont experts d&#8217;autre chose que du journalisme. Pour moi, ça veut dire que tout le monde devrait apprendre les bases du journalisme, de la même manière que c&#8217;est une bonne idée de prendre des cours de math, de littérature, de chimie ou de physique».</p>
<p>Et pourquoi pas? On a tout à gagner en enseignant les éléments fondamentaux du journalisme au lycée: les gens feront peut-être plus confiance aux journalistes lorsqu&#8217;ils sauront exactement ce que c&#8217;est ce métier, et redoubleront en même temps d&#8217;esprit critique s&#8217;ils remarquent un manque de sources, de recherche, de déontologie dans les médias qu&#8217;ils suivent.</p>
<p><strong> Et vous, que penseriez-vous d&#8217;enseigner le journalisme comme on enseigne le français ou l&#8217;histoire?</strong></p>
<p><em>Cécile Dehesdin</em></p>
<p><em><em>Des questions, des envies, des idées? Dites-moi tout dans les commentaires, sur Twitter (<a href="http://twitter.com/sayseal" target="_blank">@sayseal</a>), sur <a href="http://www.facebook.com/home.php#/pages/Le-medialab-de-Cecile/154050350676?ref=ts" target="_blank">la page Facebook du medialab</a>, ou envoyez-moi un mail à cecile.dehesdin (@) slate.fr</em></em></p>
<p><em><em>(photo: <a href="http://www.flickr.com/photos/m00by/2539347606/" target="_blank">Success! Undergrad graduation</a> by mOOby via Flickr)<br />
</em></em></p>
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/graduation.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-671" title="graduation" src="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/graduation.jpg" alt="graduation" width="500" height="334" /></a></p>
<p>Disclaimer: l&#8217;auteure de ce billet de blog n&#8217;a pas fait une, mais deux écoles de journalisme. Deux. Ecoles. De. Journalisme.</p>
<p>Une en France, à <a href="http://www.journalisme.sciences-po.fr/" target="_blank">Sciences Po Paris</a>, et l&#8217;autre, que finalement vous suivez avec moi depuis septembre dernier, à Columbia, New York. Columbia, qui, ça fait toujours du bien de se le rappeler, <a href="http://www.journalism.columbia.edu/cs/ContentServer/jrn/1165270070864/page/1165270070872/JRNSimplePage2.htm" target="_blank">coûte 43.527 dollars </a>(31.697 euros) de frais d&#8217;inscription. Pour dix mois.</p>
<p>Dans mes expériences professionnelles françaises, faire des études de journalisme a toujours été un point positif auprès de mes employeurs. Mais je me souviens encore de ma discussion avec mon rédacteur en chef à Politico il y a un an: dix minutes passées à le convaincre — lui même avait pourtant un diplôme de journalisme! — que postuler à Columbia était une bonne idée pour la suite de ma carrière.</p>
<p>«Mais pourquoi faire?», m&#8217;avait-il alors demandé, persuadé que des expériences professionnelles suffiraient amplement, selon le mythe du petit jeune qui commence par la rubrique chiens écrasés avant de progresser sous la houlette de ses aînés pour devenir grand reporter/ photojournaliste de génie/ rédacteur en chef impressionnant.</p>
<p><strong>Les journaux meurent et les écoles se remplissent</strong></p>
<p>En janvier 2010, le site Paper Cuts, créé pour chroniquer la mort des journaux américains, affirme que six publications ont fermé et <a href="http://graphicdesignr.net/papercuts/2010/02/january-2010-ends-with-813-layoffs/" target="_blank">au moins 813 personnes licenciées</a> pour des raisons économiques. En 2009, <a href="http://graphicdesignr.net/papercuts/2009-layoffs/" target="_blank">584 journaux ont procédé à des licenciements ou des plans de départ</a>, pour un total de 14.845 journalistes remerciés. Et ces chiffres ne concernent que les journaux papiers, pas les chaînes télévisées ou les radios. En France aussi les <a href="http://www.challenges.fr/actualites/medias/20091126.CHA9421/le_parisien__un_premier_plan_et_35_departs.html" target="_blank">plans </a>de <a href="http://www.lepoint.fr/actualites-medias/2009-10-26/radio-rfi-le-plan-de-departs-volontaires-enfin-ouvert/1253/0/389221" target="_blank">départ </a>se <a href="http://www.strategies.fr/actualites/medias/130102W/vsd-plan-de-departs-volontaires-et-formule-enrichie.html" target="_blank">succèdent </a>dans les <a href="http://www.influmedia.com/2009/12189000-plan-de-departs-volontaires-sur-rtl.html" target="_blank">médias</a>.</p>
<p>Face au triste état du marché de l&#8217;emploi, les <a href="http://www.letudiant.fr/etudes/secteurs/journalisme_1.html" target="_blank">13 écoles de journalisme reconnues par la profession qui existent en France</a> et des centaines d&#8217;écoles qui enseignent le métier aux Etats-Unis (difficile d&#8217;en donner un nombre exact, puisque le journalisme s&#8217;y enseigne en licence ou en master à l&#8217;université) continuent à diplômer des centaines (de futurs?) journalistes, et <a href="http://www.forbes.com/2009/04/06/journalism-media-jobs-business-media-jobs.html" target="_blank">ne désemplissent pas</a>.</p>
<p>Dans ces conditons, «<a href="http://www.niemanlab.org/2010/02/what-is-journalism-school-for-a-call-for-input/" target="_blank">mais pourquoi faire une école de journalisme?</a>» reprend Seth Lewis, nouvellement engagé par le NiemanLab, l&#8217;excellent blog sur les médias d&#8217;Harvard, pour discuter éducation et formation. Comment aller à l&#8217;école pourrait aider à se préparer à un métier qui va changer mille fois entre le jour où je suis arrivée à New York en septembre et le jour où j&#8217;en repartirai en mai? Pourquoi faire confiance à des profs qui sont eux-mêmes en train de réapprendre leur métier?</p>
<p><span id="more-665"></span></p>
<p><strong>Profession: «</strong><strong>multitasker»</strong></p>
<p>Parce que les écoles de journalisme, si elles sont intelligemment dirigées, réussissent à donner à leurs étudiants des compétences qui pourront leur servir quelque soit l&#8217;état du marché de l&#8217;emploi à leur remise de diplôme. Seth Lewis estime que la seule utilité de l&#8217;école de journalisme aujourd&#8217;hui, c&#8217;est d&#8217;apprendre à ses élèves à s&#8217;adapter.</p>
<p>A Columbia, on nous apprend le boulot de reporter qu&#8217;il soit intégré au sein d&#8217;une rédaction, pigiste, ou entrepreneur: dans mes cours de reportage au premier semestre, j&#8217;ai dû proposer et faire valider mes propres sujets par mes profs, et apprendre à bosser comme dans une rédaction<a href="http://theuptowner.org/tag/elections/" target="_blank"> pour couvrir</a> <a href="http://theuptowner.org/2009/11/03/uptown-votes-or-not/" target="_blank">les</a> <a href="http://theuptowner.org/2009/11/04/how-uptown-voted-for-mayor-2001-2009/" target="_blank">élections</a><a href="http://theuptowner.org/2009/11/04/how-uptown-voted-for-mayor-2001-2009/" target="_blank"></a> ou des «<a href="http://theuptowner.org/2009/12/04/columbia-university-loses-key-court-battle-for-eminent-domain/" target="_blank">breaking news</a>». En plus des cours de business de base, j&#8217;ai choisi d&#8217;assister aux <a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/tag/ken-lerer/" target="_blank">leçons d&#8217;entreprenariat de Ken Lerer</a>. Et ce semestre, je suis un cours poussé de business du journalisme, ainsi qu&#8217;un atelier interactif mené par Gabe Dance du New York Times, où j&#8217;apprends à penser des sujets visuellement et à passer des heures à coder; pour l&#8217;instant, <a href="http://projects.jrn.columbia.edu/interactive/dehesdin/exercise2/dehesdin_exercice2.html" target="_blank">on s&#8217;entraîne surtout à la technique</a><a href="http://projects.jrn.columbia.edu/interactive/dehesdin/exercise2/dehesdin_exercice2.html" target="_blank"></a>, mais on vient de proposer notre premier sujet.</p>
<p>Le jour de la remise de diplôme, je sortirai de l&#8217;école en sachant tourner et monter des vidéos pour le web, manier un appareil photo et un micro suffisamment bien pour des audio-slideshows, réaliser des graphiques interactifs de A à Z, comment faire un bon reportage ou mener une interview, proposer mes sujets ou travailler en équipe, et je possèderai assez de connaissances en terme de business et de stratégie pour savoir ce qui se passe dans ma boîte, voire pour créer mon propre site. J&#8217;aurai des bases en droit et en histoire des médias américains, et je me serai posé des questions sur ce qui est déontologique et ce qui ne l&#8217;est pas à travers des études de cas.</p>
<p>Bien sûr, il n&#8217;y a pas qu&#8217;à Columbia que l&#8217;enseignement du journalisme s&#8217;adapte en permanence aux évolutions des médias. Seth Lewis lui-même donne un cours de «journalisme en ligne». Comme <a href="http://twitter.com/sreenet" target="_blank">Sree Sreenivasan</a>, mon <a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2009/10/01/je-peux-pas-la-jai-cours-de-twitter/" target="_blank">prof de médias sociaux</a>, il met le programme de sa classe en ligne. Il poste chaque semaine <a href="http://writingforonline.wordpress.com/" target="_blank">sur son blog</a> un résumé du cours, apprend à ses élèves à quoi peut servir le crowd-sourcing, ce qu&#8217;est le journalisme participatif, comment construire une communauté en ligne, etc. Le cours se termine par la présentation d&#8217;un projet au <a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2009/12/11/knight-news-challenge-cinq-millions-dollars/" target="_blank">News Challenge de la Knight Foundation</a>.</p>
<p>Jeff Jarvis <a href="http://studio20nyu.tumblr.com/" target="_blank">a lancé Studio 20</a> à NYU, où l&#8217;année se termine avec les étudiants jouant le rôle de consultants auprès de médias comme «The Economist», en les aidant à repenser leur stratégie web par exemple.</p>
<p>L&#8217;université de Birmingham, au Royaume-Uni, <a href="http://www.mediacourses.com/news.asp?newsID=328" target="_blank">a créé plusieurs nouveaux masters</a> en «photographie freelance», «entreprenariat journalistique» ou «médias sociaux». Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée de séparer ces cursus, vu qu&#8217;il y a plutôt intérêt à ce que les élèves sachent un peu de tout ça. Sur mon diplôme, il y aura d&#8217;ailleurs juste écrit «Masters of Science in Journalism, Columbia», et pas ma spécialisation en «digital media». Parce que, d&#8217;une part, ça serait bête de désavantager ceux qui n&#8217;ont pas cette spécialisation mais ont suivi des cours optionnels sur le sujet tout au long de l&#8217;année, et, d&#8217;autre part, on sort tous de l&#8217;école avec les mêmes enseignements fondamentaux du journalisme.</p>
<p><strong>Journalisme pour tous</strong></p>
<p>En décembre dernier, <a href="http://rebootnews.com/2009/12/02/what-does-the-j-school-of-the-future-look-like/#p04" target="_blank">Dave Winer s&#8217;interrogeait sur le futur des écoles de journalisme</a>. Sa conclusion: «tout le monde pourra être journaliste, et les gens qui seront les plus précieux sont ceux qui sont experts d&#8217;autre chose que du journalisme. Pour moi, ça veut dire que tout le monde devrait apprendre les bases du journalisme, de la même manière que c&#8217;est une bonne idée de prendre des cours de math, de littérature, de chimie ou de physique».</p>
<p>Et pourquoi pas? On a tout à gagner en enseignant les éléments fondamentaux du journalisme au lycée: les gens feront peut-être plus confiance aux journalistes lorsqu&#8217;ils sauront exactement ce que c&#8217;est ce métier, et redoubleront en même temps d&#8217;esprit critique s&#8217;ils remarquent un manque de sources, de recherche, de déontologie dans les médias qu&#8217;ils suivent.</p>
<p><strong> Et vous, que penseriez-vous d&#8217;enseigner le journalisme comme on enseigne le français ou l&#8217;histoire?</strong></p>
<p><em>Cécile Dehesdin</em></p>
<p><em><em>Des questions, des envies, des idées? Dites-moi tout dans les commentaires, sur Twitter (<a href="http://twitter.com/sayseal" target="_blank">@sayseal</a>), sur <a href="http://www.facebook.com/home.php#/pages/Le-medialab-de-Cecile/154050350676?ref=ts" target="_blank">la page Facebook du medialab</a>, ou envoyez-moi un mail à cecile.dehesdin (@) slate.fr</em></em></p>
<p><em><em>(photo: <a href="http://www.flickr.com/photos/m00by/2539347606/" target="_blank">Success! Undergrad graduation</a> by mOOby via Flickr)<br />
</em></em></p>
]]></content:encoded>
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			<item>
		<title>Steve Jobs n&#8217;est pas l&#8217;ami des journaux</title>
		<link>http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2010/02/01/ipad-steve-jobs-n%e2%80%99est-pas-lami-des-journaux/</link>
		<comments>http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2010/02/01/ipad-steve-jobs-n%e2%80%99est-pas-lami-des-journaux/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 01 Feb 2010 21:57:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sayseal</dc:creator>
				<category><![CDATA[Polémiques]]></category>
		<category><![CDATA[Apple]]></category>
		<category><![CDATA[Guar]]></category>
		<category><![CDATA[iMedia]]></category>
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		<category><![CDATA[Magazines]]></category>
		<category><![CDATA[Steve Jobs]]></category>
		<category><![CDATA[The Guardian]]></category>
