Le robot mulet répond à la voix du soldat, le suit et porte son barda

Lorsqu’il fera son apparition sur les champs de bataille, nul doute que le robot mulet LS3 donnera l’avantage aux soldats qui l’utiliseront, ne serait-ce que par l’effet de surprise de leurs adversaires. L’engin développé par l’entreprise Boston Dymanics est probablement le plus gros robot parvenu à un stade aussi avancé de développement. Il peut en effet transporter environ 180 kg de matériel et dispose d’assez de carburant pour parcourir 30 km et fonctionner pendant 24 heures. Déjà, lorsque le LS3 était à l’entrainement dans un laboratoire, bardé de fils et de câbles, il impressionnait par les mouvements de ses quatre pattes, très proches de celles d’un animal comme une vache, un cheval ou un mulet, mais aussi par ses capacités de relèvement après une chute. Mais les premiers séquences vidéo filmées dans la nature sont, elles, tout bonnement sidérantes. Vous pouvez juger par vous-même :

La dernière vidéo date du 19 décembre 2012 et montre, pour la première fois, le LS3 lourdement chargé et, surtout, capable de suivre un soldat sur des terrains accidentés. On note qu’il répond aux commandes vocales et qu’il est capable de trouver son chemin pour rejoindre le soldat en évitant les obstacles. L’engin conserve son aptitude à se relever après une chute, même sur un terrain boueux. Une fonction essentielle car, vu son poids, il est impossible à un homme seul de le remettre debout. Ses flancs équipés d’arceaux jouent un rôle important pour cette opération tandis qu’un réseau de barres protègent la tête et son électronique.

Un tel engin démontre, une nouvelle fois, les ressources fournies par le biomimétisme. La démarche des quadrupèdes est, ici, parfaitement reproduite. Au trot, le LS3 semble ne plus toucher le sol. Et il compense son manque de souplesse par un  jeu des articulations des pattes avant qui lui permettent de se sortir de tous les mauvais pas.

Financé par la Darpa, l’agence américaine des projets avancés de l’armée, et par la marine américaine, le LS3 préfigure peut-être l’équipement des soldats de demain. Difficile de ne pas penser, en le voyant évoluer, à certains robots de Star Wars. Pourtant, la fonction de ce mulet métallique n’est guère belliqueuse puisqu’elle se limite au transport de matériel. La tentation de l’équiper d’armement doit néanmoins titiller certains responsables militaires. Le mulet se transformerait alors en dragon crachant du feu et des balles sur son passage, sorte d’hélicoptère au sol… De quoi rêver, ou cauchemarder…

Michel Alberganti

8 commentaires pour “Le robot mulet répond à la voix du soldat, le suit et porte son barda”

  1. La réalité tempère les imaginations.
    La grande faiblesse de tous les automates: l’autonomie énergétique.
    Plus les robots sont lourds, plus ils consomment, plus les batteries sont conséquentes, plus elles sont lourdes.
    Reste la pile atomique. Là, une explosion assez près du robot et c’est le plutonium qui se diffuse et reste dans l’environnement durant 1 milliard d’années.
    Quelque soit la partie qui gagne la guerre.

  2. Fantastique ! au lieu d’acheter un mulet l’armée US préfère investir des millions dans une machine qu’il faut recharger toutes les 24 heures. Va falloir installer des bornes sur les territoires des opérations militaires

  3. C’est très impressionnant, j’avais vu un autre prototype il y a quelque temps, plus léger, mais qui n’avait pas la capacité a se relever aussi aisément.
    Celui-ci semble beaucoup plus élaboré et fonctionnel, analysant le terrain et prenant des décisions en temps réel. On peut aussi noter que quand il chute, il comprend qu’il chute, s’arrête immédiatement de courir, et attend un certain laps de temps avant de se repartir.
    Reste à voir, maintenant, s’il peut aller plus vite, et surtout s’il peut contourner des obstacles qui surviendraient entre le soldat et lui. Vous évoquez le fait qu’une fois armé, il ferait de gros dégâts dans un camp ennemi ; mais à mon sens, la robotisation est l’orientation que prend la guerre moderne. On n’est plus si loin que ça du robot qui ira se battre à la place de l’humain. La réalité rattrape la fiction, mais il reste encore beaucoup à faire avant d’avoir un cyber-soldat totalement autonome. La résistance physique de l’être humain aux conditions extrêmes (humidité tropicale, évolution dans l’eau, froid intense, chaleur étouffante, “recharge rapide en énergie” et autonomie sans ravitaillement) n’est pas encore égalée. Sans compter cet instinct de survie qui sauve parfois un combat perdu d’avance. Le plus gros défaut du robot restera de n’avoir aucunement peur de mourir, ce qui peut le conduire à des comportements absurdes. Et si on parvenait à leur inculquer l’envie de survivre, ne finiraient-ils pas par comprendre que c’est nous qui les envoyons se faire tuer… à notre place ?
    Pour ma part, je pense que rien ne remplacera un soldat de métier parfaitement entraîné dans les situations périlleuses. Mais il y a aussi un aspect politique à prendre en compte : les robots n’ont pas besoin de cercueil, et aucune famille ne les attend au pays. Ils peuvent mourir et être ressuscités 25 fois. C’est seulement une question d’argent, et tout dirigeant d’un pays préfèrera perdre 100 robots qu’un seul soldat, à cause de la médiatisation de la perte du soldat.
    Obama est friand des drones. Pilotés depuis les États-Unis, ils peuvent frapper n’importe quelle cible. Les attaques de drones n’étaient que de la science-fiction il y a quelques années. Et nous y sommes déjà.

  4. Impressionnant à la fois par la stabilité, la capacité à suivre un itinéraire, la reconnaissance vocal etc. mais …pas convaincant.
    Alors que des minidrones coûtant trois francs six sous peuvent infliger des pertes considérables à l’ennemi pourquoi s’encombrer d’un lourdaud pareil qui a du mal à suivre un fantassin et dont on ne peut pas dire qu’il a l’agilité des insectes volants construits par l’homme?

  5. Et pendant ce temps là, 50 millions de pauvres aux USA. Vive l’oligarchie.

  6. Bonjour,

    Impressionnant
    presque élégant
    un vrai Cheval de Troie miniature !
    nul doute que ce soit l’avenir du fantassin “électronique” dans les années qui viennent ….

  7. fabuleux !! des millions de dollars investis pour réinventer le mulet , on n ‘arrête pas le progrès.
    ça me fait au super-stylo développé par la NASA pour écrire dans l’espace .. les russes avaient pris des crayons à papier :-)
    l’armée US veut tellement développé des systèmes de haute technologie qu’elle est en train de se planter en dépensant des sommes faramineuse ( ex : F-35 )

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Globule et téléscope est le blog Science et Environnement de Slate.fr.
Il est tenu par Michel Alberganti, journaliste scientifique, ancien journaliste au Monde où il a dirigé le service Science et technologie, et aujourd'hui également producteur de l'émission Science Publique sur France Culture.
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