97% des glaces du Groenland se sont mises à fondre… en 4 jours

Les satellites, et surtout les scientifiques de la Nasa qui ont analysé leurs images, n’en sont pas revenus. En 30 ans d’observation, jamais le Groenland n’avait fondu à une telle vitesse. En 4 jours, la calotte glaciaire intacte du “pays vert” a perdu 97% de sa surface… Les mesures effectuées par trois satellites montraient, le 8 juillet 2012, que 40% de la calotte glaciaire avait déjà fondu. Mais le 12 juillet, quatre jours plus tard, c’est donc 97% de sa surface qui fondait. Cela paraît d’autant plus extraordinaire que l’épaisseur de la glace, au centre de l’île, atteint les 3 km en hivers, saison où la calotte (inlandsis) couvre 80% de la surface du Groenland. Normalement, en été, seulement 50% de l’inlandsis fond. Et, à haute altitude (le Groenland a des sommets entre 3000 et 4000 m), l’eau regèle sur place. Cette année, la fonte est si importante que les chercheurs se demandent quelle quantité d’eau va réellement s’écouler dans l’océan et quel impact cela pourra avoir sur le niveau des mers sur la planète. Il faut toutefois préciser que la glace n’a pas disparu de la surface du Groenland. Les zones rouges de la carte ci dessus montrent les zones qui fondent. La zone blanche est celle de la zone qui ne fond pas et c’est celle-là qui ne représente plus que 3% de la surface couverte en hivers.

Un couvercle d’air chaud

” C’est si extraordinaire que, pour la première fois, je me suis interrogé sur le résultat des mesures en me demandant s’il ne s’agissait pas d’une erreur”, note Son Nghiem du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la Nasa à Pasadena. Les météorologistes indiquent que cette fonte est liée à un front d’air chaud qui forme une sorte de couvercle sur le Groenland. Cela rappelle la canicule de 2003 en France qui résultait d’un phénomène similaire. Le front d’air chaud actuel n’est pas le premier. Depuis mai 2012, plusieurs se sont formés sur le Groenland. “Chacun d’entre eux s’est révélé plus fort que le précédent”, remarque Thomas Mote, climatologue de l’université de Géorgie. Le dernier en date a commencé à arriver sur le Groenland le 8 juillet et s’est stabilisé sur le calotte glaciaire le 11 juillet avant de se dissiper à partir du 16 juillet.

Un phénomène qui se produit tous les 150 ans…

Même la glace située dans la région de la station Summit, à 3000 mètres d’altitude dans le centre de l’île, a commencé à fondre. Cela ne s’était pas produit depuis 1889, selon les carottes de glace analysées au Darthmouth College de Hanovre. Ces carottes indiquent qu’une fonte comme celle de cette année ne survient que tous les 150 ans en moyenne. Ce phénomène exceptionnel pourrait donc s’inscrire dans le cycle naturel de cette région. Sauf s’il se reproduisait l’année prochaine. Dans ce cas, le mot qui est dans tous les esprits, mais que la Nasa ne cite guère, c’est à dire le réchauffement climatique, pourrait bien se révéler être la cause de cette fonte ultra rapide de l’inlandsis du Groenland. D’ici là, il faudra mesurer l’impact de toute cette eau polaire sur le niveau des mers. La rupture, la semaine dernière, d’une partie du glacier Petermann grande comme la ville de Paris avait déjà donné l’alerte au réchauffement et à la montée des eaux.

 

Michel Alberganti

Note : Quelques informations sur la calotte glaciaire du Groenland à la suite de certains commentaires sur cet article :

– Son épaisseur moyenne est de 2,3 km avec un maximum d’environ 3 km en son centre.
– Ses glaces les plus anciennes dateraient de 110 000 ans.
– Sa surface est d’environ 1,8 million de km2 et son volume est de 2,9 millions de km3.
– Il s’agit du plus grand réservoir d’eau douce de la planète après l’inlandsis de l’Antarctique qui rassemble 70% de l’eau douce présente sur Terre.
– Si toute la glace du Groenland fondait, le niveau des mers s’élèverait de 7,3 mètres.
– Si toute la glace de l’Antarctique fondait, le niveau des mers s’élèverait de 56,6 mètres.

