OGM: Gilles-Eric Séralini prend un gros risque, la France aussi

Gilles-Eric Séralini, GES pour les intimes, prend un gros risque avec le dernier chapitre en date de sa croisade anti-OGM. Et la France, aussi, en soutenant ses résultats avant même qu’ils ne soient vérifiés et en envisageant, si vite, comme le Premier ministre Jean-Marc Ayrault en déplacement à Dijon, une demande de l’interdiction pure et simple des OGM en Europe.

Gilles-Eric Séralini dirige l’équipe qui a publié l’étude «Long term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize» montrant que des rats nourris aux OGM et au Roundup meurent beaucoup plus vite que les rats du groupe de contrôle recevant une nourriture sans OGM ni Roundup.

Moins de 24 heures après la divulgation des résultats de l’étude dans la revue Food and Chemical Toxicology, la déclaration de Jean-Marc Ayrault confirme l’impression d’affolement que le gouvernement a donné après l’orchestration à grand spectacle de la révélation, par le Nouvel Obs daté du 20 septembre, des résultats obtenus sur des rats.

Une publication dans une revue plutôt modeste

Une médiatisation hors du commun pour une publication scientifique de chercheurs, certes français, dans une revue de renommée moyenne (facteur d’ impact de 3, loin de celui des principales revues: 38 pour The Lancet,  36 pour Nature, 31 pour Science, 16 pour PLoS Medecine…). Food and Chemical Toxicology est donc une revue, à comité de lecture certes, mais plutôt spécialisée et dont l’autorité n’a rien de comparable avec celle des grands journaux scientifiques. Elle n’atteint pas, non plus, le facteur d’impact de Toxicology and Applied Pharmacology (4,4). La publication, encore absente du site de la revue, de l’article cosigné par Gilles-Eric Séralini ne peut donc pas être considérée comme totalement validée.

D’ailleurs, le gouvernement appelle les autorités compétentes –l’agence de sécurité sanitaire (ANSES) et l’autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA)– à vérifier l’étude au plus vite. Cela induit une analyse des données brutes et des résultats publiés mais ne permet pas de refaire l’expérience qui a pris deux années aux chercheurs français.


Les réactions à l’enquete montrant les dangers… par Maxisciences

Au stade actuel, moins de deux jours après «l’événement», un premier bilan se dessine. Avec des points forts, des points faibles et des zones d’ombres.

1°/ Les points forts

  • Gilles-Eric Séralini est en passe de réussir son coup médiatique. Via le Nouvel Obs qui affirme, en une, que “oui, les OGM sont des poisons”, il a mis le gouvernement sur le pont, affolé la population qui va fuir les biscuits d’apéritif, les plats cuisinés et les potages de peur de se retrouver avec des tumeurs grosses comme des ballons de football, réveillé les institutions françaises et européennes qui pouvaient espérer que le débat sur les OGM commençait à s”épuiser et embêté le géant Monsanto piqué par la mouche française.
  • Quelques jours après la conférence environnementale des 14 et 15 septembre qui a satisfait bon nombre d’écologistes, cette nouvelle affaire va conforter la position de la France en faveur d’un moratoire sur la culture des OGM. Décrété en février 2008, ce moratoire a été invalidé en 2011 par la Cour européenne de justice. Mais le gouvernement Fillon a de nouveau interdit la culture des OGM en mars 2012. Jean-Marc Ayrault reste sur la même ligne et hérite ainsi du bras de fer avec l’Europe. La publication de Gilles-Eric Séralini pourrait l’aider à plaider sa cause.
  • Sur le plan plus scientifique, la nouvelle étude a le mérite de pointer une pratique peut-être un peu légère de l’EFSA qui s’est, jusqu’à présent, contentée de tests de 90 jours sur les rats pour juger de l’innocuité des OGM. Un peu court, semble-t-il. Mais deux ans, c’est long et coûteux. N’empêche, cela vaut tout de même la peine de faire cet effort pour savoir, dès lors que l’alimentation humaine est en jeu.
  • Gilles-Eric Séralini a le mérite de contraindre les institutions européennes à revoir les protocoles des expériences dans ce domaine. Pierre-Henri Gouyon, spécialiste de l’évolution, professeur au Muséum national d’histoire naturelle, membre de la fondation Nicolas Hulot et du CRIIGEN, nous précise que, pour lui, ces études devraient concerner également la 2ème génération des rats nourris aux OGM.
  • Le tapage médiatique intense orchestré par le CRIIGEN paraît excessif et assez insupportable. Mais il peut être défendu comme réaction proportionnelle aux menées d’un groupe comme Monsanto dont la puissance lobbyiste n’a rien de commun avec celle du CRIIGEN. La différence, c’est aussi que le semencier agit dans l’ombre alors que les chercheurs français ne peuvent compter que sur les médias et la lumière pour alerter l’opinion publique.

