OGM: six Académies plaident pour museler les chercheurs et la presse

Que s’est-il passé au sein des 6 Académies nationales qui, vendredi 19 octobre 2012, ont publié un avis commun sur l’affaire Séralini ? Dès le 19 septembre, jour de la publication de l’étude du chercheur français à la fois dans la revue Food and Chemical Toxicology et dans le Nouvel Observateur, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a demandé, via une saisine immédiate, l’avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Tandis que l’on attend toujours cet avis (annoncé pour le lundi 22 septembre à 14h00), voilà que 6 Académies nationales, auxquelles personne n’a rien demandé, décident de se prononcer sur l’étude de Gilles-Eric Séralini.

La surprise redouble, voire décuple, lorsque l’on lit ce texte de 5 pages sobrement intitulé “Avis des Académies nationales d’Agriculture, de Médecine, de Pharmacie, des Sciences, des Technologies, et Vétérinaire sur la publication récente de G.E. Séralini et al. sur la toxicité d’un OGM”. Outre le fait, sans doute rarissime, d’une telle association de doctes institutions, c’est la violence du propos qui surprend et amène à s’interroger. On se souvient des tergiversations, des débats à huis clos et du texte final de haute volée diplomatique qui avait suivi la demande à l’Académie des sciences de statuer sur le différend entre scientifiques au sujet du réchauffement climatique. Ici, l’équilibre cède la place une virulence inaccoutumée.

Sur le fond, les six Académies reprennent les avis déjà remis par les autorités européenne (EFSA) et allemande (BfR) sans attendre celui de la France… Dont acte. Le communiqué de presse accompagnant l’avis conclut : “En conséquence, ce travail ne permet aucune conclusion fiable”. Mais c’est sur la forme, c’est à dire la stratégie de communication de cette étude, que les Académiciens lâchent leurs bombes. Sans se priver d’attaques ad hominem:

“L’orchestration de la notoriété d’un scientifique ou d’une équipe constitue une faute grave lorsqu’elle concourt à répandre auprès du grand public des peurs ne reposant sur aucune conclusion établie”.

Quand aux leçons et préconisations, elles font froid dans le dos. Leur citation intégrale s’impose tant le propos sort des sentiers battus. Ainsi, les six Académies :

- souhaitent que les universités et les organismes de recherche publics se dotent d’un dispositif de règles éthiques concernant la communication des résultats scientifiques vis-à-vis des journalistes et du public, afin d’éviter que des chercheurs privilégient le débat médiatique qu’ils ont délibérément suscité, à celui qui doit nécessairement le précéder au sein de la communauté. scientifique.

- proposent que le Président du Conseil supérieur de l’audiovisuel s’adjoigne un Haut comité de la science et de la technologie chargé de lui faire part, de façon régulière, de la manière dont les questions scientifiques sont traitées par les acteurs de la communication audiovisuelle.

- demandent aux pouvoirs publics et à la représentation nationale de tout mettre en œuvre pour redonner du crédit à l’expertise collective et à la parole de la communauté scientifique qui mérite une confiance qu’on lui refuse trop souvent, alors que chacun s’accorde à affirmer que l’avenir de la France dépend pour partie de la qualité de ses travaux de recherche.

Est-il nécessaire de commenter de tels propos ? Le “dispositif de règles éthiques” semble conduire directement à l’instauration d’une nouvelle censure en matière de communication scientifique. Le Haut conseil de la science et de la technologie, associé au CSA, ressemble à un service de renseignements chargé de faire la chasse aux journalistes maltraitant la science.

S’il avait existé, le premier instrument aurait pu servir à museler Gilles-Eric Séralini. En cas d’échec de cette première ligne, le second dispositif aurait conduit à dénoncer les journalistes du Nouvel Observateur qui ont relayé l’information le jour de la publication scientifique de l’étude. Les Académiciens ne précisent pas les sanctions qu’ils souhaitent voir appliquées. L’exclusion du chercheur de l’université ? L’interdiction de paraître du Nouvel Observateur ?

Que six Académies perdent à ce point leur sang froid qu’elles se laissent aller à publier un texte commun appelant à la censure et à la chasse aux sorcières révèle un malaise profond de ces institutions scientifiques vis à vis des médias et du public. A l’inverse du but recherché, ce texte pourrait conduire à :

- Une défense, espérons-le, par l’ensemble des médias, aussi bien de la presse écrite, radio et télévisée, de la rédaction du Nouvel Observateur. Corporatisme ? Sans doute, si la liberté de la presse en est un. Sinon, ce sera aux lecteurs, c’est à dire aux citoyens, de se prononcer. Même ceux, dont je fais partie, qui considèrent la couverture du Nouvel Observateur du 20 septembre (“Oui, les OGM sont des poisons !”) comme indigne de l’éthique journalistique, ne pourront que défendre le droit de l’hebdomadaire à faire des erreurs. Tous les médias en ont fait, en font et en feront. Surtout dans les périodes économiquement difficiles comme celle que nous traversons. La disparition de la version papier de Newsweek en témoigne. Vouloir instaurer la censure ne peut avoir comme objectif que de hâter la disparition de la presse écrite. A moins que cette dernière ne sorte revigorée de cette attaque. Mais, pour cela, elle a besoin du soutien de ses lecteurs.

- Une suspicion dans l’esprit des directeurs de journaux, de radios et de télévisions, vis à vis du traitement de la science dans leur média. Cette méfiance minera les décennies d’efforts des journalistes scientifiques pour convaincre leur direction, dont la culture est, le plus souvent, littéraire, d’accorder plus de place aux sujets scientifiques dans leur média. Sans une condamnation massive du texte des six Académies, la science occupera, demain, encore moins de place qu’aujourd’hui dans les journaux, les radios et les chaînes de télévision. Beau résultat…

- Une fracture entre les chercheurs, les médias et le grand public. Là encore, des décennies d’efforts pour mettre les débats scientifiques sur la place publique risquent d’être ruinées. Ce ne serait pas le moindre des effets collatéraux de l’opération médiatique Séralini que de lui donner un tel pouvoir. Aujourd’hui, déjà , la parole des chercheurs n’est pas toujours libre. En faisant planer la menace d’une sanction de leur institution, la recherche sera muselée. Est-ce là le but des Académies nationales ? Veulent-elles que le débat scientifique soit réduit au huis clos jusqu’à ce qu’une communication officielle, une “vérité”, soit dispensée à la foule ignare, incapable de forger sa propre opinion ?

On peut se demander quelle mouche a piqué les six Académies pour les conduire à publier un tel texte. S’il n’est pas retiré au plus vite, une réaction s’impose de la part de l’ensemble des journalistes, bien entendu, mais également, et surtout, du public.

Alors, à vos plumes !

Michel Alberganti

 

57 commentaires pour “OGM: six Académies plaident pour museler les chercheurs et la presse”

  1. [...] OGM: six Académies plaident pour museler les chercheurs et la presse From blog.slate.fr (via @StefanCavers) – Today, 9:41 AM [...]

  2. “L’orchestration de la notoriété d’un scientifique ou d’une équipe constitue une faute grave lorsqu’elle concourt à répandre auprès du grand public UNE CONFIANCE ne reposant sur aucune conclusion établie”

  3. Bel art dialectique! Pour tenter de justifier l’injustifiable, un mepris de toute deontologie de la part du “scientifique’ et de son relais dans la presse au profit du coup mediatique , on nous ressort l’argument de la censure pour disqualifier les scientifiques qui demandent simplement un peu de rigueur et de retenue. Cocasse au premier abord, pathetique et inquietant finalement, de voir que certains sont prets a toutes les manipulations pour nous forcer a penser “correctement”.

  4. Dans leur communiqué ces 6 académies s’accordent également, à l’instar de GES, à dire qu’ “Il reste vrai, même après ces critiques, qu’il est sans doute opportun de se poser la question des protocoles expérimentaux qui devraient être utilisés pour détecter un pouvoir cancérogène éventuel des produits alimentaires.”

    Ajoutez à cela un nouveau rapport de la cour des Comptes européenne pointant les conflits d’intérêts à l’EFSA
    Ce rapport étudie les conflits d’intérêts dans 4 agences européennes, dont l’EFSA, avec entre autre l’ILSI (Syngenta, Pepsi Co, Monsanto).

    De toute façon si (c’est du conditionnel) GES à raison, il faudra refaire cette étude.
    Et il y a bien un point sur le quel tout le monde s’accorde c’est l’insuffisance des protocoles et d’encadrement éthique ayant amené à l’autorisation de consommation (≠ recherche) de ces produits.