		<category><![CDATA[Wall Street Journal]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/iPad.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-651" title="iPad" src="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/iPad.jpg" alt="iPad" width="465" height="310" /></a></p>
<p>La tablette d’Apple est enfin sortie, et elle ne semble pas avoir grand chose de prévu pour les journaux et les magazines. Les livres auront leur iBooks Store, <a href="http://blog.slate.fr/frederic-filloux/2010/01/28/ipad-loccasion-manquee-dapple/" target="_blank">mais rien sur — ou pas encore — un iNews Store ou un iMedia store.</a> Est-ce vraiment une si mauvaise chose?</p>
<p>Juste avant la présentation de la tablette, <a href="http://www.thefirstpost.co.uk/58903,business,apple-tablet-can-steve-jobs-save-the-news-business" target="_blank">plusieurs</a> <a href="http://www.nytimes.com/2010/01/26/technology/26apple.html?pagewanted=1&amp;src=twt&amp;twt=nytimesbusiness" target="_blank">médias</a>annonçaient qu’Apple allait sauver les journaux et magazines papier. Une sorte d’outil salvateur qui allait renverser la fâcheuse tendance des journaux et magazines américains à mourir l’un après l’autre.Premier problème: contrairement au Kindle, l&#8217;iPad permet de surfer sur le web. Comment, dès lors, faire payer aux consommateurs des contenus qu&#8217;ils peuvent obtenir gratuitement en visitant les sites gratuits de ces journaux et magazines? Certes, des médias comme le quotidien britannique /The Guardian/ ont montré que <a href="http://www.guardian.co.uk/media/pda/2010/jan/13/guardian-iphone-app-downloads" target="_blank">les lecteurs pouvaient très bien accepter de payer si l&#8217;application était de qualité</a>.</p>
<p>Mais la vente d&#8217;applications iPhone n&#8217;offre pas de business modèle viable: prenons le Guardian justement. Son «app» est un gros succès, avec 70.000 téléchargements le mois de son lancement. A 2.39£ (2.99€ en France) l&#8217;application, si le journal continuait d&#8217;en vendre 70.000 par mois, <a href="http://moconews.net/article/419-guardian.co.uks-iphone-app-could-be-a-2-million-a-year-business/" target="_blank">l&#8217;Apple store pourrait lui rapporter 1,97 million de livres (2,28 millions d&#8217;euros) en un an</a>.</p>
<p>Même avant la commission de 30% prélevée par Apple, cette somme n&#8217;est pas une source de revenus importante. Supposons que les revenus du groupe du Guardian soient les mêmes en 2009-2010 qu&#8217;en 2008-2009, <a href="http://paidcontent.co.uk/article/419-earnings-guardian-media-group-swings-to-89.8-million-loss1/" target="_blank">c&#8217;est-à-dire 405,4 millions de livres</a> (467,78 millions d&#8217;euros), auxquels on ajouterait les 1,97 million potentiellement rapportés par l&#8217;app. Ces téléchargements ne représenteraient que 0,48% des revenus du groupe.</p>
<p>L&#8217;iPad pourrait créer un nouveau système avec la mise en place d&#8217;un iMedia store où l&#8217;on achèterait des abonnements ou certains numéros de ses publications préférées. Dans sa dernière Monday Note, <a href="http://www.mondaynote.com/2010/01/31/the-ipad-media-expectations/" target="_blank">Frédéric Filloux imagine son expérience de consommateur en 2011</a>, où il reçoit son New Yorker tous les lundis sur sa tablette, et achète Vanity Fair au numéro quand ça lui prend.</p>
<p>Pour autant, rien ne dit que cet iMedia store imaginaire serait bénéfique aux magazines et aux journaux.</p>
<p><span id="more-645"></span></p>
<p>Ceux qui croient en l&#8217;iPad salvateur citent iTunes comme exemple, mais <a href="http://www.nytimes.com/2009/02/02/business/media/02apple.html?_r=1" target="_blank">iTunes n&#8217;est pas la meilleure chose qui soit arrivé à l&#8217;industrie musicale</a>. La seule liberté que Steve Jobs donne aux producteurs de musique, c&#8217;est de <a href="http://www.wired.com/epicenter/2009/04/artists-react-t/" target="_blank">mettre leurs singles en ligne pour 0,69, 0,99, ou 1,29 euro</a>.</p>
<p>La répartition 30% pour Apple / 70% pour les producteurs de musique peut paraître généreuse, mais la contrepartie de ces 70%, c&#8217;est accepter les règles, et les prix, d&#8217;Apple. En bref, se livrer à Steve Jobs, seul maître des prix: les magazines et journaux n&#8217;ont pas le moindre pouvoir de négociation.</p>
<p>Dans un article du Wall Street Journal sorti avant la présentation de l&#8217;iPad, une source anonyme censément proche de Steve Jobs affirmait qu&#8217;il «<a href="http://online.wsj.com/article/SB10001424052748703405704575015362653644260.html?mod=WSJ_hps_LEFTWhatsNews" target="_blank">soutient la vieille garde, et veut l&#8217;aider en lui donnant de nouvelles formes de distribution</a>». Mais si un iMedia Store existe, son business model sera pensé par Apple pour Apple, et certainement pas pour les contenus mis en ligne. Les magazines et les journaux ont besoin, ou pensent avoir besoin, d&#8217;Apple. Steve Jobs, lui, a plein de contenus à sa disposition qui ne viennent pas des circuits médiatiques traditionnels.</p>
<p>La tablette peut d&#8217;ailleurs être <a href="http://www.wired.com/epicenter/2010/01/apple-tablet-content/" target="_blank">un formidable encouragement à la création de contenus</a><a href="http://www.wired.com/epicenter/2010/01/apple-tablet-content/" target="_blank"></a> et à l&#8217;inventivité, et peut-être verra-t-on bientôt de nouvelles start-up, uniquement créées pour iPhone, iPad, etc. Les revenus tirés de la vente des applications pourraient largement compenser le coût de leur production. Mais les journaux et les magazines n&#8217;en profiteront probablement pas.</p>
<p><strong>A votre avis, quel sera l&#8217;impact de l&#8217;iPad et des tablettes sur les journaux et les magazines? Sur les médias en général?</strong></p>
<p><em>Cécile Dehesdin</em></p>
<p><em><em>Des questions, des envies, des idées? Dites-moi tout dans les commentaires, sur Twitter (<a href="http://twitter.com/sayseal" target="_blank">@sayseal</a>), sur <a href="http://www.facebook.com/home.php#/pages/Le-medialab-de-Cecile/154050350676?ref=ts" target="_blank">la page Facebook du medialab</a>, ou envoyez-moi un mail à cecile.dehesdin (@) slate.fr</em></em></p>
<p><em><em>(photo: Steve Jobs/ REUTERS)<br />
</em></em></p>
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/iPad.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-651" title="iPad" src="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/02/iPad.jpg" alt="iPad" width="465" height="310" /></a></p>
<p>La tablette d’Apple est enfin sortie, et elle ne semble pas avoir grand chose de prévu pour les journaux et les magazines. Les livres auront leur iBooks Store, <a href="http://blog.slate.fr/frederic-filloux/2010/01/28/ipad-loccasion-manquee-dapple/" target="_blank">mais rien sur — ou pas encore — un iNews Store ou un iMedia store.</a> Est-ce vraiment une si mauvaise chose?</p>
<p>Juste avant la présentation de la tablette, <a href="http://www.thefirstpost.co.uk/58903,business,apple-tablet-can-steve-jobs-save-the-news-business" target="_blank">plusieurs</a> <a href="http://www.nytimes.com/2010/01/26/technology/26apple.html?pagewanted=1&amp;src=twt&amp;twt=nytimesbusiness" target="_blank">médias</a>annonçaient qu’Apple allait sauver les journaux et magazines papier. Une sorte d’outil salvateur qui allait renverser la fâcheuse tendance des journaux et magazines américains à mourir l’un après l’autre.Premier problème: contrairement au Kindle, l&#8217;iPad permet de surfer sur le web. Comment, dès lors, faire payer aux consommateurs des contenus qu&#8217;ils peuvent obtenir gratuitement en visitant les sites gratuits de ces journaux et magazines? Certes, des médias comme le quotidien britannique /The Guardian/ ont montré que <a href="http://www.guardian.co.uk/media/pda/2010/jan/13/guardian-iphone-app-downloads" target="_blank">les lecteurs pouvaient très bien accepter de payer si l&#8217;application était de qualité</a>.</p>
<p>Mais la vente d&#8217;applications iPhone n&#8217;offre pas de business modèle viable: prenons le Guardian justement. Son «app» est un gros succès, avec 70.000 téléchargements le mois de son lancement. A 2.39£ (2.99€ en France) l&#8217;application, si le journal continuait d&#8217;en vendre 70.000 par mois, <a href="http://moconews.net/article/419-guardian.co.uks-iphone-app-could-be-a-2-million-a-year-business/" target="_blank">l&#8217;Apple store pourrait lui rapporter 1,97 million de livres (2,28 millions d&#8217;euros) en un an</a>.</p>
<p>Même avant la commission de 30% prélevée par Apple, cette somme n&#8217;est pas une source de revenus importante. Supposons que les revenus du groupe du Guardian soient les mêmes en 2009-2010 qu&#8217;en 2008-2009, <a href="http://paidcontent.co.uk/article/419-earnings-guardian-media-group-swings-to-89.8-million-loss1/" target="_blank">c&#8217;est-à-dire 405,4 millions de livres</a> (467,78 millions d&#8217;euros), auxquels on ajouterait les 1,97 million potentiellement rapportés par l&#8217;app. Ces téléchargements ne représenteraient que 0,48% des revenus du groupe.</p>
<p>L&#8217;iPad pourrait créer un nouveau système avec la mise en place d&#8217;un iMedia store où l&#8217;on achèterait des abonnements ou certains numéros de ses publications préférées. Dans sa dernière Monday Note, <a href="http://www.mondaynote.com/2010/01/31/the-ipad-media-expectations/" target="_blank">Frédéric Filloux imagine son expérience de consommateur en 2011</a>, où il reçoit son New Yorker tous les lundis sur sa tablette, et achète Vanity Fair au numéro quand ça lui prend.</p>
<p>Pour autant, rien ne dit que cet iMedia store imaginaire serait bénéfique aux magazines et aux journaux.</p>
<p><span id="more-645"></span></p>
<p>Ceux qui croient en l&#8217;iPad salvateur citent iTunes comme exemple, mais <a href="http://www.nytimes.com/2009/02/02/business/media/02apple.html?_r=1" target="_blank">iTunes n&#8217;est pas la meilleure chose qui soit arrivé à l&#8217;industrie musicale</a>. La seule liberté que Steve Jobs donne aux producteurs de musique, c&#8217;est de <a href="http://www.wired.com/epicenter/2009/04/artists-react-t/" target="_blank">mettre leurs singles en ligne pour 0,69, 0,99, ou 1,29 euro</a>.</p>
<p>La répartition 30% pour Apple / 70% pour les producteurs de musique peut paraître généreuse, mais la contrepartie de ces 70%, c&#8217;est accepter les règles, et les prix, d&#8217;Apple. En bref, se livrer à Steve Jobs, seul maître des prix: les magazines et journaux n&#8217;ont pas le moindre pouvoir de négociation.</p>
<p>Dans un article du Wall Street Journal sorti avant la présentation de l&#8217;iPad, une source anonyme censément proche de Steve Jobs affirmait qu&#8217;il «<a href="http://online.wsj.com/article/SB10001424052748703405704575015362653644260.html?mod=WSJ_hps_LEFTWhatsNews" target="_blank">soutient la vieille garde, et veut l&#8217;aider en lui donnant de nouvelles formes de distribution</a>». Mais si un iMedia Store existe, son business model sera pensé par Apple pour Apple, et certainement pas pour les contenus mis en ligne. Les magazines et les journaux ont besoin, ou pensent avoir besoin, d&#8217;Apple. Steve Jobs, lui, a plein de contenus à sa disposition qui ne viennent pas des circuits médiatiques traditionnels.</p>
<p>La tablette peut d&#8217;ailleurs être <a href="http://www.wired.com/epicenter/2010/01/apple-tablet-content/" target="_blank">un formidable encouragement à la création de contenus</a><a href="http://www.wired.com/epicenter/2010/01/apple-tablet-content/" target="_blank"></a> et à l&#8217;inventivité, et peut-être verra-t-on bientôt de nouvelles start-up, uniquement créées pour iPhone, iPad, etc. Les revenus tirés de la vente des applications pourraient largement compenser le coût de leur production. Mais les journaux et les magazines n&#8217;en profiteront probablement pas.</p>
<p><strong>A votre avis, quel sera l&#8217;impact de l&#8217;iPad et des tablettes sur les journaux et les magazines? Sur les médias en général?</strong></p>
<p><em>Cécile Dehesdin</em></p>
<p><em><em>Des questions, des envies, des idées? Dites-moi tout dans les commentaires, sur Twitter (<a href="http://twitter.com/sayseal" target="_blank">@sayseal</a>), sur <a href="http://www.facebook.com/home.php#/pages/Le-medialab-de-Cecile/154050350676?ref=ts" target="_blank">la page Facebook du medialab</a>, ou envoyez-moi un mail à cecile.dehesdin (@) slate.fr</em></em></p>
<p><em><em>(photo: Steve Jobs/ REUTERS)<br />
</em></em></p>
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		<title>Journalisme, option Twitter</title>
		<link>http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2010/01/22/journalisme-option-twitter/</link>
		<comments>http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2010/01/22/journalisme-option-twitter/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 22 Jan 2010 21:05:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sayseal</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cours]]></category>
		<category><![CDATA[Columbia]]></category>
		<category><![CDATA[Journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[médias sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[Twitter]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/01/tweetclass.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-629" title="tweetclass" src="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/01/tweetclass.jpg" alt="tweetclass" width="500" height="367" /></a></p>