2°/ Les points faibles

  • La méthode de communication tous azimuts utilisée par Gilles-Eric Séralini (presse + publication scientifique + livre + documentaire) peut se retourner contre lui. De même que son militantisme notoire contre les OGM. Certes, il faut parfois frapper fort. Mais jusqu’à quel point ?
  • En privant les médias, hors Nouvel Obs, et les scientifiques d’une analyse de l’étude avant sa diffusion massive, les chercheurs ont mis les politiques en situation de devoir réagir en absence de toute prise de position du milieu scientifique.
  • Gilles-Eric Séralini s’est déjà fait de nombreux ennemis parmi ses confrères. L’un des derniers en date est Marc Fellous, président de l’Association française des biotechnologies végétales (AFBV), qui a été condamné pour diffamation en janvier 2011 pour avoir contesté l’indépendance de Gilles-Eric Séralini vis a vis de Greenpeace au sujet d’une étude menée sur l’impact de trois variétés de maïs transgénique sur la santé des mammifères. Le chercheur a également eu des démêlés avec le CNRS et l’INRA.
  • Le 15 juin 2007, un avis rendu par la Commission du génie biomoléculaire (CGB) a contesté la méthodologie utilisée par Gilles-Eric Séralini et son équipe lors d’une étude concernant la toxicité du maïs transgénique MON 863 publiée dans la revue Archives of Environnemental Contamination and Toxicology.

3°/ Les zones d’ombre

  • Au moment même où le gouvernement français accorde un crédit tel à l’étude de Gilles-Eric Séralini que le chercheur va être auditionné au Parlement, des voix commencent à contester plusieurs points de l’étude publiée le 19 septembre.
  • La race de rats utilisée, Sprague Dawley, serait réputée pour développer spontanément des tumeurs mammaires cancéreuses.
  • Les groupes de rats, dans chaque catégorie étudiée, ne comptent que 10 individus alors qu’il en faudrait 50 pour obtenir des résultats statistiques valables en matière de cancer pour une étude sur 2 ans.
  • Le régime alimentaire des rats, hors OGM et Roundup, n’est pas communiqué.
  • Les résultats de mortalité identiques pour les groupes nourris à 11% et à 33% d’OGM s’expliqueraient mal.

Désormais, il faut attendre l’avis des autorités saisies par le gouvernement sur la nouvelle étude. Dans l’intervalle, la campagne médiatique de Gilles-Eric Séralini et de ses soutiens va se poursuivre. Il semble donc que l’on ait mis la charrue avant les bœufs, avec tous les risques d’accidents que cela comporte. Si jamais l’étude était invalidée, la carrière de Gilles-Eric Séralini ne s’en remettrait pas et la France serait ridicule. Si elle est confirmée et que des dangers pour l’homme peuvent en être déduits, Gilles-Eric Séralini deviendra le héros de la lutte contre Monsanto et la diablerie des OGM.

