Ces ministres nuls en maths

En rentrant chez eux après la classe hier, des milliers d’élèves de CM2 et, probablement, de collège, ont eu droit à un exercice de mathématiques supplémentaire, imposé par leurs parents : « 10 objets identiques coûtent 22 euros. Combien coûtent 15 de ces objets ? » Ceux qui ont répondu correctement, à savoir 33 euros, vont rater leur vie. Les autres ont toutes leurs chances de devenir ministres car s’il est un point commun à plusieurs des membres du gouvernement, c’est bien la nullité en maths.

A tout seigneur tout honneur, c’est le ministre de l’éducation nationale, Luc Chatel, qui vient d’illustrer brillamment cette triste affirmation. Invité de RMC hier, il a montré qu’il était incapable de faire une règle de trois pour répondre à la question citée plus haut, extraite du cahier d’évaluation des élèves de CM2, qui lui était posée par Jean-Jacques Bourdin. Le même Luc Chatel qui a récemment préconisé de faire faire 15 à 20 minutes de calcul mental chaque jour aux élèves de primaire, a répondu 16,50 euros (au lieu de 33). Un grand moment de solitude à regarder ici :


Passé la minute de rigolade, on tente de retracer le cheminement mental qui a pu conduire le ministre à ce nombre. On s’étonne en effet que, dans l’esprit d’un homme a priori éduqué, 15 objets puissent valoir moins que 10. Le fait que 16,50 soit la moitié de 33 nous donne cependant un indice : Luc Chatel, tout imprégné de la nouvelle doctrine gouvernementale qui oblige à ne plus remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, a là aussi tenté d’avoir plus avec moins. On pourrait essayer de trouver des excuses au ministre de l’éducation dans son curriculum vitae. En effet, comme nous l’apprend sa fiche Wikipedia, Luc Chatel est né en 1964. Il s’est donc retrouvé à l’école primaire au début des années 1970, à une époque où l’expérience des maths modernes avait supprimé la bonne vieille règle de trois des manuels scolaires, remplacée par des tableaux de proportionnalité et le fameux produit en croix. Peut-être le ministre a-t-il fait partie de ces nombreux enfants perturbés par les notions assez abstraites des maths modernes… Cela dit, ayant obtenu par la suite une maîtrise des sciences de gestion, il aurait dû finir par maîtriser cette technique mathématique élémentaire.

Son prédécesseur au ministère de l’éducation nationale, Xavier Darcos, n’a, lui, pas l’excuse des maths modernes puisqu’il est né en 1947, mais il n’est pas plus à l’aise avec les enseignements de base. Lors d’une mémorable participation au Grand Journal de Canal Plus, il a non seulement été incapable de répondre à une question sur le passé antérieur (alors qu’il est agrégé de lettres classiques…) mais il a aussi séché sur la règle de trois, mettant son ignorance sur le dos des calculatrices. Ce qui est stupide car si les calculettes réalisent très bien les opérations, elles ne peuvent effectuer le raisonnement d’une règle de trois… Voici la vidéo de cet examen complètement raté :

A l’intention des ministres actuels ou des nombreux candidats à un maroquin, voici donc un petit rappel sur la règle de trois. Reprenons la question posée à Luc Chatel : « 10 objets identiques coûtent 22 euros. Combien coûtent 15 de ces objets ? » La règle de trois, connue au moins depuis Euclide, dit que pour obtenir le nombre manquant, il faut multiplier 15 par 22 et diviser le tout par 10, ce qui fait 33. Une autre façon de faire, qui revient exactement au même mais peut mieux se comprendre, consiste à réduire à l’unité, c’est-à-dire à déterminer le prix d’un seul objet (en divisant 22 par 10, ce qui donne 2,2), puis à le multiplier par le nombre d’objets voulu : 2,2 fois 15 font bien 33. La même opération a été faite mais, dans le second cas, elle a été décomposée dans un ordre bien précis.

Valérie Pécresse, pour sa part, n’est pas ministre de l’éducation nationale, mais de l’enseignement supérieur et de la recherche. Ce ne sont donc pas les notions de mathématiques de CM2 qui lui posent des problèmes, mais celles de… classe de troisième. Il ne s’agit plus de règle de trois mais de pourcentages d’augmentation appliqués à deux montants différents, que la ministre a indûment additionnés, comme la démonstration simple en a été faite par un professeur de mathématiques dans la vidéo ci-dessous. On ne saurait dire si l’erreur de Valérie Pécresse (formation HEC puis ENA…) est due à une déficience du raisonnement ou à de la malhonnêteté intellectuelle, étant donné qu’elle parlait, lors de la campagne des régionales en Ile-de-France, des hausses d’impôts votées par la gauche et qu’il valait sans doute mieux alourdir la barque de ses adversaires politiques…

