Ça sent le gaz, mais pourquoi le gaz sent ?

REUTERS/Stephen Hird

D’où vient cette forte odeur de gaz qui plane sur le nord-ouest de la France depuis lundi?

De nombreux Franciliens et habitants au nord-ouest de la capitale se sont réveillés ce mardi matin en sentant «une forte odeur de gaz», provoquant une forte inquiétude, au point de saturer les communications téléphoniques des services de secours en Normandie comme en Ile-de-France. Or de fuite de gaz, point, mais «une réaction chimique imprévue»explique l’AFP, qui s’est produite lundi dans une usine chimique de l’agglomération rouennaise, créant des dégagements d’odeurs de gaz –type gaz de ville qui se sont déplacés avec les vents en direction de la capitale. Lire la suite…

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Dauphins volants, requins cabotants et calmars géants [Vidéos]

La mer est une ressource inépuisable dans de nombreux domaines, comme l’a souligné, à la surprise générale, Jean-Luc Mélanchon lors du débat qui l’a opposé à Jérôme Cahuzac dans l’émissionMots Croisés du lundi 7 janvier 2013 sur France 2. Un autre aspect, moins économique qu’esthétique et spectaculaire, est apporté par trois vidéos publiées ces jours-ci sur Internet. S’il fallait leur trouver un point commun, c’est sans doute notre ignorance. Malgré toutes les études déjà réalisées et les documentaires tournés, une large partie du comportement des espèces marines nous reste inconnue.

Pourquoi ces dauphins bondissent-ils ainsi à la surface de la mer, préférant les sauts fatigants à la nage sous l’eau ? Pourquoi un tel groupe de plusieurs centaines d’individus ? Où vont-ils ainsi ? On aimerait pouvoir les suivre et comprendre.

Justement, c’est ce qui s’est passé en Floride pour le suivi des grands requins blancs, calibre “Dents de la mer“.  Grâce à des balises implantées directement sur la peau, leur cabotage a été pisté. Pour s’apercevoir… qu’ils s’approchent à moins de 200 mètres des côtes. Comment se fait-il que l’on ne découvre qu’aujourd’hui le parcours des grands requins qui s’approchent aussi près des plages de Floride ?

Comment les grands fonds peuvent-ils engendrer des calmars de cette taille ? Quel hommage à Jules Verne et à la pieuvre géante de ses “20 000 lieux sous les mers” ! Une équipe de scientifiques japonais a réalisé les premières images de ces céphalopodes vivant dans leur milieu naturel à plus de 700 mètres de profondeur. Ces calmars géants n’atteignent néanmoins que 3 mètres de longs, bien loin des 10 mètres et 495 kg du plus imposant calmar colossal capturé à ce jour.
Le film réalisé par l’équipe de Tsunemi Kubodera a du résoudre certains problèmes délicats pour approcher ces prédateurs dotés, obscurité abyssales oblige, d’un oeil gigantesque que l’on aperçoit dans la vidéo ci-dessous. Pour cela, le cameraman, transformé en calmarman, a fait appel à de la lumière infra-rouge invisible pour les céphalopodes et les hommes, mais pas pour les capteurs électroniques des caméras, et il s’est posté en restant le plus immobile possible dans l’attente de la visite du monstre. Traque réussie. Le film sera diffusé sur Discovery Channel aux Etats-Unis le 27 janvier 2013, sous le titre: “Le monstre calmar : le géant est réel”, en traduction littérale. Espérons que les images seront rapidement accessibles en Europe, via Internet sans doute. D’ici là, un aperçu de la vedette :

Michel Alberganti

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2012 : les temps forts de la science

L’année 2012 ira à son terme. Plus vraiment de doute désormais. La fin du monde, promise par certains Cassandre, sera pour plus tard… Et les Mayas, involontaires fauteurs du trouble, sont entrés dans une nouvelle ère avant tout le monde, le 21 décembre dernier, après avoir sans doute bien ri de la panique engendrée par la fausse interprétation de leur antique calendrier. Du coté de la vraie science, la cuvée 2012 restera sans doute dans les annales comme particulièrement riche. Aussi bien en succès qu’en couacs. Pour faire bonne mesure, revenons sur trois grands moments dans ces deux catégories et sur leurs principaux acteurs.