Sources:
http://www.esa.int/esaEO/SEMILF638FE_planet_0.html
http://www.iceandwater.gl/
http://www.mpimet.mpg.de/en/news/press/faq-frequently-asked-questions/how-much-will-the-sea-level-rise.html
Et, bien sûr, Wikipédia…


39 commentaires pour “97% des glaces du Groenland se sont mises à fondre… en 4 jours”

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  2. C’est une blague cet article???
    Même à 40°C 3000m de glace ne fondent pas en 4 jours. La photo parait fantaisiste aussi, non?
    La réponse est dans l’article de la NASA, avec une petite recherche sur le mot “thawed”. Ce qui est en question, c’est la surface sur laquelle la glace est _en train_ de fondre et non pas là où elle _a fondu_.
    La différence?
    Si elle a fondu de 1cm (sur les 3km d’épaisseur), alors elle est en train de fondre. Mais ça va prendre un moment avant qu’on puisse dire qu’elle a fondu…

    NB : il m’a fallu 7 minutes pour comprendre ce (petit !) détail. En combien de temps l’article a été écrit???
    et re-NB : c’est tout à fait le genre d’article sensationnel qui permet aux pétroliers de continuer à dire “vous voyez, les écolos disent n’importe quoi”.

  3. @PiAn Merci pour votre commentaire, même s’il est inutilement agressif. L’anglais thawed, signifie dégelé. L’article de la Nasa utilise le plus souvent le verbe melt, qui signifie fondre. Les photos satellites ne montrent pas une surface en train de fondre mais des zones fondues. Que le phénomène vous paraisse extraordinaire n’a rien d’étonnant. Les scientifiques de la Nasa n’en ont pas cru leurs yeux également. Qu’il s’agisse d’une erreur de trois satellites ou d’une mauvaise interprétation des informations qu’ils ont fournies est toujours possible.

  4. Heu, 97% de la surface du Groenland a subit une fonte, pas en volume je pense. J’ai du mal a croire que 97% des milliards de tonnes que constituent cet enorme glacon ait fondu si vite….on parle de 2 millions de km2 !

    Donc le Groenland n’a pas fondu en 4 jours… mais a ete touche par une vague de chaleur telle que pas un coin du bled n’a echappe a la fonte, j’imagine des temperatures assez positives sur 97% du Groenland. C’est pas tout a fait pareil me semble-t-il. Non ? Et c’est deja enorme.

    En plus, si ca se reproduit tous les 150ans, comment se fait-il que l’on fasse des carottes qui remontent le temps jusqu’a plusieurs centaines de milliers d’annees ?

    Tout cela ne me semble pas tres serieux.

    Je suis un ardent “partisant “de la these de l’origine anthropique du changement climatique, mais un tel volume qui fond en 4 jours,…… j’imagine ouvrir une location de surf a Strasbourg…

  5. @whaou Où avez-vous vu écrit “en volume”. Il est justement écrit que c’est 97% de la surface qui a fondu.
    Par ailleurs, quel rapport avec les carottes qui remontent à plusieurs milliers d’années?

  6. Si les exploits technologiques, techniques et scientifiques de l’Homme constituent la preuve de son intelligence indépendamment des races et des religions, alors arrêtons de financier des projets et des entreprises belliqueuses. Déployons tous nos efforts à sauver notre “Terre”, sinon nous périrons avec elle. Ce qui sera la preuve contraire de notre absence d’intelligence et de bon sens, choses dont les bêtes semblent disposer contrairement à nos fausses croyances.

  7. to thaw : dégeler != avoir fondu

  8. Ce n’est qu’un détail et que mon opinion, mais je pense que le choix des couleurs (dégradé de rouges) n’est pas judicieux dans cet article et influe sur la compréhension de l’article. Vous trouvez pas?