Les pourcentages ne sont pas non plus le fort d’un autre énarque, Claude Guéant, ministre de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration. Celui-ci, sur la foi d’une étude de l’Insee mal lue ou mal comprise, a assuré que les deux tiers des échecs scolaires, c’est l’échec d’enfants d’immigrés”. Comme l’a très bien expliqué Libération, “cette phrase se rapporte à deux chiffres, exposés dans un tableau : 10,7% des enfants d’immigrés sortent du système scolaire sans qualification. Contre 6,1% pour les autres. Presque deux fois plus, donc. Mais, évidemment, cela ne signifie en aucun cas que deux tiers des enfants qui sortent sans qualification du système scolaire sont des fils d’immigrés, pour la raison évidente que les enfants d’immigrés ne représentent que 10 % du panel étudié (1 324 jeunes, sur les quelque 13 000 qui ont répondu à l’enquête)”. Il n’empêche. Claude Guéant a persisté et signé, comme pour illustrer le proverbe latin “Errare humanum est, perseverare diabolicum” (si M. Guéant me lit, il demandera une traduction à M. Darcos).

Si l’on reprend ces chiffres, on s’aperçoit que 10,7 % de 1 324 représentent 142 élèves. Pour obtenir le total des enfants en échec scolaire du panel, il faut d’abord calculer le nombre d’enfants en échec scolaire non issus de l’immigration, soit 6,1 % de 11 676 (13 000 moins 1 324), ce qui fait 712 élèves, auxquels s’ajoutent les 142 vus plus haut : 854 enfants. Quelle fraction de ce nombre représentent les enfants d’immigrés ? Afin que les ministres suivent mon raisonnement, je leur rappelle que le calcul d’un tel pourcentage se fait de la manière suivante : vous prenez l’échantillon particulier, vous le divisez par l’ensemble et multipliez par cent. Ce qui donne 142 divisé par 854 et multiplié par 100, soit 16,6 %. On est très loin des deux tiers.

Nul doute qu’à l’avenir, les membres du gouvernement réviseront leurs règles de trois ou leurs calculs de pourcentage avant de passer à la télé. Je suggère donc aux animateurs qui voudront les piéger de leur proposer un exercice célèbre mêlant les deux, connu sous le nom de paradoxe de la patate. (Non, le paradoxe de la patate ne parle pas des nuls qui deviennent ministres.) Pour un grand repas à l’Elysée, vous achetez 100 kilos de patates (le gouvernement aime les frites et Carla mange pour deux en ce moment). Sur ces 100 kg, 99 sont de l’eau et le kilo restant est la masse de la matière sèche. Mais voilà, vos patates sont un peu trop gorgées de flotte et vous décidez de les faire sécher pour que la proportion d’eau descende d’un point, à 98 %. Une fois ce séchage effectué, quelle est la masse totale des patates ?

La tentation est grande de faire directement une règle de trois (98 fois 100 divisé par 99 = 98,99) mais le raisonnement est erroné parce que la masse totale diminue entre les deux étapes. Intéressons-nous plutôt à ce qui ne change pas, à savoir le kilo de matière sèche. Au départ, il représentait 1% des 100 kilos. Maintenant, il représente 2% de la masse restante. Si ce kilo de matière sèche vaut 2% du total, la règle de trois nous dit que l’eau vaut 98 % fois 1 kg divisé par 2 %, soit 49 kg. Au total, les pommes de terre ne pèsent plus que 50 kg. Aussi étonnant que cela puisse paraître, passer de 99 % d’eau à 98 % a fait perdre la moitié de la masse au tas de patates. Mais peut-être Luc Chatel, avec sa manie de tout diviser par deux, aurait-il trouvé le bon résultat ?

Pierre Barthélémy

 

57 commentaires pour “Ces ministres nuls en maths”

  1. ahah, s’ils vous lisent il ne vous croirons pas sur le dernier calcul! Comment en enlevant 1% d’eau on peut diminuer la masse de moitié.
    Et si jamais ils font le calcul (chose que je me suis empressé de faire pour vérifier! ahah), il ne faudrait pas qu’ils retiennent que pour réduire un pourcentage de 1% on réduit le tout de moitié :D .
    Ce sont les fonctionnaires qui vont faire la tronche en lisant l’article en pensant aux réductions d’effectifs!

  2. Les deux solutions proposées pour passer de 10 à 15 objets (multiplier 15 par 22… ou 2,2 par 15 !) sont bien tortueuses.