Trois succès :

1°/ Peter Higgs, le père du boson

4 juillet 2012. Un jour peut-être, lorsque les manuels de physique auront intégré un minimum d’histoire des sciences (espérons que cela arrive avant la prochaine nouvelle ère du calendrier Maya), la photo de Peter Higgs ornera cette date du 4 juillet. Dans l’amphithéâtre du CERN, Peter Higgs pleurait. Il racontera ensuite que l’ambiance y était celle d’un stade de foot après la victoire de l’équipe locale. Ce jour là, les résultats des deux expériences menées avec le LHC ont montré qu’ils convergeaient vers la valeur de 125 GeV. Soit la masse du boson dont l’existence avait été prédite par Peter Higgs et ses collègues, parmi lesquels  François Englert et Tom Kibble sont toujours vivants, en… 1964. Fantastique succès, donc, pour ces théoriciens qui voient, 48 ans plus tard, leurs calculs vérifiés par l’expérience. Il faudra néanmoins attendre le mois de mars 2013 pour une confirmation définitive des résultats. Et septembre pour un possible (probable ?) prix Nobel de physique pour Peter Higgs. En 2013, notons donc sur nos tablettes:  “Le boson”, saison 2.

2°/ Curiosity, le rover sur Mars

6 août 2012. 7h32 heure française. Le rover Curiosity se pose en douceur sur Mars après un voyage de 567 millions de km qui a duré 8 mois et demi. Comme au CERN un mois plus tôt, c’est l’explosion de joie dans la salle de contrôle du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la Nasa à Pasadena (Californie). C’est la première fois qu’un robot de ce calibre (3 x 2,7 m sur 2,2 m de haut, 899 kg) est expédié sur une planète du système solaire. Près de 7000 personnes ont travaillé sur le projet qui a coûté la bagatelle de 2,5 milliards de dollars. On comprend le soulagement apporté par l’atterrissage réussi. Pour autant, la véritable mission de Curiosity a commencé après cet exploit. Et force est de constater qu’elle n’a pas, pour l’instant, été à la hauteur des espoirs mis en elle. Le comble étant que c’est plutôt son petit prédécesseur, Opportunity, qui fait l’actualité avec ses découvertes géologiques. Curiosity, de son coté, doit découvrir des traces de vie passée sur Mars. Pour lui aussi, la saison 2 pourrait être décisive.

3°/ Serge Haroche, prix Nobel de physique

9 octobre 2012. A Stockolm, la nouvelle prend presque tout le monde par surprise. Alors que l’on attendait le Britannique Peter Higgs, c’est le Français Serge Haroche qui décroche le prix Nobel de physique avec l’Américain et David J. Wineland. Après des années où ce prix allait plutôt à des chercheurs en physique appliquée, c’est le grand retour du fondamental.  Avec Serge Haroche, la mécanique quantique et le chat de Schrödinger sont à l’honneur. Le Français, issu du même laboratoire de l’Ecole Nationale Supérieure (ENS) de la rue d’Ulm, à Paris, que deux précédents Nobel, a réussi à maintenir des particules dans cet état improbable où la matière hésite et se trouve, un bref instant, dans deux situations contradictoires. Comme un chat qui serait à la fois mort et vivant… Seuls les physiciens quantiques peuvent imaginer un tel paradoxe. Serge Haroche a été plus loin et a réussi à maintenir réellement des particules dans cet état assez longtemps pour faire des mesures. La médiatisation de son prix Nobel a révélé l’impact de cette distinction dont la science française avait besoin. Depuis Claude Cohen-Tannoudji en 1997, elle n’avait été primée qu’une fois avec Albert Fert en 2007.

