Bon, il va falloir attendre un peu pour voir si cet iPhone grand format va sauver la presse, ou révolutionner la façon dont on va consommer de l’information numérique. L’iPad présenté hier par Steve Jobs (voir le show ici) est une très belle mise à jour de l’iPhone, mais il ne représente en aucune façon le saut technologique du smartphone de la marque d’il y a trois ans. Vu sous cet angle, l’iPad est une petite déception. Sans doute temporaire.
Certes, pour toute la partie ludique – jeux vidéos, visionnage de films, livres, gestion de photos – l’iPad avec son écran de 9,7 pouces est spectaculaire. Mais on attendait plus et mieux pour un produit nomade dont on parle depuis presque huit ans.

Technologiquement, l’iPad n’est pas un mini-MacBook, mais un grand iPhone. Il n’est donc construit, ni sur le Mac OS, ni sur le même processeur. L’IPad utilise le système d’exploitation de l’iPhone sur un nouveau microprocesseur-maison, issu d’une acquisition récente d’Apple. C’est un choix décisif, qui a ses avantages et ses inconvénients.
Côté plus: cette interface est idéale pour les utilisateurs rétifs au mode de navigation d’un ordinateur. Tout est simple, intégré, basé sur des applications contrôlées par Apple. L’iPhone a démontré l’efficacité de cet environnement.
Côté moins : tout ceux qui rêvaient d’un concentré du MacOS sont évidemment déçus.
Pour un usage professionnel, l’iPad est loin du compte. Pour des questions d’autonomie, l’iPad, tout comme l’iPhone, ne fait tourner qu’une application à la fois. Le Mac nous avait habitué à pouvoir jongler d’un écran, d’une application à l’autre, là on est collé dans un univers mono-tâche et qui plus est fermé. Car l’iPad est des plus verrouillés. Ses applications devront passer par le filtre de l’AppStore, à la fois cher et impénétrable. Son système ne fait pas fonctionner les logiciels de Microsoft Office ce qui va isoler l’iPad du monde du travail où l’on est constamment obligé d’échanger des fichiers avec des utilisateurs de Windows.
Apple propose une alternative avec une remarquable adaptation de sa sa suite iWorks qui permet une certaine compatibilité avec Office (et qui fonctionne à merveille sur un Mac). On comprend pourquoi Apple ne veut pas polluer son ardoise magique avec les logiciels de Microsoft, tellement mal adaptés au Mac qu’on se demande si les bugs ne sont pas laissés là intentionnellement par Microsoft. Il n’empêche, aussi cute qu’il soit, l’iPad est un peu autiste sur ce plan utilitaire. De toute évidence, il n’est pas fait pour le travail, ou alors marginalement. Impossible de se constituer des dossiers de projets avec toutes sortes de contenus (pages web, fichiers de texte, tableurs), dont le contenu s’indexe comme sur un Mac classique. C’est un peu ennuyeux pour un produit qui vaut quand même entre 500 et 800 dollars selon les configurations (mémoire, connexion 3G ou non) et qui sera disponible dans deux mois.
Autre défauts: l’appareil ne gère pas le format Flash; tout site qui en comprend sera pénalisé (ou il devra concevoir une application dédiée pour la plate-forme). La machine n’a même pas de caméra intégrée: impossible d’utiliser Skype Vidéo par exemple. Dommage. Enfin, comme c’est un système fermé, tous les supports médias qui viendront de tiers sont bloqués : impossible de voir sa série ou son documentaire favori, sauf s’ils sont disponibles sur le l’iTunes Store.
Pas d’accords avec des médias
On s’attendait à ce que le lancement de la tablette d’Apple coïncide avec une avalanche d’accords de contenus. Là encore, déception. Les «deals» sont limités à un seul domaine réellement nouveau pour la marque: les livres avec un joli lecteur intégré qui tire profit des caractéristiques de l’iPad, et un «iBooks Store» désormais intégrée à l’iTunes avec une structure tarifaire qui n’a rien d’innovante.