    Donc la question n’est pas de savoir qui a raison, GES ou l’EFSA, mais de savoir quand, qui et comment allons nous refaire ces études ?
    Les instances officielles récupèreront la confiance du publique par des études irréprochables et non en passant par du bruit médiatique pour critiquer le bruit médiatique.

  5. Bonjour, cet article est fort intéressant et nous montre à quel point les lobbies sont puissants, installés depuis longtemps près des institutions européennes et autorisés depuis quelques années (merci à l’ancien président) à fréquenter les couloirs de l’assemblée nationale. Tous les problèmes de santé liés à l’agriculture depuis des années ont été volontairement étouffés par les insitutions. Or, ils existent bel et bien et le problème ENORME dans ces situations est que les tests sont réalisés sur les innovations à la base par les industries elles-mêmes, ce qui les rend “juge et parti” de fait. Je vous laisse imaginer l’objectivité des résultats. Donc, quand on a une étude neutre qui donne des résultats objectifs et ouverts aux contre-expertises, bon nombre de voix s’élèvent pour diffamer, calomnier ou censurer si cela est possible. J’espère que les citoyens ne se laisseront pas manipuler et garderont leur esprit critique dans toutes les situations auxquelles ils seront confrontés. Il s’agit de notre santé et de celle de nos enfants.

  6. Vous oubliez d’expliquer que l’académie accuse GES d’avoir cacher ces résultats préliminaires. Dès fin 2011 il avait des résultats qui auraient été de nature à provoquer une interdiction rapide de l’OGM en question… sauf qu’il aurait dut les faire valider par d’autres experts, ce qui aurait fait tomber à l’eau tout le projet marketing….

    Cette demande est une sanction collective face aux comportements inadmissibles de quelques scientifiques militants dont GES est le fer de lance. GES a bidonné une publication pour la propagande de ces donneurs d’ordres (CRIIGEN, Carrefour, Auchan, FPH). Malgré les démenties l’effet de la propagande est déjà là et pour longtemps. L’académie propose simplement que les communications au publique fasse l’objet d’un minimum de contre expertise scientifique avant d’être utilisé pour des objectifs militants.

    Il est logique que face à ce genre de coups médiatiques des gardes fous soient posés entre les laboratoires, qui produisent aussi des erreurs et parfois des fraudes, et les médias. Le public n’a pas la culture scientifique pour comprendre les fraudes.

    Droit de faire des erreurs? On a le droit de faire des erreurs sur d’autre sujet, comme la Shoah? La une du NouvelObs n’était pas une erreur, n’importe quel statisticien peut prouver l’absence totale de valeur scientifique des travaux de GES en 5 min. Ce n’est en rien une erreur, c’est une complicité.

    Oui la suspicion, car les médias présentent la science comme une calamité. Depuis 15 ans c’est l’écolo bashing total. Anti OGM, anti nucléaire, anti pesticide, c’est la triptyque magique pour vendre du papier. Aucune publication qui met en doute l’intérêt du bio, la nécessité du nucléaire contre le changement climatique ou l’impact positif des OGM n’a droit de cité dans les médias.

    Des efforts pour mettre le débat sur la place publique? On n’habite pas dans le même pays. Vous avez vu la gueule des débats publiques sur les OGM, nanotechs ou le nucléaire? Foire d’empoigne, mensonges, insultes, menaces, saccages et agressions? On ne peut pas débattre avec des fanatiques qui ne cherchent qu’a manipuler les masses pour leur petit bénéfice personnel (gloire, argent, pouvoir politique). Les masses sont paresseuses (qui s’informent réellement sur ces sujets?) et se contrefiches de la vérité, elles veulent recevoir la soupe.

  7. Commentaire pertinent sur le fond, très pertinent ! Il faut le faire suivre d’éléments d’appréciation de l’objectivité de ces académiciens : combien ont des liens d’intérêt avec les fabricants d’OGM ? Sur la forme, Mr Alberganti devrait éviter d’écrire : “Ce seront aux lecteurs [...] de se prononcer”, horreur syntaxique qui fait tache……..

  8. Si ces dispositions sont prises, il est probable que des pans entiers de la recherche, considérée comme “borderline” disparaissent. Je parle évidemment des études scientifiques sur les pesticides, les rayonnements électromagnétiques, les OGM, les molécules toxiques (bisphénol A, par exemple), etc. Si les craintes et les interrogations de la société doivent être les moteurs de la recherche scientifique, les résultats sont d’une part, une façon de rendre des comptes à cette-même société pour le travail fourni par les chercheurs (c’est d’ailleurs l’unique moyen, personne ne lit les publications…), mais également d’éclairer le législateur sur les décisions à prendre en matière de santé et d’environnement : ceci est très bien décrit dans l’essai de Comte-Sponville (Le capitalisme est-il moral ? de mémoire), avec la notion des trois ordres de la société. Si les résultats scientifiques doivent d’abord recevoir la bénédiction d’une commission, à la composition obscure, sans que la possibilité de lobbying ou de pression ne soit écartée, alors des résultats qui auraient pu sauver des vies, oui carrément, nous l’avons vu dans l’affaire du chlordécone ou de la dioxine, pourraient être muselés et ne jamais paraître. Sans que je puisse témoigner en leur nom, mon expérience de recherche est parsemée d’histoires de collègues qui ont jeté l’éponge, après avoir subi des pressions quant à des résultats, jugés insatisfaisant par leurs financiers. Nous ne pourrons plus dire qu’une seule vérité, celle des pourvoyeurs de financement, et elle sera parée du masque de la philanthropie.
    Il serait plus sage que ces académies mettent en place, si ça n’existe pas déjà, une cellule de soutien psychologique et juridique pour les chercheurs que l’on a poussé à mentir sur leurs résultats ou qui ont tout perdu parce que les résultats obtenus n’étaient pas ceux attendus.

  9. Non, Monsieur Albertganti, le n’importe quoi n’est pas une source de progrès, particulièrement dans le domaine scientifique. Quant à croire que n’importe qui (ie : les lecteurs de n’importe quel journal) peut avoir une idée juste, donc intéressante, d’un débat requérant des notions scientifiques (ou plus que des notions), c’est totalement illusoire. Plus vraisemblablement, “n’importe qui” est prêt à adhérer à n’importe quelle “théorie” que leur proposerait un “scientifique” (sachant qu’un “scientifique” peut très bien user de ses titres pour amplifier sa propension à être malhonnête, et les effets correspondants).
    Oui, un “scientifique” usant de cette qualité pour amplifier auprès des benêts son pouvoir de malhonnêteté doit être sanctionné.

  10. [...] OGM: 6 Académies plaident pour museler les chercheurs et la presse From blog.slate.fr – Today, 10:18 AM Que s’est-il passé au sein des 6 Académies nationales qui, vendredi 19 octobre 2012, ont publié un avis commun sur l’affaire Séralini ? Dès le 19 septembre, jour de la publication de l’étude du chercheur français à la fois dans la revue Food and Chemical Toxicology et dans le Nouvel Observateur, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a demandé, via une saisine immédiate, l’avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Tandis que l’on attend toujours cet avis (annoncé pour le lundi 22 septembre à 14h00), voilà que 6 Académies nationales, auxquelles personne n’a rien demandé, décident de se prononcer sur l’étude de Gilles-Eric Séralini. [...]

  11. [...] OGM: 6 Académies plaident pour museler les chercheurs et la presse From blog.slate.fr – Today, 10:21 AM Que s’est-il passé au sein des 6 Académies nationales qui, vendredi 19 octobre 2012, ont publié un avis commun sur l’affaire Séralini ? Dès le 19 septembre, jour de la publication de l’étude du chercheur français à la fois dans la revue Food and Chemical Toxicology et dans le Nouvel Observateur, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a demandé, via une saisine immédiate, l’avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Tandis que l’on attend toujours cet avis (annoncé pour le lundi 22 septembre à 14h00), voilà que 6 Académies nationales, auxquelles personne n’a rien demandé, décident de se prononcer sur l’étude de Gilles-Eric Séralini. [...]

  12. Visiblement, l’auteur de ce billet d’humeur n’a pas compris ce qui s’est passé.

    OUI, l’expérience menée dernièrement pour “démontrer” la toxicité des OGM est en tout point critiquable, et ce d’un point de vue PUREMENT scientifique (protocoles/ statistiques/ conclusion).

    Les gens qui ont réalisé cette étude ne cachent pas qu’ils sont anti-OGM à la base, donc avec un “a priori”.
    Et le problème c’est qu’une véritable étude scientifique doit soit arriver à une conclusion sans appel (et donc sans a priori) soit ne pas pouvoir conclure si on en reste dans les barres d’erreur statistiques qui ne peuvent pas permettre de conclure dans un sens ou dans l’autre.