  9. La nouvelle paraît extraordinaire présentée comme ça mais à lire l’article de la NASA on comprend bien qu’il s’agit de la surface en train de fondre. Les zones en rouge ne sont pas devenues des prairies… “melt” en anglais c’est aussi un nom commun qui signifie fonte. Il s’agit de “zones en fonte”. Votre article suggère qu’il n’y a plus de glace au Groënland, c’est en tout cas ce que je j’avais compris quand j’ai lu ça: “En 4 jours, la calotte glacière intacte du “pays vert” a perdu 97% de sa surface…””Cela paraît d’autant plus extraordinaire que l’épaisseur de la glace, au centre de l’île, atteint les 3 km en hivers “. Bref, soit vous n’avez pas compris l’article soit le vôtre porte à confusion. Ce qui occulte d’ailleurs le fait que cette nouvelle reste préoccupante même si elle est moins cataclysmique que ce que vous prétendez.

  10. L’article de la NASA est mal traduit. En vérité il signifie que sur 97 % de la surface la glace a fondu : ce qui n’est pas surprenant en juillet §
    Mais seule une masse très petite de glace du Groenland a fondu car l’épaisseur dépasse souvent les 3 000 mètres et il serait irréaliste que cette masse fonde avant de nombreuses décennies.
    Donc pas de panique mais article ambigu, volontairement ?

  11. Je cite l’énorme bourde dans l’article :
    “l’épaisseur de la glace, au centre de l’île, atteint les 3 km”.

    C’est tout simplement impossible, aucun journaliste scientifique n’aurait osé traduire quoique ce soit par cette ânerie.

  12. Pian : lisez l’article dans sa totalité avant de commenter : il et très justement écrit “Il faut toutefois préciser que la glace n’a pas disparu de la surface du Groenland. Les zones rouges de la carte ci dessus montrent les zones qui fondent. Les zones blanches sont celles qui ne fondent pas et ce sont celles-là qui ne représentent plus que 3% de la surface gelée en hivers” et ce dès le début… donc non la photo n’est pas fantaisiste.

  13. j’ai bien l’impression que l’article a un peu changé…

  14. @tin Bien vu, Tin. J’ai été contraint de préciser que la calotte glacière avait commencé à fondre sur 97% de sa surface car les termes utilisés, en particulier le “a fondu” pouvait laisser croire que toute la calotte avait fondu. Ce que, pourtant, la carte précise clairtement avec les zones en rouge qui fondent et les zones grises sur lesquelles il ne reste plus de glace. Néanmoins, j’admets que la première formulation était ambigüe.

  15. heu…La bonne orthographe, c’est “calotte glaciaire”. La glacière, c’est pour le camping…
    Merci pour vos articles.

  16. @gilles. Quelle honte !!! Merci pour avoir signalé cette bourde. Elles est, enfin, corrigée.

  17. Je suis atterré par l’agressivité gratuite de certains commentateurs et par la mise en doute d’une information totalement objective qui résulte des observations du satellite Indien Oceansat-2 lancé le 23 Septembre 2009.
    La prudence de Michel Alberganti est justifiée puisque, même si un tel phénomène ne s’est pas produit depuis 1889, un point aberrant ne donne pas une tendance.
    Il n’empêche qu’avec l’iceberg géant, la sécheresse record aux États Unis (la pire qu’ils aient connu depuis le dust bowl dans les années 30) qui va probablement provoquer une bulle boursière sur le court des céréales avec les risques d’émeutes de la faim que l’on a déjà connu, les dérèglements climatiques un peu partout dans le monde, les nouvelles se succèdent et ne vont pas dans un sens très positive (sauf hélas pour le thermomètre) pour le réchauffement climatique.
    http://www.wired.com/wiredscience/2012/07/drought-food-prices-unrest/

