Fabriquez votre Saint Suaire

Suaire-Turin

Vous n’avez pas pu aller à Turin entre le 10 avril et le 23 mai pour l’ostension du Saint Suaire, la première depuis 2000 ? Tout n’est peut-être pas perdu : grâce à Luigi Garlaschelli qui vient de publier sa méthode de reproduction du suaire de Turin dans le Journal of Imaging Science and Technology daté juillet-août, vous allez pouvoir refaire vous-même, chez vous, votre propre copie du drap censé avoir été le linceul de Jésus.

Luigi Garlaschelli est un scientifique italien que j’ai rencontré et interviewé il y a quelques années à l’occasion d’un reportage sur la mystérieuse épée de San Galgano, véritable Excalibur enfoncée dans un rocher toscan depuis le XIIe siècle. Chercheur au département de chimie organique de l’université de Pavie, il a pour passion la démystification des pseudo-miracles telle la liquéfaction du sang de San Gennaro (Saint Janvier), qu’il a démontée dans un article paru dans Nature en 1991. En s’attaquant au suaire de Turin, il ne cherchait pas à démontrer qu’il s’agit d’un faux : cela a déjà été prouvé en 1989 dans une célèbre étude qui a daté au carbone 14 le fameux drap de lin, lequel a été fabriqué entre1260 et 1390 (ajoutons que, contrairement à de nombreuses dénégations apportées par des chercheurs et non-chercheurs plus ou moins proches des milieux chrétiens, cette étude et cette datation n’ont jamais été scientifiquement remises en cause). Non, Luigi Garlaschelli n’avait pour seul but que de reproduire, avec des ingrédients disponibles au Moyen-Age (puisque, redisons-le, c’est à cette époque que le suaire a été réalisé), une copie très proche de l’original, de ses caractéristiques tant “esthétiques” que physiques.

Il faut bien reconnaître que la tâche ne s’avère pas si simple. L’image figurant sur le suaire de Turin n’est pas une peinture (même si quelques traces d’ocre persistent) mais une empreinte. A ce titre, on ne voit presque rien sur le drap hormis quelques ombres brunâtres. C’est sur les négatifs des clichés que la silhouette d’un homme barbu apparaît nettement. En fait, cette silhouette est “imprimée” dans le lin et l’image contient des informations en trois dimensions. Pour ces raisons, on a longtemps pensé que le suaire était impossible à reproduire avec toutes ses qualités et que seul un phénomène paranormal avait pu le créer…

Mais comme vous êtes des sorciers, vous allez y parvenir, en suivant la recette de Luigi Garlaschelli. Il vous faut d’abord un homme, de préférence grand et maigre comme celui du suaire. Promettez-lui qu’il ne risque rien et qu’il œuvre pour la science. Peu importe la tête qu’il aura car le visage du suaire, qui n’a pas les proportions tridimensionnelles d’un visage humain recouvert d’un linge, a très probablement été obtenu à partir d’un bas-relief assez plat. Pour votre expérience, un masque en plastique de capitaine Haddock (sans casquette mais avec perruque) fera l’affaire… Vous avez votre cobaye ? Ecce homo. Allongez-le, tout nu, les mains sur le pubis, sur la moitié d’une pièce de lin clair de 4,4 mètres sur 1,1. Recouvrez-le de l’autre moitié. Ensuite, à l’aide d’un chiffon imprégné d’ocre rouge et d’un zeste d’acide pour simuler les impuretés présentes dans la préparation de l’artiste médiéval, tamponnez toutes les zones en relief. C’est ce processus de frottement avec cette mixture, comme me l’a expliqué Luigi Garlaschelli, qui, en attaquant le tissu, crée l’image fantôme du suaire. Après le côté pile, faites le côté face. Sortez ensuite votre bonhomme de là, étendez la toile bien à plat et complétez, toujours en frottant avec votre tampon, les zones mal teintes, afin d’obtenir un rendu uniforme, artistique, analogue à celui du suaire de Turin. N’oubliez pas d’ajouter quelques stigmates (traces de clous aux poignets et chevilles, d’une couronne d’épines sur la tête, de coups de fouet dans le dos et d’un coup de lance dans le flanc). Et voilà, le tour est joué.

Mais, me direz-vous, vous avez une espèce de tableau rouge, ce que le suaire “véritable” n’est pas. C’est juste. Il faut se débarrasser de l’ocre. Vous avez deux solutions : soit attendre quelques décennies ou quelques siècles que le pigment tombe, ce qui a dû se passer avec le suaire de Turin, soit vieillir artificiellement votre tissu. Pour ce faire, mettez votre suaire dans un four, température 140-145°C, pendant trois heures. Puis lavez votre drap afin que l’ocre s’en détache. Cette fois, c’est bon : une silhouette fantomatique se distingue à peine sur le lin. Etendez votre suaire, photographiez-le et regardez le négatif. En quelques heures et avec une très simple recette de chimie, vous avez résumé sept siècles d’histoire. Si vous pouviez extraire les informations en 3D du visage que vous avez produit, vous obtiendriez ceci, une empreinte très proche de l’originale :

Suaire-Visage3D

Au fait, le suaire qui figure en photo sous le titre de ce billet n’est pas celui de Turin mais celui de Luigi Garlaschelli… La fameuse “image impossible” ne l’est sans doute plus tant que cela.

Pierre Barthélémy

Post-scriptum : les commentaires de ce blog étant modérés a priori, je n’hésite pas à censurer ceux qui ont l’insulte facile. Cela a déjà valu pour d’autres billets, cela vaut pour celui-ci et cela vaudra encore pour les suivants.