    Vous parlez de museler la presse ? Je comprends votre point de vue mais est-il normal qu’un travail scientifique soit présenté AVANT analyse (= critique par des pairs) à des journalistes SOIGNEUSEMENT triés pour être sûr qu’ils iront dans le sens de la conclusion ?

    Parce que dans ce cas, on peut aussi parler de propagande organisée; les gens qui travaillent dans le secteur ne pouvant vérifier les résultats AVANT parution, mais par contre des béotiens de la discipline pouvant faire paraître n’importe quoi puis dire “oh c’est pour le débat”.

    Imaginez un article qui prendrait pour hypothèse grossière le scénario de 2012 (le film catastrophe) avec des journalistes triés, en nombre restreint publiant des résultats à l’approche d’un 21 décembre 2012.. et des scientifiques expliquant que les conclusions ne seraient que des c*nneries.

    Je suis sûr que nombre de gens, persuadés A PRIORI d’une catastrophe ce jour là, crieraient au complot.

    Pour avoir fait quelques publications scientifiques, je peux vous dire qu’on ne peut pas écrire n’importe quoi et moins par musellement que par déontologie.
    Quand vous écrivez, avec un peu de chance votre publication passe tout de suite, quelques fois elle fait un ou deux aller-retour avec demande de précision/ modification (et bien souvent un referee anglosaxon qui vous demandera d’améliorer votre anglais dans le texte…).

    Dans certains cas, on est appelé à publier HORS de tout contrôle mais aussi hors de tout jugement sur la validité des travaux, moins pour une histoire d’omerta que pour de basses questions financières: le premier qui publie sur un sujet intéressant pouvant être qualifié de pionnier dans un domaine.
    Aussi certains (et comme les publications de valeur se font depuis les USA…) ont tout intérêt à vous voler vos idées pour des histoires de reconnaissance, de brevets potentiels, de crédits… ou même d’argent tout court.
    Eh oui, la science actuelle c’est aussi ça, le pillage par une minorité (heureusement) de referees qui peuvent bloquer votre publication pour s’accaparer vos travaux, ça arrive.

    Mais je divague, j’en reviens au sujet de cet “article”: quand vous faites un travail scientifique, il doit être soumis à des experts AVANT publication, c’est comme ça, c’est la règle.
    Faire paraître un travail dans des médias traditionnels (non spécialisés) puis demander le cautionnement de la communauté scientifique fait grincer des dents, surtout quand le travail est critiquable OBJECTIVEMENT.

    Si vous réfutez les analyses statistiques, demandez vous pourquoi, lors d’un sondage en France, on prend toujours un panel d’environ 1000 personnes pour en tirer une conclusion à l’échelle d’un pays de 65 millions d’habitants (soit dit en passant pourquoi ne pas donner la marge d’erreur ?) et pas un panel de 200 ou 15 000 personnes….

    Ensuite et SURTOUT, dans la presse étrangère, on ne lit pas “l’étude de XXXX concernant les OGM a conclu à “, non… on lit “une étude FRANCAISE a conclu à…”.
    Donc la pauvreté scientifique de ce travail ne salit pas son auteur mais bien TOUTES les études françaises sans aucune distinction, c’est bien pour ça que la réaction que vous rapportez EST violente…

    Lisez la presse américaine, le french-bashing est devenu une religion, et cet article sur les OGM y participera sur fond de “ne lisez pas un article émanant d’un laboratoire français, ils ne savent pas faire des statistiques et obtenir des travaux fiables”.

    N’en doutez pas, c’est bien de CA dont il est question.

    Vous nous parler de mettre le débat sur la place publique: c’est très bien, mais les gens ont déjà leurs idées préconçues.
    Tous les gens en faveur des OGM sont forcément “des vendus, des incompétents:” pour pas mal de personnes, la réalité est quand même différente.

    D’autre part, sur des sujets novateurs et en limite de champ d’expérimentation (ici la durée et le nombre d’individus touchés par une alimentation OGM), il est NORMAL qu’un scientifique prenne des gants et disent “dans l’état actuel nous n’avons jamais observé de troubles graves, mais nous avons relevé des allergies dans une proportion de 1 sur 10 000 000 d’individus”.
    Une fois que ceci aura été dit, et ce qui est normal, de la même façon que des gens développent des immunités à certaines maladies quand la majorité crève, je ne doute pas qu’un anti-OGM s’engouffrera dans la brèche en disant “ah vous voyez, vous ne pouvez rien nous garantir !”.

    Je suis inquiet de voir des procès en sorcellerie au 21ème siècle.

    Si une part des inquiétudes est réelle (dissémination de l’OGM et éventuellement remplacement de la plante originelle, main mise de quelques sociétés sur les OGM), ce n’est pas pour autant qu’il faut cracher sur la recherche et l’interdire façon José Bové en détruisant tout.

    Vous voyez dans cette déclaration un contrôle, une main mise et je comprends votre réaction, mais le problème c’est que toute la renommée d’une science dite “d’un pays” peut dépendre d’une publication propulsée dans les médias et si celle-ci s’avère être un travail partisan -et surtout faible scientifiquement-, imaginez l’effet boomerang…

    Et croyez moi, je n’aime pas les institutions qui font tout pour ne pas faire de vagues, mais je comprends le pourquoi du courroux. Moins pour une histoire d’église (oui, certains pensent la religion comme une église avec ses dogmes, ça arrive malheureusement, ils refusent toute remise en cause) que pour une histoire de crédibilité de TOUTE la recherche française.

  13. Pourquoi sombrer dans la paranoia ?

    Les académies qui ont rédigé ce long communiqué ne font que rappeler les bases de la publication scientifique : avant d’être publiés, les travaux d’un scientifique doivent être soumis à la relecture critique de leurs pairs (c’est-à-dire les collègues de celui qui publie des résultats et en particulier ceux qui bossent sur le même sujet). Cette relecture doit être sévère. Il ne s’agit pas de donner des bons points ou des encouragements. Il s’agit de faire valider par la communauté scientifique les méthodes, le raisonnement et les protocoles expérimentaux. Ce n’est pas une censure. C’est l’essence du processus de construction scientifique : un résultat n’a de valeur (et ne mérite d’être publié) que s’il est indiscutable, si l’expérience est reproductible,…

    Le Pr Seralini a préféré court-circuiter cette procédure de validation scientifique. Il a préféré prendre le public à témoin, par presse interposée. Cependant ce n’est pas au public de valider les résultats d’une recherche scientifique. Ce n’est pas un referendum qui doit décider si le protocole utilisé par le Pr. Seralini est rigoureux ou trop fragile pour conclure. Ce sont les autres scientifiques qui pratiquent le même type de recherche expérimentale.

    Et que l’on ne vienne pas nous faire le coup du petit, sympathique, courageux et honnête, contre les gros, méchants, grégaires et pourris. C’est le genre de présentation médiatique sur lequel se sont appuyés d’autres scientifiques qui se sentaient marginalisés (comme Benveniste avec sa trop fameuse « mémoire de l’eau »), mais au final, ce fut un lamentable flop.

    La toxicité des polluants à faible dose pendant une longue période (thématique dans laquelle s’inscrivent les recherches du Pr. Seralini) est très importante. Les travaux expérimentaux sont lourds et délicats. Ce n’est pas en convoquant la presse ou l’opinion publique que l’on fera progresser la connaissance.

  14. “Est-il nécessaire de commenter de tels propos ?” Pourquoi pas, le débat est l’essence même de la démocratie…

    Je trouve moi que vous avez l’outrage facile. Il n’y a rien dans ces propositions, certes critiquables au même titre que n’importe quelle autre, qui puisse justifier une telle colère. Nous sommes totalement dans le domaine du débat démocratique. Si les mesures proposées étaient mises en place, ce que je ne souhaite pas nécessairement, elle devraient être contrebalancées par des mécanismes d’appel.

    Je ne suis pas statisticien, mais il est évident que l’étude mise en cause souffre d’échantillons trop petits. De plus, il est aussi établi que ces rats de labos développent de toutes manières des tumeurs cancéreuses. Donc cette étude ne remplis pas les critères scientifique de base. En science il n’y a pas de place pour ce type de controverse.

  15. @ FB. Merci pour votre message et votre analyse. Ce qui s’est passé, je l’ai suivi de près. Ce qui aurait dû se passer, c’est une réaction rapide de l’agence saisie pour se prononcer sur l’étude Séralini. L’Europe s’est prononcée, l’Allemagne s’est prononcée. Et maintenant 6 Académies nationales aussi. Et on attend, un mois après la publication de cette étude dans une revue scientifique à comité de lecture, je vous le rappelle, l’avis de l’ANSES. Il est prévu pour lundi. Mais ce sera bien tard.
    Ce qui ne fonctionne pas, ce sont les institutions chargées la recherche. Si un chercheur dérape, il suffit de le sanctionner. Et la presse en rendra compte.