Michel Alberganti

Photo: Gilles-Eric Séralini. REUTERS/Yves Herman

43 commentaires pour “OGM: Gilles-Eric Séralini prend un gros risque, la France aussi”

  1. Vous oubliez de préciser que certains des micro lots “OGM” ont moins de mortalité que le témoin.

  2. Des analyses statistiques sérieuses sont en cours et vont paraitre bientôt. Elles montrent que les données de M Séralini ne prouvent aucun effet nocif de la nourriture de ces rats. L’attitude des média et du Nouvel Obs en particulier va être intéressante à observer.

  3. Marrant qu’on parle du risque de refuser d’être empoisonné.

    Moi j’ai une idée pour réconcilier tout le monde :
    Autorisons donc tous les OGMs, et interdisons le roundup (ce qui rendra 90% des OGMs de la planète sans intérêt).

    Chiche ?

  4. @Segel: en France c’est le maïs BT qui est surtout attendu, ils seraient diffusés très vite. D’autre part l’étude de GES ne montre rien sur le round up, ils ne sont pas plus malade que le témoin.

  5. @Naïvement morale: ce qu’on attend c’est surtout qu’il soit mit hors d’état de nuire. Il doit cesser d’être payé par l’état et de former des étudiants. Il a bidonné ces études précédentes, là il est allé trop loin en terme d’exploitation médiatique de ces faux résultats.

  6. La meilleure façon de démontrer que cette étude est une tromperie, ce serait, pour les contestataires, de consommer eux-mêmes tous les jours, pendant 2 ans, une quantité significative du maïs en question, sous la surveillance d’un comité indépendant. Que ceux qui sont prêts à expérimenter cette solution se fassent connaître rapidement. Je prends le pari qu’il n’y aura aucun candidat. Alors ? courageux, oui, en “paroles verbales”, en dénigrement , en accusations, souvent hypocrites, de partialité ; mais dès qu’il s’agit de passer aux actes, il n’y a plus personne. Et pour cause.

  7. En 1997 – suite à la parution de “l’ADN décrypté” et de mon petit livre “PLANèTE TRANSGENIQUE” et à une intervention auprès de Me corinne Lepage, ministre de l’environnement du gouvernement Juppé – j’allais être à l’origine (avec jean-marie Pelt et Joel Sternheimer) de la décision immédiate du gouvernement Juppé de semer du mais transgénique en france…
    J’eus alors le triste loisir de découvrir – de part et d’autre des proOGM et antiOGM – un bien trop grand sectarisme…
    Je n’en dirai pas plus…
    Si passion et science sont ici compatibles, PASSION et SCIENCE ne le sont point!!!

    jean-claude perez étudie depuis plus de 20 ans l’organisation mathématique de l’ADN et des génomes
    http://golden-ratio-in-dna.blogspot.fr/

  8. Au fait en quoi “la France” est-elle concernée ? Quelques politiciens, écolos pour la plupart auront fait une fois de plus la preuve de leur illettrisme scientifique et la plupart des média la preuve qu’ils publient n’importe quoi sans rien vérifier. Vous pensez que ce n’est que çà, la France ?

  9. C’est dingue, sur tous les sites d’info, le nombre de commentateurs (souvent les mêmes) qui balancent des infos très péremptoires contre l’étude de Séralini mais bien sûr sans aucune source ni info précise.

    Après, pourquoi pas s’affranchir des données scientifiques… Mais dans ce cas, le simple bon sens veut que l’on rechigne tous à consommer des pesticides. Alors un maïs génétiquement modifié pour inclure directement le pesticide, personnellement, je préfère éviter. Sans parler de l’historique de Monsanto qui devrait déjà tous nous inciter à la prudence!

  10. @naïvement moral : De quelles statistiques parlez-vous, d’où proviennent-elles et qui est en train de les traite ?

  11. Bonjour M. Alberganti,
    J’ai posé une question hier sur l’autre billet que vous avez consacré à cette étude, mais sans réponse.