    La vraie méthode de “calcul mental” consiste à dire :
    Si 10 objets coûtent 22 euros
    5 objets coûteront moitié moins, soit 11 euros
    et 15 objets coûteront 22 + 11 = 33 euros.

  3. Au passage, ce n’est pas la peine d’étirer la jolie photo des membres du gouvernement, notre beau futur papa ne parait pas plus grand!!! ahaha

  4. @JP Chartier : cela revient évidemment au même. Cependant, il ne s’agit pas de faire du calcul mental, mais d’appliquer la règle de trois… Si les chiffres étaient différents, par exemple 9 objets valent 19,80 euros, combien valent 17 objets, la méthode que vous qualifiez de tortueuse montrerait plus d’efficacité que dans l’énoncé simple qui était proposé aux élèves de CM2 et à M. Chatel.

  5. Hier, François Bayrou a également rappelé la règle de 3 à Claude Guéant après les affirmations du ministre sur l’échec scolaire des enfants d’immigrés.

    http://www.mouvementdemocrate.fr/actualites/bayrou-echec-scolaire-070611.html

  6. @Lionel : pour être précis, je dirais plutôt que la proportion d’eau dans le total passe de 99% à 98%. Ce n’est pas pareil. Si vous avez 99 kg d’eau et que vous en retirez 1%, la masse d’eau baissera de 0,99 kg mais la proportion d’eau dans le total sera de 98,9%…

  7. Je suis “prof” de sciences et on me bassine depuis vingt ans sur la soi-disant sélection par les maths du système français. On a pourtant la preuve ministre après ministre qu’il n’en est rien. Ou alors il faudrait penser à préciser que la sélection par les maths consiste à éliminer ceux qui savent compter.
    Une petite critique concernant l’article, l’auteur s’étonne de l’incapacité du ministre à utiliser la règle de 3 alors qu’il a obtenu autrefois une maîtrise de gestion. Il me semble qu’au contraire le fait qu’il ne soit pas nécessaire de maîtriser cette règle pour être un “expert” en gestion explique beaucoup de décisions aberrantes prises ces dernières décennies.

  8. @Jypee : je ne prends pas ce que vous me dites pour une critique étant donné que ce que j’écrivais était largement ironique…

  9. Des cendres dans la rue !

    Qu’est-ce que j’ai bien pu faire pour être défaite à ce point ?
    J’ai soulevé quelques passions inutiles
    Fait semblant de donner quelques conseils
    A quelques collègues soit disant fragiles
    J’ai introduit la mauvaise bactérie dans les consciences stériles
    La bactérie qui tue toute envie d’exercer la profession d’un âne qui ne dit pas son nom.
    « Faites ce que vous pouvez camarades… puisque vos supérieurs ne le peuvent pas…
    Faites ce que vous voulez camarades… puisque vos supérieurs ne le veulent pas
    Faites sauter la baraque…y a pas d’autre solution… puisque vos supérieurs ne le font pas.

    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/06/des-cendres-dans-la-rue/

  10. Certains se souviennent peut-être du vidéogag d’Henri Krasucki:
    http://www.youtube.com/watch?v=ai9JJWWgClc
    sur 118 mille francs….etc
    Décidément le calcul n’est ni de droite ni de gauche mais juste ou faux….

  11. Concernant l’échec scolaire, permettez moi d’intervenir: l’échantillon est il représentatif de la société… Par là, j’entends: n’y a t-il que 10.18% d’enfants issus de l’immigration dans nos écoles?

    Si oui, alors effectivement, on peut dire que Guéant s’est planté, et qu’on est loin des 2/3 comme il l’a dit.

    Dans le cas contraire… Il faudrait se baser sur les proportions réelles… Soit pondérer les 10.7% d’enfants d’immigrés par le pourcentage de ceux-ci dans nos école, et pondérer le poids des enfants non issus de l’immigration également…

    Ce que je veux dire, c’est qu’il faut comparer ce qui est comparable, à savoir remettre dans les proportions égales les enfants issus de l’immigration du panel avec les enfants issus de l’immigration en France…

    Bien à vous…

  12. Merci pour ce billet, très intéressant.

    Ce genre d’exemple est très fréquent : dans le journal le monde : http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/06/08/eric-ciotti-dit-avoir-recu-un-accueil-tres-favorable-a-l-elysee_1533303_823448.html, le dernier paragraphe montre un député qui a bien du mal avec la notion de proportionnalité.

    Je crains fort que le dernier paragraphe de votre article ne soit tout de même trop compliqué pour les gros nuls (en math) qui nous gouvernent.