  16. @ Bernard Collignon – Cette étude a été soumise au comité de lecture de la revue scientifique qui l’a publiée.

  17. [...] OGM: 6 Académies plaident pour museler les chercheurs et la presse From blog.slate.fr – Today, 10:50 AM Que s’est-il passé au sein des 6 Académies nationales qui, vendredi 19 octobre 2012, ont publié un avis commun sur l’affaire Séralini ? Dès le 19 septembre, jour de la publication de l’étude du chercheur français à la fois dans la revue Food and Chemical Toxicology et dans le Nouvel Observateur, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a demandé, via une saisine immédiate, l’avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Tandis que l’on attend toujours cet avis (annoncé pour le lundi 22 septembre à 14h00), voilà que 6 Académies nationales, auxquelles personne n’a rien demandé, décident de se prononcer sur l’étude de Gilles-Eric Séralini. Via Hubert MESSMER @Zehub on Twitter [...]

  18. [...] OGM: 6 Académies plaident pour museler les chercheurs et la presse From blog.slate.fr – Today, 10:55 AM Que s’est-il passé au sein des 6 Académies nationales qui, vendredi 19 octobre 2012, ont publié un avis commun sur l’affaire Séralini ? Dès le 19 septembre, jour de la publication de l’étude du chercheur français à la fois dans la revue Food and Chemical Toxicology et dans le Nouvel Observateur, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a demandé, via une saisine immédiate, l’avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Tandis que l’on attend toujours cet avis (annoncé pour le lundi 22 septembre à 14h00), voilà que 6 Académies nationales, auxquelles personne n’a rien demandé, décident de se prononcer sur l’étude de Gilles-Eric Séralini. Via Hubert MESSMER @Zehub on Twitter [...]

  19. Peu importe que l’étude ait été publiée avant de recevoir l’imprimatur des “justes et bien pensants” académiques. Il faut et il suffit, plutôt que de vouer aux gémonies l’étude critiquée, de la refaire en s’entourant de toutes les garanties (durée, race témoin des rats, nombre d’individus étudiés, etc…) et de démontrer, le cas échéant, la pertinence ou non de ce qui a été publié.
    La virulence à vouloir dire que cela n’a aucune valeur, sans opposer de résultats scientifiques fiables mais seulement des études de l’une des parties sur une durée de trois mois seulement incite le béotien que je suis à prendre en considération les résultats reprochés publiés et à me détourner des OGM !

  20. L’origine de tout cela est facilement vérifiable il suffit de connaitre qui se trouve derrrière le financement des détracteurs de Mr Séralini que je félicite pour son grand courage car de nos jours il en faut pour dire tout haut ce que des millions de dollars essaye de réduire au silence.
    Il faut cesser d’être naif concernant toutes les recherches scientifique au sujet du pseudo bienfait des OGM car elle sont à 100% validé et financé par les industriels de ce secteur pour lesquelle la seule vérité possible va dans le sens de leur propre intérêt commercial. C’est pour cette raison qu’il faut impérativement encourager des chercheurs indépendant comme Mr Séralini qui se battent contre l’ignorance et l’effroyable influence de ses groupes agro-pharmaceutico-chimique dont les seuls intérêts sont de rendre esclave les agriculteurs,rendre malade leurs semblable pour mieux vendre leurs médicaments. Il suffit simplement de savoir que ceux qui fabrique les OGM sont les mêmes qui fabrique les pesticides et les médicaments comme celui qui commence par la lettre N et qui va finir par s’associer au grand M.

  21. @Azurea: ce que vous racontez est totalement faux, et je suppose que la police secrète de Monsanto vient dans les élevages et les hôpitaux enlever les victimes des OGM? Un tel niveau de paranoïa est pathologique, faite vous soigner.

  22. Désolé, mais pour le coup, je ne peux qu’être en désaccord complet avec votre analyse. Cela fait un mois que Séralini et Le Nouvel Obs organisent savamment une opération de désinformation à grande échelle, en contradiction avec toutes les règles déontologiques de leurs métiers respectifs. Le mensonge délibéré n’est pas une erreur, et leur condamnation à ce titre est entièrement justifiée.
    Défendre ces falsificateurs? Vous êtes tombé sur la tête?

  23. Honnêtement, cette déclaration ne me choque pas… Cette étude est très discutable, mais elle a fait l’effet d’une bombe du fait de l’emballement médiatique ! La presse doit apprendre à se modérer, et il est vrai que la présence de journalistes plus éclairés sur les sujets dont ils parlent serait un vrai gain pour l’ensemble des acteurs! Même chose avec le rapport Debré sur les médicaments, c’était du “sensas”, et en fait de compte très discutable sur le fond, mais au final cela a créé un climat de défiance envers la profession médicale dans son ensemble… Bref, oui, un comité scientifique émettant des avis au CSA serait une bonne chose, pour éviter que les journalistes qui n’y connaissent rien (ou peu) se permettent d’épouvanter les citoyens pour pas grand chose…

  24. @ ConradMayhew – Nous avons dénoncé le battage médiatique autour de cette étude dès sa publication. Pas question, par ailleurs, de défendre cette étude si les experts estiment qu’elle n’est pas valable. En revanche, plaider pour l’instauration d’une police scientifique ou d’un service de surveillance de la presse semble tout bonnement aberrant. Que les scientifiques prennent leurs responsabilités, émettent des expertises, prennent des sanctions si nécessaire et laissent les médias faire leur travail. Comme nous l’avons fait, les journalistes peuvent aussi reconnaître des erreurs dans leur rang. Et les vaches seront bien gardées.
    La menée des académies risque de brouiller les cartes : les chercheurs vont défendre Séralini au nom de leur liberté et les journalistes vont défendre le Nouvel Obs au nom de leur liberté. Et nous marcherons donc sur la tête.

  25. l’auteur se sent atteint dans sa liberté ? pauvre chou…
    Conscience sans science n’est que ruine de l’information.
    Le droit de dire des sottises dans les blogs est reconnu a tous mais la desinformation a but politique sans controle en se parant de l’etiquette “scientifique” ou “medecine” ou “chercheur” ou “journaliste” ne peut conduire qu’à la perte de la crédibilité.
    apres lysenko, benveniste et maintenant seralini, voila venu le temps des ecolos et des labo soi disant independants

  26. article bidon d’un pseudo journaliste …. la liberté de la presse s’arrête à l’information véridique et vérifié dans le cas présent le NO a fait le Buzz …rien d’autres.

  27. Michel Alberganti nous avait habitué à des articles très limites disant “ce qu’on fait Séralini et le Nouvel Obs n’est pas très bien mais ils ont raison sur le fond”, ce avec quoi je ne suis pas d’accord mais chacun a le droit de ses idées.

    Ici, vous dépassez les bornes: GES a eu un comportement inacceptable pour un chercheur, contrevenant à toutes les règles éthiques implicites de la science, un comportement de militant aveuglé par sa passion. Le Nouvel Obs a scandaleusement accepté un contrat d’exclusivité parfaitement anormal (il est normal de ne pas dévoiler publiquement l’étude avant qu’elle sorte, mais il est normal de la montrer à d’autres experts) qui a d’ailleurs été refusé par d’autres journalistes/médias aux quels il avait été proposé. Les Académies scientifiques sont donc complètement dans leur rôle en tapant sans mâcher leurs mots sur l’un et l’autre.

    Ce n’est pas la réaction des académies qui va créer la suspicion et la fracture, mais bien les agissements scandaleux de GES et du Nouvel Obs. Il est assez culotté d’inverser le raisonnement logique comme vous le faites.

    Enfin, écrire “L’orchestration de la notoriété d’un scientifique ou d’une équipe constitue une faute grave lorsqu’elle concourt à répandre auprès du grand public des peurs ne reposant sur aucune conclusion établie” n’est en rien une attaque ad hominem mais un constat objectif et lucide de ce qui s’est passé. Ouvrez les yeux !