Cette indigence est sans doute liée à la manie du secret de la marque. Les développeurs de jeux vidéo ont eu deux semaines pour bricoler à la va-vite une application montrable lors de la présentation d’hier.
Quant à la presse quotidienne ou magazine, alors que le milieu bruissait d’accords avec des géants comme Condé Nast (Wired, Vogue, Vanity Fair, le New Yorker, GQ) qui auraient pu commercialiser leurs journaux via la plate-forme, on a eu droit à une rapide démonstration d’une appli ad hoc du New York Times, certes prometteuse, mais conçue en trois semaines, sans précision sur sa disponibilité son prix, etc.
Dommage. La présentation de l’ardoise d’Apple était le moment idéal pour faire rêver lecteurs et éditeurs sur de nouvelles façons de consommer l’information. On attendait d’une «iNews Store» ou une «iMedia Store» consacrée à l’information et dans laquelle bien des groupes rêvaient de s’engouffrer – ce qui serait bénéfique à l’appareil. Peut-être ses accords seront-ils annoncés au cours des prochains mois. Mais pour l’heure, c’est une occasion manquée.
FF
A lire aussi sur Slate.fr :
Jacques Attali : l’iPad ou l’hypermédia
La nouvelle révolution d’Apple
Et à venir vendredi: «J’ai touché l’iPad, j’ai adoré, je le veux», par Farhad Manjoo

medias, tech, business models


Il s’agit plutôt d’un iPod Touch que d’un iPhone, puisque ce dernier permet en sus de téléphoner, ce qui n’est pas le cas de l’iPad.
tout ce que vous dite n’a en rien empêché la vente des ipods touch, iphone etc.
Je n’ai pas vos considérations, personnellement j’en ai cure de me farcir Finder et prise de têtes pour trouver de chouettes logiciels sur le web (hé oui, je sais que Coda est génial, je vois pas pourquoi Coda, Adium, Bbedit, Things, Omnigraffle etc, ne seraient pas possible et géniaux sur un ipad)
L’ipad a spotlight, qui me montrera tous mes documents créé au seins des applications. aucune raison qu’à terme les logiciels installés n’étendent pas la recherche de spotlight. (c’est clairement sous entendu dans l’environnement de développement qu’il suffirait qu’apple y ajoute la possiblité)
Les concepteurs d’applications FERONT des applications !
y en aura pour tout et tous
y a 10″ d’écran à remplir , ca permet de faire du beaucoup plus sophistiqué. J’imagine très bien un logiciel de gestion de planning et projets, synchrone avec un serveur d’entreprise, sur ipad.
Je vois pas Mars 2009
je vois Mars 2011 ! Quand l’ipad aura pléthore d’applications en tout genre pensée pour profiter de 10″ de pixels.
Je vois les 140 000 apps de l’iphone sur l’ipad et je vois des blogs de développeurs mac/iphone saliver à l’idée de remplir 10″ de pixels avec leurs zolies programmes et idées.
Ils ont tous envie de me vendre un Things Pad. un Cha-ching Pad, un Twitterrific Pad.
Pcalc Pad avec courbes et graphes. !
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l’ipad est donc la continuité de l’iphone. C’est effectivement une autre informatique, effectivement ce n’est pas une informatique bricolable. L’ordinateur individuel, véritable phare de la maison numérique, ne disparaîtra JAMAIS , mais l’ipad est quelque chose de beaucoup plus humain et de enfin pensé et voulu pour être encore plus accessible par les utilisateurs.
Il faut sortir du carcan du gros clavier+souris+milliard de boutons/fenêtre.
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flash n’a aucune importance.
Apple vend des millions de bidule qui n’utilisent pas flash
70% de l’usage de flash est la vidéo
youtube, dailymotion et vimeo sont disponible en version sans flash
Apple est en train de briser l’importance de flash. Cela a commencé par l’iphone, Apple continue.