59 commentaires pour “Fabriquez votre Saint Suaire”

  1. Le seul problème est qu’à l’époque la photo n’existait pas et donc le négatif non plus.
    Quel était donc l’interert pour eux de produire un suaire ou on ne voyait rien ?

  2. A l’époque, on avait produit un suaire où on voyait quelqu’un. C’était l’intérêt de la chose…

  3. En réponse à sceptique : je suppose qu’il y a 800 ans, l’ocre était encore sur le tissu, et donc pas besoin de négatif pour “voir” le Christ sur le drap…

    Question concernant la datation : Un documentaire très intéressant d’Yves Boisset est passé sur Canal+ cet été, sur le suaire et le “clonage” du Christ, et remettait en cause la datation. Qu’en pensez-vous ?

  4. Je n’ai pas vu ce reportage mais tout ce que je sais, c’est qu’aucune étude sérieuse n’a remis en cause la datation au C14 de 1989, laquelle avait été menée de manière extrêmement prudente, en aveugle, par trois laboratoires indépendants les uns des autres. Les thèses mettant en doute cette datation étaient complètement farfelues et émanaient de personnes ignorant jusqu’au principe de la datation au C14… Par ailleurs, certains commentateurs que je n’ai pas hésité à censurer pour leurs envois insultants voire menaçants parlent du fameux Centre International d’Etude du Linge de Turin. Il ne s’agit pas le moins du monde d’un centre de recherches international mais d’une association française loi 1901 ne produisant pas de science, qui regroupe des chercheurs et des non-chercheurs pour la plupart proches du milieu catholique. Si on en croit Wikipedia, certains d’entre eux font partie de la mouvance intégriste-FN-créationniste.

  5. L’Eglise n’a pas validé l’authenticité du linceul (qui aurait recouvert le Christ au tombeau), mais toutefois ce linceul est l’objet de vénérations.
    L’idée d’essayer de le reproduire me fait sourire (ça peut être rigolo, mais quel intérêt?).
    J’ai entendu dire que seuls des échantillons du linge auraient été analysés au C14, et que ceux-ci étaient effectivement datés au Moyen Age, mais ça ne voudrait pas dire, dans ce cas, que tout le linge est de l’époque du Moyen Age.
    De plus, on aurait retrouvé du pollen propre à la région et l’époque du Christ.
    …Allez savoir!
    Emergit depressa veritas.

  6. Le linge a été tissé sans reprises. Il est d’un seul tenant. Par ailleurs, la datation au carbone 14 détruit les échantillons : il était hors de question de tout analyser. Je précise que plusieurs échantillons minuscules ont été prélevés à plusieurs endroits du suaire…

  7. bonjour.

    à propos de la datation au carbone, j’ai lu qu’elle avait été remise en question par l’inventeur lui-même de la méthode car les échantillons de tissus utilisés ne seraient pas représentatifs du linceul.

    de plus les études scientifiques montrent la présence de pollens de la région de Jérusalem et une technique de tissage datant du 1er siècle après JC et qui a disparu très rapidement.

    dernier point comment se fait-il que les scientifiques aujourd’hui”hui disent qu’il n’y a que l’énergie nucléaire capable de reproduire une image comme celle du linceul?

  8. Désolé de voir à quel point la désinformation a fait des ravages dans les esprits. Pour les échantillons, voir mon commentaire précédent. L’histoire des pollens a été extrêmement critiquée, l’auteur de la soi-disant étude, un criminologue suisse, ayant admis avoir présenté des photos qui n’étaient pas celles des pollens recueillis sur le suaire… Par ailleurs, on s’est étonné qu’il n’y ait, dans ses résultats, aucun pollen d’olivier ou de chêne, des arbres très communs dans la région de Jérusalem…
    Enfin, je précise que mon article ne traite pas de la datation au C14 ni de l’authenticité du suaire, qui sont des débats d’une autre époque, mais de la manière dont l’image s’est formée et de la façon dont on peut aisément la reproduire.

  9. Sur ARTE, un théma était consacré à Léonard de Vinci et des allemands étaient persuadés que le suaire de Turin était une des réalisations du génie, commandée par le duc de savoie. Le reportage était passionnant, et postulait qu’il s’agissait tout bonnement de la première photographie de l’Histoire ! Le principe de camera obscura a été découvert par De Vinci! qu’en pensez-vous M. Barthelemy?

  10. J’en pense que la datation au C14 invalide l’hypothèse Léonard de Vinci.

  11. Bravo pour votre article qui est bien construit et qui procède d’une démarche rationelle associée à quelques pointes d’humour.
    Je suis également adepte de l’analyse scientifique de ce que l’on présente souvent comme des mystères (comme les OVNIS par exemple) et qui finissent par trouver une explication)
    Je suis cependant croyant et ma sensibilité est toujours un peu heurtée lorsque l’on aborde des thèmes qui relèvent du domaine de la foi et non du rationnel.
    J’essaie en revanche de toujours conserver le recul nécessaire pour distinguer ce qui relève d’un domaine ou de l’autre.
    Votre remarque sur la désinformation et ses ravages m’a également fait réfléchir.
    Auriez vous laissé la possibilité de déposer des commentaires si vous aviez parlé de l’authenticité des “miraj” du 7ème siecle représentant Mahomet ?…

  12. Il est certainement aberrant de ne pas accepter qu’une datation au carbone 14 ait donné un résultat au moyen âge. C’est la science, il faut l’accepter comme telle.
    Il est cependant vrai que le doute a été introduit quant aux endroits du tissu où les échantillons ont été pris (je n’ai jamais pu savoir où), et aussi sur le fait que l etest ait été effectué “en aveugle”.