    En effet, mal compris, si le chômage baisse de 1%, on n’est pas à l’abri de déclaration vantant les mérite du gouvernement qui a divisé par deux le nombre de demandeur d’emploi. Et réciproquement : si ils divisent par deux le montant de l’ISF, ils vont dire qu’ils ne l’ont baissé que de 1%.

  13. Pourquoi toute la presse fait-elle allusion à la “règle de trois” ?

    J’ai réécouté les 20 minutes de l’interview : à aucun moment il n’a été demandé à Luc Chatel d’utiliser un procédé plutôt qu’une autre. Même si le problème posé se fonde évidemment sur une règle de trois, la méthode de calcul ne passait-elle pas, DANS CE CAS PRECIS et étant donné le choix de nombres ronds ainsi que le questionnement oral de l’élève Chatel, à passer par la voie la plus rapide ? Sinon, pourquoi avoir proposé de tels chiffres et non pas effectivement 9 et 17.

    Le temps n’est plus où les élèves commençaient leurs calculs en disant : “Il faut faire une multiplication…”, “… une règle de trois”, etc. Comme cet extrait vidéo va beaucoup circuler, il serait dommage de les inciter à y revenir ; mieux vaudrait qu’il serve à leur conseiller de choisir la meilleure stratégie en fonction de la situation. C’est le seul moyen de justifier le calcul mental (et les 20 minutes proposées par Mr Chatel) face à la facilité de la calculette.

  14. @JP Chartier : tel qu’il est rédigé, l’exercice en question doit faire “tilt” dans la tête des écoliers de CM2 et les inciter à utiliser la règle de trois. Cela dit, peu importe la méthode pourvu que le résultat soit juste… ce qui n’a pas été le cas avec M. Chatel.

  15. J’ai honnêtement eu du mal à comprendre le paradoxe des pommes de terre jusqu’à ce que je me rende compte qu’il ne fallait pas penser en termes de pourcentage mais de ratio.
    Effectivement ,le seul moyen de doubler le ratio matière sèche/eau est de virer la moitié de cette eau,donc 50 kilos.
    Merci pour cette leçon de mathématiques amusantes!!!

  16. quelle honte qu’un ministre de l’éducation ne sache pas effectuer une règle de trois de niveau cm2 . C’est sans doute pour cela que la france va si bien . Comment peut -on faire confiance à des dirigeants aussi nuls .

  17. Je trouve que la methode proposee par JP C etait astucieuse car plus simple…

    Ceci dit, pourquoi faire simple quand on peut faire complique?

    Votre article m’a fait quand meme bien sourire…ce serait encore mieux s’il faisait reflechir nos “elites” sur le besoin qu’ils ont d’ecouter plutot que de prendre des decisions irreflechies avec leurs tripes… Pourquoi ne pas demander quelles sont les consequences previsibles de leurs decisions avant de les prendre? Ca nous changerait d’innombrables conneries! (“oui, mais on ne fairait plus rien…”)

  18. Pour appliquer l’exercice convenablement au chômage (ceci, pour la beauté du geste) (et pour rire hein) :

    S’il y avait 99% de demandeurs d’emploi en France, pour faire baisser ce chiffre à 98%, une solution serait d’éliminer la moitié des gens, en choisissant cette moitié dans les demandeurs.

    A suggérer!

  19. Ca ne leur sert à rien d’être bons en calcul puisque pour eux il n’y a que sarkozy qui compte

  20. Pourquoi se limiter aux maths, ils sont nuls en science en général :
    http://tomroud.owni.fr/2009/09/24/gaffes-politico-scientifiques/

  21. @Tom Roud : très heureux et honoré de votre visite ! Ma réponse à votre question (mais vous la connaissez déjà) : si l’on devait relever l’incompétence des hommes politiques en science (et aussi celle des célébrités du monde médiatique), un billet de blog n’y suffirait. Il faudrait un livre entier… C’est pour cette raison que je me suis limité aux mathématiques…

  22. Je suis aussi adepte de la méthode de JP Chartier, moins systématique (il faut chercher un chiffre qui tombe rond, un deux, un cinq, un dix…) mais plus intuitive et plus fiable dans les calculs.

    J’utilise aussi beaucoup les méthodes de calcul mental approché : pour reprendre votre exemple, si 9 objets valent 19,20 €, 10 objets valent dans les 21 € soit un peu plus de 2 € pièce ; 17 objets valent donc 17*2 €, dans les 35 €. Pour faire le marché ça suffit… Et si je veux le chiffre exact je prends une calculette (plus généralement, un PC) et je passe par le prix unitaire.

    « Nul doute qu’à l’avenir, les membres du gouvernement réviseront leurs règles de trois ou leurs calculs de pourcentage avant de passer à la télé »
    J’en doute…

  23. La méthode de JPChartier est la bonne : propriété linéaire! La règle de trois ne fait pas “tilt” du tout pour les élèves.