<p>Après les <a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2009/12/31/10-conseils/" target="_blank">dix commandements des pros pour lancer votre site d&#8217;infos</a>, je voulais partager avec vous les conseils de <a href="http://twitter.com/sreenet" target="_blank">Sree Sreenivasan</a>, mon prof de réseaux sociaux, sur la meilleure façon d&#8217;utiliser Twitter en tant que journaliste. Sauf que voilà, je ne suis pas sûr que ces conseils s&#8217;exportent de votre côté de l&#8217;Atlantique. Twitter aux Etats-Unis et Twitter en France, c&#8217;est à peu près aussi différent que le journalisme aux Etats-Unis et le journalisme en France.</p>
<p>D&#8217;abord pour des questions d&#8217;audience. D&#8217;après un récent rapport de <a href="http://www.sysomos.com/insidetwitter/geography/" target="_blank">Sysomos</a>, qui a analysé 13 millions de comptes Twitter en activité entre le 16 octobre et le 16 décembre 2009, plus de la moitié de ces comptes (50,8%) appartiennent à des Américains. Avec 0.98% de comptes, la France se classe 13e pays utilisateur de Twitter. (Derrière les Philippines, le Mexique, l&#8217;Indonésie&#8230;)</p>
<p>Pour leur étude, les chercheurs de Sysomos ont intégré tous les comptes Twitters qui avaient émis des messages au moins deux fois pendant ces deux mois. Les dirigeants de Twitter refusent de donner leurs chiffres, mais d&#8217;après Sysomos, il y avait donc 13 millions de comptes Twitter actifs à la fin de l&#8217;année dernière.</p>
<p>Ce n&#8217;est pas parce que 50% des comptes Twitters appartiennent à des Américains que 50% des Américains ont un compte Twitter, ou même savent ce qu&#8217;est Twitter — à part un truc sur lesquels les journalistes s&#8217;excitent.</p>
<p>En octobre 2009, le Pew Internet Project actualisait son étude sur Twitter en annonçant que <a href="http://pewinternet.org/Reports/2009/17-Twitter-and-Status-Updating-Fall-2009/Data-Memo/Findings.aspx?r=1" target="_blank">19% des internautes américains utilisaient Twitter ou un autre outil en ligne</a> pour actualiser leur statut (en décembre 2008, ils étaient 11%). L&#8217;étude a ses limites, <a href="http://www.pewinternet.org/Commentary/2009/October/The-Twitter-Question.aspx" target="_blank">reconnues par les chercheurs de l&#8217;institut</a>, puisque la question posée est «<a href="http://pewinternet.org/Reports/2009/17-Twitter-and-Status-Updating-Fall-2009/Methodology.aspx?r=1" target="_blank">Avez-vous utilisé hier Twitter ou un autre service pour actualiser votre statut ou regarder le statut d&#8217;autres personnes?</a>» Même si Facebook fait l&#8217;objet d&#8217;une question différente, les personnes interrogées peuvent très bien répondre «oui» s&#8217;ils ont actualisé leur statut Facebook, Yammer ou même Gchat.</p>
<p>Même si l&#8217;on ne peut pas considérer Twitter comme «mainstream» aux Etats-Unis — où le réseau bénéficie tout autant qu&#8217;en France d&#8217;un <a href="http://www.slate.fr/story/1341/pourquoi-les-medias-francais-decouvrent-twitter-avec-trois-ans-de-retard" target="_blank">effet de chambre d&#8217;écho médiatique </a>— l&#8217;outil est davantage rentré dans les moeurs américaines que françaises. Présentateurs <a href="http://twitter.com/oPRAH" target="_blank">vedettes de talk shows</a> et <a href="http://wefollow.com/" target="_blank">autres stars</a> ont tous leur compte, alors qu&#8217;<a href="http://twitteradar.com/20-stars-et-personnalites-francaises-sur-twitter/twittos-twittas" target="_blank">en France&#8230; </a></p>
<p>Sans importance? Mais l&#8217;une des principales critiques françaises contre Twitter est que ce n&#8217;est qu&#8217;un outil utilisé par les journalistes et les geeks, et que le grand public s&#8217;en fout totalement. Mais prenez un passionné américain de la série <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Glee" target="_blank">Glee</a>. Tout ce qu&#8217;il veut, c&#8217;est connaître l&#8217;actualité sur sa série préférée, peu importe l&#8217;outil: fan page Facebook, blogs, sites&#8230; ou Twitter, où il pourra suivre <a href="http://twitter.com/GlEEonFOX" target="_blank">le compte officiel de la série</a>, <a href="http://twitter.com/Mark_Salling" target="_blank">celui</a> <a href="http://twitter.com/NayaRivera" target="_blank">de</a> <a href="http://twitter.com/chriscolfer" target="_blank">tous</a><a href="http://twitter.com/msleamichele" target="_blank"> les</a> <a href="http://twitter.com/alittlelamb" target="_blank">acteurs</a>, et des critiques TV qui lui révèleront régulièrement les <a href="http://twitter.com/EWAusielloFiles/status/7933078698" target="_blank">derniers potins</a>.</p>
<p>Dans son <a href="http://www.slate.fr/story/11825/twitter-le-tout-lego" target="_blank">coming-out anti-Twitter</a>, Titiou soulevait (entre autres) le problème d&#8217;un service d&#8217;information en temps réel qui serait surtout utile aux utilisateurs si l&#8217;info était locale. «Par exemple, si toutes les écoles avaient un compte twitter, elles pourraient tenir informés les parents d&#8217;élèves de l&#8217;absence des professeurs au jour le jour. De même, le twitter de la ligne de métro 7 aurait pu me prévenir que les trains ne s&#8217;arrêtaient pas à la station Opéra jeudi matin.»</p>
<p>Mais aux Etats-Unis, c&#8217;est exactement ce que Twitter fait.</p>
<p><span id="more-625"></span></p>
<p>La MTA (RATP new-yorkaise) a <a href="http://twitter.com/Nyctsubwayscoop" target="_blank">son compte </a>Twitter, qui lui a notamment servi <a href="http://cityroom.blogs.nytimes.com/2009/08/31/mtas-twittering-emerges-out-of-no-1-line-woes/" target="_blank">à informer les usagers lors de l&#8217;effondrement d&#8217;une station</a> à l&#8217;automne dernier. Pareil pour <a href="http://twitter.com/NYCSchools" target="_blank">les écoles publiques new-yorkaises</a>. Bien sûr, ce n&#8217;est pas encore parfait, et il serait sans doute encore plus utile que chaque ligne de métro ou chaque école ait son compte Twitter pour informer encore plus efficacement.</p>
<p>Après une rapide recherche comparant <a href="http://search.twitter.com/search?q=&amp;ands=inwood&amp;phrase=&amp;ors=&amp;nots=&amp;tag=&amp;lang=en&amp;from=&amp;to=&amp;ref=&amp;near=&amp;within=15&amp;units=mi&amp;since=&amp;until=&amp;rpp=15" target="_blank">un quartier de New York</a> et de <a href="http://search.twitter.com/search?q=+arrondissement" target="_blank">Paris</a>, j&#8217;ai aussi l&#8217;impression que beaucoup plus de blogueurs locaux utilisent Twitter ici. Et l&#8217;un de mes principaux apprentissages dans mon cours de médias sociaux, c&#8217;était savoir comment trouver des sources sur le site. Pendant un semestre, j&#8217;ai suivi les utilisateurs de Twitter les plus actifs des quartiers que je couvrais (Harlem, Washington Heights, Inwood, etc) et j&#8217;ai trouvé grâce à eux des idées de sujets qui m&#8217;auraient échappé si je m&#8217;étais contentée de mes balades dans ces quartiers et mes alertes google news.</p>
<p>Si être journaliste c&#8217;est 1. chercher des infos, faire du reportage et produire des sujets et 2. partager ces infos avec le public, Twitter est un outil comme un autre pour remplir ces deux obligations. Ces conseils glanés <a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2009/10/01/je-peux-pas-la-jai-cours-de-twitter/" target="_blank">au fur et à mesure de mes cours</a> sont aussi très américains au sens où ils ne laissent pas grand place au «<a href="http://fr.wiktionary.org/wiki/lol" target="_blank">LoL</a>». Aux Etats-Unis, les journalistes ne sont jamais censés donner leur opinion politique publiquement, que ce soit dans leurs articles, sur Facebook ou sur Twitter.</p>
<p>A vous d&#8217;adapter ces idées aux autres réseaux sociaux que vous fréquentez professionnellement, <a href="http://mashable.com/2010/01/11/twitter-growth-stats/" target="_blank">surtout si les statistiques de Twitter continuent de stagner</a><a href="http://mashable.com/2010/01/11/twitter-growth-stats/" target="_blank"></a>.</p>
<ol>
<li>Soyez généreux et utiles. Ecrivez ou re-tweetez des infos qui vont servir à vos followers, et répondez à ceux qui posent des questions. L&#8217;idée c&#8217;est que chaque fois qu&#8217;ils vont vous voir apparaître dans leur timeline, ils vont apprendre quelque chose ou découvrir une nouvelle personne qu&#8217;ils devraient suivre.</li>
<li> Ne racontez pas votre vie. Dean Sree a carrément un quota, il écrit un statut perso tous les trois ou cinq tweets plus professionnels. Sans aller jusque là, Twitter est devenu intéressant à partir du moment où les gens ont arrêté de raconter qu&#8217;ils mangeaient des pâtes. Donc n&#8217;annoncez pas à la terre entière que vous allez aux toilettes. Et quitte à twitter perso, autant chercher des tweets personnels amusants ou auxquels vos followers peuvent s&#8217;identifier.</li>
<li>N&#8217;écrivez rien que vous ne seriez pas fier de voir en Une du New York Times. Aux Etats-Unis, ce conseil se réfère aux opinions politiques. Mais il pourrait s&#8217;appliquer en France aux <a href="http://bienbienbien.net/2009/07/06/twitter-superstar-du-clash/" target="_blank">clashs personnels</a> qui n&#8217;intéressent que les journalistes, et pas leurs lecteurs.</li>
<li>Laissez toujours au moins une vingtaine de caractères à la fin des Tweets (écrivez en 120 signes, pas en 140) pour que les gens puissent facilement relayer votre info en la retweetant et en y ajoutant un commentaire s&#8217;ils le souhaitent.</li>
<li>Utilisez <a href="http://tweetdeck.com/" target="_blank">Tweetdeck</a>/<a href="http://hootsuite.com/" target="_blank">Hootsuite</a> ou les<a href="http://fr.mashable.com/2009/10/30/les-listes-twitter-partagez-la-votre/" target="_blank"> listes Twitter</a> pour ne pas perdre de temps. Ces outils vous permettent de diviser les gens que vous suivez en plusieurs flux (par exemple un groupe Glee, un groupe How I Met Your Mother, et un groupe Harlem) selon des mots clés ou leur compte.</li>
<li>Prévenez quand vous allez live-tweeter un événement pour ne pas énerver vos followers, soudainement envahis par votre description du dernier «Confessions intimes». Ou créez un autre compte entièrement dédié à votre live-tweeting de «L&#8217;Amour est dans le pré».</li>
<li>Rappelez-vous que Twitter est une source comme une autre: uniquement valable après un travail de vérification et de recherche. Allez sur le terrain pour compléter, ou contactez l&#8217;utilisateur qui vous intéresse pour plus de détails par téléphone ou email.</li>
<li>Dites non aux tweets automatiques. C&#8217;est comme les comptes Facebook reliés aux comptes Twitter: oui, c&#8217;est plus pratique pour vous, mais c&#8217;est beaucoup plus agaçant pour les gens qui vous suivent. Surtout quand ils suivent et le compte du journaliste, et celui du média où le journaliste travaille.</li>
</ol>
<p>Ces conseils m&#8217;ont tous été donnés dans le cadre de cours sur le journalisme et les médias sociaux, mais ils peuvent très bien être adaptés par tous les gens qui utilisent Twitter comme un outil pro et qui cherchent à diffuser des informations.<strong> Et vous, quels sont les conseils que vous donneriez, notamment aux journalistes français?</strong></p>
<div>
<p><em>Cécile Dehesdin</em></p>
<p><em><em>Des questions, des envies, des idées? Dites-moi tout dans les commentaires, sur Twitter (<a href="http://twitter.com/sayseal" target="_blank">@sayseal</a>), sur <a href="http://www.facebook.com/home.php#/pages/Le-medialab-de-Cecile/154050350676?ref=ts" target="_blank">la page Facebook du medialab</a>, ou envoyez-moi un mail à cecile.dehesdin (@) slate.fr</em></em></p>
<p><em><em>(Photo: <a href="http://www.flickr.com/photos/lindacastaneda/2980416243/" target="_blank">Twitter class 2008</a>, par lindacq via Flickr)<br />
</em></em></div>
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/01/tweetclass.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-629" title="tweetclass" src="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/01/tweetclass.jpg" alt="tweetclass" width="500" height="367" /></a></p>
<p>Après les <a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2009/12/31/10-conseils/" target="_blank">dix commandements des pros pour lancer votre site d&#8217;infos</a>, je voulais partager avec vous les conseils de <a href="http://twitter.com/sreenet" target="_blank">Sree Sreenivasan</a>, mon prof de réseaux sociaux, sur la meilleure façon d&#8217;utiliser Twitter en tant que journaliste. Sauf que voilà, je ne suis pas sûr que ces conseils s&#8217;exportent de votre côté de l&#8217;Atlantique. Twitter aux Etats-Unis et Twitter en France, c&#8217;est à peu près aussi différent que le journalisme aux Etats-Unis et le journalisme en France.</p>
<p>D&#8217;abord pour des questions d&#8217;audience. D&#8217;après un récent rapport de <a href="http://www.sysomos.com/insidetwitter/geography/" target="_blank">Sysomos</a>, qui a analysé 13 millions de comptes Twitter en activité entre le 16 octobre et le 16 décembre 2009, plus de la moitié de ces comptes (50,8%) appartiennent à des Américains. Avec 0.98% de comptes, la France se classe 13e pays utilisateur de Twitter. (Derrière les Philippines, le Mexique, l&#8217;Indonésie&#8230;)</p>