    Alors j’ai cherché un peu par moi même et je tombe sur cette étude toxico de Monsanto :
    http://www.saveourseeds.org/downloads/monsanto_ratstudy.pdf

    Et qu’est ce qu’on y apprend ? Que les rats utilisés sont aussi des Sprague Dawley.

    Je ne cherche pas spécialement à défendre GES, mais je trouve totalement logique qu’il utilise les mêmes rats que Monsanto pour son étude.

  12. Jusqu’à preuve du contraire et au vu des extraits publiés à ce jour dans la presse, cette étude semble indiquer la toxicité du Roundup (ce qu’on savait déjà), mais nullement celle du maïs transgénique et encore moins celle des O.G.M. en général.

  13. et les “études” de monsanto elles utilisent combien et quel type de rats ? …

    c’est quand même bizarre que vous n’ayez pas le même réflexe pour les études orientés des fabriquants d’OGM qui c’est sur eux n’ont aucun parti pris :d:d

  14. Monsanto est le principal producteur d’OGM (à hauteur de 90%) l’autre étant Syngeta.

    Monsanto est connu par le passé pour avoir masqué la nocivité de différents produits qu’il commercialise (Round-Up – Aspartame – PCB – Agent Orange – Lasso – etc)

    Ce simple fait suffit à exiger un moratoire sérieux sur les OGM.
    A savoir de vrais recherche toxicologique à long terme sur les OGM. Avec un accès aux données brutes pour contre-expertise et non un refus pour protection de secret industriel, ce qui a été le cas jusqu’à présent.

  15. Le Roundup est une cochonnerie dangereuse et il peut contaminer le maïs résistant, à des doses qui restent dangereuses. Cela ne dit rien sur la dangerosité des OGM en général.

  16. @Swergen: vos procès d’intention sont lamentable et ne font que ridiculiser votre position. D’autant plus que Monsanto n’a fait que piquer les premiers OGM mit au point en Belgique et en France par des chercheurs d’université ou d’instituts publiques.
    @Romu: sauf que les rats en question ont quasi systématiquement des tumeurs et des pathologies à deux ans, que valent des chiffres de 70% quand on trouve jusqu’à 90% des rats malades dans des publications de référence avec des effectifs plus important?
    @Sinnhdo: Absolument pas, quand on regarde la publication final le round up n’a pas d’effet non plus, les variations observés ne sont pas significative (la plus forte dose serait moins toxique qu’une dose plus faible).

  17. Je reprends tes termes; la plus forte dose serait moins toxique qu’une dose plus faible.
    Le même problème s’est posé pour les pesticides responsables de la disparition des abeilles.
    Il aura fallu de la ténacité et de l’astuce pour qu’une hypothèse soit enfin esquissée: l’interaction des pesticides avec des acariens perturberait le système des abeilles et les feraient mourir en masse.
    Je dis cela parce qu’il est probable que la vérité soit là, difficile à cerner par les études scientifiques et pseudo-scientifiques (celles des “savants” payés par Monsanto): la dangerosité des OGM peut se cacher elle aussi dans ces interactions qui ne sont pas liées aux quantités.
    En attendant de s’en assurer, on fait tout pour discréditer Séralini. En tête: les voix de ceux qu’emploient Monsanto et autres empoisonneurs.
    Pas vrai, Karg Se?

