Bernard Barthalay: “Nous avons décidé de nous indigner publiquement et de refuser la division” (1/2)

Flickr, creative commons

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1. Les Cabris de l’Europe : vous lancez un site intitulé les « Etats-Unis d’Europe ». Qui représente ce « vous » ? Qui est à l’initiative de ce projet : des individualités, une association, un parti politique, un syndicat, un mouvement pro-européen ?

Bernard Barthalay (BB) : Nous sommes des citoyens européens, car citoyens des Etats (désunis !) d’Europe. Dans les années quarante et cinquante, des hommes d’Etat, Churchill, Monnet, Schuman, Adenauer, De Gasperi, Spaak, promettaient des Etats-Unis d’Europe. Les gouvernements d’aujourd’hui, en tolérant la concurrence fiscale et sociale de nos Etats, en nous déniant une juste égalité des chances, nous divisent comme jamais depuis soixante ans. Cet oubli de la promesse fortifie les forts et affaiblit les faibles. Nous avons décidé de nous indigner publiquement et de refuser la division.

2. Les Cabris de l’Europe : pouvez-vous nous présenter ce nouveau site les « Etats-Unis d’Europe » en général, et la « déclaration d’unité » en particulier ?

BB : Le site n’est qu’un outil, au demeurant très perfectible. Sa seule utilité est d’accueillir la Déclaration d’unité. Le travail bénévole de l’équipe en charge du développement en améliorera le graphisme, les fonctionnalités, l’ergonomie, au fil des mois. Il est là pour durer le temps qu’il faudra pour réunir un million symbolique de signatures dans toute l’Europe.

La déclaration d’unité est un texte permanent par définition. Il n’est pas circonstanciel. Son actualité cessera avec l’unité politique. Il aura un sens tant que les affaires européennes les plus communes resteront traitées de gouvernement à gouvernement.

3. Les Cabris de l’Europe : quel est le sens que vous souhaitez donner à cette « déclaration d’unité » ? Que signifie-t-elle ? La même chose pour un citoyen britannique ou portugais, une citoyenne française ou estonienne ?

BB : Nous disons aux gouvernements : arrêtez-les frais, au propre et au figuré. Tout le monde parle de désendettement. La seule potion qu’on nous administre se nomme austérité.  Personne ne parle de la facture de la division. Ni du risque d’insignifiance que les Etats-nations nous font courir dans un monde de géants. Arrêtez aussi de faire l’Europe sans nous. Quand notre exigence d’unité sera entendue et comprise, par nos concitoyens sceptiques et par nos partis politiques, les gouvernements devront concéder l’unité.

Dans quel périmètre ? Des Etats-Unis d’Europe sont nécessaires dans la zone euro. La nécessité n’est pas aussi sensible dans les autres Etats membres de l’UE. Donc une différence entre le sujet de sa Gracieuse Majesté, encore présente sur le sterling, qui vivra selon toute probabilité de l’extérieur la Constitution des Etats-Unis d’Europe et le citoyen portugais, qui la vivra de l’intérieur. Pas de différence en revanche entre Français et Estoniens. Il reste qu’une dynamique nouvelle aura été créée qui changera la perception de ceux qui se seront tenus à l’écart.

4. Les Cabris de l’Europe : l’objectif est assez clairement précisé dans la déclaration d’unité : « Nous voulons fonder des Etats-Unis d’Europe ». Mais, vous ne définissez pas ce que vous entendez par ce terme. Qu’entendez-vous par les « Etats-Unis d’Europe » ? Que se cache-t-il derrière les « Etats-Unis d’Europe » ?

BB : C’est une série de questions. D’abord, les « Etats-Unis d’Europe » ont pour eux l’histoire : Washington les conseillait à La Fayette,  Napoléon les prédisait à Saint-Hélène, Wojciech Jastrzebowski, Giuseppe Mazzini, Victor Hugo, Carlo Cattaneo, Bakounine, Edouard Herriot, Arthur Salter en ont parlé, Altiero Spinelli, Winston Churchill, Jean Monnet les ont voulus. Tous ont utilisé ces mots, à l’histoire, on le voit bien, controversée. Mais ils appartiennent à l’histoire de l’Europe. Ils signifient son unité future.

Aujourd’hui, en raison de l’existence d’Etats-Unis d’Amérique, ces mots signifient une puissance dont l’Europe a besoin, une démocratie à son échelle, qui vienne légitimer les pouvoirs communs, agents et mandataires du peuple européen, comme les démocraties nationales légitiment les pouvoirs des Etats, agents et mandataires de leurs peuples. Des Etats-Unis d’Europe seront une Union d’Etats comme l’Union européenne, mais ils sont aussi un Etat fondé sur une Constitution commune qui n’abolit pas les constitutions nationales.

Rien ne se cache derrière les Etats-Unis d’Europe ! Ils ne seront ce que les mots promettent que s’ils sont une démocratie exemplaire, représentative, ce que sont les Etats-Unis d’Amérique, mais aussi sociale : par l’unité, l’Europe pourra sauver son modèle ; mais aussi participative : nous en montrons la voie ; mais aussi, le cas échéant, directe : pour ratifier la Constitution elle-même et ses révisions ultérieures.

Propos recueillis par Samuel Faure aka Jamel de L’or

Membre des Cabris de l’Europe

4 Réponses pour “Bernard Barthalay: “Nous avons décidé de nous indigner publiquement et de refuser la division” (1/2)”

  1. [...] Retrouvez la première partie de l’entretien en cliquant ici. [...]

  2. [...] regulation plans in Italy are anything to crow about). There is the same mix of sceptics and federalists, with a healthy dose of be-careful-what-you-wish-for thrown in too. If we don’t get some sort [...]

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