<p>Pour leur étude, les chercheurs de Sysomos ont intégré tous les comptes Twitters qui avaient émis des messages au moins deux fois pendant ces deux mois. Les dirigeants de Twitter refusent de donner leurs chiffres, mais d&#8217;après Sysomos, il y avait donc 13 millions de comptes Twitter actifs à la fin de l&#8217;année dernière.</p>
<p>Ce n&#8217;est pas parce que 50% des comptes Twitters appartiennent à des Américains que 50% des Américains ont un compte Twitter, ou même savent ce qu&#8217;est Twitter — à part un truc sur lesquels les journalistes s&#8217;excitent.</p>
<p>En octobre 2009, le Pew Internet Project actualisait son étude sur Twitter en annonçant que <a href="http://pewinternet.org/Reports/2009/17-Twitter-and-Status-Updating-Fall-2009/Data-Memo/Findings.aspx?r=1" target="_blank">19% des internautes américains utilisaient Twitter ou un autre outil en ligne</a> pour actualiser leur statut (en décembre 2008, ils étaient 11%). L&#8217;étude a ses limites, <a href="http://www.pewinternet.org/Commentary/2009/October/The-Twitter-Question.aspx" target="_blank">reconnues par les chercheurs de l&#8217;institut</a>, puisque la question posée est «<a href="http://pewinternet.org/Reports/2009/17-Twitter-and-Status-Updating-Fall-2009/Methodology.aspx?r=1" target="_blank">Avez-vous utilisé hier Twitter ou un autre service pour actualiser votre statut ou regarder le statut d&#8217;autres personnes?</a>» Même si Facebook fait l&#8217;objet d&#8217;une question différente, les personnes interrogées peuvent très bien répondre «oui» s&#8217;ils ont actualisé leur statut Facebook, Yammer ou même Gchat.</p>
<p>Même si l&#8217;on ne peut pas considérer Twitter comme «mainstream» aux Etats-Unis — où le réseau bénéficie tout autant qu&#8217;en France d&#8217;un <a href="http://www.slate.fr/story/1341/pourquoi-les-medias-francais-decouvrent-twitter-avec-trois-ans-de-retard" target="_blank">effet de chambre d&#8217;écho médiatique </a>— l&#8217;outil est davantage rentré dans les moeurs américaines que françaises. Présentateurs <a href="http://twitter.com/oPRAH" target="_blank">vedettes de talk shows</a> et <a href="http://wefollow.com/" target="_blank">autres stars</a> ont tous leur compte, alors qu&#8217;<a href="http://twitteradar.com/20-stars-et-personnalites-francaises-sur-twitter/twittos-twittas" target="_blank">en France&#8230; </a></p>
<p>Sans importance? Mais l&#8217;une des principales critiques françaises contre Twitter est que ce n&#8217;est qu&#8217;un outil utilisé par les journalistes et les geeks, et que le grand public s&#8217;en fout totalement. Mais prenez un passionné américain de la série <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Glee" target="_blank">Glee</a>. Tout ce qu&#8217;il veut, c&#8217;est connaître l&#8217;actualité sur sa série préférée, peu importe l&#8217;outil: fan page Facebook, blogs, sites&#8230; ou Twitter, où il pourra suivre <a href="http://twitter.com/GlEEonFOX" target="_blank">le compte officiel de la série</a>, <a href="http://twitter.com/Mark_Salling" target="_blank">celui</a> <a href="http://twitter.com/NayaRivera" target="_blank">de</a> <a href="http://twitter.com/chriscolfer" target="_blank">tous</a><a href="http://twitter.com/msleamichele" target="_blank"> les</a> <a href="http://twitter.com/alittlelamb" target="_blank">acteurs</a>, et des critiques TV qui lui révèleront régulièrement les <a href="http://twitter.com/EWAusielloFiles/status/7933078698" target="_blank">derniers potins</a>.</p>
<p>Dans son <a href="http://www.slate.fr/story/11825/twitter-le-tout-lego" target="_blank">coming-out anti-Twitter</a>, Titiou soulevait (entre autres) le problème d&#8217;un service d&#8217;information en temps réel qui serait surtout utile aux utilisateurs si l&#8217;info était locale. «Par exemple, si toutes les écoles avaient un compte twitter, elles pourraient tenir informés les parents d&#8217;élèves de l&#8217;absence des professeurs au jour le jour. De même, le twitter de la ligne de métro 7 aurait pu me prévenir que les trains ne s&#8217;arrêtaient pas à la station Opéra jeudi matin.»</p>
<p>Mais aux Etats-Unis, c&#8217;est exactement ce que Twitter fait.</p>
<p><span id="more-625"></span></p>
<p>La MTA (RATP new-yorkaise) a <a href="http://twitter.com/Nyctsubwayscoop" target="_blank">son compte </a>Twitter, qui lui a notamment servi <a href="http://cityroom.blogs.nytimes.com/2009/08/31/mtas-twittering-emerges-out-of-no-1-line-woes/" target="_blank">à informer les usagers lors de l&#8217;effondrement d&#8217;une station</a> à l&#8217;automne dernier. Pareil pour <a href="http://twitter.com/NYCSchools" target="_blank">les écoles publiques new-yorkaises</a>. Bien sûr, ce n&#8217;est pas encore parfait, et il serait sans doute encore plus utile que chaque ligne de métro ou chaque école ait son compte Twitter pour informer encore plus efficacement.</p>
<p>Après une rapide recherche comparant <a href="http://search.twitter.com/search?q=&amp;ands=inwood&amp;phrase=&amp;ors=&amp;nots=&amp;tag=&amp;lang=en&amp;from=&amp;to=&amp;ref=&amp;near=&amp;within=15&amp;units=mi&amp;since=&amp;until=&amp;rpp=15" target="_blank">un quartier de New York</a> et de <a href="http://search.twitter.com/search?q=+arrondissement" target="_blank">Paris</a>, j&#8217;ai aussi l&#8217;impression que beaucoup plus de blogueurs locaux utilisent Twitter ici. Et l&#8217;un de mes principaux apprentissages dans mon cours de médias sociaux, c&#8217;était savoir comment trouver des sources sur le site. Pendant un semestre, j&#8217;ai suivi les utilisateurs de Twitter les plus actifs des quartiers que je couvrais (Harlem, Washington Heights, Inwood, etc) et j&#8217;ai trouvé grâce à eux des idées de sujets qui m&#8217;auraient échappé si je m&#8217;étais contentée de mes balades dans ces quartiers et mes alertes google news.</p>
<p>Si être journaliste c&#8217;est 1. chercher des infos, faire du reportage et produire des sujets et 2. partager ces infos avec le public, Twitter est un outil comme un autre pour remplir ces deux obligations. Ces conseils glanés <a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2009/10/01/je-peux-pas-la-jai-cours-de-twitter/" target="_blank">au fur et à mesure de mes cours</a> sont aussi très américains au sens où ils ne laissent pas grand place au «<a href="http://fr.wiktionary.org/wiki/lol" target="_blank">LoL</a>». Aux Etats-Unis, les journalistes ne sont jamais censés donner leur opinion politique publiquement, que ce soit dans leurs articles, sur Facebook ou sur Twitter.</p>
<p>A vous d&#8217;adapter ces idées aux autres réseaux sociaux que vous fréquentez professionnellement, <a href="http://mashable.com/2010/01/11/twitter-growth-stats/" target="_blank">surtout si les statistiques de Twitter continuent de stagner</a><a href="http://mashable.com/2010/01/11/twitter-growth-stats/" target="_blank"></a>.</p>
<ol>
<li>Soyez généreux et utiles. Ecrivez ou re-tweetez des infos qui vont servir à vos followers, et répondez à ceux qui posent des questions. L&#8217;idée c&#8217;est que chaque fois qu&#8217;ils vont vous voir apparaître dans leur timeline, ils vont apprendre quelque chose ou découvrir une nouvelle personne qu&#8217;ils devraient suivre.</li>
<li> Ne racontez pas votre vie. Dean Sree a carrément un quota, il écrit un statut perso tous les trois ou cinq tweets plus professionnels. Sans aller jusque là, Twitter est devenu intéressant à partir du moment où les gens ont arrêté de raconter qu&#8217;ils mangeaient des pâtes. Donc n&#8217;annoncez pas à la terre entière que vous allez aux toilettes. Et quitte à twitter perso, autant chercher des tweets personnels amusants ou auxquels vos followers peuvent s&#8217;identifier.</li>
<li>N&#8217;écrivez rien que vous ne seriez pas fier de voir en Une du New York Times. Aux Etats-Unis, ce conseil se réfère aux opinions politiques. Mais il pourrait s&#8217;appliquer en France aux <a href="http://bienbienbien.net/2009/07/06/twitter-superstar-du-clash/" target="_blank">clashs personnels</a> qui n&#8217;intéressent que les journalistes, et pas leurs lecteurs.</li>
<li>Laissez toujours au moins une vingtaine de caractères à la fin des Tweets (écrivez en 120 signes, pas en 140) pour que les gens puissent facilement relayer votre info en la retweetant et en y ajoutant un commentaire s&#8217;ils le souhaitent.</li>
<li>Utilisez <a href="http://tweetdeck.com/" target="_blank">Tweetdeck</a>/<a href="http://hootsuite.com/" target="_blank">Hootsuite</a> ou les<a href="http://fr.mashable.com/2009/10/30/les-listes-twitter-partagez-la-votre/" target="_blank"> listes Twitter</a> pour ne pas perdre de temps. Ces outils vous permettent de diviser les gens que vous suivez en plusieurs flux (par exemple un groupe Glee, un groupe How I Met Your Mother, et un groupe Harlem) selon des mots clés ou leur compte.</li>
<li>Prévenez quand vous allez live-tweeter un événement pour ne pas énerver vos followers, soudainement envahis par votre description du dernier «Confessions intimes». Ou créez un autre compte entièrement dédié à votre live-tweeting de «L&#8217;Amour est dans le pré».</li>
<li>Rappelez-vous que Twitter est une source comme une autre: uniquement valable après un travail de vérification et de recherche. Allez sur le terrain pour compléter, ou contactez l&#8217;utilisateur qui vous intéresse pour plus de détails par téléphone ou email.</li>
<li>Dites non aux tweets automatiques. C&#8217;est comme les comptes Facebook reliés aux comptes Twitter: oui, c&#8217;est plus pratique pour vous, mais c&#8217;est beaucoup plus agaçant pour les gens qui vous suivent. Surtout quand ils suivent et le compte du journaliste, et celui du média où le journaliste travaille.</li>
</ol>
<p>Ces conseils m&#8217;ont tous été donnés dans le cadre de cours sur le journalisme et les médias sociaux, mais ils peuvent très bien être adaptés par tous les gens qui utilisent Twitter comme un outil pro et qui cherchent à diffuser des informations.<strong> Et vous, quels sont les conseils que vous donneriez, notamment aux journalistes français?</strong></p>
<div>
<p><em>Cécile Dehesdin</em></p>
<p><em><em>Des questions, des envies, des idées? Dites-moi tout dans les commentaires, sur Twitter (<a href="http://twitter.com/sayseal" target="_blank">@sayseal</a>), sur <a href="http://www.facebook.com/home.php#/pages/Le-medialab-de-Cecile/154050350676?ref=ts" target="_blank">la page Facebook du medialab</a>, ou envoyez-moi un mail à cecile.dehesdin (@) slate.fr</em></em></p>
<p><em><em>(Photo: <a href="http://www.flickr.com/photos/lindacastaneda/2980416243/" target="_blank">Twitter class 2008</a>, par lindacq via Flickr)<br />
</em></em></div>
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			<item>
		<title>Liez-moi tout ça: New York Times payant, tablette d&#8217;Apple et journalisme Facebook</title>
		<link>http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2010/01/20/liez-moi-tout-ca-new-york-times-payant-tablette-dapple-et-journalisme-facebook/</link>
		<comments>http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2010/01/20/liez-moi-tout-ca-new-york-times-payant-tablette-dapple-et-journalisme-facebook/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 20 Jan 2010 14:28:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sayseal</dc:creator>
				<category><![CDATA[Liens]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/?p=611</guid>
		<description><![CDATA[<p>Le Wall Street Journal suit <strong><a id="t3g8" title="via Facebook" href="http://www.facebook.com/intoportauprince">via Facebook</a></strong> le voyage d&#8217;un Haïtien-Américain parti à la recherche de sa famille. (via <a id="v17q" title="@zseward" href="http://twitter.com/zseward">@zseward</a>)</p>
<p>Matthew Ingram <strong><a id="oe81" title="résume la saga" href="http://gigaom.com/2010/01/18/grey-ladys-troubles-with-the-p-word/">résume la saga</a></strong> &#8220;fera payer, fera pas payer&#8221; du New York Times, et le journal fait <strong><a href="http://www.nytimes.com/2010/01/21/business/media/21times.html?src=twt&amp;twt=nytimes" target="_blank">une annonce officielle</a></strong>, mais reste vague. (via <a id="czrf" title="@jayrosen_nyu" href="http://twitter.com/jayrosen_nyu">@jayrosen_nyu</a> et <a href="http://twitter.com/NYT_JenPreston" target="_blank">@nyt_jenpreston</a>)</p>
<p>The Week déroule <strong><a id="zfbg" title="huit ans de rumeurs" href="http://www.theweek.com/article/index/104971/Apple_Tablet_rumors_A_comprehensive_timeline">huit ans de rumeurs</a></strong> sur la tablette d&#8217;Apple. (via <a id="wxoi" title="@niemanlab" href="http://twitter.com/niemanlab">@niemanlab</a>)</p>
<p>Greg Hadfield <strong><a id="d.iz" title="démissionne" href="http://www.guardian.co.uk/media/organgrinder/2010/jan/19/why-left-telegraph-greg-hadfield">quitte</a></strong> son poste à la tête du développement numérique du groupe Telegraph pour une startup, fatigué de l&#8217;organisation bureaucratique et hiérarchique du journal. (via <a id="g9d3" title="@florencedesruol" href="http://twitter.com/florencedesruol/">@florencedesruol</a>)</p>