    Outre des choses déjà dites, j’ai aussi vu des commentaires sur la méthode de tissage qui serait plutôt représentative de ce qui se faisait au début de notre ère qu’au moyen âge.

    Enfin, il y a aussi tout ce qui concerne les traces de la passion. Si elles ont été faites artificiellement, il faut tirer son chapeau à l’auteur, parce qu’il a été soumis à une critique moderne à laquelle il ne pouvait pas s’attendre et qui n’y a pas trouvé à redire.

    Difficile de raisonner sans a priori sur cet objet …

  13. Linceul ou pas, l’homme de Galilleée est mort puis réssuscité d’entre les morts et il est vivant. Ce n’est pas la veracité ou la fausseté du Lincule de Turin qui modifierait la fois d’un chrétien .
    Bravo tout de même pour ce Savant quoique je comprene pas l’objectif de ses recherches.

    Le diable se cache dans les détails……..; Espérant que je ne blesse peronne!

  14. @Marco : cet article n’a pas pour sujet la religion. Donc je laisse les gens croire ce qu’ils veulent à ce sujet. Je m’occupe de résultats scientifiques, rien de plus.
    @Jérôme : idem, vous croyez ce que vous voulez. Ce que L. Garlaschelli a prouvé, c’est qu’on pouvait, à partir d’un sujet humain, réaliser une réplique du suaire de Turin. Pour ce qui est de la reproduction des stigmates, cela ne pose aucune difficulté particulière à un artiste un peu doué.

  15. J’ai bien compris que la datation au carbone 14 est pour vous un argument définitif, et je n’ai aucune information pour la confirmer ou l’infirmer.
    J’ai toutefois lu des choses sur la partie que l’article passe le plus rapidement, alors que c’est tout de même loin d’être négligeable, à savoir les détails de la passion. Qu’il soit possible d’obtenir une empreinte de ce genre par les techniques indiquées, cela a l’air tout à fait envisageable. Mais que fait-on, au-delà du principe général, pour obtenir tous ces détails, si le corps qu’on utilise à la base n’est pas supplicié ? J’ai lu des articles qui parlaient de la trace des coups de fouet, très particulière, relevant d’un certain type de fouet “amélioré” attesté chez les Romains, de la trace du coup de lance, qui permet à certains d’affirmer également qu’il s’agit bien d’un type de lance utilisé dans l’armée romaine, et plus difficile encore la trace des clous dans les poignets (contre une tradition iconographique répandue, mais confirmée par des recherches sur les techniques de crucifixion qui rendaient impossible la pose de clous dans la paume des mains), avec une conséquence impossible à prévoir qui est le repliement des pouces à l’intérieur des paumes provoqué précisément par la traversée du clou à cet endroit.
    En bref, la technique indiquée dans l’article, en l’état, paraît encore trop générale et imprécise. Quand bien même elle serait affinée jusqu’à produire exactement le même résultat dans les détails, reste encore à expliquer le détail des traces du supplice, non pas seulement pour les reproduire, mais encore pour expliquer comment on a pu avoir l’idée de les faire de cette façon à l’époque.
    La démarche scientifique est nécessaire, mais en l’occurrence elle ne me paraît pas encore suffisamment développée pour pouvoir postuler au titre de véritable explication. Une théorie scientifique n’est valide que si elle permet de rendre compte de l’ensemble des phénomènes qu’elle étudie.

  16. Pourquoi la datation au C14 invalide l’hypothèse Léonard de Vinci? Il a vécu après 1390… La théorie ne stipulait pas qu’il avait fabriqué aussi le linceul…

  17. @Flonflon : cela ne peut pas être Léonard de Vinci tout simplement parce que, sur le plan historique, le suaire de Turin est connu depuis le XIVe siècle, soit avant la naissance de l’artiste !

  18. Bonjour merci pour votre article,

    Deux petites questions me viennent à l’esprit :

    1) Comment le “faussaire” s’est-il pris pour retirer l’ocre du tissus? (étape indispensable, sinon on ne voit rien)…
    Je suppose que l’on peut exclure qu’il ait eu la patience d’attendre “quelques décennies”? L’hypothèse qu’il ait pensé à utiliser un four à 140°C est-elle également vraisemblable?…

    2) Comment le faussaire a t-il pu prévoir que dans 6 siécles la photographie allait être inventée et que son oeuvre allait ainsi pouvoir berner tant de gens?…

    Cordialement.

  19. @Curieux de nature : le créateur du suaire ne voulait pas retirer l’ocre, sinon rien ne se voyait, pas plus qu’il ne prévoyait que la photographie serait inventée ! Simplement, le temps a fait son oeuvre.

  20. Pour être plus précis, d’après toujours ces mêmes allemands, il s’agirait du visage de Léonard de Vinci sur le corps d’un éphèbe.

  21. Comme certains le précisent, j’avais également vu une émission, où ils montraient que les échantillons prélevés provenaient d’endroits (sur les bords du suaire) qui avait été rapiécé bien après et qui ne provenait donc pas du tissus original (rendant donc la datation au C14 invalide en ce qui concerne la datation du suaire en lui même).

    Mais néanmoins, article intéressant (plus que celui sur les vampires en tout cas :p )… Malgré le fait que je n’ai pas terriblement envie de faire mon propre suaire (trop d’efforts et trop peu d’intérêt) :)

  22. @Tataku : l’histoire du tissu rapiécé est fausse. C’est malheureusement une des rumeurs qu’ont fait courir les partisans de l’authenticité du suaire après la datation au C14 de 1989.