  24. On se demande qui gère vraiment la France . Quand on se fera entièrement racheter par la chine , il sera trop tard je pense .
    Si ils savaient compter sans doute n’ y aurait il pas de hadopi .
    J’avoue etre stupéfait , ces gens ne sont pas énarque , polytechnicien ?
    Plein de monde n’est pas aussi diplomé et n’a pas accès à des postes aussi important .
    Celà prouve que c’est la magouille , les relations qui priment dans la vie , le mérite ? une utopie .

  25. @zézé : toutes les méthodes se valent. Mais dès que les chiffres sont compliqués et que les divisions ne tombent pas rond, on ne s’en sort qu’avec la règle de trois, parce que les astuces du calcul mental ont aussi leurs limites.

  26. Faut dire que l’énoncé est complètement con, mal formulé. Enfin ils l’ont trouvé dans un vrai livre pour CM2? Là comme ça tu pose la question à froid à n’importe quel élève, il sèche (je viens de faire pareil pendant cinq minutes, c’est juste débilos). En fait, n’importe quel adulte qui a quitté le scolaire depuis plus de dix ans aura du mal à comprendre un bouquin de son môme… qui est aguerris aux questions débiles qu’on lui pose (ou alors il sera très vite en échec scolaire…)

  27. @EGM : Beaucoup de personne qualifient ce qu’elles ne comprennent pas de débile. Pourquoi donc se remettre en question. Si l’on a pas le niveau intellectuel d’un gamin de 10 ans, c’est bien la preuve que c’est débile, non ?

    Reste qu’il existe des gens qui comprennent.

  28. « 10 objets identiques coûtent 22 euros. Combien coûtent 15 de ces objets ? »

    Une reponse acceptable pourrait etre “ca depend…”. En effet, si l’on peut acheter 10 objets, peut-on en acheter 15 au meme prix unitaire ? (linearite).
    1- Le cout unitaire pourrait augmenter… exemples concrets : demande supplementaire modifiant l’equilibre offre-demande, ou l’integration d’un surcout lie a la non-disponibilite des 15 articles dans les memes conditions (vous etes dans un magasin, 10 produits sont la, mais pour les 5 supplementaires vous devez conduire 20km, integration de ce cout supplementaire).
    2-le cout unitaire pourrait tout aussi baisser : Production d’une serie plus importante d’un produit (faiblement diffusee dans ce cas) et economies d’echelle…

    Dans ces 2 cas, les 15 articles, bien qu’identiques, ne couteraient pas 22 euros…

    Tout cela pour rappeler que les hypotheses initiales sont primordiale et pour souligner que dans le cas present, les donnees sont en fait insuffsantes pour conclure….Si l’on avait precise que les 15 articles etaient disponibles au meme cout unitaire que les 10, cela aurait change les choses… .

    Je concede volontiers que dans un contexte “CM2″, on n’attende certainement pas ce genre d’approche, ;-)

  29. “[...]En fait, n’importe quel adulte qui a quitté le scolaire depuis plus de dix ans aura du mal à comprendre un bouquin de son môme…[...]”

    Donc tu sous entends que ce ne sont pas eux qui aident leur gosse à faire les devoir . Je ne suis pas étonné , ils ont largement les moyens de payer des professeurs particuliers ce qui est un avantage indéniable face à une famille modeste .

  30. Bonjour,
    personnellement, je pense que la plupart des gens ne prennent pas le temps de réfléchir quand on leur énonce ce genre de problème.
    On veut paraître plus intelligent en répondant plus vite.
    Je me croyais moi même nulle en maths, jusqu’à ce qu’un copain patient me prouve qu’en prenant mon temps, une feuille et un crayon, je résolvais à mon rythme mes exercices de maths.
    De même, je pense que continuer tout au long de sa vie à travailler son calcul, son orthographe etc… est le seul moyen de ne pas oublié la moitié ou plus de ce qu’on nous a appris à l’école. On a souvent tendance, une fois son diplôme en poche à se dire, c’est bon, c’est acquis.

  31. oups, “oublier”, voilà j’ai été trop vite! haha

  32. Bon, le coup des patates, personne, à la volée et à l’oral attrapera justement la formulation de l’énoncé, faut être honnête

    Par contre, les deux premières vidéo sont consternantes, qu’un ministre, chargé de gérer des budgets, entre autres, soit incapable de faire un règle de 3 me laisse pantoi.

  33. Boah, c’était vachement facile comme problème. Moi aussi, j’ai (quasiment) trouvé la bonne réponse par le calcul mental: j’ai multiplié 22 par pi, divisé par 40, re-divisé par racine de pi au carré, puis multiplié par 60, et j’ai trouvé 32,999999999…
    J’ai bon?