  18. que l’épaisseur de la glace, au centre de l’île, atteint les 3 km en hivers,
    Pour Florian qui en doute et qui écrit C’est tout simplement impossible, aucun journaliste scientifique n’aurait osé traduire quoique ce soit par cette ânerie,
    je cite
    Notons que la calotte glaciaire du Groenland est par endroit très épaisse et peut atteindre plus de 3 km d’épaisseur pour une moyenne de 2,3 km. Ce sont les précipitations neigeuses qui se sont accumulées depuis des milliers d’années qui ont formé cette couche de glace.
    source :
    http://www.notre-planete.info/actualites/actu_758_epaisseur_glace_Groenland.php

  19. @Patricedusud. Merci Patrice, pour votre soutien. J’apprécie beaucoup. Cela me conduit à apporter quelques précisions sur la calotte glaciaire du Groenland en fin d’article.

  20. Il y a clairement eu un souci de compréhension dans cette information, du premier communiqué officiel de la NASA qui a été maladroitement rédigé aux reprises de l’information dans les médias qui a parfois tourné au psychodrame journalistique. Cependant, ne nous trompons-pas non plus de débat, car même si l’information initiale a été mal comprise, elle garde un fond qui est véritablement préoccupant. Suffisamment préoccupant d’ailleurs pour que certains veuillent s’acharner sur la forme dans le but d’éviter que l’on discute de ce fond.

    Ce n’est pas parce que le médecin qui a diagnostiqué une fracture a été ambigu dans son résumé, et que la secrétaire qui l’a lu l’a mal compris et a annoncé un cancer à la famille, que le patient pourra pour autant courir le 100 mètres à Londres la semaine prochaine.

    Ce que les satellites ont montré, c’est qu’il est possible au jour d’aujourd’hui d’avoir des conditions chaudes telles au Groenland qu’elles sont capables de faire dégeler quasiment l’intégralité de la surface de la calotte polaire. Ce que l’on ne croyait guère possible, du moins pas avant des décennies.

    Ne nous y trompons pas, c’est aussi le résultat de conditions météorologiques remarquables qui ont véhiculé et qui véhiculent encore des masses anormalement chaudes sur le Groenland et le Canada, et il reste très difficile de lier franchement ce type d’évènement directement au réchauffement.

    Cela étant, la répétition de ce genre de coups de chaud de plus en plus rapide est préoccupante, et c’est en cela que l’on peut raisonnablement penser que le réchauffement joue un rôle en toile de fond. Même si certains voudraient faire croire que cet évènement est purement aléatoire, et n’a rien à voir avec le fait que les mers de Kara et de Barents ont connu leur plus faible superficie de glace depuis que des relevés y sont réalisés l’hiver dernier, que le record du faible volume de glace résiduel dans le bassin arctique a été battu l’année dernière – et va vraisemblablement l’être à nouveau cette année -, enfin bref la liste est longue.

    Maintenant, on sait que le Groenland a connu des réchauffement locaux plus ou moins importants dans son histoire récente, comme lors de l’optimum médiéval ou dans une mesure bien moindre vers les années 1930. On ne peut pas dire aujourd’hui si un dégel de surface de l’ensemble de la calotte s’est déjà produit dans un passé plus ou moins récent, on sait qu’en tout cas c’était déjà arrivé au niveau de la base Summit – dans une ampleur moindre cependant que ce qu’il s’est passé ces derniers jours. Maintenant si rien ne se passe les 150 prochaines années, cela voudra dire que 2012 n’était qu’un évènement isolé. Par contre, si on remet le couvert en 2016, on pourra se poser des questions.

  21. @Cad. Excellente analyse de ce qui s’est passé. En effet, le communiqué de la NASA manquait de précision et l’utilisation du mot “melted” a conduit à beaucoup de confusion. Dommage pour une information de cette importance.