  18. “La meilleure façon de démontrer que cette étude est une tromperie, ce serait, pour les contestataires, de consommer eux-mêmes tous les jours, pendant 2 ans, une quantité significative du maïs en question, sous la surveillance d’un comité indépendant. Que ceux qui sont prêts à expérimenter cette solution se fassent connaître rapidement. Je prends le pari qu’il n’y aura aucun candidat. Alors ? courageux, oui, en “paroles verbales”, en dénigrement , en accusations, souvent hypocrites, de partialité ; mais dès qu’il s’agit de passer aux actes, il n’y a plus personne. Et pour cause.”
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    blablablabla
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    Sauf qu’encore une fois, ça dit de la merde. La base de cette étude et les % d’ogm et de roundup dans l’alimentation des rats sont sensés être ceux que l’on va retrouver dans la consommation moyenne d’un habitant des zone d’agriculture intensive aux USA (pour le maïs ogm, c’est un % de leur alimentation connu, notamment via le sirop de glucose qu’on en tire et pour le roudup, c’est la quantité jugée tolérable par l’administration US).
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    Le vrai soucis, c’est que cette étude sur la consommation d’ogm et de roundup dans l’eau a déjà été menée grandeur nature sur des millions de personnes pendant beaucoup plus que deux ans. Et que le résultat, c’est que les habitant du midwest n’ont pas plus de cancer que ceux de la corse. Bref, oui, on a déjà testé sur des humains, le résultats est négatif. Après, même si son étude est vraiment fondée, qu’est-ce qu’on s’en fou que ça rende malade les rats si nous, ça ne nous fait rien. On arrête de manger du chocolat parce-que ça tue des chiens après ?

  19. Les interventions de Karg se vous sont généreusement offertes par Monsanto !

  20. Moi, ce qui me fait marrer, c’est tous les gogos en France qui prennent la défense de Monsanto… au nom de la science (lol !).

    Peut-on imaginer aux USA des américains qui défendraient une entreprise française vendant de la merde ?

  21. La seule chose qui me titille dans cette histoire est que personne (ou presque) ne semble connaître le but premier d cette étude. Il me semble important de savoir dans quel but elle a été menée :

  22. parLa seule chose qui me titille dans cette histoire est que personne (ou presque) ne semble connaître le but premier d cette étude. Il me semble important de savoir dans quel but elle a été menée (et j n’en sais à titre personnel strictement rien). Mais il semble par exemple illégitime de la part de ce scientifique, comme indiqué dans l’article de sélectionner cette espèce de rat si l’objet de l’étude est de démontrer un effet direct entre consommation d’OGM et apparition de tumeur. Par contre, ce choix peut être légitimé si les auteurs de cette publication cherchent à identifier un effet aggravant de la consommation d’OGM lors de l’apparition de tumeurs. Par cet exemple je veux juste attirer l’attention sur le fait qu’il est impossible de juger de certains choix de ces scientifiques sans avoir l’article sous les yeux (et encore, je ne suis pas certain que cela aiderait une personne telle que moi, habituée aux recherches dans les sciences sociales). C’est pourquoi il semble important de la part des media et des politiques de faire retomber le “buzz” autour de cet affaire jusqu’à ce qu’un collège de scientifiques de renom soit en mesure de juger de la pertinence de cette recherche (ce qui a en partie été fait lors du processus de review de l’article scientifique, bien qu’il s’agisse d’une revue dite mineure)

  23. @Phylate: Vous pouvez donnez la source?

    La seule publication qui donne une idée du scénario crédible expliquant la mortalité des abeilles c’est l’étude de Hawaï.

    Le seul cas de dose faible plus dangereuse que dose forte c’est l’effet d’hormèse, je doute fortement que manger 33% d’OGM provoque une sous mortalité par effet d’hormèse. Ces résultats “absurde” s’explique simplement par la faible nombre d’individus des groupes isolés par GES.

  24. je peux comprendre que chaque partie veuille apporter la preuve de ce qu’elle avance, en attendant (j ai peur que ce ne soit pas pour demain et que jamais, tout le monde soit convaincu de l’innocuité ou de la toxicité) ce que j’admets moins c’est que les produits qui doivent quelque chose de prés ou de loin aux OGM ne soient pas étiquetés comme tel.
    Que chacun ait le droit de savoir ce qu’il mange me parait le minimum, vouloir me le cacher me parait en soi inacceptable, du coup en attendant une hypothétique preuve scientifique irréfutable, je n’ai aucun mal a me déterminer sur le sujet .

  25. Le risque sanitaire n’est qu’un seul des problèmes, même si l’on prouvait que les OGM n’ont aucun effet néfaste sur la santé des hommes, ça ne résoudrait pas les autres problèmes qu’ils posent.