  23. Merci pour cet article intéressant, qui tente à prouver qu’après des années de recherche, on a enfin trouvé une méthode permettant de reproduire le Suaire.

    J’ai une petite question sur cette technique: retrouve-t-on toutes les propriétés optiques observées sur le Suaire par cette technique (outre la tri-dimensionnalité, l’isotropie, la haute résolution, l’absence de saturation, la non distorsion et enfin l’absence des contours) ?

    En ce qui concerne la datation au C14, les prélèvements n’ont été réalisés que sur un site unique du linceul d’une longeur de 7cm, sur le coin supérieur gauche, et non pas à plusieurs endroits du Suair. Cela remet-il en question l’authenticité des résultats de la datation ? L’article paru en 1986 dans Nature confirme que ce prélèvement a été effectué “loin de tout rajout (patch) ou partie brûlée”. Peut être que des analyses sur plusieurs sites nous permettraient de trancher la question.

  24. Re bonjour,
    Ma question n’était peut-être pas suffisamment bien formulée… Mais tout le monde est d’accord sur le fait que le suaire se comporte comme un négatif photographique et que les détails et reliefs de l’homme représenté sont considérablement augmentés lorsque l’objet est pris en photo…
    Donc d’un point de vue pûrement scientifique ne pensez-vous pas que l’on se trouve devant un phénomène troublant s’il s’agit de l’oeuvre d’un faussaire médiéval?…et que cela mérite mieux qu’une explication aussi simpliste?…

  25. Le suaire se comporte comme un négatif photographique aujourd’hui. Ce n’était pas le cas il y a sept siècles. A l’époque, le suaire ressemblait à ceci et cela devait suffire pour faire son petit effet…

  26. Permettez-moi de revenir sur votre réponse : moi, personnellement, jene vois rien. Je rapporte des informations ou des hypothèses que j’ai lues, et je constate que la théorie proposée est apparemment insuffisante à en rendre compte, non pas tant d’un point de vue technique, que du point de vue de ce qui est effectivement représenté.
    Pouvoir reproduire à volonté un phénomène physique est le gage que l’on a compris ses causes, mais ici il y a plus que cela. Ce serait comme de dire que parce que l’on pu reproduire la Joconde à l’identique, alors on a compris ce que Léonard de Vinci voulait faire avec ce tableau.
    Ici, la question se pose un peu différemment, et d’ailleurs de façon plus scientifique, puisqu’il s’agit de comprendre comment l’on peut expliquer les choix de représentation du créateur du suaire, certains pouvant être considérés comme tout à fait inattendus et curieusement plus cohérents avec des données historiques qu’avec la représentation de la Passion que l’onpouvait avoir au XIIIe s.
    Je réitère donc ma réserve : l’explication technique générale tient peut-être, l’explication iconographique n’a pas encore été livrée, donc la théorie est incomplète en l’état.

  27. @Jérôme et aussi à tous ceux qui me parlent de livres et de documentaires confirmant l’authenticité du suaire de Turin : il y a deux catégories d’articles et de documents : d’un côté, les articles scientifiques publiés dans des revues à comité de lecture, revus par des scientifiques ; de l’autre côté, des articles de journalistes ou de blogueurs, les documentaires TV, les essais publiés sans relecture scientifique aucune. Soyons bien clairs : ce blog s’appuie essentiellement sur la première catégorie. Il s’agit d’un blog de sciences au cas où vous ne l’auriez pas compris. Le reste m’intéresse aussi, bien sûr, mais n’a pas du tout la même fiabilité à mes yeux. Si je tenais un blog sensationnaliste, j’exclurais la première catégorie et ne m’appuierais que sur la seconde. Je pourrais vous raconter un paquet d’histoires toutes plus incroyables les unes que les autres. J’aurais sans doute aussi beaucoup plus de visiteurs. Mais je n’ai pas cet objectif. Si vous voulez ce genre d’articles, allez ailleurs.

  28. Merci pour votre réponse.
    J’avais entendu cette histoire de prélèvement sur le tissus rapiécé dans une émission datant de l’année dernière… Il faut croire que les documentalistes ne sont pas très au courant!

    Cependant, j’ai très peu de foi en les scientifiques qui mettent aussi longtemps à découvrir une technique aussi simple… Hahaha! (c’est de l’humour bien sur, je ne conteste rien)

  29. Il est remarquable que la totalité des émissions de télévision qui traitent du para-normal dédaignent les arguments scientifiques pour satisfaire une clientèle majoritaire avide de sensationnel, que ce soit sur les voyant(e)s extra-lucides, les expériences de transmission de pensée, Uri Geller, les “médecines” dites parallèles, l’homéopathie et l’astrologie.

  30. Excellent article que je considère comme une lutte contre la désinformation.
    Le suaire de turin qui en réalité est le suaire de Lirey
    [urlhttp://www.archive.org/stream/lesaintsuairedet00chev#page/n0/mode/2up[/url]
    vous permettra de lire l’étude critique d’Ulysse Chevalier à ce sujet : des documents montrent que l’ostension du suaire était déjà en considéré comme une grosse arnaque. Malgré ce qu’en dit Poulle puisque les recherches d’archives de Blanrue confirment l’existence des écrits en question.
    Ceux qui pensent le suaire authentique devraient se pencher sur les anomalies morphologiques : proportions du visage, longueur des membres etc…
    Mais c’est vrai que l’exposition du suaire est une super source de revenus tant pour les rois de la désinformation, propagateurs des inepties genre dessein intelligent and co que pour les banques vaticanes…
    Lamentable !