<p>&#8220;<strong><a id="yt44" title="Ce serait fou de tous faire payer nos contenus en s'imaginant que ça règlerait les choses" href="http://www.journalism.co.uk/2/articles/537204.php">Ce serait fou de tous faire payer nos contenus en s&#8217;imaginant que ça règlerait les choses</a></strong>&#8220;, a déclaré le rédacteur en chef du Guardian à journalism.co.uk à propos des plans de Rupert Murdoch.</p>
<p>Le New York Times laisse une école de journalisme (CUNY) en charge d&#8217;un des ses blogs hyperlocaux. Les profs et étudiants <strong><a href="http://www.poynter.org/column.asp?id=101&amp;aid=176147" target="_blank">aideront la communauté à écrire sur elle-même</a></strong>, explique Jeff Jarvis à Poynter.</p>
<p>Columbia <strong><a href="http://www.journalism.columbia.edu/cs/ContentServer/jrn/1165270052298/JRN_News_C/1212612063557/JRNNewsDetail.htm" target="_blank">cherche un directeur</a></strong> pour son tout nouveau centre dédié au journalisme en ligne, le Tow Center for Digital Journalism.</p>
<p>Conseillez-moi des articles ou des sites <em>dans les commentaires, sur Twitter (<a style="color: #0272ba; text-decoration: none;" href="http://twitter.com/sayseal" target="_blank">@sayseal</a>), ou par mail à cecile.dehesdin (@) slate.fr.</em></p>
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le Wall Street Journal suit <strong><a id="t3g8" title="via Facebook" href="http://www.facebook.com/intoportauprince">via Facebook</a></strong> le voyage d&#8217;un Haïtien-Américain parti à la recherche de sa famille. (via <a id="v17q" title="@zseward" href="http://twitter.com/zseward">@zseward</a>)</p>
<p>Matthew Ingram <strong><a id="oe81" title="résume la saga" href="http://gigaom.com/2010/01/18/grey-ladys-troubles-with-the-p-word/">résume la saga</a></strong> &#8220;fera payer, fera pas payer&#8221; du New York Times, et le journal fait <strong><a href="http://www.nytimes.com/2010/01/21/business/media/21times.html?src=twt&amp;twt=nytimes" target="_blank">une annonce officielle</a></strong>, mais reste vague. (via <a id="czrf" title="@jayrosen_nyu" href="http://twitter.com/jayrosen_nyu">@jayrosen_nyu</a> et <a href="http://twitter.com/NYT_JenPreston" target="_blank">@nyt_jenpreston</a>)</p>
<p>The Week déroule <strong><a id="zfbg" title="huit ans de rumeurs" href="http://www.theweek.com/article/index/104971/Apple_Tablet_rumors_A_comprehensive_timeline">huit ans de rumeurs</a></strong> sur la tablette d&#8217;Apple. (via <a id="wxoi" title="@niemanlab" href="http://twitter.com/niemanlab">@niemanlab</a>)</p>
<p>Greg Hadfield <strong><a id="d.iz" title="démissionne" href="http://www.guardian.co.uk/media/organgrinder/2010/jan/19/why-left-telegraph-greg-hadfield">quitte</a></strong> son poste à la tête du développement numérique du groupe Telegraph pour une startup, fatigué de l&#8217;organisation bureaucratique et hiérarchique du journal. (via <a id="g9d3" title="@florencedesruol" href="http://twitter.com/florencedesruol/">@florencedesruol</a>)</p>
<p>&#8220;<strong><a id="yt44" title="Ce serait fou de tous faire payer nos contenus en s'imaginant que ça règlerait les choses" href="http://www.journalism.co.uk/2/articles/537204.php">Ce serait fou de tous faire payer nos contenus en s&#8217;imaginant que ça règlerait les choses</a></strong>&#8220;, a déclaré le rédacteur en chef du Guardian à journalism.co.uk à propos des plans de Rupert Murdoch.</p>
<p>Le New York Times laisse une école de journalisme (CUNY) en charge d&#8217;un des ses blogs hyperlocaux. Les profs et étudiants <strong><a href="http://www.poynter.org/column.asp?id=101&amp;aid=176147" target="_blank">aideront la communauté à écrire sur elle-même</a></strong>, explique Jeff Jarvis à Poynter.</p>
<p>Columbia <strong><a href="http://www.journalism.columbia.edu/cs/ContentServer/jrn/1165270052298/JRN_News_C/1212612063557/JRNNewsDetail.htm" target="_blank">cherche un directeur</a></strong> pour son tout nouveau centre dédié au journalisme en ligne, le Tow Center for Digital Journalism.</p>
<p>Conseillez-moi des articles ou des sites <em>dans les commentaires, sur Twitter (<a style="color: #0272ba; text-decoration: none;" href="http://twitter.com/sayseal" target="_blank">@sayseal</a>), ou par mail à cecile.dehesdin (@) slate.fr.</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2010/01/20/liez-moi-tout-ca-new-york-times-payant-tablette-dapple-et-journalisme-facebook/feed/</wfw:commentRss>
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		</item>
			<item>
		<title>Les agents secrets du web américain</title>
		<link>http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2010/01/17/les-agents-secrets-du-web-americain/</link>
		<comments>http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2010/01/17/les-agents-secrets-du-web-americain/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 17 Jan 2010 15:42:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sayseal</dc:creator>
				<category><![CDATA[Métiers]]></category>
		<category><![CDATA[Y a pas qu'à Columbia...]]></category>
		<category><![CDATA[Journaliste]]></category>
		<category><![CDATA[New York Times]]></category>
		<category><![CDATA[Politico]]></category>
		<category><![CDATA[Reporter]]></category>
		<category><![CDATA[Web Producer]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/?p=595</guid>
		<description><![CDATA[<p><a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/01/geek.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-605" title="geek" src="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/01/geek.jpg" alt="geek" width="500" height="328" /></a></p>
<p>Emily Rueb travaille pour le blog local du New York Times, City Room. Elle est l&#8217;une des deux web producers de la rubrique locale du journal. Au total, environ 65 employés de la rédaction sont web producers, sur 1.100 personnes — <a href="http://gawker.com/5385124/new-york-times-to-cut-100-newsroom-positions" target="_blank">et non plus 1200 depuis le plan social d&#8217;octobre dernier </a>— que comprennent tous les &#8220;newsroom jobs&#8221; (sans compter les postes administratifs, financiers, commerciaux, etc).</p>
<p>Il y a différents types de «web producers» au New York Times. Au premier échelon, les web producers de nuit. Ils arrivent au journal vers 18h, en repartent vers 2h du matin, récupèrent tous les articles de l&#8217;édition du lendemain et les mettent en ligne, après les avoir indexés, taggués, et illustrés. Un job très important, mais sans aucune dimension créative, et sans grand besoin de compétences éditoriales.</p>
<p>Les web producers de jour ont plus de chance: rubrique sport? Vous pourriez partir couvrir les Jeux Olympiques et le Superbowl pour bloguer, réaliser des interviews, des portfolios sonores depuis le terrain, etc.</p>
<p>Rubrique business? Moins facile, puisque «la rubrique business demande un flux constant d&#8217;articles et donc du boulot de production pure qui peut prendre toute la journée», explique Emily Rueb. Mais au moins vous serez en constante collaboration avec les reporters de la rubrique business et tous les autres desks (photo, correcteurs, rédacteurs chargés de la page d&#8217;accueil&#8230;).</p>
<p><strong>Je produis, tu produis, il produit</strong></p>
<p>Emily Rueb a de la chance, elle se dédie entièrement à City Room, le blog du New York Times qui représente une majeure partie de la couverture locale du journal. «Je vais aux conférences de rédaction, j&#8217;aide à décider de ce qui est important», explique-t-elle. «Pendant les élections, je proposais des idées de vidéos, etc».</p>
<p>Emily ne se contente pas de mettre en forme des billets d&#8217;autres reporters pour le blog et de gérer la rubrique «<a href="http://cityroom.blogs.nytimes.com/category/taking-questions/" target="_blank">Taking questions</a>». «Parfois je sors en reportage, j&#8217;écris, je fais du design ou je travaille sur des grosses infographies». «Un web producer complètement intégré, c&#8217;est quelqu&#8217;un qui aide à piloter la couverture de l&#8217;actualité et qui propose ses propres sujets», même si c&#8217;est plus facile à faire quand on travaille à la rubrique «Local» qu&#8217;à la rubrique «Etats-Unis» ou «Voyage».</p>
<p>«Un bon web producer n&#8217;a pas besoin d&#8217;être manager», dit-elle. Personne n&#8217;arrive au New York Times en comprenant son système de publication, <a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2009/12/18/au-new-york-times-une-redaction-3-systemes-de-publication/" target="_blank">très complexe</a>, assure-t-elle. Mais on peut y apporter d&#8217;autres compétences: techniques, comme le montage audio, ou humaines, comme la diplomatie&#8230; Il s&#8217;agit en plus d&#8217;être à peu près bon partout, «parce que c&#8217;est à vous que les gens viennent poser les questions» en rapport avec le web et le multimédia.</p>
<p>«Et il faut être complètement impliqué dans son média. On assiste à des réunions avec des éditeurs qui lisent tous les blogs et les articles. Alors il faut que nous aussi, on sache ce que font les autres blogs pour devancer la concurrence quand on propose des graphiques, des sons, ou des posts pour City Room.» Sans oublier la nécessité de reconnaître ce qui constitue un bon contenu multimédia, et d&#8217;être rapide. «Si vous êtes rapide et que vous apprenez vite, vous passez moins de temps à produire et plus de temps à proposer des sujets».</p>
<p><strong> Former un staff de presse écrite à la culture web</strong></p>
<p>Quand elle n&#8217;est pas occupée à mettre en ligne des articles, proposer des sujets et surveiller l&#8217;actu, Emily Rueb se transforme en formatrice. «Etre web producer, c&#8217;est jouer au traducteur», dit-elle. «La plupart des chefs de rubriques pour le web viennent de la presse écrite. Je ne pense pas que ce soit une mauvaise chose, tant qu&#8217;ils veulent apprendre et qu&#8217;ils aiment le web, et qu&#8217;ils sont prêts à motiver leurs reporters pour qu&#8217;ils s&#8217;habituent à redimensionner leurs photos eux-mêmes, par exemple. Sinon, on se transforme en goulot par lequel tout doit passer, et ça ralentit tout.»</p>
<p>Pour elle et les autres web producers, la formation est une question de survie.</p>
<p><span id="more-595"></span></p>
<p>Ils ont ainsi appris aux chefs du desk photo à choisir et mettre en ligne eux-mêmes les photos qu&#8217;ils veulent pour chaque article. «Si je redimensionne une photo, et que plus tard à une réunion l&#8217;un d&#8217;entre eux dit &#8220;hey, on aurait dû utiliser celle-là à la place&#8221;, ça ralentit tout», explique-t-elle. Tout pour éviter ça. Au passage, elle en profite pour leur faire découvrir les avantages du web comme l&#8217;espace illimité disponible pour des diaporamas.</p>
<p>Former les chefs photo qui sont au bureau, c&#8217;est une chose. Mais les reporters, eux, sont constamment sur le terrain. «Il s&#8217;agit de leur faire écrire leurs articles dans Wordpress, le logiciel utilisé pour les blogs du NYTimes, directement. Ça peut paraître simple, mais ils oublient leur nom d&#8217;utilisateur et leur mot de passe, des choses comme ça, ou ils ne savent pas ajouter des liens hypertextes».</p>
<p>Le blog sert de porte d&#8217;entrée au web pour la plupart des reporters du quotidien Suzan Dominus, par exemple, écrit chaque semaine sur sa vie new-yorkaise. Pour le Nouvel An, elle a écrit un article où elle parlait <a href="http://www.nytimes.com/2010/01/02/nyregion/02bigcity.html?scp=4&amp;sq=dominus&amp;st=cse%27" target="_blank">de la difficulté de sortir des cartons la porcelaine de sa grand-mère décédée</a>, difficulté d&#8217;autant plus grande qu&#8217;elle a cassé à l&#8217;occasion l&#8217;une des précieuses soucoupes. Une lectrice a écrit pour dire qu&#8217;elle faisait de l&#8217;art à partir de porcelaine brisée, et Emily Rueb a aidé Dominus a écrire une suite à son article, <a href="http://cityroom.blogs.nytimes.com/2010/01/05/the-courage-to-break-the-china/" target="_blank">en forme de billet de blog</a> pour City Room.</p>
<p>A côté de ça, certains reporters papier sont très impliqués dans le multimédia. Corey Kilgannon a commencé comme journaliste pour la rubrique Metro, avant de s&#8217;intéresser à la vidéo (voir sa <a href="http://cityroom.blogs.nytimes.com/category/street-takes/" target="_blank">série de vidéos</a> sur des New Yorkais excentriques, ou <a href="http://www.nytimes.com/interactive/2009/08/29/nyregion/20090830-hudson-river-journey.html" target="_blank">un voyage en kayak retraçant les pas d&#8217;Henry Hudson</a>, l&#8217;explorateur qui a donné son nom à la rivière qui traverse New York). «Maintenant il a une caméra et cent heures d&#8217;entraînement derrière lui. C&#8217;est un exemple pour les autres reporters», assure Emily Rueb. «Au début, ses vidéos n&#8217;étaient vraiment pas terribles, on les enterrait plus ou moins. Et maintenant elles sont super!»</p>
<p><strong> Tous web journalistes?</strong></p>
<p>Etre web producer, est-ce la même chose que journaliste web? Pas que. «C&#8217;est 50% d&#8217;organisation, et 50% de journalisme». Emily Rueb aime son boulot, malgré ses défauts: «on est responsable de beaucoup de détails que les gens ne voient pas. Dans le journalisme on a l&#8217;habitude d&#8217;avoir sa signature quand on fait quelque chose, et les évaluations pros peuvent dépendre en partie du nombre d&#8217;articles que l&#8217;on a signés, etc. Mais beaucoup des tâches du web producer se font en coulisses».</p>