Trois échecs :

1° / Les neutrinos trop rapides

16 mars 2012 : Eh oui ! Einstein a dû en rire dans sa tombe. Les scientifiques du CERN, eux, ont dû rire jaune en devant admettre, en mars 2012, que les neutrinos ne vont pas plus vite que la lumière. Pas moins de 6 mois ont été nécessaires pour débusquer l’erreur de manip. Une vulgaire fibre optique mal branchée. Au CERN de Genève ! Le temple de la physique doté du plus gros instrument, le LHC ! Avec des milliers de scientifiques venus du monde entier… Bien entendu, l’erreur est humaine. Ce qui l’est aussi, sans être aussi défendable, c’est le désir irrépressible de communiquer le résultat d’une expérience avant d’être absolument certain du résultat. Risqué, surtout lorsque ce résultat viole l’une des lois fondamentales de la physique : l’impossibilité de dépasser la vitesse de la lumière établie par Albert Einstein lui-même. Nul doute que la mésaventure laissera des traces et favorisera, à l’avenir, une plus grande prudence.

2°/ Les OGM trop médiatiques

19 septembre 2012. Gilles-Eric Séralini, biologiste de l’université de Caen, avait préparé son coup de longue date. Plus de deux ans pour mener à terme une étude d’impact des OGM et de l’herbicide Roundup sur une vie entière de rats. Et puis, le 19 septembre, coup de tonnerre médiatique. Le Nouvel Obs titre: “Oui, les OGM sont des poisons”. Si les physiciens du CERN ont manqué de prudence, nos confrères de l’hebdomadaire n’ont pas eu la moindre retenue lorsqu’ils ont conçu cette Une. Les ventes ont sans doute suivi. Le ridicule, aussi, lorsqu’il est apparu que l’étude était très contestable. En déduire que les OGM sont des poisons, en laissant entendre “pour les hommes”, est pour le moins regrettable. En revanche, le coup de Gilles-Eric Séralini a mis en lumière les carences des procédures de test des OGM. Sil en reste là, ce sera une terrible défaite, aussi bien pour la science que pour les médias.

3°/ Voir Doha et bouillir…

8 décembre 2012. Si c ‘était encore possible, la 18e conférence internationale sur le réchauffement climatique qui s’est tenue à Doha, capitale du Qatar, du 26 novembre au 6 décembre 2012 avec prolongation jusqu’au 8 décembre, aura battu tous les records de ridicule. On retiendra deux images : la grossièreté du vice-Premier ministre Abdallah al-Attiya et l’émotion de Naderev Saño, négociateur en chef de la délégation des Philippines, parlant du typhon Bopha qui a fait plus de 500 morts dans son pays. Quelle distance entre ces deux personnages. Aucun dialogue n’a pu s’établir dans ce pays qui est le plus pur symbole de la contribution éhontée au réchauffement climatique (numéro un mondial en émission de CO2 par habitant). La conférence s’est soldée par un échec cuisant. Un de plus. Au point de conduire à s’interroger sur l’utilité de tels rassemblements. Forts coûteux en énergie.

Michel Alberganti

Photo: Vue d’artiste. REUTERS/NASA/JPL-Caltech

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Chasing Ice : la plus extraordinaire formation d’iceberg jamais filmée

Après l’Antarctique, dont la partie ouest se réchauffe à grande vitesse, voici l’Arctique et le Groenland qui a, lui aussi, fait parlé de lui en 2012, surtout en juillet avec des records de surface de fonte de sa calotte glaciaire. Le 14 décembre 2012, le documentaire Chasing Ice du réalisateur Jeff  Orlowski est sorti sur les écrans… en Angleterre. Auparavant, il avait été diffusé aux États-Unis et avait été sélectionné au festival Pariscience d’octobre 2012 à Paris. Ayant eu l’honneur de faire partie du jury cette année, je l’avais défendu, sans succès. Il vient de remporter le prix du meilleur documentaire aux Satellite Awards de l’International Presse Academy.