  31. Vous affirmez que votre étude relève de la première catégorie, à savoir les articles scientifiques publiés dans des revues à comité de lecture. Pouvez-vous transmettre, si tel est le cas, la revue scientifique dans laquelle vous avez publié ce travail intéressant, après relecture par des reviewers et accord du comité éditorial ? Si vous n’avez pas de références scientifiques de publication dans une revue à comité de lecture, votre travail, bien que très sérieux a priori, relève de la seconde catégorie dont vous parlez, avec un pouce de sérieux en plus, mais pas de la première, seule garante d’un valeur scientifique à l’instant t. De la part d’un scientifique, professeur d’université et membre de l’Institut Universitaire de France.

  32. Excusez-moi, j’ai lu trop vite. Vous évoquez un article publié. Bien noté.

  33. Il me semble, pour compléter votre article, qu’il convient de rappeler que la fabrication de reliques était une industrie particulièrement lucrative au Moyen-Age.

    Votre article est très intéressant parce qu’il montre que par une technique somme toute assez simple on peut arriver à un résultat remarquable et qui défie les siècles.

    Je pense que les moines qui ont fabriqué ce suaire avaient un sens assez aigu de la mise en scène car, comme plusieurs commentaires le font remarquer (je pense par exemple à celui de Jérôme), nombre de détails sont propices à frapper les imaginations naïves (comme celle de Jérôme, justement). On ne peut que rendre hommage à l’ingéniosité de ces hommes qui, il est vrai, étaient sans doute assez puissamment aiguillonné par les perspectives d’enrichissement que la réussite de leur entreprise signifiait. En tout cas, ils sont arrivés à un résultat qui force le respect, quand on constate, à lire nombre de commentaires à votre article, que sept siècles après il y a encore des gens qui veulent à tout prix croire à l’authenticité de ce morceau de tissu.

  34. J’ajoute à mon commentaire précédent que mon admiration pour celui ou ceux qui ont réalisé ce suaire est d’autant plus grande que, par définition, ce genre d’oeuvre ne peut jamais apporter la gloire à son génial inventeur, qui ne peut réussir dans son projet que dans la mesure ou il demeure totalement inconnu…

  35. Est-il possible de voir un faux réalisé par Mr Luigi Garlaschelli ?

  36. Le négatif du suaire de Luigi Garlaschelli est celui qui illustre mon article. L’image du positif avant chauffage et lavage est ici. L’image après traitement est là. A noter que le positif est plus net que celui du suaire de Turin et ceci pour la simple raison que le vieillissement accéléré dû au chauffage et au lavage n’est tout de même pas équivalent à un vieillissement naturel de sept siècles…

  37. Les défenseurs de l’authenticité du suaire ne cherchent peut-être pas à imposer une “preuve” de l’existence de JC, car ce serait un combat inutile: La Foi, c’est croire sans preuve, (contrairement à St Thomas…), mais les chrétiens sont évidemment émus par les résultats publiés. Les amoureux de l’Histoire aussi, d’ailleurs: voir un tissu qui a recouvert l'”homme” le plus célèbre de l’histoire de l’Humanité est profondément émouvant, même pour un historien athée.

  38. Une autre recette de confection d’un suaire de Turin a été donnée par Henri Broch du laboratoire de zététique et grand pourfendeur devant l’éternel des phénomènes para -normaux.

  39. Le Documentaire sur la datation au carbone 14 du saint suaire précise (et démontre aussi) que l’échantillon collecté en bas a gauche du suaire (et uniquement en bas a gauche contrairement a ce que vous affirmez il n’y a pas plusieurs échantillons pris un peu partout mais un échantillon découpé pour 3 labo) à été retravaillé au cours des années. Il montre que grace a une technique d’éfilage des travaux de restaurations ont étés opérés sur cette région en particulier. Au microscope on peut distinguer une fibre qui n’est pas orienté de la même manière.

    Vous n’êtes pas sans savoir que la datation au carbone 14 brule l’échantillon et calcule la densité moyenne d’isotopes 14 de l’échantillon. Si cet échantillon comporte plusieurs source on obtient une date située entre les deux source en fonction de la proportion de chaque source.

    Je n’ai pas d’avis sur l’originalité ou non du suaire, mais la datation au carbone 14 est faussée et les résultats qu’elle offre ne permette pas de balayer d’un revers de la main tout le reste.

    Un autre datation pourrait être effectuée avec les prélèvements brulés du suaire sans l’endommager plus. La réponse viendra bientôt avec un accord ou non de l’église pour l’utilisation de ces échantillons.

  40. @Julien en particulier mais aussi pour tous ceux qui m’ont fait des remarques en des termes plus ou moins orduriers : Ce documentaire n’a aucune valeur scientifique. Aucune analyse publiée dans une revue à comité de lecture n’a corroboré ce que vous dites. J’ajoute que c’est le Vatican lui-même, avec le conseil de ses scientifiques, celui de deux experts du textile et celui des auteurs de la recherche, qui a choisi la zone du suaire où plusieurs échantillons ont été prélevés. Evidemment, tous ces chercheurs ont été très attentifs à ces prélèvements, pour être sûrs qu’il n’y aurait aucune polémique par la suite. L’étude le précise très explicitement. D’ailleurs, si l’on croit ce que vous dites, la probabilité pour que tous les échantillons prélevés soient issus de restaurations est nulle. Encore une fois, l’Eglise a validé les prélèvements.
    J’ajouterai, pour clore un débat clos il y a des années, sauf pour ceux qui ne veulent pas admettre la vérité et relancent régulièrement le soupçon sur l’étude de Nature, qu’il est étonnant que la datation au carbone 14 confirme ce que l’on savait déjà sur le plan historique, à savoir que le suaire dit de Turin est apparu au XIVe siècle. Et, encore une fois, mon article ne portait pas sur cette question précise. Si vous avez des doutes, faites une pétition pour demander une nouvelle analyse au Vatican !
    Pour conclure, à l’adresse de tous les “intégristes” qui ont tenté de polluer les commentaires, en m’accusant de faire partie, tantôt d’un complot judéo-maçonnique, tantôt d’un groupe islamique, sans compter les insultes et diffamations gratuites, je reprends la jolie phrase laissée par Roméo dans un autre commentaire :” La Foi, c’est croire sans preuve”. Si vous croyez dans l’authenticité du suaire de Turin (ce que ne reconnaît pas l’Eglise catholique elle-même), vous n’avez pas besoin de la science.