  22. […] blog.slate.fr – Today, 11:31 PM Rescoop […]

  23. […]  » C’est si extraordinaire que, pour la première fois, je me suis interrogé sur le résultat des mesures en me demandant s’il ne s’agissait pas d’une erreur », note Son Nghiem du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la Nasa à Pasadena. Les météorologistes indiquent que cette fonte est liée à un front d’air chaud qui forme une sorte de couvercle sur le Groenland. Cela rappelle la canicule de 2003 en France qui résultait d’un phénomène similaire. Le front d’air chaud actuel n’est pas le premier. Depuis mai 2012, plusieurs se sont formés sur le Groenland. « Chacun d’entre eux s’est révélé plus fort que le précédent », remarque Thomas Mote, climatologue de l’université de Géorgie. Le dernier en date a commencé à arriver sur le Groenland le 8 juillet et s’est stabilisé sur le calotte glacière le 11 juillet avant de se (…) Lire la suite sur Slate.fr […]

  24. Je ne citerais que 2 phrases:
    “97% des glaces du Groenland se sont mises à fondre… en 4 jours”
    et
    “Si toute la glace du Groenland fondait, le niveau des mers s’élèverait de 7,3 mètres.”

    Mais ou est passe les pay bas ?

    Passez votre chemin…

  25. @DlaDaube Eh oui, le fait que la glace se mette à fondre ne signifie pas qu’elle ait entièrement fondu… CQFD

  26. Une remarque supplémentaire relevée par Gavin Schmidt dans le New-York Times : l’article sur ce blog mentionne qu’il s’agit d’un “phénomène qui se produit tous les 150 ans”. Or, il n’existe aucun cycle qui ferait que ce type de dégel reviendrait, réglé comme une horloge, une fois tous les 150 ans.

    Souvent, quand on parle de durée de retour d’un phénomène, il s’agit avant tout d’une moyenne. Si un évènement particulier s’est produit par exemple deux fois le siècle dernier, en 1961 et en 1978, en moyenne on calcule qu’il se produit une fois tous les 50 ans.

    Cela me rappelle le raisonnement gaussien qui s’était tenu chez nos pontes d’EDF, après la tempête de 1999 : considérant qu’il s’agissait d’un évènement se produisant en moyenne tous les 100 ans, ils avaient conclu qu’il n’était pas nécessaire de financer tout de suite de coûteux travaux d’enfouissement des lignes vu qu’on ne devrait pas connaître de phénomène similaire de sitôt. Il n’a fallu attendre que dix ans pour remettre le couvert avec Klaus.

    Pour en revenir à notre Groenland, les carottages qui indiquent qu’un dégel similaire s’était déjà produit à Summit en 1889, mais il s’agit de la seule occurrence dans les 7 derniers siècles. Ce qui veut dire qu’avant 1889, cela ne s’était pas produit depuis près de 6 siècles. Par contre, ce phénomène s’est produit 4 fois durant l’optimum médiéval, mais ce n’est pas forcément étonnant vu que la région est celle qui a été la plus affectée de la planète par cette période particulière.

  27. @Cad Merci pour votre message qui apporte un élément au débat, contrairement à d’autres… Ce que vous avancez ne correspond pas à la déclaration de Lora Koenig, la glaciologue qui affirme que les carottes de glace de Summit indiquent que ce type de fonte se produit pour les 150 ans. D’où tenez-vous que l’occurrence de 1889 est la seule au cours de 7 derniers siècles ? C’est en opposition frontale à la déclaration de Lora Koenig.

  28. C’est tout de même amusant de voir combien d’internautes ont pris l’habitude de lire en diagonale et de sauter sur l’auteur dès qu’ils ont compris de travers quelque chose.
    Lorsqu’un glaçon fond au soleil, cela ne veut pas dire qu’il disparait instantanément et dire que “97% des glaces se sont mises à fondre” ne veut pas plus dire qu’elles ont pour autant disparu.
    Comment peut-on faire une telle confusion?
    ce doit être la chaleur qui a défaut de faire “fondre” les neurones ralentit peut-être un peu leurs fonctionnements. :)

  29. C’est fou de ne pas se rendre compte durant son temps de réaction de l’extraordinaire annerie qui fonde cet article. proprement scandaleux. C’est fou aussi que des sites soit disant “sérieux” se permettent de publier de telles absurdités. On se rend compte à travers cette extraordinaire coquille journalistique de l’immense degré d’ignorance de bon nombre d’intellectuels. Ce genre de monstruosité nuit à tous et à tout. publiez je vous en prie un article d’excuse et de rectification.