Des photos prises pendant des mois sur plusieurs années

Chasing Ice n’a pas que des qualités. Il est trop long, 80 minutes, et trop axé sur un personnage, James Balog, photographe américain qui s’est pris de passion pour le réchauffement climatique et, en particulier, son impact sur le Groenland. Pour démontrer la réalité de ce phénomène, le photographe a consacré plusieurs années à photographier, à l’aide d’appareils installés pendant des mois en différents points du Groenland, l’évolution des glaciers. Il a ainsi pu enregistrer avec précision leur perte de volume au fil du temps comme le montrent ces images prises à trois années d’intervalle :

Le documentaire relate, avec moult détails, les préparatifs des expéditions, la réalisation et l’installation des boitiers de protection contenant les appareils photo ainsi qu’un système spécialement conçu pour ces missions de time-lapse, c’est à dire de prise de vue automatique à intervalle de temps donné. Les difficultés de réalisation n’ont pas manqué dans un environnement aussi hostile. Soumis au froid… polaire, aux vents extrêmes et à de longs mois d’abandon avec les problèmes de durée de vie des batteries, les appareils ont souvent été arrachés par les tempêtes et détruits. A force d’obstination, James Balog a fini par obtenir les images qui montrent la fonte rapide des glaciers.

Comme si l’île de Manhattan s’effondrait

Mais il voulait aussi filmer la fragmentation des icebergs, appelés “vêlage” ou calving en anglais, c’est à dire, littéralement, la mise bas. Mais là, pas question d’abandonner une caméra en fonctionnement pendant des mois. L’équipe du film s’est donc postée, pendant de longues semaines, dans l’attente d’un événement… Au bord du découragement, ils ont finalement été largement récompensés par la plus extraordinaire fragmentation jamais filmée. Pas moins de 7,4 km3 de glace se sont lentement effondrés devant les objectifs pendant 75 minutes. A peu près la taille de l’île de Manhattan s’est ainsi détachée du glacier d’Ilulissat. Un spectacle grandiose et apocalyptique que, espérons le, vous pourrez, un jour, voir sur les grands écrans de cinéma ou de la télévision française. Faute d’une programmation annoncée, en voici l’extrait le plus spectaculaire diffusé sur le site du journal The Guardian à l’occasion de la sortie du film en Angleterre. A recommander aux climatosceptiques qui, souvent dans les commentaires de ce blog, sont persuadés que la température de la Terre n’augmente plus depuis 20 ans…

Michel Alberganti

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Dans le Tarn, des poissons-chats pratiquent la chasse aux pigeons

Qui les connaît, surtout s’il est pêcheur, n’a guère de sympathie pour les poissons-chats. Outre leur aspect peu esthétique de prime abord, les Ameiurus melas et autres Silurus glanis, avec leur 6 barbillons et leurs trois épines aux piqûres douloureuses, ont la désagréable habitude de dépeupler les eaux de leurs autres habitants. Ils se nourrissent en effet essentiellement de poissons. Et ils grossissent très rapidement. Le Silure glane peut atteindre 1 à 2 mètres de long, voire 2,5 mètres, et peser jusqu’à 100 kg. Espèce invasive, les étangs et autres cours d’eau qu’ils investissent ne laissent rapidement aux pêcheurs d’autres possibilités que d’abandonner les gardons et les brèmes pour se résoudre à pêcher… des poissons-chats.

La voracité de ces envahisseurs est telle que cette pêche peut se révéler sportive. Une voracité que l’étude publiée dans la revue PLOS One du 5 décembre 2012 par Julien Cucherousset, biologiste du CNRS à l’université de Toulouse, confirme au delà de ce que l’imaginait jusqu’à présent. Avec son équipe, il a étudié les pratiques de chasse au pigeon de ces prédateurs d’eau douce.

Les scientifiques rappellent d’abord plusieurs stratégies de captures des carnassiers dont la fameuse technique des crocodiles pour sauter à la gorge des gazelles ou des gnous en Afrique. Difficile de ne pas y penser lorsque l’on observe la technique des poissons-chats vis à vis des pigeons.