  28. @ Michel Alberganti :
    A un moment donné, vous dîtes que « plaider pour l’instauration d’une police scientifique ou d’un service de surveillance de la presse semble tout bonnement aberrant «  [peut-être, sans doute, mais quel de quoi parlez-vous parlez et quel est le rapport avec les propositions des Académies ????].
    Mais auparavant, dans un autre commentaire, vous avez dit :
    « Ce qui ne fonctionne pas, ce sont les institutions chargées la recherche. Si un chercheur dérape, il suffit de le sanctionner »
    Faudrait savoir !
    Je vous signale que la notion de sanction que vous lui imputez est totalement absente du texte des académies que vous citez. Et un coup vous dénoncez les sanctions (alors qu’il n’en est pas question, il n’est question que de proposer un référent pour que les médias sachent à qui s’adresser en cas de nouvelle affaire comme celle que Séralini vient de créer), alors qu’une autre fois vous réclamez vous même des sanctions… ce que les adversaires les plus farouches de Séralini (sur le fond) ne réclament même pas.
    A force de vouloir ménager la chèvre et le chou, vous avez décidément depuis le début de cette affaire du mal à accorder vos propres violons (comme vos articles, que je trouve de plus en confus, en témoignent). On a l’impression que vous cherchez à adopter le positionnement politique de Séralini sur les OGM, mais sans avoir à reprendre à votre compte son étude manifestement intenable sur le plan scientifique.Drôle d’équilibrisme…
    En tous cas, je trouve ça dommage, parce que j’aime vos émission, qui sont généralement de très bonne qualité, et que si il fallait aller chercher des poux dans la tête d’une chaîne à propos des questions scientifiques, ce serait Arte qu’il faudrait titiller bine plus que France Culture.Faut-il rappeler que la chaîne qui déroule le tapis rouge au Criigen et à Marie-Monique Robin est aussi celle qui, après avoir supprimé son émission scientifique (Archimède) de sa grille des programmes, a osé un jour programmer un documentaire d’inspiration créationniste (encensé par Télérama à l’époque). J’ai tendance à penser du coup que la création d’un référent auquel la chaîne puisse s’adresser en cas de doute sur l’un des programmes qui lui sont proposés pourrait lui être utile, de la même manière que la porduction d’un avis détaillé d’une autorité compétente sur la qualité générale des documentaires “scientifiques” proposés par Arte.

  29. @ adrien – Je persiste à penser que l’étude de GE Séralini a remis en lumière les carences de contrôle sanitaire des OGM. Les 6 académies, d’ailleurs, le concèdent. Si c’est cela que vous appelez “le fond”, c’est bien ce que je pense. Modestement, d’ailleurs car je ne suis pas un expert des OGM ni un chercheur en toxicologie. Pour ma part, je considère que les Académies ne sont pas dans leur rôle en appelant à la censure des chercheurs et de la presse. Je pense qu’elles auraient pu attendre au moins l’expertise française de l’Anses pour s’exprimer, même si cette dernière est très lente à statuer.
    Vous semblez très bien informé : quels sont les journalistes/médias qui ont refusé d’avoir l’exclusivité de l’étude ?

  30. En 2002, ces institutions corrompues avez déjà soutenue ouvertement les OGM !

    - Attac France, le 16/12/2002

    EN SE PRONONÇANT EN FAVEUR DES OGM, LES ACADEMIES DES SCIENCES, DE MEDECINE ET PHARMACIE SONT-ELLES DEVENUES DES FILIALES DES GRANDES FIRMES MULTINATIONALES DE L’AGROALIMENTAIRE ET DE LA PHARMACIE ?

    Après l’amiante et la dioxine, l’Académie de médecine et pharmacie et l’Académie des sciences tentent de dédouaner les OGM.

    Dans Le Monde du 14 décembre 2002, nous apprenons que les Académies de médecine et pharmacie, et l’Académie des sciences ont produit un rapport – qui n’est toujours pas disponible sur leur site – où elles se prononcent en faveur des OGM. Attac s’interroge sur les fondements scientifiques qui ont permis à ces autorités d’arriver à de telles conclusions. Leurs rapports favorables à l’amiante et à la dioxine il y a quelques années nous permet de douter de la pertinence de leur jugement.

    En adoptant une position d’ordre économique et politique, ces scientifiques sortent de leur champ de compétence. Ils préconisent en effet la levée du moratoire européen sur les importations d’OGM en arguant de ” l’infériorité de la France et de l’Union européenne par rapport à d’autres pays industrialisés “. On peut légitimement se demander si cette argumentation n’est pas liée aux rapports étroits de certains d’entre eux avec des firmes de l’agro-chimie.
    Pourtant, l’Europe, et en particulier la France, dispose d’un avantage concurrentiel déterminant dans le secteur des produits de qualité (AOC, agriculture vivrière, biologique). Pourquoi vouloir concurrencer les semenciers nord-américains dans le domaine de l’agro-alimentaire OGM, alors même que la rentabilité économique de cette filière est remise en question ? Un rapport secret de l’Union européenne – dévoilé par Greenpeace – révèle l’incompatibilité des deux filières (avec et sans OGM). Au Canada, on estime aujourd’hui que 80 % des récoltes de colza sont contaminées, au point qu’il n’est plus possible de cultiver du colza non-OGM.

    Une très faible partie des crédits de recherche, tant privée que publique, est consacrée à l’évaluation de l’impact sur la santé et l’environnement des plantes OGM cultivées en plein champ. De même, les moyens alloués à la recherche sur des alternatives aux OGM sont dérisoires.

    Du haut de leur autorité, les Académies font miroiter d’hypothétiques objectifs humanitaires, économiques et écologiques, qui peuvent dès maintenant être atteints par des méthodes moins risquées.
    En outre, quand bien même les OGM ne présenteraient pas de risques pour la santé (ce qui reste à démontrer), leur impact socio-économique (agriculture intensive plutôt que paysanne) et politique (monopole de quelques multinationales) ne peut pas être négligé. C’est pourquoi la recommandation des académies est encore non seulement non scientifique mais aussi peu responsable.
    La question n’a rien à voir avec une prétendue opposition entre science et obscurantisme, comme certains voudraient le faire croire. En fait, les rapports des Académies tentent de faire passer des opinions, pas nécessairement désintéressées, pour des conclusions scientifiques, et cela afin d’éviter un débat démocratique qui gêne les industriels et leurs porte-parole politiques et académiques. Avec de nombreuses autres organisations, Attac va tout mettre en ¦uvre pour que ce débat ait bien lieu.

    Attac, Paris, 16 décembre 2002.

  31. @ Michel Alberganti

    Vous dîtes :
    “Je persiste à penser que l’étude de GE Séralini a remis en lumière les carences de contrôle sanitaire des OGM. ”

    Pouvez-vous expliquer par quel processus elle l’a fait, selon quelle logique ?
    Ce que manifestement cette étude a mis en lumière, ce sont ses propores carences méthodologiques et, probablement, le manque d’honnêté intellectuelle de ses auteurs.
    Oui ou non, l’étude est -elle solide sur le plan scientifique ?
    Si elle l’est, alors oui elle a mis en lumière des carences sur l’évaluation des OGM, puisque qu’elle aurait détecté des effets délétères de la consommation d’OGM que n’auraient pas détecté les tests habituels à trois mois (ni les autres études à plus de trois mois, par aillerurs…).
    Mais si l’étude n’est pas solide sur le plan scientifique, pas conclusive (et je crois que c’est ce que vous pensez), je me demande par quel mécanisme une étude qui ne prouve rien tellement elle est mal faite a quand même prouvé que les autres études ne sont pas suffisantes !
    Où est la logique, là-dedans ?
    Pensez vous selon la même (absence de) logique que l’expérience de Benvéniste n’a pas prouvé l’existence d’une mémoire de l’eau, mais que bon, quand même, elle a manifestement montré que l’homéopathie a un fondement scientifique ????
    Vous êtes de plus en plus difficile à suivre.

  32. @ Yann Kindo – Désolé d’être aussi confus à vos yeux. J’ai tenté de clarifier ce propos dans cet article. J’espère que c’est un peu plus clair. Pour répondre plus directement à votre question, oui une étude même s’il elle s’avère non conclusive peut révéler des carences.
    Les choses se déroulent sur des plans différents qui interfèrent. D’où une certaines complexité et pas mal de confusion.
    Il y a le plan scientifique (on attend les conclusions de l’Anses).
    Il y a le plan médiatique : les projecteurs sont braqués sur les procédures d’approbation des OGM
    Il y a le plan réglementaire : cette affaire révèle à ceux qui ne le savaient pas que ces procédures ne sont pas indépendantes.
    Je pense que l’affaire Benvéniste a fait de même pour l’homéopathie. Elle a permis de s’interroger sur son fondement scientifique. Beaucoup de personnes, dont moi, ont appris à cette occasion d’où venait l’homéopathie, en quoi consiste les très fortes dilutions, à partir de quel stade il ne reste plus de molécules actives… Cette affaire a pu convaincre certains que l’homéopathie est largement fondée sur l’effet placebo mais aussi que la médecine allopathique pourrait tirer profit de la relation médecin-patient qui s’établit dans une consultation homéopathique.
    Les sujets où la science est en contact direct avec la société (médecine, alimentation…) mêlent ainsi de nombreuses dimensions.
    Il ne s’agit pas de nier l’importance de préserver la rigueur scientifique. Bien au contraire. Mais il faut tenir compte du reste : l’environnement, les lobbies, l’industrie, le militantisme…
    La question posée par l’affaire Séralini dépasse donc largement le fait de savoir si l’étude est conclusive ou non. Mais ce serait bien de le savoir… Lundi peut-être… Si l’Anses le veut bien.