<p>Elle pense que les web producers deviendront des reporters web. «Au fur et à mesure que les outils de publication du New York Times deviennent plus efficaces, on va voir les web producers se transformer en reporters web parce qu&#8217;ils auront plus de temps pour aller sur le terrain, ou pour réfléchir à des projets comme <a href="http://www.nytimes.com/packages/html/nyregion/1-in-8-million/index.html" target="_blank">One in 8 Million</a>».</p>
<p>En attendant, <a href="http://gawker.com/5131809/big-raises-for-new-york-times-web-staff" target="_blank">depuis une grosse augmentation début 2009</a>, les web producers gagnent autant que les reporters juniors, assure Emily Rueb, alors qu&#8217;il n&#8217;y a pas si longtemps, quand le staff web et le staff papier travaillaient dans deux immeubles différents, «les web producers n&#8217;étaient pas invités aux conférences de rédaction!»</p>
<p><a href="http://twitter.com/sreenet" target="_blank">Sree Sreenivasan</a>, <a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2009/10/01/je-peux-pas-la-jai-cours-de-twitter/" target="_blank">mon prof de réseaux sociaux</a> qui est aussi le Dean of Students de Columbia, a eu le temps en 17 ans à l&#8217;Ecole de voir de nombreux étudiants chercher du travail. Il a commencé à entendre le terme «web producer» vers 1998-99. «Le terme vient du vocabulaire du journalisme télé américain, où l&#8217;on trouve des &#8220;TV reporters&#8221; et des &#8220;TV producers&#8221;, les gens en charge de la technique», explique-t-il. Derrière ce terme réside «l&#8217;idée qu&#8217;il existe deux types de journalisme: l&#8217;écriture, et la production. Et on essaye d&#8217;apprendre les deux à nos élèves.»</p>
<p>Il note qu&#8217;il est impossible de parvenir à une définition unique du métier de web producer, puisque celle-ci varie grandement en fonction des médias. A <a href="http://dnainfo.com/" target="_blank">DNAinfo</a>, <a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2009/11/06/hyperlocal-journalisme-etats-unis-patch-local-dnainfo/" target="_blank">le site hyperlocal qui couvre Manhattan</a> et auquel il participe<a href="../../../../../2009/11/06/hyperlocal-journalisme-etats-unis-patch-local-dnainfo/" target="_blank"></a>, «on a des <a href="http://dnainfo.com/about-us/our-team/editorial-team" target="_blank">reporters/producers</a>», une évolution du métier qu&#8217;il voit bien se répandre.</p>
<p>«Il faut que tout ça se mélange, parce qu&#8217;un web producer va être satisfait s&#8217;il produit un contenu original de qualité, ou s&#8217;il est &#8220;curator&#8221; et dirige les lecteurs vers des contenus de qualité. Et puis où est le besoin d&#8217;avoir une personne qui se charge d&#8217;insérer des liens dans des papiers, une autre pour les mettre en ligne, etc?»</p>
<p>«En plus, en séparant les web producers des reporters, on transforme ces reporters en fétiches. On les traite comme des idiots et on en fait des gens intouchables, qui ne se mêlent pas du web.»</p>
<p><strong>Dis moi où tu travailles, je te dirai quel web producer tu es</strong></p>
<p>Tous les collègues d&#8217;Emily Rueb ne sont pas aussi ravis qu&#8217;elle. Rien qu&#8217;au New York times, il y a une grande différence dans les responsabilités éditoriales et la créativité des web producers en fonction de la rubrique et du créneau où ils travaillent.</p>
<p>Il y a un an, j&#8217;ai fait un stage à Politico, le journal et site américain dédié à la politique lancé lors de la dernière campagne présidentielle. En allant jeter un coup d&#8217;oeil sur la page «staff» du site, je me suis rendue compte récemment que seule une des web producers de l&#8217;époque (sur une demie-douzaine) y travaillait toujours.</p>
<p>«Je venais de finir un stage d&#8217;un an au bureau de Washington du New York Times», se rappelle (dans un email) Ariel Alexovich, ancienne web producer pour Politico. «A cette époque (en juin 2008), Politico c&#8217;était “the place to be”. J&#8217;ai pris ce boulot en pensant que ça serait une manière de mettre un pied dans la maison, que je pourrais monter en grade, mais en fait ça s&#8217;est révélé être une impasse.»</p>
<p>Après les premiers mois dans une newsroom en pleine ébullition électorale, l&#8217;excitation est retombée. «Dans l&#8217;ensemble, être web producer ça veut dire être enchaîné à ton bureau pendant tout ton créneau horaire, ce qui ne me plaisait vraiment pas. J&#8217;ai trouvé le fait de publier des articles, des liens, et des galeries photo ennuyeux, long et extrêmement répétitif.»</p>
<p>«Et puis mon principal problème c&#8217;était que, en tant que web producer, tu passes ton temps à faire en sorte que l&#8217;article de quelqu&#8217;un d&#8217;autre soit bien présenté. Ça m&#8217;a toujours dérangé, parce que je savais que je pouvais être aussi bonne reporter que beaucoup d&#8217;entre eux. J&#8217;ai des diplômes de journalisme, et des années d&#8217;expérience dans plusieurs publications dont le New York Times. Je suis juste entrée à Politico au mauvais poste.»</p>
<p>Ariel Alexovich et les autres web producers pouvaient proposer des idées d&#8217;articles, à condition que ça n&#8217;interfère pas avec leur travail de producer. «Mais ça interférait toujours. C&#8217;est dur de se mettre à écrire quand tu es interrompue toutes les dix minutes par un chef de rubrique ou un reporter pour changer quelque chose dans leur article.»</p>
<p>Après avoir été promue au rang de «senior web producer» («ça a presque empiré les choses puisque du coup je devais faire encore plus de web production, et donc j&#8217;avais moins de temps pour les autres choses que je voulais faire à Politico»), Ariel a fini par en avoir assez.</p>
<p>«J&#8217;ai vu que ça ne me menait nulle part. Je me suis rendue compte que, comme tous les autres web producers de Politico, j&#8217;étais surqualifiée pour ce job.» Elle s&#8217;est mise à chercher un autre boulot et a rapidement été contactée par le groupe du Chicago Tribune pour devenir «assistant editor» de The Mash, l&#8217;hebdomadaire du groupe dédié aux lycéens.</p>
<p><strong>Et en France, connaissez-vous ce système? Où existe-t-il? Est-ce la même chose que les postes de SR web?</strong></p>
<p><em>Cécile Dehesdin</em></p>
<p><em><em>Des questions, des envies, des idées? Dites-moi tout dans les commentaires, sur Twitter (<a href="http://twitter.com/sayseal" target="_blank">@sayseal</a>), sur <a href="http://www.facebook.com/home.php#/pages/Le-medialab-de-Cecile/154050350676?ref=ts" target="_blank">la page Facebook du medialab</a>, ou envoyez-moi un mail à cecile.dehesdin (@) slate.fr</em></em></p>
<p><em><em>(Photo: <a href="http://www.flickr.com/photos/ngernelle/3250962087/" target="_blank">Undead geek</a> par ngernelle via Flickr)<br />
</em></em></p>
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/01/geek.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-605" title="geek" src="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/01/geek.jpg" alt="geek" width="500" height="328" /></a></p>
<p>Emily Rueb travaille pour le blog local du New York Times, City Room. Elle est l&#8217;une des deux web producers de la rubrique locale du journal. Au total, environ 65 employés de la rédaction sont web producers, sur 1.100 personnes — <a href="http://gawker.com/5385124/new-york-times-to-cut-100-newsroom-positions" target="_blank">et non plus 1200 depuis le plan social d&#8217;octobre dernier </a>— que comprennent tous les &#8220;newsroom jobs&#8221; (sans compter les postes administratifs, financiers, commerciaux, etc).</p>
<p>Il y a différents types de «web producers» au New York Times. Au premier échelon, les web producers de nuit. Ils arrivent au journal vers 18h, en repartent vers 2h du matin, récupèrent tous les articles de l&#8217;édition du lendemain et les mettent en ligne, après les avoir indexés, taggués, et illustrés. Un job très important, mais sans aucune dimension créative, et sans grand besoin de compétences éditoriales.</p>
<p>Les web producers de jour ont plus de chance: rubrique sport? Vous pourriez partir couvrir les Jeux Olympiques et le Superbowl pour bloguer, réaliser des interviews, des portfolios sonores depuis le terrain, etc.</p>
<p>Rubrique business? Moins facile, puisque «la rubrique business demande un flux constant d&#8217;articles et donc du boulot de production pure qui peut prendre toute la journée», explique Emily Rueb. Mais au moins vous serez en constante collaboration avec les reporters de la rubrique business et tous les autres desks (photo, correcteurs, rédacteurs chargés de la page d&#8217;accueil&#8230;).</p>
<p><strong>Je produis, tu produis, il produit</strong></p>
<p>Emily Rueb a de la chance, elle se dédie entièrement à City Room, le blog du New York Times qui représente une majeure partie de la couverture locale du journal. «Je vais aux conférences de rédaction, j&#8217;aide à décider de ce qui est important», explique-t-elle. «Pendant les élections, je proposais des idées de vidéos, etc».</p>
<p>Emily ne se contente pas de mettre en forme des billets d&#8217;autres reporters pour le blog et de gérer la rubrique «<a href="http://cityroom.blogs.nytimes.com/category/taking-questions/" target="_blank">Taking questions</a>». «Parfois je sors en reportage, j&#8217;écris, je fais du design ou je travaille sur des grosses infographies». «Un web producer complètement intégré, c&#8217;est quelqu&#8217;un qui aide à piloter la couverture de l&#8217;actualité et qui propose ses propres sujets», même si c&#8217;est plus facile à faire quand on travaille à la rubrique «Local» qu&#8217;à la rubrique «Etats-Unis» ou «Voyage».</p>
<p>«Un bon web producer n&#8217;a pas besoin d&#8217;être manager», dit-elle. Personne n&#8217;arrive au New York Times en comprenant son système de publication, <a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2009/12/18/au-new-york-times-une-redaction-3-systemes-de-publication/" target="_blank">très complexe</a>, assure-t-elle. Mais on peut y apporter d&#8217;autres compétences: techniques, comme le montage audio, ou humaines, comme la diplomatie&#8230; Il s&#8217;agit en plus d&#8217;être à peu près bon partout, «parce que c&#8217;est à vous que les gens viennent poser les questions» en rapport avec le web et le multimédia.</p>
<p>«Et il faut être complètement impliqué dans son média. On assiste à des réunions avec des éditeurs qui lisent tous les blogs et les articles. Alors il faut que nous aussi, on sache ce que font les autres blogs pour devancer la concurrence quand on propose des graphiques, des sons, ou des posts pour City Room.» Sans oublier la nécessité de reconnaître ce qui constitue un bon contenu multimédia, et d&#8217;être rapide. «Si vous êtes rapide et que vous apprenez vite, vous passez moins de temps à produire et plus de temps à proposer des sujets».</p>
<p><strong> Former un staff de presse écrite à la culture web</strong></p>
<p>Quand elle n&#8217;est pas occupée à mettre en ligne des articles, proposer des sujets et surveiller l&#8217;actu, Emily Rueb se transforme en formatrice. «Etre web producer, c&#8217;est jouer au traducteur», dit-elle. «La plupart des chefs de rubriques pour le web viennent de la presse écrite. Je ne pense pas que ce soit une mauvaise chose, tant qu&#8217;ils veulent apprendre et qu&#8217;ils aiment le web, et qu&#8217;ils sont prêts à motiver leurs reporters pour qu&#8217;ils s&#8217;habituent à redimensionner leurs photos eux-mêmes, par exemple. Sinon, on se transforme en goulot par lequel tout doit passer, et ça ralentit tout.»</p>
<p>Pour elle et les autres web producers, la formation est une question de survie.</p>
<p><span id="more-595"></span></p>
<p>Ils ont ainsi appris aux chefs du desk photo à choisir et mettre en ligne eux-mêmes les photos qu&#8217;ils veulent pour chaque article. «Si je redimensionne une photo, et que plus tard à une réunion l&#8217;un d&#8217;entre eux dit &#8220;hey, on aurait dû utiliser celle-là à la place&#8221;, ça ralentit tout», explique-t-elle. Tout pour éviter ça. Au passage, elle en profite pour leur faire découvrir les avantages du web comme l&#8217;espace illimité disponible pour des diaporamas.</p>
<p>Former les chefs photo qui sont au bureau, c&#8217;est une chose. Mais les reporters, eux, sont constamment sur le terrain. «Il s&#8217;agit de leur faire écrire leurs articles dans Wordpress, le logiciel utilisé pour les blogs du NYTimes, directement. Ça peut paraître simple, mais ils oublient leur nom d&#8217;utilisateur et leur mot de passe, des choses comme ça, ou ils ne savent pas ajouter des liens hypertextes».</p>
<p>Le blog sert de porte d&#8217;entrée au web pour la plupart des reporters du quotidien Suzan Dominus, par exemple, écrit chaque semaine sur sa vie new-yorkaise. Pour le Nouvel An, elle a écrit un article où elle parlait <a href="http://www.nytimes.com/2010/01/02/nyregion/02bigcity.html?scp=4&amp;sq=dominus&amp;st=cse%27" target="_blank">de la difficulté de sortir des cartons la porcelaine de sa grand-mère décédée</a>, difficulté d&#8217;autant plus grande qu&#8217;elle a cassé à l&#8217;occasion l&#8217;une des précieuses soucoupes. Une lectrice a écrit pour dire qu&#8217;elle faisait de l&#8217;art à partir de porcelaine brisée, et Emily Rueb a aidé Dominus a écrire une suite à son article, <a href="http://cityroom.blogs.nytimes.com/2010/01/05/the-courage-to-break-the-china/" target="_blank">en forme de billet de blog</a> pour City Room.</p>