  30. @ronan J’ai hésité à publier votre message tant il est au bord de l’insulte, ce qui constitue la frontière de la liberté d’expression ici (et ailleurs…). Je l’ai publié, finalement, parce que l’absence de toute justification de vos accusations les vident de toute signification. Je vous en laisse, tristement, la responsabilité. Bien à vous. M.A.

  31. Cher M. Alberganti,
    Vous me trouvez agressif et sans doute vous avez raison. On a tous nos caractères mais si on se rencontrait je suis certain que notre discussion serait fructueuse et ouverte. Ceci dit je reviens sur cette page deux jours après, et je vois que non seulement l’article a été modifié (merci Tin pour la perspicacité), mais il me semble que votre propre opinion a encore évolué depuis. Je me trompe?
    Reste que le catastrophisme en la matière est contre-productif. Laissons-le aux cinéastes américains et tentons un discours dépassionné. Ce sera long, mais c’est nécessaire. Et cela nécessite de la rigueur.
    Un satisfecit sans réserve pour la qualité de la plupart des commentaires 😉

  32. @PiAn. Merci pour votre message et pour le ton que vous adoptez aujourd’hui. Il facilite en effet le dialogue. Vous démontrez que l’on peut, malgré “les caractères” de chacun, contester les formulations qui prêtent à confusion. J’ai déjà souligné le coup d’oeil de Tian à qui les modifications du titre de l’article et la précision que j’ai rajoutée dans le texte n’ont pas échappé. J’ai ainsi tout à fait reconnu le contre-sens que pouvait induire l’expression: “97% du Groënland a fondu” Les propos du communiqué de la Nasa ont contribué à induire ce malentendu. Néanmoins, je n’ai jamais écrit que la glace du Groënland avait disparu. La carte, d’ailleurs, est très claire sur ce point. Si les journalistes écrivent parfois trop vite, les lecteurs lisent parfois encore plus vite. En tous cas, c’est un leçon salutaire. Merci donc à tous les commentaires qui ont relevé le problème de compréhension. Preuve que les commentaires peuvent être pris en compte même sans agressivité.

  33. @michelalberganti

    Il y avait eu une étude réalisée en 1995 sur les variations de températures au centre de la calotte groenlandaise, à partir des carottages réalisés à Summit. On peut la retrouver ici :

    http://www.igsoc.org/annals.old/21/igs_annals_vol21_year1995_pg64-70.pdf

    Bien que cette étude était focalisée sur le refroidissement du Groenland depuis l’optimum de l’Holocène, il est intéressant de remonter le graphique qui se trouve à la troisième page, car il recense toutes les occurrences de dégel de surface dans le secteur. Chaque année ou un dégel a été observé est représentée par une barre verticale.

    On constate qu’il y a une première barre très proche de nous (tout à gauche du graphique), elle représente l’occurrence de 1889. Mais il faut remonter ensuite 6 siècle pour trouver l’occurrence suivante, qui se situe environ 750 ans en arrière, et qui se place dans un tir groupé de 4 occurrences entre 750 et 1200 ans en arrière, ce qui correspond à la l’optimum médiéval. Passé cet optimum, il faut à nouveau sauter pas moins de cinq siècles pour avoir une nouvelle occurrence.

    C’est d’ailleurs pourquoi je m’interroge encore plus sur cette durée de retour de 150 ans indiquée dans l’article : avec seulement 6 occurrences sur les 2000 dernières années, cela fait une moyenne mathématique d’une tous les 333 ans, soit plus du double. Moyenne qui n’a de toute façon que peu d’intérêt quand on voit la répartition de ces évènements.