L’équipe de Julien Cucherousset a analysé 24 scènes de chasse dans le Tarn, rivière dans laquelle les poissons-chats ont été introduits en 1983. De 1 à 9 poissons-chats de 90 cm à 1,5 mètre de long chassaient tandis que, sur la berge, un groupe de pigeons était venu boire et faire toilette. Les chercheurs ont ainsi analysé et filmé 54 attaques de silures sur les pigeons. Dans 28% des cas, le poisson a capturé l’oiseau sur la terre, est retourné dans l’eau et l’a avalé. Une seule fois, le poisson est entièrement sorti de l’eau, mais sans succès. Dans environ 40% des attaques, plus de la moitié de la longueur du corps du poisson-chat est sorti de l’eau. Dans tous les cas, l’assaut a été rapide puisqu’il a duré de 1 à 4 secondes. Les chercheurs ont remarqué que seuls les pigeons en mouvement étaient attaqués, même lorsque l’un d’entre eux était plus proche mais restait immobile. La vue du poisson-chat n’est pas son point fort. Il semble ainsi que ce soit plutôt leurs barbillons détectant les vibrations de l’eau qui les guident.

Pour tenter d’évaluer la part prise par les pigeons dans l’alimentation des poissons-chats, les chercheurs ont analysé la chair de 14 d’entre eux mesurant entre 90 cm et 2 mètres. Ils ont ainsi découvert une grande dispersion dans la part des volatiles dans le menu des poissons. Il semble donc qu’il s’agisse d’une pratique de certains individus seulement. En revanche, le pigeon se substitue au poisson dans le régime. Cette chasse, coûteuse en énergie, est-elle causée par un manque de nourriture aquatique ou bien par l’attrait du goût du volatile ? L’étude ne répond pas à cette question. Néanmoins, la taille semble jouer un rôle. Celle des chasseurs de pigeons varie entre 90 cm et 1,5 mètre lorsque celle de l’échantillon total observé va de 90 cm à 2 mètres. Cela pourrait indiquer que les plus gros poissons sont moins habiles chasseurs sur terre.


La découverte de l’équipe de Julien Cucherousset apparaît comme totalement inédite. Elle induit d’autres questions concernant l’impact de la part de nourriture terrestre sur la capacité invasive de l’espèce. Sur le plan écologique, la chasse aux pigeons des poissons-chats interroge sur leur équilibre avec les ressources de leur milieu. Sont-ils trop nombreux par rapport aux poissons ? Leurs proies aquatiques sont-elles devenues moins nombreuses, peut-être à cause, justement, de l’augmentation de la population de poissons-chats ?

Ce dont les chercheurs sont sûrs, à ce stade, c’est qu’ils ont observé un cas assez extraordinaire d’adaptation d’une espèce à son milieu. Une pratique entièrement nouvelle a été développée par les poissons-chats, malgré la difficulté. Cela montre une espèce en pleine évolution. Mais la chasse au pigeon est sujette à l’absence d’évolution… des pigeons eux-mêmes. Combien de temps leur faudra-t-il pour apprendre à se méfier de l’eau qui ne dort qu’en apparence ?

Une autre vidéo, glanée sur Flickr, montre, ci-dessous, que la prochaine victime des poissons-chats pourrait bien être le canard. Un futur sujet d’étude, peut-être, pour les chercheurs toulousains.

La revanche de l’oiseau :

Michel Alberganti

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Climat : tout Doha dans le mur

Moment d’émotion à Doha, au Qatar, lorsque Naderev Saño, négociateur en chef de la délégation des Philippines, a fait le lien entre les négociations de la 18ème conférence internationale sur le changement climatique et le nouveau drame qui a frappé les Philippines cette semaine avec le passage du typhon Bopha qui a fait plus de 500 morts et des centaines de milliers de sans abri. Mais les sanglots dans la voix de Naderev Saño n’y feront rien. Doha va se terminer sur un échec cuisant. Un de plus. Avec une fracture grandissante entre les pays pauvres et les pays riches sur la gestion du réchauffement climatique.

En effet, le temps des objectifs de réductions des émissions de CO2 semble désormais révolu. Les discussions se concentrent sur la gestion  des conséquences d’un réchauffement planétaires qui pourrait atteindre 3 à 5°C en 2100 au lieu des 2°C visés pour limiter les risques d’emballement du système climatique.

La conférence de Doha, qui a rassemblé les représentants de 190 pays du 26 novembre au 6 décembre 2012 au Qatar, le pays dont les habitants sont les plus gros pollueurs de la planète, est en passe de s’achever en farce. D’autant que le pays hôte n’a pas jugé utile de saisir cette occasion pour faire le moindre effort en matière de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre (GES).