    Par exemple, la dépendance des agriculteurs et des paysans vis à vis de Monsanto, en est un autre : on vous vend du round up qui anéanti toute forme de vie, et ensuite il faut acheter des espèces “compatibles” avec ce poison (un peu comme avec Apple).
    Ou l’appauvrissement du sol et autres problèmes environnementaux.

  26. C’est étonnant de voir autant de gens accuser cette étude d’être orientée alors que les précédentes ont été menées par le même industriel qui vend ces produits (comme pour la plupart des études).

    “Le militantisme anti-OGM est-il compatible avec la science ?”
    L’argent et le pouvoir sont-ils plus compatibles avec la science que ne l’est le militantisme ?

  27. @Karg se : je dirais qu’on s’en fout. Je m’explique. Je ne cherche pas à défendre spécialement GES, mais je trouve que ce procès sur la race des rats est à côté de la plaque. J’imagine aisément que son étude constitue une “contre-étude” de celles faites par Monsanto. Et comment mieux comparer que “toutes choses égales par ailleurs”, du moins autant que possible.

    Donc, qu’il choisisse la même race de rats que celle utilisée dans les études qu’il cherche à démonter ne me gêne aucunement, je dirais même que je trouve ça logique.

    Après il y a surement plein de choses foireuses dans son étude, mais pas celle là à mon avis.

  28. Ma prof de statistique, lorsque j’ai naguère étudié quelques-une de ces techniques, aurait dit “Il vaut mieux avoir des données sur des lots de 10 rats que pas de données du tout. Bon, l’avantage, c’est que maintenant, il va être difficile de refuser de nouvelles expérimentations indépendantes qui, espérons-le, seront probantes, dans un sens ou dans l’autre, de manière incontestable.

  29. N’oublions pas que Monsanto fait ses tests d’OGM, round-up, etc…dans ses propres laboratoires. Cette contre-étude du Pr Séralini a le grand mérite d’avoir été réalisée car c’est la seule à avoir jamais été faite en toute indépendance et en dehors des laboratoires de Monsanto, ce qui est un grand pas en avant. De plus, les résultats étant alarmants, il me semble évident que le principe de précaution doit être appliqué.

  30. […] on blog.slate.fr Share this:TwitterFacebookJ'aime ceci:J'aimeSoyez le premier à aimer […]

  31. @Romu: Dans l’absolu le choix de la race est effectivement neutre, mais il aurai fallu que GES ne mente pas sur les caractéristiques de cette race. Quand il dit qu’il y a 3 à 7 fois plus de cancer et de mortalité, c’est totalement faux au vue des connaissances accumulés sur cette race de rat depuis 30 ans. Il a choisis sciemment cette race pour obtenir des tumeurs photogénique.

  32. @Hubert: votre prof ne connaissait pas PubMed: en 30 sec vous pouvez trouver des centaines d’étude sur les OGM.

  33. J’ai laissé deux commentaires sur mon blog dont je vous communique les liens.
    Ayant moi-même travaillé sur l’éventuelle toxicité d’un enzyme surexprimé dans une plante transgénique pour la rendre résistante à un herbicide, je suis habilité à donner mon avis.
    D’autre part, je me permets de rappeler à vos lecteurs que j’ai publié dans Science, Journal of Biological Chemistry et PNAS en son temps (je suis maintenant à la retraite)… J’émets de sérieux doutes sur la validité des travaux de ce monsieur.

    http://jacqueshenry.wordpress.com/2012/09/20/lettre-ouverte-a-monsieur-seralini-glyphosate-monsanto-nhk-603/

    et

    http://jacqueshenry.wordpress.com/2012/09/21/lettre-ouverte-a-monsieur-seralini-est-restee-lettre-morte-ca-sent-limposture-scientifique/

  34. Je crois que le sadomasochisme a beaucoup d’avenir en Europe, où nombre d’esprits tout à fait touchants ne trouvent rien à redire à ce qu’une multinationale de la première puissance économique du monde s’implante comme une fleur dans la production agricole européenne… Ah ! quand on a des adversaires économiques aussi naïfs, on a presque envie de les laisser tranquilles !