  33. @Michelalberganti: utiliser une étude sans aucun valeur scientifique pour ouvrir un débat est une méthode lamentable et qui sera contre productive.
    La science française vient d’être humilié une fois de plus, des intérêts politiques et commerciaux se sont assis sur l’éthique scientifique. Même les antiOGM ont bien comprit que GES n’est que l’agent de lobby économique (GMS, industrie du bio) qui ont simplement des intérêts divergeant des agriculteurs.

    Ensuite parce cette position n’est qu’une contre attaque de GES qui a rapidement comprit que l’imposture scientifique était levée. Détourner le débat vers les problèmes d’homologation, sans fournir la moindre preuve que ces procédures sont insuffisante (l’étude avait pour rôle de le faire croire aux masses), n’est qu’une pirouette pour éviter de perdre la face (admettre avoir tors, ce que tout les scientifiques font, par exemple des climato-septiques célèbres) et continuer à occuper le terrain médiatique.

    Ce comportement salie l’image de la science: pour le publique les scientifiques ne sont que les suppôts de tel ou tel lobby, qu’ils soient de Monsanto, Total, Areva ou Carrefour.

  34. Paul Deheuvels, lui-même membre de l’Académie des sciences, s’indigne.”Ces personnes sur la base de 2 représentants par académie (2 de médecine-2 de pharmacie-2 d’agriculture pro OGM ! ) ont cru bon de rédiger dans un espace de temps très bref un avis très critique sur cette étude. Elles ne peuvent prétendre à elles seules incarner l’avis de l’ensemble du monde scientifique français, et ce serait une forfaiture que de le laisser croire

  35. Jean Pierre Berlan ex directeur de l’INRA-La quantité des résidus toxiques augmente au fur et à mesure que des herbicides comme le Roundup sont utilisés en quantité croissante pour combattre des mauvaises herbes de plus en plus résistantes. Le Roundup contient un composé toxique, le glyphosate. Celui-ci est le plus souvent mélangé avec un composé encore plus toxique, le polyoxyéthylène amine (POEA).

    On a conseillé aux agriculteurs allemands de ne pas utiliser le POEA, mais la nourriture importée pour les animaux, comme le soja OGM, introduit une menace sanitaire pour les consommateurs allemands, selon le rapport. Tesbiotech conseille un moratoire sur les importations tant que tous les risques n’ont pas été éliminés.

    Nous savons bien que ce sont des techniques parfaitement inutiles, que le système pesticide est profondément addictif. Il n’a d’avantages que pour les fabricants, qui créent ainsi leur propre marché. À partir du moment où vous mettez le doigt dans l’engrenage pesticide, vous ne pouvez pas éviter de suivre, puisqu’un pesticide sera un jour dépassé par les résistances qu’il aura suscitées, il en faudra un autre, et puis après un troisième. C’est ainsi qu’on est passés des organochlorés aux organosphosphorés, aux pyréthrinoïdes, aux nicotinoïdes…
    C’est en effet une forme de surenchère complètement folle, avec – par exemple – les nicotinoïdes, qui sont maintenant utilisés à des doses de un ou deux grammes par hectare : ils sont d’une telle puissance qu’ils ne s’utilisent que par très petites doses et deviennent quasiment indétectables. Résultat ? Le tonnage d’utilisation des pesticides diminue, évidemment… Ces nouveaux produits vont pourtant empoisonner la planète encore plus sûrement que les anciens. C’est une fuite en avant permanente, qui crée et élargit son propre marché de façon constante. C’est la situation du drogué : on peut dire qu’on est dans une agriculture de drogué. Aux drogues dures. Jean-Pierre Berlan ancien directeur de recherche de l’INRA/livre la guerre au vivant : « Derrière les OGM, c’est un projet de mort qui s’impose »
    « Ces clones pesticides ne marquent pas du tout une rupture, sinon technique. La logique reste la même, celle de cette industrialisation du vivant menée tambour battant depuis deux siècles. »
    « Le but de Monsanto est là : maximiser l’utilisation de glyphosate. »
    « Les êtres vivants se reproduisent et se multiplient gratuitement. Or, la gratuité est une horreur absolue, un véritable affront vis-à-vis de la logique économique. »
    « Nous sommes dans une société de communication, c’est à dire dans une société de mensonge organisé, dans laquelle les mots sont imposés par les dominants pour nous rouler dans la farine. »
    « Il faut arrêter de parler d’agriculteurs : aujourd’hui, ça n’existe plus. […] Un tel individu n’a plus la moindre parcelle d’autonomie, il est complètement soumis au système de marché et a perdu toute forme d’indépendance. »

  36. @ Michel Alberganti
    Je vous concèderai bien volontiers qu’un appel à mettre en place des dispositifs de censure est une approche bizarre, et au final dangereuse, avec la problématique habituelle: qui gardera les gardiens?
    Mais je ne peux vous concéder le fait d’appeler “erreur” l’opération de désinformation que Le Nouvel Obs mène depuis un moins, et rappelée sur le blog Imposteurs (http://imposteurs.over-blog.com/article-mais-nk-603-quand-le-nouvel-observateur-meprise-la-deontologie-et-ses-lecteurs-par-wackes-seppi-111433411.html).
    Une erreur c’est retransmettre les propos de Séralini sans pouvoir les vérifier, puis passer à autre chose quand on réalise qu’on s’est fait manipuler, comme l’ont fait différents médias honnêtes. Ce qu’a fait Le Nouvel Obs c’est de mettre systématiquement en avant les pro-Séralini et en arrière ses opposants. Sur Le Plus, Le Nouvel Obs a classé comme expert une politique (Corinne Lepage), une sociologue et un statisticien n’ayant sur son cv AUCUNE publication dans ce domaine. Leurs articles ont été mis en avant comme tels.
    Bizarrement, les articles de Philippe Stoop, agronome, qui lui savait de quoi il parlaient n’ont pas été validés par la rédaction. Et ce n’est qu’un exemple parmi bien d’autres.
    Il y a de nombreux mots pour qualifier ce comportement: intox, désinformation, manipulation, populisme, mercantimisme, bassesse, manquement… “Erreur” n’a pas grand’chose à voir avec l’absence complète de toute déontologie dont Le Nouvel Obs s’est rendu coupable ici.

  37. M. Alberganti un peu de cohérence s’il vous plait.
    Il y a quelques semaines les autorités politiques ont organisé une conférence environnementale d’où les institutions scientifiques étaient exclus. A part vous, cela n’a pas ému beaucoup de journalistes. Il semble que nous soyons dirigés et informés par un petit cercle politico-médiatique (les frontières sont minces) qui croit que la parole ou la “volonté politique” peut tout et n’a pas à se soucier d’une réalité objective indépendante. (Bien aidée en cela part les “philosophes” du relativisme). Pourtant les moments de l’histoire où la politique a dicté ses lois à la science ne restent pas comme très positifs dans les mémoires.
    Dans ces conditions il sain que les représentants de la science s’émeuvent particulièrement qu’un chercheur professionnel arrive à donner une apparence scientifique à ses préjugés et se prête à une manipulation médiatique. Ils auraient failli à leur devoir de ne pas le faire.
    Il est sain aussi qu’ils rappellent aux politiques et aux média que la réalité existe. ( et elle est têtue).
    Votre “défense” des média est toute aussi curieuse.
    Croyez vous vraiment que ” indigne de l’éthique journalistique” soit équivalent à “faire des erreurs” ? Pensez-vous que traiter quelqu’un d’empoisonneur puisse se faire sans un minimum de vérifications ? Considérez vous comme une censure que traiter quelqu’un d’empoisonneur puisse tomber sous le coup de la loi comme diffamatoire ? Et faut-il rappeler que l’Association de journalistes scientifiques AJSPI se pose ces questions ?
    Et la vraie censure n’est elle pas celle imposée par les média qui préfèrent cent fois faire parler des militants qui amusent le public ou lui font peur plutôt que de vrais scientifiques moins spectaculaires (et encore) qui lui demandent de réfléchir ?