Le vice-Premier ministre Abdallah al-Attiya qui dirige les débats en séance plénière a même fait preuve de cynisme, voire de mépris, pour les participants. Vendredi 7 décembre, il a ouvert une séance en diffusant le clip d’une “chanson de la société civile” appelant à “se réveiller” sur l’air de Bella Ciao. Face au risque de prolongation des débats dans la nuit, il a déclaré avec élégance: “Je ne suis pas pressé. Ma maison est seulement à 10 minutes en voiture”. Visiblement, le Qatar n’avait pas d’objectif écologique en organisant cette conférence.  On découvre qu’il ne s’agissait pas, non plus, de donner une bonne image du monde arabe. Tout cela tourne donc de plus en plus à la mascarade et justifie de se poser la question de la nécessité de continuer à rassembler, tous les ans à grand frais, des milliers de personnes autour de la question du climat.

Un fiasco de plus

Doha s’inscrira donc dans la longue liste des fiascos. Pas d’accord sur des objectifs contraignant de réduction des émissions de gaz à effets de serre. Pas d’accord sur le programme de soutien financier aux pays victimes des conséquences du réchauffement climatique. “L’UE ne peut pas accepter un texte qui contiendrait un engagement à 60 mds d’argent public en 2015 compte tenu des contraintes budgétaires dans lesquelles nous sommes”, a déclaré le ministre français du Développement, Pascal Canfin, indiquant que les négociateurs tentaient de trouver une “formule” qui “dessinerait un chemin pour arriver aux 100 milliards”, rapporte l’AFP. Comme on le sentait déjà lors des précédents sommets, comme celui de Durban, la crise économique a achevé les timides velléités d’engagement financier des pays riches. Les pays pauvres vont devoir s’y faire. Les riches n’ont plus d’argent à leur donner.

Alors, Doha accouchera sans doute de décisions strictement symboliques. Le protocole de Kyoto, version 2, qui doit débuter le 1er janvier 2013 reste sur la sellette. Il est déjà vidé de sa substance avec le désistement du Japon, de la Russie et du Canada. Les décisions ne concerneront que l’UE et l’Australie qui émettent 15% des GES globaux. Autant dire que leurs efforts n’auront aucun effet significatif sur le réchauffement. Et puis, il sera temps de se donner rendez-vous… pour la prochaine réunion, à Paris en 2015 avec l’espoir de moins en moins ferme d’un accord mondial sur des réductions d’émissions à partir de 2020.

On aurait donc probablement pu se passer de Doha et des railleries de son vice-premier ministre. Les choses en sont arrivées au point de presque donner raison au climato-sceptique Lord Monckton qui a réussi à prendre la parole en se faisant passer pour un représentant de la Birmanie (Myanmar) pour exposer ses vues contestant la réalité du réchauffement et l’absurdité de lutter contre les émissions de GES. Qu’il ait pu, ainsi, s’infiltrer dans la conférence est tout un symbole…

Michel Alberganti

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Doha : les chevaux sont climatisés, la conférence passe

Doha, capitale du Qatar,  accueille la dix-huitième conférence des Nations unies sur le climat du 26 novembre au 7 décembre 2012. Dix-huit conférences depuis 1997. Plus d’une par an… Cette fois, le pays choisit est un symbole. C’est lui qui détient le record du monde d’émission de CO2 par habitant. Pas moins de 44 tonnes en 2009, contre 17,2 pour les Américains, 6,1 pour la France et… 5,3 pour la Chine. Ne parlons pas de l’Inde avec ses 1,4 tonne par habitant.

Premier émetteur mondial de CO2 par habitant

Ce classement, s’il ne reflète pas la contribution de chaque Etat à l’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère, est très révélateur des différences de mode de vie entre les pays. Ainsi, la Chine (24% des émissions mondiales) est en tête de pays émetteurs de CO2 devant les Etats-Unis (18%). Par habitant, ces deux pays se retrouvent, respectivement, à la 78e et à la 12e place.