<p>A côté de ça, certains reporters papier sont très impliqués dans le multimédia. Corey Kilgannon a commencé comme journaliste pour la rubrique Metro, avant de s&#8217;intéresser à la vidéo (voir sa <a href="http://cityroom.blogs.nytimes.com/category/street-takes/" target="_blank">série de vidéos</a> sur des New Yorkais excentriques, ou <a href="http://www.nytimes.com/interactive/2009/08/29/nyregion/20090830-hudson-river-journey.html" target="_blank">un voyage en kayak retraçant les pas d&#8217;Henry Hudson</a>, l&#8217;explorateur qui a donné son nom à la rivière qui traverse New York). «Maintenant il a une caméra et cent heures d&#8217;entraînement derrière lui. C&#8217;est un exemple pour les autres reporters», assure Emily Rueb. «Au début, ses vidéos n&#8217;étaient vraiment pas terribles, on les enterrait plus ou moins. Et maintenant elles sont super!»</p>
<p><strong> Tous web journalistes?</strong></p>
<p>Etre web producer, est-ce la même chose que journaliste web? Pas que. «C&#8217;est 50% d&#8217;organisation, et 50% de journalisme». Emily Rueb aime son boulot, malgré ses défauts: «on est responsable de beaucoup de détails que les gens ne voient pas. Dans le journalisme on a l&#8217;habitude d&#8217;avoir sa signature quand on fait quelque chose, et les évaluations pros peuvent dépendre en partie du nombre d&#8217;articles que l&#8217;on a signés, etc. Mais beaucoup des tâches du web producer se font en coulisses».</p>
<p>Elle pense que les web producers deviendront des reporters web. «Au fur et à mesure que les outils de publication du New York Times deviennent plus efficaces, on va voir les web producers se transformer en reporters web parce qu&#8217;ils auront plus de temps pour aller sur le terrain, ou pour réfléchir à des projets comme <a href="http://www.nytimes.com/packages/html/nyregion/1-in-8-million/index.html" target="_blank">One in 8 Million</a>».</p>
<p>En attendant, <a href="http://gawker.com/5131809/big-raises-for-new-york-times-web-staff" target="_blank">depuis une grosse augmentation début 2009</a>, les web producers gagnent autant que les reporters juniors, assure Emily Rueb, alors qu&#8217;il n&#8217;y a pas si longtemps, quand le staff web et le staff papier travaillaient dans deux immeubles différents, «les web producers n&#8217;étaient pas invités aux conférences de rédaction!»</p>
<p><a href="http://twitter.com/sreenet" target="_blank">Sree Sreenivasan</a>, <a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2009/10/01/je-peux-pas-la-jai-cours-de-twitter/" target="_blank">mon prof de réseaux sociaux</a> qui est aussi le Dean of Students de Columbia, a eu le temps en 17 ans à l&#8217;Ecole de voir de nombreux étudiants chercher du travail. Il a commencé à entendre le terme «web producer» vers 1998-99. «Le terme vient du vocabulaire du journalisme télé américain, où l&#8217;on trouve des &#8220;TV reporters&#8221; et des &#8220;TV producers&#8221;, les gens en charge de la technique», explique-t-il. Derrière ce terme réside «l&#8217;idée qu&#8217;il existe deux types de journalisme: l&#8217;écriture, et la production. Et on essaye d&#8217;apprendre les deux à nos élèves.»</p>
<p>Il note qu&#8217;il est impossible de parvenir à une définition unique du métier de web producer, puisque celle-ci varie grandement en fonction des médias. A <a href="http://dnainfo.com/" target="_blank">DNAinfo</a>, <a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2009/11/06/hyperlocal-journalisme-etats-unis-patch-local-dnainfo/" target="_blank">le site hyperlocal qui couvre Manhattan</a> et auquel il participe<a href="../../../../../2009/11/06/hyperlocal-journalisme-etats-unis-patch-local-dnainfo/" target="_blank"></a>, «on a des <a href="http://dnainfo.com/about-us/our-team/editorial-team" target="_blank">reporters/producers</a>», une évolution du métier qu&#8217;il voit bien se répandre.</p>
<p>«Il faut que tout ça se mélange, parce qu&#8217;un web producer va être satisfait s&#8217;il produit un contenu original de qualité, ou s&#8217;il est &#8220;curator&#8221; et dirige les lecteurs vers des contenus de qualité. Et puis où est le besoin d&#8217;avoir une personne qui se charge d&#8217;insérer des liens dans des papiers, une autre pour les mettre en ligne, etc?»</p>
<p>«En plus, en séparant les web producers des reporters, on transforme ces reporters en fétiches. On les traite comme des idiots et on en fait des gens intouchables, qui ne se mêlent pas du web.»</p>
<p><strong>Dis moi où tu travailles, je te dirai quel web producer tu es</strong></p>
<p>Tous les collègues d&#8217;Emily Rueb ne sont pas aussi ravis qu&#8217;elle. Rien qu&#8217;au New York times, il y a une grande différence dans les responsabilités éditoriales et la créativité des web producers en fonction de la rubrique et du créneau où ils travaillent.</p>
<p>Il y a un an, j&#8217;ai fait un stage à Politico, le journal et site américain dédié à la politique lancé lors de la dernière campagne présidentielle. En allant jeter un coup d&#8217;oeil sur la page «staff» du site, je me suis rendue compte récemment que seule une des web producers de l&#8217;époque (sur une demie-douzaine) y travaillait toujours.</p>
<p>«Je venais de finir un stage d&#8217;un an au bureau de Washington du New York Times», se rappelle (dans un email) Ariel Alexovich, ancienne web producer pour Politico. «A cette époque (en juin 2008), Politico c&#8217;était “the place to be”. J&#8217;ai pris ce boulot en pensant que ça serait une manière de mettre un pied dans la maison, que je pourrais monter en grade, mais en fait ça s&#8217;est révélé être une impasse.»</p>
<p>Après les premiers mois dans une newsroom en pleine ébullition électorale, l&#8217;excitation est retombée. «Dans l&#8217;ensemble, être web producer ça veut dire être enchaîné à ton bureau pendant tout ton créneau horaire, ce qui ne me plaisait vraiment pas. J&#8217;ai trouvé le fait de publier des articles, des liens, et des galeries photo ennuyeux, long et extrêmement répétitif.»</p>
<p>«Et puis mon principal problème c&#8217;était que, en tant que web producer, tu passes ton temps à faire en sorte que l&#8217;article de quelqu&#8217;un d&#8217;autre soit bien présenté. Ça m&#8217;a toujours dérangé, parce que je savais que je pouvais être aussi bonne reporter que beaucoup d&#8217;entre eux. J&#8217;ai des diplômes de journalisme, et des années d&#8217;expérience dans plusieurs publications dont le New York Times. Je suis juste entrée à Politico au mauvais poste.»</p>
<p>Ariel Alexovich et les autres web producers pouvaient proposer des idées d&#8217;articles, à condition que ça n&#8217;interfère pas avec leur travail de producer. «Mais ça interférait toujours. C&#8217;est dur de se mettre à écrire quand tu es interrompue toutes les dix minutes par un chef de rubrique ou un reporter pour changer quelque chose dans leur article.»</p>
<p>Après avoir été promue au rang de «senior web producer» («ça a presque empiré les choses puisque du coup je devais faire encore plus de web production, et donc j&#8217;avais moins de temps pour les autres choses que je voulais faire à Politico»), Ariel a fini par en avoir assez.</p>
<p>«J&#8217;ai vu que ça ne me menait nulle part. Je me suis rendue compte que, comme tous les autres web producers de Politico, j&#8217;étais surqualifiée pour ce job.» Elle s&#8217;est mise à chercher un autre boulot et a rapidement été contactée par le groupe du Chicago Tribune pour devenir «assistant editor» de The Mash, l&#8217;hebdomadaire du groupe dédié aux lycéens.</p>
<p><strong>Et en France, connaissez-vous ce système? Où existe-t-il? Est-ce la même chose que les postes de SR web?</strong></p>
<p><em>Cécile Dehesdin</em></p>
<p><em><em>Des questions, des envies, des idées? Dites-moi tout dans les commentaires, sur Twitter (<a href="http://twitter.com/sayseal" target="_blank">@sayseal</a>), sur <a href="http://www.facebook.com/home.php#/pages/Le-medialab-de-Cecile/154050350676?ref=ts" target="_blank">la page Facebook du medialab</a>, ou envoyez-moi un mail à cecile.dehesdin (@) slate.fr</em></em></p>
<p><em><em>(Photo: <a href="http://www.flickr.com/photos/ngernelle/3250962087/" target="_blank">Undead geek</a> par ngernelle via Flickr)<br />
</em></em></p>
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			<wfw:commentRss>http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2010/01/17/les-agents-secrets-du-web-americain/feed/</wfw:commentRss>
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		<title>Le journalisme six pieds sous terre</title>
		<link>http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2010/01/09/le-journalisme-six-pieds-sous-terre/</link>
		<comments>http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/2010/01/09/le-journalisme-six-pieds-sous-terre/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 09 Jan 2010 04:16:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sayseal</dc:creator>
				<category><![CDATA[Invités]]></category>
		<category><![CDATA[Métiers]]></category>
		<category><![CDATA[Journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Margalit Fox]]></category>
		<category><![CDATA[Nécrologies]]></category>
		<category><![CDATA[New York Times]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/01/ange_cimetiere.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-579" title="ange_cimetiere" src="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/01/ange_cimetiere.jpg" alt="ange_cimetiere" width="500" height="375" /></a></p>
<p>Il y a des métiers dans le journalisme américain qui valent d&#8217;être racontés. Prenez Margalit Fox, journaliste pour le service nécros du New York Times, le &#8220;dead beat&#8221;, ou &#8220;rubrique mortelle&#8221;, comme elle l&#8217;appelle.</p>
<p>&#8220;Mes chers bien-aimés, nous sommes réunis ici aujourd&#8217;hui pour parler nécrologies&#8221;, a-t-elle commencé son speech à Columbia au début de l&#8217;année. &#8220;Mon job est le job le plus étrange du journalisme, et des Etats-Unis. C&#8217;est aussi le meilleur job des Etats-Unis&#8221;.</p>
<p>Margalit Fox savoure son petit effet devant nos regards incrédules. C&#8217;est pas un peu glauque de passer sa vie à écrire sur les morts? Elle explique qu&#8217;il n&#8217;y a pas si longtemps, les nécros étaient vues comme le batard du journalisme, là où on vous casait &#8220;si vous faisiez une bêtise dans une &#8220;vraie&#8221; rubrique du journal&#8221;, ou &#8220;si vous étiez à quelques années d&#8217;avoir vous même besoin d&#8217;une nécro&#8221;.</p>
<p>Mais d&#8217;après elle, il se développe <a id="r92z" title="une véritable culture de &quot;junkies de la nécro&quot;" href="http://www.amazon.com/Dead-Beat-Perverse-Pleasures-Obituaries/dp/0060758759">une véritable culture de &#8220;junkies de la nécro&#8221;</a>, liée notamment au baby boom et au développement d&#8217;internet. Bien sûr, elle a droit à quelques &#8220;Eeeew&#8221; (&#8221;Beeeeurk&#8221;) quand elle décline son boulot dans une soirée mondaine. &#8220;Mais la plupart des gens répondent que c&#8217;est la première chose qu&#8217;ils lisent le matin&#8221;.</p>
<p>&#8220;C&#8217;est primal. On se jette sur la pages nécros pour s&#8217;assurer que l&#8217;on n&#8217;y figure pas&#8221;. Et puis, &#8220;on adore tous les histoires. Et les nécrologies, c&#8217;est purement narratif. On amène nos sujets depuis le berceau jusqu&#8217;à leur tombe&#8221;. Et d&#8217;en conclure que les nécrologues pourraient &#8220;bien être les seuls qui ne seront jamais au chômage!&#8221;</p>
<p>Plus de deux millions d&#8217;Américains meurent chaque année (2,426,264 en 2006 d&#8217;après <a id="q5qt" title="le plus récent rapport du ministère de la santé" href="http://www.cdc.gov/nchs/data/nvsr/nvsr57/nvsr57_14.pdf">le plus récent rapport du ministère de la santé</a> (PDF)), et &#8220;1200 ou 1300 d&#8217;entre eux finissent dans le New York Times&#8221;, soit un peu plus de trois nécros par jour. Alors que dans les médias français, les morts sont racontés par des journalistes spécialisés dans le domaine du décédé (<a id="aey7" title="politique pour Seguin" href="http://www.lemonde.fr/carnet/article/2010/01/07/philippe-seguin-est-mort_1288395_3382.html#ens_id=1288396">politique pour Seguin</a>, <a id="gsf6" title="BD" href="http://www.google.com/search?q=%22Yves-Marie+Lab%C3%A9%22&amp;ie=utf-8&amp;oe=utf-8&amp;aq=t&amp;rls=org.mozilla:fr:official&amp;client=firefox-a">BD</a> <a id="jysy" title="pour Tibet" href="http://www.lemonde.fr/carnet/article/2010/01/06/tibet-auteur-de-bandes-dessinees_1288123_3382.html#ens_id=1288192">pour Tibet</a>, etc), <a id="r6l7" title="Margalit Fox n'écrit que sur les morts" href="http://topics.nytimes.com/topics/reference/timestopics/people/f/margalit_fox/index.html">Margalit Fox n&#8217;écrit que sur les morts</a>, quels qu&#8217;ils soient.</p>
<p><span id="more-571"></span></p>