  34. Luc Chatel est comme un enfant qu’on envoi au tableau. Il est ténorisé par la peur de dire une bêtise. Il perds tout ses moyens. De plus la question est posée hors contexte et très rapidement comme si il devait donner la réponse en un millième de seconde parce qu’il a fait l’ENA. Et boum il se plante, c’est un procédé journalistique plus que douteux à mon avis. Faudrait pas trop prendre nos ministres pour des cons non plus.

    Tiens ça me fait penser à Guéant, lui il est très très fort. Il pratique le terrorisme intellectuel sciemment…

    Donc les ministres connaissent parfaitement leur règle de trois et leur calcul de pourcentage, pas la peine de s’indigner. Ce que j’attends d’eux c’est qu’ils fassent bien leur boulot pas qu’ils soient les rois des shows télés.

  35. La solution indiquée par J.P. Chartier est certainement la plus accessible à un élève de CM2 mais l’usage d’une calculatrice ou le recours à l’écriture ne sont pas indispensables si l’on veut passer par le prix unitaire : 22 / 10 = 2,2 puis 2,2 x 15 = (2 x 15) + (0,2 x 15) = 30 + 3 = 33. Un élève de collège qui s’exerce à simplifier les fractions peut aussi remarquer que 15 / 10 = 3 / 2 et calculer ensuite : 22 x 3 / 2 = 66 / 2 ou 11 x 3 = 33.
    Certains trouvent des excuses à Luc Chatel parce que, né en 1964, il aurait eu l’esprit infecté par les mathématiques bourbachiques. Cet argument ne vaut rien. J’ai moi-même connu les “maths modernes” au temps de ma jeunesse folle. Ça n’interdisait pas d’apprendre à compter.

  36. @Justine : j’ai aussi grandi au rythme des maths modernes et je m’en porte très bien. Cela n’a pas été le cas de tout le monde, soyons honnêtes, et puis il n’est pas interdit d’avoir un peu de mansuétude pour ce pauvre ministre ridiculisé devant la France entière…

  37. Je me demande si tout cela est bien sérieux?
    Est ce que quelqu’un ici pense vraiment que Luc Chatel ne connait pas la règle de trois?

  38. Nico Pedia
    Oh oui, je pense que Luc Chatel ne connaît pas la règle de trois. Et bien d’autres choses d’ailleurs. Elle est finie l’époque où les hommes d’Etat avaient une culture.

  39. [...] http://blog.slate.fr/globule-et-telescope/2011/06/08/ces-ministres-nuls-en-maths/ Certains appellent ce problème  l’innumérisme. L’innumérisme est à la maîtrise des nombres, du raisonnement et du calcul ce qu’est l’illettrisme à la maîtrise de la langue. Revenons maintenant au Canada, il est très amusant de rire des ministres français, mais pour le Canada, je décernerai la palme de l’innumérisme  à Pierre-Hugues Boisvenu avec sa charge à l’endroit des statisticiens de Stat-Can. Je cite un papier d’Yves Boivert: « Mais les conservateurs et ceux qui trouvent que les systèmes judiciaire et correctionnel sont trop cléments ne le prennent pas. M. Boisvenu a descendu en flammes cette étude: «C’est comme si les criminologues ou les administrateurs du système avaient trouvé une méthode de calcul pour justifier leurs jobs ou justifier le statu quo en matière de lois et règlements», a-t-il dit avant d’ajouter: «Quelqu’un, quelque part, manipule les chiffres». [...]

  40. Dans ma (lointaine) jeunesse, on nous mettait en garde contre cet automatisme commode de la règle de trois (ou autre opération) « qui fait tilt » alors que seule une réflexion préalable permet de savoir dans quel ordre il faut faire les calculs. Si ce procédé, que je croyais obsolète, est devenu la norme pédagogique, l’élève procèdera de la même façon lourde et lente pour calculer le prix de 300 grammes de fromage à 12 euros le kilo (règle de trois bienvenue) et celui de 250 grammes (12 divisé par 10 et multiplié par 2,5, impossible à faire de tête et prenant du temps à mettre sur le papier) alors qu’en réfléchissant D’ABORD, il aurait vu que, dans ce cas précis, il suffisait de diviser 12 par 4. Règle de base : étudier les conditions du problème avant de déterminer la meilleure voie à prendre.

    Quant au ministre, à qui personne ne demandait de faire une règle de trois (quoi que répètent les journaux), son expérience politique aurait dû lui permettre de trouver d’instinct la façon de se sortir du piège qu’on lui tendait et de faire, comme toute personne faisant les courses au supermarché (mais les fait-il ?), le calcul de tête que j’ai proposé.