  35. […] Cobayes, et, au cinéma, du film éponyme qui en est tiré au cinéma. Une charge anti-OGM fort nourrie relayée par le gouvernement et largement diffusée dans la […]

  36. It’s reassuring to see this critique by french scientists: there is a danger that people like Séralini can damage the reputation of France abroad.

    It was shocking to see the reaction of Ayrault and other politicians, who immediately accepted the study without consultation. You get the impression the media are ready to jump on any GMO result without thinking.

    However, once this study is discredited, Séralinis little scam may work against him

  37. […] OGM: Gilles-Eric Séralini prend un gros risque, la France aussi OGM : vive la controverse ! OGM : comment Monsanto communique pour contrer les critiques Le logo de la firme Monsanto (S.PERLAMAN/SIPA). Au-delà des batailles de chiffres et de résultats, c'est d'abord à une guerre de communication que se livrent Gilles-Eric Séralini et les équipes du Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (Criigen), contre le laboratoire Monsanto, coupable doublement désigné. Quelques jours après la révélation, le 19 septembre, des conclusions d'une étude choc sur la toxicité d'un OGM , le professeur Gilles-Eric Séralini s'est dit, lundi 24 septembre, <i>"attaqué de manière extrêmement malhonnête par des lobbies, qui se font passer pour la communauté scientifique". </i> […]

  38. […] OGM: Gilles-Eric Séralini prend un gros risque, la France aussi http://blog.slate.fr/globule-et-telescope/2012/09/20/ogm-gilles-eric-seralini-prend-un-gros-risque-l… […]

  39. Les résultats de cette expérience conduite sur 2 ans ont ils été comparés à ceux d’un témoin effectué avec la même variété de rats, une alimentation avec des quantités journalières identiques de maïs non génétiquement modifié, en l’absence de glyphosate sel d’amine….etc…
    Quelqu’un a t’il des éléments en ce sens ? L’Université de Caen est elle en mesure d’apporter des réponses ?
    En l’absence de résultats comparés, quel crédit pourrait on accorder à de telles recherches ?
    NB/ dans les commentaires on trouve beaucoup d’opinions contradictoires, subjectifs et basés sur des affirmations qui reléveraient plus d’une discussion du café du commerce que d’une approche scientifique. C’est dommage et ce n’est pas ainsi que le débat et la connaissance pourront progresser !

  40. @Jclaude: les rats traités avaient un aliment moins riche en maïs que le témoin, sauf le lot à 33%… cela expliquerai l’absence d’effet dose et l’étrange bonne santé du groupe à 33%: GES vient simplement de confirmer que les rats nourris ad libitum deviennent trop gros et malades quand on leur donne un aliment trop riche.
    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/633981-danger-des-ogm-l-etude-qui-invalide-l-article-de-seralini.html

  41. Karg se

    Merci de ces infos. J’ai demandé à l’Université de Caen s’il est possible d’obtenir un tableau récapitulatif de l’ensemble des essais sur 2 ans avec cette variété de rats : alimentation (quantités-qualité). J’ai également sollicité les résultats obtenus pour la même espèce de rats nourris ad libitum pendant 2 ans avec du maïs non génétiquement modifié et en l’absence de glyphosate.
    Je suis très dubitatif quant à une réponse positive et circonstanciée à ces éléments très basiques !

  42. […] relaie l’information( après avoir constitué un dossier ) et un blog scientifique du site Slate décortique, à charge et à décharge, le protocole tandis qu’un […]

  43. […] par l’Assemblée nationale mardi 9 octobre, Gilles-Eric Séralini, auteur d’une étude controversée sur la toxicité d’un du maïs Monsanto NK603, résistant à […]

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