  41. Un des commentaires semble soutenir que les traces du supplice sont trop réalistes pour être fausses.

    Pourrait on imaginer un modèle du moyen âge réellement supplicié pour accentuer la véracité de l’oeuvre?

    Après tout, il existe encore des pays où la ferveur religieuse qui existait en Europe au Moyen Age conduit à la pratique courante de la lapidation, autre supplice en vogue à l’époque de Jésus Christ.

  42. Bonjour.
    Pourriez-vous ajouter un lien à l’article original de Nature du 1989, sur la datation au C14, pour qu’on puisse le lire ? Le lien présent maintenant renvoie au résumé de Nature 337, 611 – 615, mais on ne peut pas accéder à tout l’article si on n’est pas abonnés…
    Je voulais vérifier moi-même qu’ils disent (s’ils disent) où ils ont pris les morceaux de tissu.
    Par ailleurs, votre article est très intéressant et il m’a permis de remplir des trous sur la question.
    En ce qui concerne la Foi, je trouve dommage que la plupart des gens la confondent avec l’idolâtrie…

  43. @Sergio
    Effectivement, l’article de Nature n’est pas gratuit et, si j’y ai accès en tant que journaliste scientifique, je n’ai pas pour autant le droit d’en distribuer de copie. Vous avez toujours la possibilité de l’acheter. Je peux tout de même vous dire que les échantillons ont été prélevés sur une bande de tissu située sur le bord du suaire (pour des raisons évidentes de préservation de l’objet, on n’allait pas s’attaquer au milieu du linge, où se trouve l’image…). J’ajouterai une énième remarque vis-à-vis de cette histoire : il est plus que probable qu’aucune datation au carbone 14 n’a été faite de manière plus rigoureuse et plus surveillée que celle-ci, étant donné qu’il s’agissait d’un sujet ultra-sensible. Le fait que le Vatican se soit entouré de nombreux experts pour les prélèvements et les analyses est une garantie de premier ordre. Le fait aussi que l’Eglise n’ait jamais dit qu’il s’agissait d’une relique authentique, avant même la datation au C14, est très révélateur.

  44. […] à imaginer cette histoire suite à la déferlante de commentaires que j’ai reçus après mon billet sur la reproduction du suaire de Turin par une équipe italienne dirigée par Luigi Garlaschelli. Je n’ai pas hésité à censurer […]

  45. Bonjour,
    et si le suaire avait été fabriqué au 14 ème siècle dans un linge datant du 1 er siècle ?
    Cordialement.

  46. Ouh pinaise.. j’arrive ici par hasard et je tombe sur un article intéressant. Rien de bien nouveau, mais intéressant malgré tout. Et pis baoum les commentaires, d’intégriste (si si) et un Pierre Barthélémy d’une patience.. Wahouuu !. Impressioné.
    @Jerome : Vu que vous voyez des mystères ou il n’y en a pas, je vous aide un peu. La joconde tout d’abord, le mystère de pourquoi elle a été faite, ben c’est une commande. Vala mystère dissipé, pffiou c’était dur.
    Et enfin, mais comment un artiste aurait il pu faire des stigmates aussi bien fait ? Ben soit il est doué, soit il a pris un cadavre d’un type fouetté. Théorie complete et fini. Ah non le but ? Que ca semble vrai et que ca berne les gens. But atteint.

  47. Merci Globule et Télescope pour ces articles intéressants sur des sujets qui ne le sont pas moins.
    Personnellement, je ne comprends pas ce déferlement de commentaires qui s’éloignent des propos de cet article.
    Si je ne suis pas trop bête, ça dit juste “regardez ce qu’on peut faire avec un peu de temps et de matériel… intéressant non?… il y a matière à réfléchir…”.
    Rien de plus, rien de moins?!
    Allons confrères posteurs! La science n’empêche pas la croyance, elle permet le doute et la réflexion. Et c’est plutôt sain je pense.
    Merci encore M. Pierre, ma toute petite culture scientifique grandit jour après jour grâce à vous.

  48. Bonjour,

    Pour ceux qui voudrait comprendre comment on peut tenter de déméler tout ce qui a été dit sur le linceul de Turin, je vous conseil le livre suivant :

    L’Eglise à l’épreuve du Linceul : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » [Broché]
    Arnaud-Aaron Upinsky

    (que vous pouvez trouvez sur Amazon par exemple).

    Ce livre a l’intérêt de balayer l’ensemble de la problématique et de rassembler toutes les conclusions auquelles les scientifiques sont arrivés depuis 1 siècle et surtout depuis les années 1970.
    Il est intéressant de voir que la datation d’un objet archéologique résulte de plusieurs disciplines notamment scintifiques. La datation au C14 est la seule expérience ayant donnée une date moyennageuse. Comment réconcilier l’ensemble des données que nous avons aujourd’hui pour arriver à donner une réponse scientifiquement admissible. Sachant que la science ne peut pas être condradictoire. Si deux expériences différentes donnent des résultats opposés c’est qu’il faut aller plus loin d’en l’investigation et cela montre qu’il y a encore quelques choses qui n’est pas compris et qu’une ou les deux expériences ont donné un résultat erronné,
    Il en va de la crédibilité de la démarche scientifique.