Le Qatar est donc bien le symbole du mode de vie auquel il faut absolument tourner le dos pour réduire les émissions de CO2. L’émir, Hamad bin Khalifa Al Thani, lui, a construit un haras entièrement climatisé. On imagine les participants de la 18e conférence sur le climat installés dans un auditorium ultra-moderne consommant le maximum d’énergie fossile possible. Un lieu idéal pour porter le fer, diront les plus militant. Le symbole d’une bataille perdue, penseront les plus réalistes…

Premier exportateur mondial… de gaz

Ambiance surréaliste, donc, au coeur du premier pays exportateur mondial… de gaz. Que l’on soupçonne d’ailleurs de profiter de la conférence pour faire la promotion de sa première ressource, réputée moins émettrice de CO2 que le charbon. Tout cela au moment où la Banque mondiale publie un rapport alarmant sur la poursuite de la croissance des émissions de ce même CO2.  Et que, dans la revue Nature du 2 décembre, est publié un article confirmant que les années 2011 et 2012 battent, chacune, les records d’émission précédents.

Entre +4 et +6°C en 2100

Les chercheurs du Global Carbon Project enregistrent ainsi une progression de 2,6% en 2011 à 35,6 milliards de tonnes de CO2 rejetées dans l’atmosphère. Ils estiment qu’environ 80% de la croissance est imputable à la Chine. La légère réduction des émissions des Etats-Unis et de l’Europe ne parvient pas à compenser l’explosion de celles des pays émergents. Désormais, il faut oublier l’objectif d’une augmentation de température limitée à 2°C en 2100 (par rapport à la température de l’ère pré-industrielle). Les projections tablent désormais sur une fourchette comprise entre 4 et 6°C. Une excellente motivation pour les représentants des 190 pays présents à Doha.

Michel Alberganti

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Quand les dinosaures arpentaient le Grand Canyon…

Un dinosaure sur les bords du Grand Canyon… Une image forte qui semble désormais probable grâce à l’étude réalisée par des chercheurs de l’université de Colorado Boulder. L’analyse de minéraux au fond de sa partie ouest indique que le Grand Canyon était déjà largement creusé il y a… 70 millions d’années. Les dinosaures, qui seraient apparus sur Terre il y a quelque 230 millions d’années pour disparaître il y a 65 millions d’années, auraient donc pu se promener dans ces lieux sans doute déjà magiques à cette époque reculée.

10 fois plus âgé qu’on le croyait

Cette découverte bouscule les connaissances qui dataient la formation du Grand Canyon d’il y a seulement 5 à 6 millions d’années. Il s’agit d’un bond en arrière de plus de 60 millions d’années réalisé grâce à l’analyse de la désintégration d’atomes d’uranium et de thorium en atomes d’hélium à l’intérieur d’un phosphate appelé apatite. “Nos résultats impliquent que le Grand Canyon était déjà creusé jusqu’à quelques centaines de mètres de sa profondeur actuelle il y a 70 millions d’années”, indique Rebecca Flower, l’une des signataires de l’article publié le 29 novembre 2012 dans la revue Science Magazine.

Michel Alberganti

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+ 11 mm en 20 ans : la glace polaire fond, le niveau des mers monte

La question jaillit dès que l’on parle de la fonte des glaces polaires, même dans la rédaction de Slate.fr… “Mais alors où va l’eau ?” La réponse est à la fois simple et compliquée. Simple parce que l’eau provenant de la glace fondue va, bien entendu, dans les mers. Compliquée parce que, à la question corollaire : “Est-ce que cela fait monter le niveau des mers ?”, il était, jusqu’à aujourd’hui, difficile d’apporter une réponse précise.

Banquise ou inlandsis ?

Première difficulté : cela dépend du type de glace. S’il s’agit de la glace de mer constituant les banquises, le niveau ne monte pas. Mais lorsqu’il s’agit de la fonte de glace d’eau douce, celle des glaciers qui forment les calottes polaires, ou islandsis,  à la suite de chutes de neige accumulées pendant des millénaires, le niveau monte. De combien ? Là était la question délicate. Jusqu’à la publication, le 29 novembre 2012 dans la revue Science, de trois études produites par 47 chercheurs de 26 laboratoires. Il fallait cette association pour sortir d’une situation dans laquelle les données étaient aussi nombreuses que différentes.