    Dans tous les cas, on pourra considérer au moins une chose : avec seulement 4 années avec dégel observées en un peu plus de quatre siècle à Summit, l’optimum médiéval est loin d’avoir fait du “Pays Vert” une belle région luxuriante du temps des vikings (juste histoire d’évoquer une pensée très répandue chez les sceptiques).

  34. @Cad. C’est justement cette étude à laquelle fait référence Lora Koenig pur justifier la fréquence de 150 ans. Et elle répond, sur ce point, à un point de vue d’Andrew Revkin, dans le New York Times, en ces termes:

    Lora Koenig of NASA just sent this note providing the reference underlying her comment about past summer melting episodes at the summit (the spot on the giant ice sheet least vulnerable to melting):

    ” The study I am citing is Alley and Anandakrishnan, 1995, “Variations in melt-layer frequency in the GISP2 ice core: implications for Holocene summer temperatures in central Greenland” published in the Annals of Glaciology for establishing the long-term frequency of melt events at Summit , Greenland. And Clausen et al., 1988 Glaciological Investigations in the Crete area, Central Greenland: A search for a new deep-drilling site also published in Annals of Glaciology for an early reference to the 1889 melt event though as mentioned in the press release Kaitlin Keegan and her advisor Mary Albert at Dartmouth University have more recent research on this event and please contact them for additional specific information.
    My comment shows that melt events have occurred at Summit in the past and I have quoted the longest-term average frequency of ~150 years (exactly 153 from the paper) over the past 10,000. Since this is an ice core record that frequency is for the location of Summit only. The frequency ranges from ~80 to 250 years over different sections of the GISP2 ice core, please see the paper for specifics.”

  35. merci pour cet article, cependant, si je puis me permettre, l’expression “97% des glaces de l’île” est problématique car elle signifie que 97% de l’ensemble de la glace de l’île est touchée par le réchauffement, alors qu’il s’agit de 97% de la glace en contact avec l’air… d’ailleurs l’article de la nasa ne porte pas à confusion, il parle bien de “surface melt” (fonte en surface, fusion superficielle…).

  36. @DCL. Merci cependant il est rare que, sur terre, la glace commence à fondre autrement que par sa surface en contact avec l’air.

  37. MichelAlbertini :

    Donc en fait on en revient au même : elle a repris la même étude, a considéré que sur les 10000 ans étudiés les auteurs ont trouvé 63 années avec dégel de surface, et en a sorti une moyenne simple. Mathématiquement c’est juste, mais il n’en reste pas moins que c’est une moyenne obtenue en considérant des périodes aussi différentes que l’optimum de l’holocène avec le PAG.

    Après c’est plus une question d’opinion qu’une bataille de chiffres, mais je trouve que dans le fond cela n’a pas une grande valeur de faire des moyennes simples sur des périodes qui ont alterné des phases très différentes, car cela a faussement tendance à lisser les choses dans l’esprit des gens.

    “Un phénomène qui se produit tous les 150 ans…”, comme le titre l’article du blog, cela risque de donner l’impression de quelque chose de bien cyclique et je pense que l’on a vu à quel point certains ne vont pas plus loin que les titres 😉 . Alors qu’en fait, nous sommes sur quelque chose qui est loin d’être régulier : une seule occurrence observée depuis le règne de St Louis, alors que pendant l’Holocène cela se produisait plusieurs fois par siècle.

  38. […] ce titre volontairement racoleur se cachent de vrais faits. À l’heure ou 97% de la glace du Groenland fond en quatre jours, 22 chercheurs appartenant à 15 instituts internationaux différents ont publié un rapport dans […]

  39. […] climatique, elle en est également un acteur important. Lorsque la Nasa a révélé que 97% de la surface des glaces du Groenland s’est mise à fondre en juillet 2012, certains ont pu […]

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