  38. Intéressante offensive. Pour autant, à l’instar d’EXXON, qui avait proposé une “prime” aux équipes qui démontreraient que le réchauffement climatique, ou n’existe pas, ou n’est pas le fait de l’homme, la “découverte” de la petite équipe provoque des remugles dans des sphères où des intérêts monumentaux sont en jeu. Or, “l’étude française” (je trouve ahurissant de la jauger au moyen du regard des “scientifiques” etatsuniens, dont les pratiques sont dénuées, le plus souvent de toute déontologie, exigeant que des comités de déontologie les contrôlent) au sujet des OGM a, au moins, autant de vertus que l’essentiel des tests effectués dans d’innombrables domaines par ceux que l’on appelle des “scientifiques”. Particulièrement, comme chacun le sait désormais, dans le domaine pharmaceutique.

    En outre, le qualificatif OGM, dont la fonction était de rassurer, recouvre des manipulations techniques fort différentes, dont il est probable que certaines aient des vertus, dissimulant celles qui n’en ont ostensiblement pas.

    Dans un capitalisme occidental avachi, tout ce qui ralentit la diffusion des “découvertes” discutables : gaz de schiste, OGM, applications échevelées d’innovations dans la santé (scandale du sang contaminé …..prothèse mammaire PIP, Mediator) etc …, est évidemment à condamner, du point de vue de ceux qui n’inventent pas grand chose et qui veulent porter aussi loin et aussi longtemps qu’ils le firent pour l’amiante ou le tabac blond brassé de produits très toxiques, l’innovation (dangereuse) qu’ils ont conçue.

    Dans ce contexte, la multiplication des évènements catastrophiques a provoqué une méfiance et une injonction de précaution de la part de la société civile ; injonction qui est le pendant de tous ces abus. En intriquant les affaires et l’innovation, nous avons mis en péril la démarche scientifique et ses conclusions ne sont désormais plus crédibles.

    La maladresse indiscrète des académies, où siègent encore des “conflits d’intérêt incarnés”, ne peut qu’accroître leur scepticisme. Si l’intelligence était passée avant l’intérêt, les académies auraient promu des expériences contradictoires et révélé les résultats le moment venu. Ici, elles se décrédibilisent, et cela explique sans doute le contenu de plusieurs intervenants, dont la volonté de discrédit est patente.

    Pour autant, c’est la “science” qui est discréditée depuis des années, notamment au regard de sa complicité avec les intérêts particuliers.

  39. @gomès jean louis: toute ce que vous racontez est faux. Berlan est un marxiste ultra orthodoxe, il utilise cette dialectique pour juger l’agriculture moderne, forcément mauvaise car d’essence capitaliste et bourgeoise.

  40. “L’orchestration de la notoriété d’un scientifique ou d’une équipe constitue une faute grave lorsqu’elle concourt à répandre auprès du grand public des peurs ne reposant sur aucune conclusion établie”.
    … c’est vrai.

    … Mais alors que penser de la notoriété d’un scientifique ou d’une équipe qui répand auprès du grand public des certitudes ne reposant sur aucune conclusion établie ?

  41. @ karg :

    “Berlan est un marxiste ultra orthodoxe”
    S’il l’était, je serais ultra d’accord avec lui, ce qui n’est ultra pas le cas.
    Le fait que Berlan soit (supposément) marxiste ne le disualifie ou ne la qualifie pas en soi pour parler des OGM et surtout de leurs effets sanitaires, c’est juste hors sujet. Drôle d’argument.

  42. Réponse à Karg

    “Aucune publication qui met en doute l’intérêt du bio, la nécessité du nucléaire contre le changement climatique ou l’impact positif des OGM n’a droit de cité dans les médias.”

    Parce qu’aucune publication objective ne tiendrait la route dès lors que le facteur humain (qui malgré tout reste le plus important) serait pris en compte.

    Karg sous d’autres pseudonymes vous sévissez un peu partout, je reconnais bien là votre plume… et votre nombril… Ca gagne bien l’intox ? :-)

  43. En toute chose il faut considérer la fin et au sujet de cette étude que peut-on dire en dehors de commentaires bien arrêtés ou farfelus, de personnes qui souvent n’y connaissent rien ou qui sont d’un tel parti pris qu’il est impossible de les amener à raisonner. On peut essayer de trouver une approche de consensus :
    -Est-ce que l’équipe de Caen a eu raison de penser à une telle étude ? la réponse est OUI :- si aucune étude long terme n’a été faite jusque là concernant ces produits avant leur mise sur le marché.
    -Est-ce que cette équipe a construit un protocole approprié pour démontrer de façon irréfutable la toxicité ou les risques de carcinogénicité des produits étudiés ? la réponse est NON : -elle ne respecte pas les normes internationales rigoureuses de ce type d’étude, -il y a deux études en une ce qui est très difficile à mener, -le nombre d’animaux n’est vraiment pas bon, l’étude n’est faite que sur une seule espèce, et je passe sur de nombreux autres biais qui auraient été évités s’ils avaient été conseillés par une équipe rodée à cet exercice dans un centre approprié.
    -Est-ce que cela a fait avancer le bouchon ? la réponse est NON :- il y a un gros doute sur le résultat ce qui n’est pas tolérable sur des produits à large diffusion,- au plan international cela fait peser un doute sur la fiabilité des études de Tox faites en France et sur le professionnalisme des équipes chargées de les faire ce qui est grave.
    Faut-il refaire ce type d’étude ? la réponse est OUI pour tenter de lever définitivement le doute sur des produits à large diffusion.
    Quand aux commentaires désobligeant mettant en cause la probité des personnels, chercheurs et techniciens des laboratoires de recherche, du style : tous pourris ou à la solde des grands groupes ! j’en laisse à leurs auteurs la paternité, cela montre simplement qu’il n’ont jamais mis les pieds de près ou de loin dans un centre appliquant les bonnes pratiques internationales de laboratoire. Si le financement de la recherche de nouveaux produits est certes important, pour eux, ce n’est pas leur soucis premier. Quand aux académies, elles sont dans leur rôle par le fait que toute publication d’un chercheur français dans une revue internationale, engage aussi l’image de la recherche française à l’international et ce n’est pas le moins important pour les publications futures

  44. Merci pour cet article, même si comme beaucoup de commentateurs je ne partage pas vos conclusions. Je suis étonnée surtout de l’absence de réaction de l’ANSES, qui en plus d’un mois n’a pas été capable d’éclairer nos politiques et concitoyens sur cette étude. Si l’EFSA est “vendue” aux OGM (ce que je ne crois pas du tout), comment peut-on expliquer l’absence de réaction de l’ANSES… Serait-elle “vendue” aux Verts et autres anti-OGM ? Ne peut-on pas reconnaitre qu’une étude est mauvaise sans pour autant garder un esprit critique ? A force de dogmatiser la science, on va finir par en oublier sa mission…

  45. J’espère bien qu’un jour on jugera tous ces meurtriers pour crime contre l’humanité, fabricants de mort, laboratoires vaseux et agences corrompues compris !!!

  46. Merci pour cet article qui nous alerte.
    Nous voila revenus aux temps de Aristote l’a dit ..ou ne l’a pas dit.
    La méfiance contre ces académies doit rester.Aucun corps constitué ne doit etre pris pour…Dieu le père.
    Cordialement.

  47. [...] on blog.slate.fr Share this:TwitterFacebookJ'aime ceci:J'aimeSoyez le premier à aimer [...]

  48. @ Michel Alberganti
    Sur la question de quels journaux ont accepté ou refusé l’offre de Séralini, la question est discuté sur ce blog:
    http://embargowatch.wordpress.com/2012/09/21/stenographers-anyone-gmo-rat-study-co-sponsor-engineered-embargo-to-prevent-scrutiny/
    Sur la question des journaux qui ont considéré (en privé) avoir fait un erreur, cf http://www.cosmosmagazine.com/features/online/6048/gm-corn-and-cancer-s%C3%A9ralini-affair .
    Un journaliste australien y déclare: “Quite right, we got thrown a bone at short notice and took it and ran with it.” Quand on lui demande s’il a l’intention de publier un rectificatif, sa réponse est “We have moved along, as the daily diet changes fast.”
    ‘Hope this helps

  49. @ ConrasMayhew – Le blog que vous citez débat de la question du mode d’embargo sur la communication de l’étude et de l’imposition de la signature d’un accord écrit de non divulgation avant la sortie de l’étude dans la revue scientifique. Il ne s’agit donc pas d’un débat sur le fond mais sur la forme (les conditions de cet embargo). Si des publications ont refusé d’entrer dans ce jeu autour de l’embargo, tout à fait inhabituel et, de mon point de vue, peu défendable, cela ne signifie pas qu’ils ont refusé de publier le fond de l’article. Par ailleurs, deux des trois publications citées sont des agences de presse (AFP et Reuters) et non des journaux.

