Jean-Luc Sauron Président !

Jean-Luc Sauron / Flickr, creative commons

Jean-Luc Sauron / Flickr, creative commons

Les Cabris de l’Europe participent aux élections à la présidence du Mouvement européen-France (ME-F) en donnant la parole à un partisan de chaque candidat. Hier, Yannick Hoppe pour Jean-Marie Cavada ; aujourd’hui, Philippe Perchoc pour Jean-Luc Sauron.

Les élections à la présidence du Mouvement européen n’intéressent pas que les 3000 membres du Mouvement européen en France. Dans une Europe en crise, cette organisation qui s’est penchée telle une bonne fée sur son berceau en 1948 doit jouer encore plus un rôle de proposition et d’explication. Aujourd’hui, presque tous les partis politiques en France s’accordent que la solution à nos problèmes passe par plus d’Europe. Tout réside dans la définition de ce que devrait être ce « plus » et il est bon de constater que le fédéralisme n’est plus le gros mot qu’il était devenu. Pour toutes ces raisons, le Mouvement européen, transpartisan, transnational et fédéraliste a son rôle à jouer dans le débat public français et européen.

Et pour être direct, je pense que Jean-Luc Sauron a les qualités d’un capitaine pour ces temps de grosse houle. Il incarne la continuité dans une période instable, son expérience de magistrat au Conseil d’Etat et d’universitaire font de lui une personne capable de mener le travail d’équipe et de proposer des solutions à l’Europe. Enfin, à l’heure où le doute s’installe dans le cœur des Européens et à la veille d’une élection présidentielle majeure, sa neutralité politique permettra au Mouvement européen de continuer un travail de propositions écouté dans les deux camps.

Comme l’Europe, le Mouvement européen France a récemment connu une période d’instabilité avec trois présidents en trois ans. Cette tendance est mauvaise à la fois pour le travail de long terme, la dynamique d’une équipe renouvelée il y a peu (secrétaire général, chargés de mission) et le rétablissement des comptes de l’association, chantiers engagés par Christian Philip, aidé par Jean-Luc Sauron et poursuivis par ce dernier depuis la démission de Christian Philip l’été dernier. L’argument de la continuité nécessaire de l’action engagée paraît donc être solide dans une période marquée par l’instabilité. Les dernières élections du ME-F ont d’ailleurs montré que l’actuel Président par intérim avait su se ranger aux côtés du vainqueur Christian Philip pour mener le travail d’équipe. Avec ce dernier et depuis son départ, il a travaillé sans relâche à la dynamique du Mouvement et au rétablissement très bien engagé aujourd’hui de sa santé financière. Son concurrent actuel et d’alors, grand Européen et ayant lui aussi de très nombreuses qualités reconnues par tous, aurait aussi été d’un grand secours s’il avait accepté de faire profiter l’équipe dirigeante de ses compétences. Jean-Luc Sauron est donc rassembleur et capable de mettre ses ambitions personnelles au service du collectif, il l’a déjà démontré et le fera encore. Je me permets cette remarque avec d’autant plus de sérénité que j’avais pris la parole pour que Jean-Marie Cavada se voit reconnaître son droit de se présenter aux dernières élections, ce que j’estimais tout à fait légitime et qui m’avait valu alors quelques haussements de sourcils que j’ai affrontés avec bonne humeur. Je n’ai pas compris pourquoi ce dernier n’a pas alors plus mis ses grandes qualités au service du ME-F, ce que Jean-Luc Sauron a fait avec beaucoup de constance.

Par ailleurs, ce dernier a une longue expérience de spécialiste de l’Europe et d’universitaire reconnu. Il en tire des qualités qui sont aujourd’hui indispensables au Mouvement Européen-France : la capacité de piloter le travail de proposition du ME-F et celle d’expliquer les enjeux européens. Ces compétences sont aujourd’hui indispensables et son métier lui permet la flexibilité de consacrer du temps au ME-F, ce que ne permet pas toujours un mandat de député européen dans une période aussi chargée. On nous dit qu’il est moins médiatique que Jean-Marie Cavada, c’est un fait. Mais il veillera, sans aucun doute, à ce que d’autres puisse prendre la parole au nom du ME-F dans les médias et peut-être Jean-Marie Cavada lui-même ! Tous les talents seront mis à contribution dans le ME-F animé par Jean-Luc Sauron, les plus médiatiques et les plus jeunes aussi.

Enfin, dans cette campagne présidentielle qui s’ouvre, le caractère transpartisan du ME-F doit être préservé. La neutralité politique d’un conseiller d’Etat enseignant à l’Université semble un gage que toutes les tendances pro-européennes puissent s’exprimer avec équilibre et que le ME-F sera écouté quelque soit le résultat des élections présidentielles.

Une élection ne se gagne pas sur un bilan, mais ce que le candidat a fait depuis quelques mois n’est pas un bilan, c’est une promesse. Celle d’un Mouvement européen ouvert à toutes les tendances, renforcé, sérieux et animateur du débat européen. Ce n’est pas un chef que nous élisons, mais un animateur, un entraineur ! Et celui-ci a démontré qu’il ne laissera aucun bon joueur sur le banc !

Philippe Perchoc, docteur en science politique,

Assistant académique au Collège d’Europe (Bruges)

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