    Vous pouvez également regarder 3 vidéos (de 15′ chacune) intéressantes sur ce sujet :
    http://www.dailymotion.com/playlist/x1dyfb_krimo666_le-suaire-de-turin/1#videoId=xdanqs.

  49. @tous ceux qui parlent d’une reproduction des stigmates trop spectaculaire pour être l’œuvre d’un artiste:

    il est intéressant de rappeler les travaux d’un théologien de l’université de Gothenburg, en Suède. Avant d’aller plus loin, je précise que le monsieur se définit comme chrétien convaincu (non que cela est une quelconque importance sur son étude; je préviens juste les fanatiques qui vont crier au blasphème).

    Donc, ce brave homme, nommé Gunnar Samuelsson, vient de publier une thèse de 400 pages dont le résultat est que Jésus n’est très probablement pas mort sur la croix. A sa propre surprise il s’est rendu compte que la croix et la crucifixion sont absentes des textes antiques décrivant les nombreux supplices de l’époque. Les textes bibliques (originaux) eux-mêmes sont bien moins descriptifs, que ce l’on pense. La majorité des détails de la crucifixion connus des chrétiens, viennent des textes et œuvres d’arts postérieurs. Et contrairement aux croyances communes, les textes bibliques ne précisent pas du tout comment Jésus aurait été attaché pour son supplice.
    Sa conclusion est que la crucifixion est née d’une erreur de traduction, en réalité le supplice aurait été fait sur un pilori/pilier.

    Il me semblait important de relever, qu’un théologien à pu soutenir pendant 400 pages le manque de détails bibliques sur le supplice de Jésus, et historiques sur la crucifixion.
    Ce constat tranche nettement avec le commentaire sous-entendant que les traces du supplice sont trop réalistes pour être fausses.
    Au contraire (comme l’a indiqué un autre commentateur) ces traces attestent surtout qu’elles correspondent à ceux que les auteurs du moyen-âge pensaient savoir de la passion !

    Et puisque nous sommes (en partie) entre gens rationnels, voici le lien avec toutes références de la thèse en question (en anglais):
    http://hdl.handle.net/2077/22126

    Et aussi un article du Telegraph où le chercheur à été interviewé (en anglais):
    http://www.telegraph.co.uk/news/newstopics/religion/7849852/Jesus-did-not-die-on-cross-says-scholar.html

  50. Pourrais-je savoir si l’on a retrouvé sur le suaire des restes des ingrédients utilisés pour fabriquer le faux , selon le procédé que vous supposez, par ex l’ocre?..
    Normalement il devrait en subsister au moins à l’état de traces, même après plusieurs siècles? Cela démontrerait une fois pour toute la véracité de ces affirmations.
    Si l’on en retrouve pas, cela signifie que le faussaire a eu recours à une autre méthode et dans ce cas laquelle?…

    Par ailleurs pensez-vous vraiment que la “réplique” du suaire présentée ici est réellement convaincante si on la compare à l’original?…
    Si l’image avait été aussi grossière (!..) y aurait-il eu tant d’adeptes de l’authenticité?…

    Cordialement.

  51. @Curieux de nature : oui, des traces d’ocre ont été retrouvées sur le suaire de Turin. En fait, ce qui avait dans un premier temps été pris pour du sang s’est avéré être des traces d’ocre et de vermillon, deux pigments très utilisés en peinture. C’est d’ailleurs pour cette raison que Luigi Garlaschelli a utilisé l’ocre. Des milliers de lecteurs ont vu l’image en négatif du suaire de Garlaschelli (qui ne se veut pas ressemblant à 100% pour la simple raison que l’homme qui était sous le drap pour l’expérience n’est pas le sosie de l’autre…) et AUCUN ne m’a dit qu’il avait vu tout de suite que ce n’était pas le vrai. Je sais, cela ne prouve pas grand chose mais, encore une fois, la ressemblance, si elle n’est pas parfaite (d’autant que les deux processus de vieillissement sont très différents), s’avère assez frappante.

  52. Bonjour,
    Auriez-vous la référence de l’étude scientifique qui a prouvé indiscutablement qu’il n’y a pas de trace de sang sur le suaire? Je croyais pourtant, d’après les différents livres que j’ai consulté sur le sujet ainsi des débats TV, que c’était un fait établi et que l’on avait même indentifié le groupe sanguin : AB

    La littérature (abondante) sur le suaire mentionne des années de travaux (en dehors de la datation C14), effectués par des laboratoires prestigieux avec du matériel de pointe et dont les conclusions iraient dans le sens de l’authenticité…quelques uns sont cités plus haut.
    Donc tout cela ne serait qu’un grossier canular que Mr Garlaschelli a démonté en “deux coups de pinceau”?…Je ne me permets pas de donner un avis sur le sujet mais j’avoue être relativement étonné!..

    Bien cordialement.

  53. @Curieux de nature : Travaux de McCrone
    http://www.bcin.ca/Interface/openbcin.cgi?submit=submit&Chinkey=108477
    http://pubs.acs.org/doi/abs/10.1021/ar00171a004
    Comme je l’ai déjà écrit ailleurs, livres, documentaires et débats TV ne sont pas des travaux scientifiques.
    Même Ray Rogers, le plus fervent défenseur de la thèse “suaire authentique” a reconnu que l’histoire du groupe AB ne tenait pas la route.