Le Groenland en fonte libre

Désormais, la conclusion est limpide : la fonte des glaces polaires au cours des 20 dernières années a contribué à la montée du niveau des mers pour 11,1 mm +/- 3,8 mm. Soit une fourchette comprise entre 7,3 mm et 14,9 mm. Mais ce bilan ne reflète pas bien la dynamique du phénomène. Ainsi, le Groenland perd aujourd’hui 5 fois plus de glace qu’en 1992. Aujourd’hui, globalement, la fonte des glaces des pôles est, chaque année, trois fois supérieure à celle des années 1990 L’augmentation annuelle du niveau des mers est ainsi passé de 0,27 mm par an dans les années 1990 à 0,95 mm par an actuellement. Les deux tiers de la perte de glace se produit au Groenland contre un tiers en Antarctique.

Ce résultat tranche une question pendante concernant l’Antarctique. Certains pensaient que la quantité de glace y augmentait. Désormais,  les chercheurs affirment que les deux pôles perdent de la glace chaque année. Même si c’est au Groenland que la perte est la plus spectaculaire, comme on a pu le constater cet été. Les scientifiques ont déjà dû revoir profondément leurs prévisions dans ce domaine.

Un cinquième de la montée totale

Le chiffre de 11,1 mm en 20 ans peut paraître modeste. Il faut néanmoins ne pas oublier que la fonte des glace polaire ne contribue que pour environ un cinquième à la montée totale du niveau des mers liée au réchauffement climatique. La dilatation de l’eau joue un rôle très important. Le total atteint donc plus de 50 mm en 20 ans. Le plus inquiétant étant la forte accélération du phénomène au cours des dernières années.

Michel Alberganti

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Taux de CO2 dans l’atmosphère: la lutte contre le réchauffement climatique a échoué

L’organisation météorologique mondiale (WMO) a publié, le 20 novembre 2012, son bilan annuel sur l’évolution de la concentration des gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère. En 2011, un nouveau niveau record a été atteint, ce qui signifie que toutes les conférences internationales sur le réchauffement climatique ont échoué. Elles ne sont pas parvenues à infléchir la courbe de croissance de ces gaz. Le CO2 a atteint les 390,9 parties par million (ppm) en 2011, soit 40% de plus que les 280 ppm de l’ère pré-industrielle.

Ainsi, entre 1990 et 2011, le forçage radiatif a augmenté de 30% à cause du CO2 et des autres GES comme le méthane. Depuis le début de l’ère industrielle, au XIXe siècle, 375 milliards de tonnes de carbone ont été relâchées dans l’atmosphère, prioritairement par la combustion de combustibles fossiles. Environ la moitié de ce carbone reste dans l’atmosphère tandis que l’autre moitié a été absorbée par les océans et la biosphère terrestre.

“Ces milliards de tonnes de CO2 ajoutées dans l’atmosphère terrestre vont y rester pendant des siècles, contribuant au réchauffement de la planète avec des impacts sur tous les aspects de la vie sur Terre. Les émissions futures ne feront qu’aggraver la situation”, a commenté Michel Jarraud, secrétaire général de la WMO. Avant l’ère industrielle, la quantité de CO2 émise dans l’atmosphère était entièrement récupérée par les écosystèmes marin et terrestre. Aujourd’hui, cette captation n’atteint plus que 50% des émissions et rien ne permet de prédire que cette proportion va rester stable.

On peut se satisfaire d’une croissance qui n’accélère pas malgré l’augmentation de la population sur Terre et le développement de pays comme la Chine et l’Inde. Néanmoins, ce résultat est loin de permettre d’atteindre l’objectif d’une augmentation limitée à 2°C en 2100. Désormais, les projections, comme celle de l’étude commandée par la Banque mondiale, tablent plutôt sur 4°C. Sans certitude.

Ainsi, la température sur Terre, qui était de 13,9°C en moyenne au XXe siècle, a affiché en 2011, un écart de + 0,51°C, soit:

14,41 °C

Michel Alberganti

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