  41. Lennon,
    après tout pourquoi pas….mais je pense que vous exagérez un petit peu. Vous participez à l’ambiance actuel qui consiste à dénigrer toutes les élites. Luc Chatel ne connait pas sa règle de trois donc les ministres sont incultes….
    Permettez moi de vous dire que si vous connaissez cette règle vous n’êtes pas pour autant exempt de quelques raccourcis de logique. Comme quoi la règle de trois ne fait pas tout.

  42. Il faudrait faire un liste de tout ce qu’un politique devrait connaitre pour paraitre intelligent aux yeux de la plèbe.
    Tout d’abord connaitre la règle de trois sur le bout des doigts, avoir lu Zadig…etc etc etc

    Ensuite il devrait être en couple, avoir des enfants, ne pas pratiquer l’adultère ni le libertinage et il ne devra pas être trop riche.

    La meilleur des qualités sera sans doute d’être beau. S’il est en plus soigné ce sera la cerise sur le gâteau!

    Peut être qu’un homme ou une femme ne peut pas tout savoir et que l’une des qualités principales est de savoir bien s’entourer. A trop vouloir fantasmer les qualités des nos élites on tombe de haut. Ce ne sont que des Hommes. A quand le retour du messie?

  43. C.Guéant s’est planté, et je crois comprendre le raisonnement qu’il a suivi et sûrement ses conseillers puisque personne ne lui a conseillé de rectifier.
    (10,7%+6,1%) = 16,8% soit 100% des échecs.
    A partir de là, 10,7% par rapport aux 100% représentent (100/16,8)x10,7 qui donnent environ 64% du total des echecs proviennent d’enfants issus de l’immigation.
    De même (100/16,8)x6,1 donnent 36% du total des echecs.
    D’où ses conclusions bien sûr erronées.

  44. @Pasi : c’est vraisemblablement ce qui s’est passé. Effectivement, ce monsieur a aussi des conseillers. Cela n’en est que plus incroyable !

  45. @Nico Pedia
    Jésus savait-il faire des règles de 3 ? Blague à part, je trouve que vous avez raison. On a tendance à sous-estimer l’incroyable pression médiatique à laquelle sont soumis les hommes polititques, et les “bourdes” (parfois grossières, comme ici) qui en résultent.

    @ Pierre Barthélémy
    Non, justement, toutes les méhodes de calcul ne se valent pas. Nous ne sommes pas des ordinateurs. JP Chartier a raison quand il dit que la règle d’or, c’est d’abord de choisir la méthode la plus efficiente dans une situation donnée.

  46. @Vincent : appelez cela comme vous voulez, mais ce que JP Chartier effectue n’est ni plus ni moins qu’une règle de trois (en un peu plus compliqué, même…). Ce n’est effectivement pas présenté de manière systématique et scolaire, on ne lui colle pas l’étiquette “règle de trois” dessus mais c’est exactement cela malgré tout puisqu’on applique les règles de proportionnalité…

  47. @PB
    Bon, soit. La règle de trois est donc un peu aux mathématiques ce que la prose de monsieur Jourdain est au français… ;-)

  48. @ Nico Pedia

    @ Vincent

    Un type dont le cheval de bataille est la réforme des programmes du primaire doit être incollable sur le contenu de ceux-ci, pression médiatique ou pas (à laquelle il est d’ailleurs largement habituée). Ou alors croyez vous qu’un musicien professionnel puisse oublier “au clair de la lune”
    parce qu’il joue des concertos difficiles tous les jours ? Je ne vois pas en quoi être un homme politique puisse être une excuse à l’incompétence : ce raisonnement fallacieux me paraît la porte ouverte au mépris de la démocratie.

  49. Moi, je dirais que et Pierre Barthelemy et JP Chatier ont raison. Les deux se completent en fait. A mon avis, la meilleure bonne methode est celle de Barthelemy; celle de Chatier est, je dirais, une preuve ( a la rigueur, c’est la facon d’aider un enfant a un niveau plus bas que le CM2 de saisir la chose). Pour un francais, la methode de Chatier fait trop canadien ou etatsuniens. La France doit renouer avec sa tradition de meilleure en math. Je ne suis pas europeen, mais je penseque la vraie science est europeenne. Les americains ne font qu’HT des scientifiques europeens (le plus souvent a la retraite) pour avoir des medailles Fields et des prix Nobel. Pour finir, un bon scientique doit maitriser { et la regle de trois de Barthelemy et la regle de trois de Chatier}. J’espere que Chatier ne m’en voudra pas de donner raison a Barthelemy en disant que lui aussi il a fait une regle de trois.