  54. […] qui se sont tenus sur ce blog quand j’ai publié mes billets sur le suaire de Turin (ici et là), je me suis dit que la science avait encore beaucoup de progrès à faire pour ne plus […]

  55. Le niveau de preuve exigé du Saint Suaire est infiniment supérieur à celui qui est demandé à tout autre objet archéologique. Il semble que son procès n’aura jamais de fin.
    Pourtant son procès scientifique a fait l’objet d’une communication importante et assez nette à la fin du symposium organisé par le CIELT à Rome, dirigé par Arnaud Upinsky en 1993, sous la forme d’un communiqué dont je vous livre des extraits ci-après:

    « Le Linceul de Turin est l’objet archéologique le plus étudié au monde par les scientifiques de toutes disciplines.
    « Le Symposium Scientifique International de Rome sur le Linceul de Turin réuni par le CIELT […] vient de se terminer le samedi 12 juin 1993 après deux jours et demi de travaux : plus de 50 communications de toutes disciplines ont été présentées impliquant la participation de spécialistes venus de dix huit nations.
    […] L’assemblée scientifique du Symposium de Rome a pris acte du fait que si la Science soumet l’évaluation du Linceul au même niveau d’exigence épistémologique que celui qui est régulièrement utilisé en science pour identifier les phénomènes physiques, au vu des résultats acquis, elle ne peut que conclure à l’authenticité scientifique, c’est-à-dire affirmer que l’homme du Linceul est bien Jésus de Nazareth.
    « Parmi les éléments nouveaux concernant les données historiques et iconographiques, on constate que les particularités du Suaire qui est à Turin ont été observées dès le XIIième siècle (Codex de Pray, 1192-1195).
    « Demeurent deux inconnues majeures :
    1) le processus de formation de l’image-empreinte ;
    2) le processus de séparation du corps et du linge.
    […] »

    Il faudrait peut être qu’on s’en tienne à la science en évitant de se laisser aveugler par la passion religieuse… ou anti religieuse !

  56. Comme je l’ai dit dans un autre commentaire, le CIELT est un centre scientifique auto-proclamé (en réalité une association loi 1901) organisé par des personnes convaincues de l’authenticité du suaire. Dans les faits, il ne fournit aucun travail scientifique.

  57. M. Barthélémy, je pense que vous n’avez pas pris le temps de vous informer correctement : outre le livre de A.A. Upinsky déjà cité, je vous propose la lecture de celui d’André Marion et Gérard Lucotte paru en 2006 aux Presses de la Renaissance : Le linceul de Turin et la Tunique d’Argenteuil. Tout résultat annoncé par un chercheur dans un livre peut ne pas vous plaire car non peer-reviewé, mais n’a pas à être rejeté ipso facto : il demande à être si possible corroboré -ou infirmé- par d’autres recherches, pas évacué d’un revers de main. La copie faite par ce “debunker” italien s’efforce de ressembler le plus fidèlement possible à l’original : c’est mieux fait que le dessin de Broch ou le frottage de Nickell mais n’aurait pas existé si l’original n’avait pas été ce qu’il est. S’efforcer de faire la copie la plus ressemblante possible de quelque chose n’implique pas que ce quelque chose a été fait de la même manière, ni qu’il est un faux. On sait de plus que plusieurs copies ont été faites au Moyen-Age : il est possible que c’est de l’une de celles-ci dont parlait l’évêque de Troyes au XIV° siècle. De plus, les empreintes de sang et l’empreinte du corps sur le Linceul sont de deux types physico-chimiques différents, ce que n’est pas le frottage à l’ocre. Quant au fait que la recherche de C14 ait été faite sérieusement, en double aveugle, cela ne paraît pas acquis. On peut soupçonner un manque de sérieux dans cette étude : l’étude peer-reviewée de Rogers prof de chimie à l’Université de Los Alamos, du STURP, de janvier 2005 l’a invalidée et les autres analyses chimiques, optiques, polliniques semblent faites plus sérieusement, mais pourtant c’est celle-ci qui a obtenu les faveurs des journalistes : le sensationnalisme vous atteindrait-il malgré vous ? Mais dites-moi, vous étiez à Science et Vie en juillet 2005 lorsque ce magazine a essayé déjà de reproduire le Linceul “en 5 minutes” ? Ceci indiquerait, pour le moins, une constance dans votre anti-authenticité !!!

  58. Non, je ne travaillais pas à Science & Vie à l’époque. Quant à l’étude du C14, j’ai déjà écrit ce que j’en pensais.
    Il n’est pas question pour moi de “croire” à l’authenticité ou à la non-authenticité de ce linge. Tout comme il n’est pas question pour moi de “croire” ou de ne pas croire que j’ai cinq doigts à chaque main. Je les compte et je sais. Pour le suaire c’est pareil. Quelqu’un (en réalité plusieurs équipes parmi les plus compétentes du monde) a compté et on sait. Si vous refusez les résultats de la science sur un tel sujet (la datation au carbone 14), aucun argument ne peut avoir grâce à vos yeux et, dans ce cas, tout débat est vain.
    Enfin, n’oubliez pas que le Vatican lui-même ne considère pas le suaire de Turin comme une relique authentique. C’est dire.

  59. Tiens ca me donne une idée de business.
    Je vais faire appel à des Chinois pour qu’ils me reproduise tous les tableaux du Louvre.
    Comme ca je pourrais en contester l’authenticité et leur revendre les miens.
    Du coup ca aura p’tet un intérêt finalement de reproduire des dessins.

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