Seuls des techniciens se lèvent le matin en disant “ze veu acheter un lecteur de flash !” . comme si je vous disais : “ho je veux absolument un appareil qui lisent SVG 1.1 et SMILE ” (quid?)
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On a beau me dire exchange, office, entreprise etc. je suis un ingénieur payé avec des vrais sous pour faire vivre du vrai boulot dans une vraie entreprise, et bien quand des collègues et directeurs en vracs sont venus avec des iphones (en plus de blackberry et autres palms), et bien j’ai activé/documenté ce qu’il fallait.
De toute façon, depuis toujours on avait imap fonctionnel, depuis toujours on avait différents services web pour nos besoins pros, l’iphone marchait déjà de base.
Et comble de l’insulte, l’iphone a gagné support natif exchange et autres mécanisme vpn (dont ipsec et l2tp)
Dois je mentir pour être dans le ton de la folie urbaine où dois je rappeler que du palm au iphone en passant par android ca MARCHE en entreprise.
L’entreprise n’est pas un monde bizarre.
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itou concernant office. Nos workflow sont capable d’avaler des documents office tout comme openoffice et génerer des pdfs, des reporting, des forms xml, des pages web, etc. Non pourtant c’est pas le top du cms.
j’utilise Pages et Numbers pour créer des documents doc, excel et pdf dans mes correspondances privées et professionnels, sans que cela ait étonné qui que ce soit.
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On exagère beaucoup ces problèmatiques. Il y a beaucoup de passions et y a des intérêts marchands à vous faire croire que c’est horrible.
Vous pouvez m’embaucher à 40euros de l’heure pour résoudre vos problèmes d’interopérabilité, je commencerai pas vous mettre openoffice et passer vos procédure à la gestion de pdf. (j’installerai une version de adobe acrobate writer que je vous facuterai 4999 euros (le soft + la prestation).
ou alors… lancez vous, ça ira.
et oui, vous verrez des ipad utilisés par des “pros”.
Merci à oomu pour ce superbe commentaire qui pour une fois sort des lieux communs qu’on peut lire ici et là.
(Il parait que Ferrari sort une nouvelle voiture sans boule pour attacher la caravane. Ah les cons, ça marchera jamais !)
Briser l’importance de flash?
Dire cela suggère une certaine ignorance (mépris?) pour l’ouverture de Adobe au milieu Open Source, que ce soit Flex SDK utilisé avec Flash Develop ou Tamarin (association avec Mozilla).
Certes ça n’est pas “populaire” mais les application disponibles via l’AppStore restent finalement réservées à ceux qui sont prêt à payer (cher) pour les produits de la marque à la pomme.
Sur PC, la seule alternative actuelle à Flash n’est pas Silverlight de Microsoft mais plutôt javascript (ce qui ne manquera pas de s’amplifier avec des balises comme Canvas). Du côté de Apple, la seule alternative (en cours d’abandon?) c’est Quicktime ou javascript.
Le fait est qu’en dehors de Javascript, seul Adobe avec Flash offrent une possibilité de codage réellement opensource (plus précisement FlashDevelop + Flex SDK) pour l’animation web.
Question performance, ni javascript, ni Flash (même avec l’AS3 et les API 3D) ne peuvent égaler les moteurs 3D des jeux pour… la 3D, pourtant, même si ça va prendre du temps, c’est une évolution incontournable.
Alors non, actuellement, rien ne permet d’affirmer que Apple va réussir à tuer Flash, le premier à offrir une solution permettant de créer des applications 3D remportera la palme, ça peut-être Adobe qui travaile sur la 3D dans Flash (et soutient Papervision) mais le moteur de rendu javascript de Chrome place clairement Google en embuscade. Il me semble que ce serait un tort que de les sous-estimer…
Pour en revenir à la tablette… un débouché au potentiel énorme serait la domotique… sous réserve que les gens aient les moyens… actuellement, avec la crise… j’ai quelques doute. Mais là ou finalement je rejoins Oomu, c’est oui, en 2011 ou 2012, on saura.