  50. Mais ce que je deplore c’est le manque de clemence de Barthelemy qui propose “Le paradoxe de la patate” aux ministres. C’est pas tres gentil. La solution ne saute pas aux yeux comme pour les 15 objets. Mais des qu’on garde en tete que quelque soit l’operation effectuee sur les patates, la matiere totale reste 100% et que bien que le pourcentage de matiere seche devient 2% sa masse ne change pas, le tour est joue.

  51. L’ennui c’est que Monsieur Chatel n’est pas plus fort en orthographe. Rappelez-vous son dossier de presse de la rentrée 2009 :
    «La réforme de l’enseignement primaire, qui est entré en application à la rentrée 2008 s’appuie sur des horaires et des…» «En 2009 se sont 214 289 élèves qui ont suivi…» “Ces formations concerneront prioritairement les enseignants qui exercent pour la première fois en école maternelles». Peut-être pourrait-il participer aux stages de remise à niveau CM1/CM2 qui ont lieu pendant les vacances ?

  52. J’ai bien apprécié l’ironie et la causticité de l’article de P. Barthélémy… Et aussi, la pertinence très rafraîchissante de certains commentaires postés par les amateurs de bévues, bourdes et autres boulettes ministérielles !
    Mais en linguiste dilettante, je reste très agacé par la confusion malencontreuse des termes “soi-disant” et “prétendu, supposé, présumé”: si le premier terme convient pour une auto-déclaration (il faut être doué de la parole pour se qualifier soi-même), on ne peut pas dire d’un animal, d’un végétal ou d’un objet qu’il est “soi-disant”. Mais même en le disant parfois mal, tous ceux qui s’expriment ici constatent une vérité : la plupart des personnalités politiques sont “des geais parés de plumes de paon” et les médias font cruellement apparaître leurs lacunes. Edifiant, n’est-ce pas ?

  53. Je reconnais qu’il est difficile de défendre Chatel sur ce coup…j’aurais essayé…

    Par contre mettre sur le même plan Guéant c’est à mon avis le sous estimer. Je dois dire que je suis plein d’admiration pour l’intelligence de cet homme. Je répète Guéant c’est sciemment trompé. Il a manipulé les chiffres. Combien de gens l’on entendu dire que les 2/3 des enfants d’immigrés sont en échec scolaire et combien on lu l’article de Libé? Cette idée est désormais encrée dans l’imaginaire de beaucoup de Français et je vous parie ma paye que vous la retrouverez comme argument dans des commentaires sur le net. Je viens de me rendre compte qu’il nous la met à sec et que l’on ne sent plus rien. C’est dire la délicatesse et la l’habilité dont il sait fait preuve…

  54. bonjour,
    pour le probléme ” à 22 euros” : j y suis allé au pif : 10 =22 donc 5 sont la moitié de 10 = plus 11 , soit 33 au total.. pas de probléme bien que ma méthode ne soit pas orthodoxe… pour les patates, je vais aller demander à mon cher et tendre de me réexpliquer la régle de trois que j’ai oublié ( je vois le concept, mais je ne sais jamais où est le X ) . J’ai subi les maths modernes : compter en bases, avec des uns et des zéros = grands dégats ( je ne sais toujours pas à quoi cela était censé servir.. grand mystére :-) ).. Quand nous avions compté nos zéros et nos uns ( systéme binaire qu’ils disaient… cela servira plus tard ), nous étions trés perplexes d’autant que l’instituteur n’y comprenait rien non plus lui même et suintait la désapprobation silencieuse… les maths modernes n’ont pas été un grand moment pour moi, vous l’aurez compris.

    J’ ai bien ri en tout cas, Merci…

  55. @topol : vous êtes le M. Jourdain des mathématiques puisque vous avez fait une règle de trois sans le savoir. J’ai moi aussi subi les maths modernes sans me poser aucune question ni souffrir d’aucune séquelle, au contraire. Comme quoi…

  56. ah merci, cela me rassure un peu.

  57. Claude Guéant a persisté et signé, comme pour illustrer le proverbe latin “Errare humanum est, perseverare diabolicum” (si M. Guéant me lit, il demandera une traduction à M. Darcos).

    C’est quoi au-dessus de mort de rire? T’as fait très fort avec celle-là Pierre et j’espère qu’il t’a lu^^

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Globule et téléscope est le blog Science et Environnement de Slate.fr.
Il est tenu par Michel Alberganti, journaliste scientifique, ancien journaliste au Monde où il a dirigé le service Science et technologie, et aujourd'hui également producteur de l'émission Science Publique sur France Culture.
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