Baptisons les lunes de Pluton

Pour l’instant, elles se nomment P4 et P5. Pas très poétique… Il faut dire qu’elles n’ont été découvertes qu’en 2011 et 2012. Ce sont les deux dernières lunes connues du système plutonien. On se souvient des débats qui, en 2006, ont agité la communauté des astronomes lorsque le 26e congrès de l’Union astronomique internationale (UAI) a fait perdre à Pluton son statut de neuvième planète du système solaire pour la ravaler au rang de planète naine.

Son diamètre ne dépasse pas les 2 306 km, ce qui est inférieur, de peu, à celui d’une autre planète naine, Éris, identifiée en 2005. Ainsi, alors qu’elle faisait partie des planètes à part entière depuis sa découverte en 1930, Pluton a changé de catégorie en réduisant à 8 le nombre des corps célestes conservant ce titre dans le système solaire. Par ordre croissant de distance par rapport au Soleil, on trouve désormais : Mercure, Venus, Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. Pluton et Eris sont encore plus éloignées du Soleil.

Outre sa taille de lilliputienne, la caractéristique de Pluton qui lui a valu sa disqualification comme planète réside dans le couple qu’elle forme avec Charon, considérée comme l’une de ses lunes. Découverte en 1978, Charon a un diamètre de 1207 km, soit plus de la moitié de celui de Pluton.

De fait, les deux corps forment un tandem ayant un centre de gravité commun qui se situe… dans le vide, entre les deux objets. C’est ainsi que Pluton a perdu son titre… Une “vraie” planète ne doit pas vivre ainsi à proximité d’un astre ayant une taille comparable à la sienne. La distance qui la sépare de Charon n’est que de 19 570 km (contre environ 390 000 km entre la Terre et la Lune). Surtout, le centre de gravité de l’ensemble doit se trouver à l’intérieur de la planète principale. Ce qui n’est possible que s’il existe une grande différence de masse entre les deux corps.

Si naine soit-elle, Pluton n’en possède pas moins des lunes. Et même cinq, à ce jour. Après Charon, Nix et Hydra ont été découvertes en 2005. S’y ajoutent donc, depuis 2011 et 2012, P4 (10 à 40 km de diamètre) et P5 (10 à 25 km de diamètre) qu’il est devenu urgent, semble-t-il, de baptiser.

En effet, le 11 février 2013, l’Institut Seti a lancé un appel au public en proposant un vote démocratique pour choisir les noms de ces objets intermédiaires entre de petites lunes et de gros cailloux. Les internautes peuvent voter sur le site Plutorocks.  Douze noms issus, comme le veut la tradition, de la mythologie grecque et romaine, sont disponibles. Mais il reste possible d’en proposer d’autres. Ne traînez pas… La fin du vote est prévue pour le lundi 25 février 2013.

Michel Alberganti

6 commentaires pour “Baptisons les lunes de Pluton”

  1. J’ai voté :)
    Cerberus et styx.
    Et vous ?

  2. Lethe et Obol :)

  3. Il me semblait que le fait que Pluton-Charon ne nettoyaient pas “la route” de leur rotation de tous les débris était la raison principale pour laquelle pluton n’était plus une planète… Je pense que l’axe du système binaire ne faisait pas parti de l’équation…

    Perso je ne baptise pas les cailloux si petit, il y a temps d’exoplanètes a baptiser il faudrait commencer par ca ! Et puis attendons Horizon pour commencer a nommer cette partie de notre système solaire ! ^^

  4. je propose Charal pour faire contrepoids à Charon

  5. et Nux pour la 2ème.

  6. Dumbledore et gandalf :)

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Globule et téléscope est le blog Science et Environnement de Slate.fr.
Il est tenu par Michel Alberganti, journaliste scientifique, ancien journaliste au Monde où il a dirigé le service Science et technologie, et aujourd'hui également producteur de l'émission Science Publique sur France Culture.
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