Facebook et Google sont en passe de dominer l’internet. Quelques données récentes donnent une idée du découplage croissant entre les deux superstars du Net et leur concurrents.
Sur l’ensemble de la planète, les internautes ont passé en moyenne 5h35mn sur les réseaux sociaux au cours du mois de décembre 2009, selon Nielsen. Cela représente une augmentation de 82% par rapport aux 3h03 de décembre 2008 et de 158% par rapport aux 2h10 de décembre 2007
Là-dessus, Facebook se taille la part du lion: il est deux fois plus gros en audience que son principal concurrent MySpace (qui baisse) et cinq fois plus important que Twitter (dont la moitié des membres ne twittent jamais) et six ou huit fois plus important que les autres réseaux comme Linkedin.

Ce comptage global sur le temps passé cache évidemment des disparités:
- Etats-Unis: 6h09 passées sur Facebook
- Grande-Bretagne : 6h07
- Italie : 6h00
- Espagne 5h30
- France : 4h04
- Japon : 2h50
Sur le seul marché américain, alors que le temps passé par personne sur l’ensemble des réseaux sociaux augmente de 143% d’une année sur l’autre, la part de Facebook croit de 200%. En bonne logique, le flux de dollars suit le mouvement : entre août 2008 et août 2009, alors que le total investi sur le Net par les grandes marques américaines baissait de 2%, la part allant vers les réseaux sociaux augmentait de 119% ; elle représente aujourd’hui 15% des montants investis.
Du coté de chez Google, belle croissance également. Décembre 2009 : 2h21 passées par 156 millions d’internautes américains sur les sites de la marque contre 1h38 et 128 millions de visiteurs un an plus tôt. Fait intéressant : le temps passé sur les sites de Google augmente plus vite (+43%) que le trafic (+22%) ce qui signifie «l’engagement» des internautes, comme disent les marketeux, est plus important. Rien d’étonnant que le chiffre d’affaires de Google ait cru en rythme annuel de 17% au 4e trimestre 2009 avec une marge d’exploitation elle aussi en hausse : sur 100 dollars de chiffre d’affaires, 37 sont de la marge opérationnelle contre 33 un an plus tôt.
En un mot, les sites exploités par Google sont vus plus longtemps, par toujours plus de monde, et sont donc toujours plus profitables — tout cela dans un contexte où le reste du marché continue de souffrir. Cette tendance à toutes les chances de nourrir une croissance exponentielle. Google a de plus en plus de moyens pour déployer une infrastructure unique et acquérir ainsi la maîtrise du “cloud”, le “nuage” d’ordinateurs qui contiendra bientôt l’essentiel des nos données et de nos applications — le moteur de recherche prévoit de gérer 10 millions de serveurs d’ici quelques années – et pourra surenchérir pour n’importe quelle acquisition qu’il estimera stratégique.
La consommation d’internet n’est certes pas un jeu à somme nulle : une étude de la Kaiser Family Foundation montre que le temps passé par les Américains âgés de 8 à 18 ans a cru de 30% entre 2004 et 2009 (l’étude montre aussi une corrélation directe entre l’assiduité au PC et les performances scolaires, pour les parents qui seraient encore dans le déni).
Malgré tout, il y a bien un effet de substitution. Elle joue sur nombre de sites visités d’une année sur l’autre (chute de 23% du nombre de “domaines” consultés sur an) ; baisse aussi du temps passé sur les vidéos en ligne (regardées plus de trois heures par mois), mais dans une proportion moindre : —3,4%, ce qui est ennuyeux, car le moins qu’on puisse dire est que la vidéo sur le net n’a pas trouvé son modèle économique.
Dans le même temps, le nombre de minutes passées sur les sites des journaux américains est en baisse constante : en novembre 2006, les internautes américains passaient en moyenne 42 minutes par mois sur le site d’un quotidien ; le chiffre est tombé à 32 minutes pour le moins de novembre 2009. Là encore, la logique des revenus publicitaire est implacable : entre le 3eme trimestre 2008 et la même période 2009, les revenus publicitaires des sites de presse ont baissé de 17%. Par rapport au pic du 4eme trimestre 2007, les quotidiens américains ont perdu 26% de leurs revenus en ligne ; pour la pub sur le papier, le pic était à la fin 2005, depuis, la baisse est de 57%.
Des questions ?
FF

medias, tech, business models


ce serait interessant de calculer le revenu degagé par visiteur. Je pense qu’il y a des disparités enormes entre fqcebook, myspace et google.
L’arrivee des “vieux sur facebook va lui permettre d’augmenter ce ratio (seulement les vieux sur IE cliquent sur les pubs)
Je rappelle que
[...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Jacques Froissant, John Karp, Dix-Katre, Aissatou D., Philippe Hugon et des autres. Philippe Hugon a dit: Facebook et Google: les chiffres qui tuent (la concurrence) http://ow.ly/10VsC (via @Altaide_JF @charlotte_ltd) [...]
Facebook en effet annonce des audiences record en nombre de visiteurs uniques (20,7 millions) et surtout en temps de visite : 4h30 par visiteur pour le mois de décembre…
Mais lorsqu’on y regarde de plus près, comment expliquer l’écart de temps de visite entre le niveau Domaine de Facebook (à peu près égal au niveau Brand : 4h30) et le temps de visite au niveau du sous domaine : http://www.facebook.com, mesuré lui à …2h02.
Certes les applications Facebook expliquent une part, mais pas plus de 38 minutes (1h10 par mois pour les 11,4m° de visiteurs du sous domaine apps.facebook.com, donc 38 minutes en moyenne pour l’ensemble des 20,7 millions de visiteurs du niveau Brand.
En y regardant de plus prés, on constate que la plus grande part du temps de visite hors du sous domaine http://www.facebook.com, est consacrée à d’étranges noms de sous domaines libéllés ainsi :
0.channel03.facebook.com
du channel03 au channel78
Et on peut faire le même constat à propos du nb de pages vues.
Qui saurait éclairer cette zone d’ombre qui représente pas loin de la moitié de l’audience de Facebook?
Régine