<p>Elle divise ses sujets en trois catégories: les évidents (présidents, rois, inévitables des journaux nationaux), les outsiders (gens de tous les jours qui ont pourtant changé le cours de l&#8217;histoire, préférés par les journaux régionaux), et les héros méconnus, adorés des journalistes nécros, comme Samuel Alderson, <a id="uuyy" title="l'inventeur des mannequins d'essais de chocs" href="http://www.nytimes.com/2005/02/18/national/18alderson.html?_r=1">l&#8217;inventeur des mannequins d&#8217;essais de chocs</a>, ou Edward Lowe, celui de <a id="h0g-" title="la litière pour chats" href="http://www.nytimes.com/1995/10/06/us/edward-lowe-dies-at-75-a-hunch-led-him-to-create-kitty-litter.html?scp=1&amp;sq=%22edward+lowe%22&amp;st=nyt">la litière pour chats</a>.</p>
<p>&#8220;J&#8217;écris des biographies flash&#8221;, explique Margalit Fox qui dans la même semaine peut se retrouver à écrire l&#8217;histoire d&#8217;une danseuse du ventre, d&#8217;un entrepreneur, ou du président d&#8217;un pays lointain.</p>
<p>Cinq journalistes du New York Times font partie de la rubrique, expliquait Bruce Weber, collègue de Margalit Fox, <a id="ne8f" title="dans un récent &quot;Ask the Times&quot;" href="http://www.nytimes.com/2008/09/22/business/media/22askthetimes.html?pagewanted=4&amp;sq=talk%20to%20the%20newsroom&amp;st=cse&amp;scp=3">dans un récent &#8220;Ask the Times&#8221;</a>. Les nécros apparaissent bien sûr d&#8217;abord sur le site du New York Times. Elles sont ensuite publiées dans le journal en fonction de la place qui reste sur le papier après les avis de décès payés par les lecteurs.</p>
<p>Si les nécrologues se tournent parfois vers leurs collègues plus spécialisés (<a id="vonl" title="Bruce Weber a par exemple demandé de l'aide à un journaliste de la rubrique business" href="http://www.nytimes.com/2008/09/22/business/media/22askthetimes.html?pagewanted=2&amp;sq=talk%20to%20the%20newsroom&amp;st=cse&amp;scp=3">Bruce Weber a par exemple demandé de l&#8217;aide à un journaliste de la rubrique business</a> pour mieux formuler en quoi consistait le travail d&#8217;<a id="z50k" title="Henry B.R. Brown" href="http://www.nytimes.com/2008/08/15/business/15brown.html?scp=7&amp;sq=henry%20brown&amp;st=cse">Henry B.R. Brown</a>, l&#8217;inventeur de l&#8217;équivalent des SICAV aux Etats-Unis), ils restent les pros des morts. Ils doivent devenir experts de nouveaux sujets le temps d&#8217;écrire la fin de leurs héros méconnus. &#8220;Neuf fois sur dix, quand notre rédac chef nous assigne une nécrologie, <a id="txof" title="c'est la première fois qu'on entend le nom de notre sujet" href="http://www.nytimes.com/2006/09/25/business/media/25asktheeditors.html?pagewanted=5&amp;_r=1">c&#8217;est la première fois qu&#8217;on entend le nom de notre sujet</a>&#8220;.</p>
<p>En plus de ces morts impromptues, le service (<a id="a3gx" title="comme tous les médias" href="http://www.slate.fr/story/9731/combien-de-temps-l%E2%80%99avance-les-journaux-redigent-ils-les-necrologies">comme tous les médias</a>) se prépare en avance pour les personnes célèbres, et possède plus de 1300 nécros actualisées et réécrites lors du décès, même si les journalistes ne peuvent pas tout prévoir à temps: &#8220;J&#8217;étais en train d&#8217;écrire <a id="ro6j" title="la nécrologie de Susan Sontag" href="http://query.nytimes.com/gst/fullpage.html?res=9500E4DF1739F93AA15751C1A9629C8B63">la nécrologie de Susan Sontag</a> quand j&#8217;ai appris sa mort&#8221;, se rappelle Fox. Lorsqu&#8217;elle doit téléphoner à des célébrités encore vivantes pour saluer leur future mort, elle les aborde d&#8217;une presque vérité: &#8220;on actualise votre biographie&#8221;.</p>
<p>Mais avec le web, le New York Times fait bien mieux qu&#8217;actualiser des biographies: &#8220;The Last Word&#8221;, ou une série de nécrologies vidéos, avec interview des protagonistes. La première d&#8217;entre elles célèbre l&#8217;humoriste Art Buckwald, qui ouvre la séquence lui-même. <a id="shym" title="&quot;Bonjour, Je suis Art Buckwald et je viens de mourir&quot;" href="http://video.nytimes.com/video/playlist/art-buchwald/1194820770698/index.html">&#8220;Bonjour, Je suis Art Buckwald et je viens de mourir&#8221;</a>.</p>
<p><em>Cécile Dehesdin</em></p>
<p><em><em>Des questions, des envies, des idées? Dites-moi tout dans les commentaires, sur Twitter (<a href="http://twitter.com/sayseal" target="_blank">@sayseal</a>), sur <a href="http://www.facebook.com/home.php#/pages/Le-medialab-de-Cecile/154050350676?ref=ts" target="_blank">la page Facebook du medialab</a>, ou envoyez-moi un mail à cecile.dehesdin (@) slate.fr</em></em></p>
<p><em><em>(<a href="http://www.flickr.com/photos/crapavalanche/510194644/in/photostream/" target="_blank">Photo</a> par crapavalanche, via Flickr)<br />
</em></em></p>
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/01/ange_cimetiere.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-579" title="ange_cimetiere" src="http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/files/2010/01/ange_cimetiere.jpg" alt="ange_cimetiere" width="500" height="375" /></a></p>
<p>Il y a des métiers dans le journalisme américain qui valent d&#8217;être racontés. Prenez Margalit Fox, journaliste pour le service nécros du New York Times, le &#8220;dead beat&#8221;, ou &#8220;rubrique mortelle&#8221;, comme elle l&#8217;appelle.</p>
<p>&#8220;Mes chers bien-aimés, nous sommes réunis ici aujourd&#8217;hui pour parler nécrologies&#8221;, a-t-elle commencé son speech à Columbia au début de l&#8217;année. &#8220;Mon job est le job le plus étrange du journalisme, et des Etats-Unis. C&#8217;est aussi le meilleur job des Etats-Unis&#8221;.</p>
<p>Margalit Fox savoure son petit effet devant nos regards incrédules. C&#8217;est pas un peu glauque de passer sa vie à écrire sur les morts? Elle explique qu&#8217;il n&#8217;y a pas si longtemps, les nécros étaient vues comme le batard du journalisme, là où on vous casait &#8220;si vous faisiez une bêtise dans une &#8220;vraie&#8221; rubrique du journal&#8221;, ou &#8220;si vous étiez à quelques années d&#8217;avoir vous même besoin d&#8217;une nécro&#8221;.</p>
<p>Mais d&#8217;après elle, il se développe <a id="r92z" title="une véritable culture de &quot;junkies de la nécro&quot;" href="http://www.amazon.com/Dead-Beat-Perverse-Pleasures-Obituaries/dp/0060758759">une véritable culture de &#8220;junkies de la nécro&#8221;</a>, liée notamment au baby boom et au développement d&#8217;internet. Bien sûr, elle a droit à quelques &#8220;Eeeew&#8221; (&#8221;Beeeeurk&#8221;) quand elle décline son boulot dans une soirée mondaine. &#8220;Mais la plupart des gens répondent que c&#8217;est la première chose qu&#8217;ils lisent le matin&#8221;.</p>
<p>&#8220;C&#8217;est primal. On se jette sur la pages nécros pour s&#8217;assurer que l&#8217;on n&#8217;y figure pas&#8221;. Et puis, &#8220;on adore tous les histoires. Et les nécrologies, c&#8217;est purement narratif. On amène nos sujets depuis le berceau jusqu&#8217;à leur tombe&#8221;. Et d&#8217;en conclure que les nécrologues pourraient &#8220;bien être les seuls qui ne seront jamais au chômage!&#8221;</p>
<p>Plus de deux millions d&#8217;Américains meurent chaque année (2,426,264 en 2006 d&#8217;après <a id="q5qt" title="le plus récent rapport du ministère de la santé" href="http://www.cdc.gov/nchs/data/nvsr/nvsr57/nvsr57_14.pdf">le plus récent rapport du ministère de la santé</a> (PDF)), et &#8220;1200 ou 1300 d&#8217;entre eux finissent dans le New York Times&#8221;, soit un peu plus de trois nécros par jour. Alors que dans les médias français, les morts sont racontés par des journalistes spécialisés dans le domaine du décédé (<a id="aey7" title="politique pour Seguin" href="http://www.lemonde.fr/carnet/article/2010/01/07/philippe-seguin-est-mort_1288395_3382.html#ens_id=1288396">politique pour Seguin</a>, <a id="gsf6" title="BD" href="http://www.google.com/search?q=%22Yves-Marie+Lab%C3%A9%22&amp;ie=utf-8&amp;oe=utf-8&amp;aq=t&amp;rls=org.mozilla:fr:official&amp;client=firefox-a">BD</a> <a id="jysy" title="pour Tibet" href="http://www.lemonde.fr/carnet/article/2010/01/06/tibet-auteur-de-bandes-dessinees_1288123_3382.html#ens_id=1288192">pour Tibet</a>, etc), <a id="r6l7" title="Margalit Fox n'écrit que sur les morts" href="http://topics.nytimes.com/topics/reference/timestopics/people/f/margalit_fox/index.html">Margalit Fox n&#8217;écrit que sur les morts</a>, quels qu&#8217;ils soient.</p>
<p><span id="more-571"></span></p>
<p>Elle divise ses sujets en trois catégories: les évidents (présidents, rois, inévitables des journaux nationaux), les outsiders (gens de tous les jours qui ont pourtant changé le cours de l&#8217;histoire, préférés par les journaux régionaux), et les héros méconnus, adorés des journalistes nécros, comme Samuel Alderson, <a id="uuyy" title="l'inventeur des mannequins d'essais de chocs" href="http://www.nytimes.com/2005/02/18/national/18alderson.html?_r=1">l&#8217;inventeur des mannequins d&#8217;essais de chocs</a>, ou Edward Lowe, celui de <a id="h0g-" title="la litière pour chats" href="http://www.nytimes.com/1995/10/06/us/edward-lowe-dies-at-75-a-hunch-led-him-to-create-kitty-litter.html?scp=1&amp;sq=%22edward+lowe%22&amp;st=nyt">la litière pour chats</a>.</p>
<p>&#8220;J&#8217;écris des biographies flash&#8221;, explique Margalit Fox qui dans la même semaine peut se retrouver à écrire l&#8217;histoire d&#8217;une danseuse du ventre, d&#8217;un entrepreneur, ou du président d&#8217;un pays lointain.</p>
<p>Cinq journalistes du New York Times font partie de la rubrique, expliquait Bruce Weber, collègue de Margalit Fox, <a id="ne8f" title="dans un récent &quot;Ask the Times&quot;" href="http://www.nytimes.com/2008/09/22/business/media/22askthetimes.html?pagewanted=4&amp;sq=talk%20to%20the%20newsroom&amp;st=cse&amp;scp=3">dans un récent &#8220;Ask the Times&#8221;</a>. Les nécros apparaissent bien sûr d&#8217;abord sur le site du New York Times. Elles sont ensuite publiées dans le journal en fonction de la place qui reste sur le papier après les avis de décès payés par les lecteurs.</p>
<p>Si les nécrologues se tournent parfois vers leurs collègues plus spécialisés (<a id="vonl" title="Bruce Weber a par exemple demandé de l'aide à un journaliste de la rubrique business" href="http://www.nytimes.com/2008/09/22/business/media/22askthetimes.html?pagewanted=2&amp;sq=talk%20to%20the%20newsroom&amp;st=cse&amp;scp=3">Bruce Weber a par exemple demandé de l&#8217;aide à un journaliste de la rubrique business</a> pour mieux formuler en quoi consistait le travail d&#8217;<a id="z50k" title="Henry B.R. Brown" href="http://www.nytimes.com/2008/08/15/business/15brown.html?scp=7&amp;sq=henry%20brown&amp;st=cse">Henry B.R. Brown</a>, l&#8217;inventeur de l&#8217;équivalent des SICAV aux Etats-Unis), ils restent les pros des morts. Ils doivent devenir experts de nouveaux sujets le temps d&#8217;écrire la fin de leurs héros méconnus. &#8220;Neuf fois sur dix, quand notre rédac chef nous assigne une nécrologie, <a id="txof" title="c'est la première fois qu'on entend le nom de notre sujet" href="http://www.nytimes.com/2006/09/25/business/media/25asktheeditors.html?pagewanted=5&amp;_r=1">c&#8217;est la première fois qu&#8217;on entend le nom de notre sujet</a>&#8220;.</p>
<p>En plus de ces morts impromptues, le service (<a id="a3gx" title="comme tous les médias" href="http://www.slate.fr/story/9731/combien-de-temps-l%E2%80%99avance-les-journaux-redigent-ils-les-necrologies">comme tous les médias</a>) se prépare en avance pour les personnes célèbres, et possède plus de 1300 nécros actualisées et réécrites lors du décès, même si les journalistes ne peuvent pas tout prévoir à temps: &#8220;J&#8217;étais en train d&#8217;écrire <a id="ro6j" title="la nécrologie de Susan Sontag" href="http://query.nytimes.com/gst/fullpage.html?res=9500E4DF1739F93AA15751C1A9629C8B63">la nécrologie de Susan Sontag</a> quand j&#8217;ai appris sa mort&#8221;, se rappelle Fox. Lorsqu&#8217;elle doit téléphoner à des célébrités encore vivantes pour saluer leur future mort, elle les aborde d&#8217;une presque vérité: &#8220;on actualise votre biographie&#8221;.</p>
<p>Mais avec le web, le New York Times fait bien mieux qu&#8217;actualiser des biographies: &#8220;The Last Word&#8221;, ou une série de nécrologies vidéos, avec interview des protagonistes. La première d&#8217;entre elles célèbre l&#8217;humoriste Art Buckwald, qui ouvre la séquence lui-même. <a id="shym" title="&quot;Bonjour, Je suis Art Buckwald et je viens de mourir&quot;" href="http://video.nytimes.com/video/playlist/art-buchwald/1194820770698/index.html">&#8220;Bonjour, Je suis Art Buckwald et je viens de mourir&#8221;</a>.</p>
<p><em>Cécile Dehesdin</em></p>
<p><em><em>Des questions, des envies, des idées? Dites-moi tout dans les commentaires, sur Twitter (<a href="http://twitter.com/sayseal" target="_blank">@sayseal</a>), sur <a href="http://www.facebook.com/home.php#/pages/Le-medialab-de-Cecile/154050350676?ref=ts" target="_blank">la page Facebook du medialab</a>, ou envoyez-moi un mail à cecile.dehesdin (@) slate.fr</em></em></p>
<p><em><em>(<a href="http://www.flickr.com/photos/crapavalanche/510194644/in/photostream/" target="_blank">Photo</a> par crapavalanche, via Flickr)<br />
</em></em></p>
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