Un dernier point : rien ne garanti que les sites des certaines grandes marques de luxe soient prêts à abandonner Flash… Pour les animations complexes, javascript n’offre pas la rigueur de codage de l’AS3, pour les performances, ça compte. Et un site en Flash est plus qualitatif qu’un site pure HTML, même avec du javascript.
PS : Ne pas néglier non plus tous les efforts fournis par Adobe pour le SAAS et les RIA (technos Flex/PHP, AIR…). Flash, finalement, ce n’est qu’un soft, ce qui importe, c’est la techno derrière et sur ce point, Adobe est loin d’être ridicule. Le format swf a encore de l’avenir, sauf erreurs stratégiques de Adobe (pas le cas, à mes yeux, actuellement, surtout si Tamarin aboutit à remplacer Flash Player).
Social comments and analytics for this post…
This post was mentioned on Twitter by filloux: The iPad is a missed opportunity. No medias deals, a device that is too iPhone not enough Mac. On Slate France. http://bit.ly/cfZoe6...
Ouais, oomu, t’as peut être raison. Après tout, mon palm treo faisait largement ce que faisait l’iphone, pour moins cher, moins snob, moins propriétaire, et bien avant. On sait où en sont les deux boîtes aujourd’hui !
L’iPad sera en concurrence avec des tablettes PC, des PC avec écran-tablette amovible, des smartphones qui permettent de téléphoner, des ebooks… Va-t-il s’en sortir ? Sur des bases objectives il n’a aucune chance. Mais la réalité est ce qu’elle est, et avec les iYatollah de service (“l’important n’est pas ce que fait l’appareil mais son design, la pomme au dos et le prix qu’il m’a coûté, marque de distinction suprême”), l’iPad aura toutes ses chances. Tant mieux pour lui, car sinon, il part avec un sacré handicap !
[...] Ce billet était mentionné sur Twitter par couve, filloux, PEG, cedric naux, Chine Labbé et des autres. Chine Labbé a dit: RT @filloux The iPad is a missed opportunity. No medias deals, a device that is too iPhone not enough Mac. http://bit.ly/cfZoe6 [...]
Bonjour Frédéric, suite à notre conversation j’ai écrit un billet consacré à l’iPad sur mon blog. Je vous propose de le lire à cette adresse :
http://digital.posterous.com/lipad-nest-pas-pour-toi
A bientôt
Un petit mot en guise de PS.
Le commentaire de OOMU est fameux car on sent le professionnel et les connaissances d’expert mais il est dommage que ce soit écrit si vite et pas relu. Et que certains mots ou concepts ne soient pas plus explicites pour un lecteur moyen.
Je n’avais pas eu le temps de donner mon sentiment dans mon premier commentaire sur l’iPad.
Dommage mais bravo pour OOMU.
[...] grand chose de prévu pour les journaux et les magazines. Les livres auront leur iBooks Store, mais rien sur — ou pas encore — un iNews Store ou un iMedia store. Est-ce vraiment une si mauvaise chose? Juste avant la présentation de la tablette, plusieurs [...]
L’Ipad n’a pas été conçu comme machine professionnelle. L’histoire de l’informatique a toujours été de proposer au grand public des machines conçues pour le milieu du travail. Encore aujourd’hui, un particulier et une entreprise ont la même machine avec les mêmes logiciels, que ce soit un PC ou un Mac. Ce qui laisse beaucoup de gens, qui ne souhaitent que surfer sur le web ou écouter de la musique, s’arracher les cheveux avec des systèmes beaucoup trop complexes et riches. Sans parler des bugs et plantages.
Le projet Ipad, me semble-t-il, est une tentative de créer une machine simple, adaptée aux usages de loisirs du grand public. Et ce sera la enfin la première tentative. Dans ce sens, heureusement qu’ils n’ont pas remis l’OSX et des mille et une fonctions inutilisées et gourmandes en ressources. A quand une réflexion en ce sens dans le monde du logiciel libre ?