  50. @michelalberganti. Sur le 2ème point, vous avez raison de souligner la différence entre agence de presse et journal.
    Sur le 1er point, je ne comprends pas votre raisonnement. Est-ce un malentendu?
    Pour moi, le fond (l’”erreur”) est bien que des journaux ait publié l’information AVANT de la faire vérifier. Les journaux qui ont choisi de publier l’info APRES l’avoir vérifiée (BBC) ne me choque pas outre mesure.
    Une fois encore, je parle uniquement des journaux qui ont fait une erreur de bonne fois.
    Le Nouvel Obs (qui a comme par hasard attaqué hier l’avis des académies) est impliqué dans une opération éditoriale de longue durée (cela fait un mois que ça dure), donc on peut les remercier ou les maudire selon les goûts, mais c’est un cas complètement différent.

  51. Bonjour,

    Je voulais juste souligner à nouveau une chose, de la part des personnes qui se prévalent “d’avoir essayé de publier” etc pour dire que le travail de Séralini a été présenté aux journalistes avant évaluation par “la communauté scientifique”.
    Je pense qu’on ne vit pas dans la même communauté scientifique apparemment. Il est clairement dit dans l’article que l’étude A ETE PUBLIEE dans la revue Food and Chemical Toxicology. Ce qui veut dire, connaissant les délais entre la première soumission d’un article et sa publication ( de 3 mois à deux ans !!!), que Séralini a soumis son article probablement au moins 6 mois avant la publication dans le nouvel obs.
    Quand à la phrase de FB le 20 octobre “quand vous écrivez si vous avez de la chance votre publication passe tout de suite”, eh bien je me demande dans quel domaine scientifique c’est vrai. Je suis chercheuse en bien être animal et à moins d’être un monstre sacré je n’ai que rarement entendu parler d’un article soumis accepté tel quel (voire jamais).
    Après, que l’étude soit critiquable, je veux bien le croire, aucune étude scientifique n’est parfaite quoi qu’on fasse. Mais je trouve également la réaction des académies particulièrement virulente pour UNE étude. Les études scientifiques étant par essence toujours critiquables, et beaucoup ayant tout de même un écho dans les médias, comment se fait-il qu’une étude particulière soulève un tel tollé ?
    Et quand on parle des chercheurs en les présentant comme biaisés dès le début et voulant absolument susciter le débat médiatique, pourquoi ne peut on pas admettre qu’il y ait aussi simplement des journalistes intéressés qui attendaient la publication de l’étude avec impatience ??
    Mon collègue et moi travaillons aussi sur un sujet controversé, nous ne cherchons à susciter aucun débat médiatique, et pourtant des gens de l’extérieur sont intéressés par les résultats potentiels qui feront probablement débat quand ils seront publiés. Ces gens viendront vers nos supérieurs et l’équipe le moment venu pour savoir où nous en sommes et quand nous publions.
    Je trouve donc bizarre cette réaction de six académies fustigeant des chercheurs.
    Pour moi, une fois qu’une étude est publiée, elle peut faire partie du débat public, et je ne vois pas pourquoi on devrait rajouter une espèce de véto supplémentaire à plusieurs étages pour ne mettre au courant le public que de ce qui arrange les académies. Des sujets controversés, il y en a eu, il y en a et il y en aura toujours, et si le public veut mettre son grain de sel dans quelque chose qui le concerne, eh bien pourquoi pas.
    J’ai cru remarquer que lorsque les médias font des erreurs énormes qui vont dans le sens de ce qui plaît, nul ne se préoccupe de l’impact de ces erreurs et du fait que les erratums de 3 secondes qui sont publiés ne touchent probablement pas les mêmes personnes que ceux que l’erreur a touché.

    Les propositions faites par les académies pourraient être prises dans plusieurs sens : ça pourrait aussi être pris comme la volonté de promouvoir la science de façon plus large, de changer la façon dont la science est présentée dans les médias (par exemple le fait de dire “une étude”, sans jamais dire OU ON PEUT TROUVER LA FOUTUE ETUDE EN QUESTION), etc…
    Mais dans le contexte où elles sont faites, j’ai l’impression que l’interprétation de l’auteur est la bonne, et qu’il s’agirait presque plutôt d’un “comité de contrôle” de ce qui est relâché au public OU PAS, tout l’ennui étant dans le OU PAS.

    Pour finir, j’adore le fait qu’il y ait un tollé sur l’exploitation par les médias de ce qui est, malgré tout, une étude scientifique, alors que tous les jours les mêmes médias utilisent tous les jours de vagues sondages, des micro-trottoirs, des “impressions”, des déclaration à l’emporte pièce sans vérification pour faire leur travail.

    A tout prendre, personnellement, je souhaiterai justement que plus d’études référencées servent de base au travail des médias.

    Merci pour votre article, monsieur.

    Cordialement, Val.

  52. @Michelalberganti: Berlan est un économiste, il n’y connait rien en génétique ou en toxicologie. Rien de ce qu’il dit sur les pesticides, OGM ou hybrides n’est vrai. C’est une succession infini d’ânerie et de mensonge. Sa vision marxiste explique sa dialectique.

    @JCB: le facteur humain en face des réalités de la physique ça tient pas une seconde. Je vous invite à tester le facteur humain face à la gravité.

    @Lassales: non il y a déjà eux des études de longues durée.

    @Lunesdesable: avis de l’ANSES et du HCB ce lundi.

    @Val: vous êtes naïves, le problème c’est l’impact à long terme sur l’opinion. Informez vous sur les techniques de propagande (S.Tchakhotine, J-M.Domesnach)

  53. Pour faire simple, supprimons les “experts” qu’ils soient académiciens ou représentants de “hauts conseils”, ils restent des humains avec leurs croyances, doutes et certitudes et leur avis ne vaut pas toujours mieux qu’un autre!

    La science n’avance correctement que d’une manière: les expériences et analyses contradictoires. La science ne peut avancer sans le criticisme or depuis cette étude, on nous abreuve avec des discours de croyants utilisant leur aura médiatique.

    Que l’ANR ouvre un appel d’offre pour que des labos publiques refassent ce genre d’études et quand il y en aura un vingtaine de réaliser à travers le monde, alors nous pourrons sans doute y voir un peu plus clair.

    Le Prof Séralini, qu’il ait vue juste ou non a ouvert un très bon débat: le carcan des méthodologies partielles et partiales définies par des groupes d’expert trop souvent juge et partie.

    Quand au média sur ce sujet, ils prennent trop souvent partie selon leur envie en se cachant derrière des experts ou des notion très floue comme “la communauté scientifique”. La communauté scientifique est gigantesque et elle ne s’exprime pas sur ce sujet. Seuls quelques scientifiques ayant assez de prestige ou d’aura donnent leurs avis. Oui mais ce ne sont que leurs avis et non pas celui de la communauté scientifique.

    Un chercheur en science de la vie et de la santé.

  54. En tant que chercheur, je suis choqué par la polémique que soulève cette expérience. La science n’est pas une idéologie, il n’y a donc pas lieu de polémiquer, il faut seulement confirmer ou infirmer les résultats de cette expérience, en la recommençant sous la même forme et sous d’autres formes en faisant varier des facteurs comme la race des rats, leur nombre par lot, différentes concentrations…etc. C’est le propre de la science de remettre constamment en cause les conceptions arrêtées et c’est ce qui fait sa grandeur et sa vérité. C’est la raison pour laquelle l’avis de ces académies est plus proche de l’idéologie que de la science.

  55. [...] dans son ensemble. Le fait qu’un groupe d’une douzaine de personnes prétendant représenter six académies ait décidé d’un communiqué commun sans débat est contraire au fonctionnement normal de ces [...]

  56. [...] 2012, les avis donnés par les agences de sécurité sanitaire et les prises de position des académies, comme celles de multiples pétitionnaires, comment ne pas tenter une confrontation ? Rassembler [...]

  57. @Karg se :
    “le facteur humain en face des réalités de la physique ça tient pas une seconde. Je vous invite à tester le facteur humain face à la gravité.”
    J’ignorais que les OGM étaient “des réalités de la physique”…

« »
  

Abonnement aux flux

 

Qui sommes-nous ?

Globule et téléscope est le blog Science et Environnement de Slate.fr.
Il est tenu par Michel Alberganti, journaliste scientifique, ancien journaliste au Monde où il a dirigé le service Science et technologie, et aujourd'hui également producteur de l'émission Science Publique sur France Culture.
En savoir plus

Au jour le jour

October 2012
M T W T F S S
« Sep   Nov »
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031  

Categories