Nick Clegg, vice-Premier ministre du Royaume-Uni, était de passage vendredi 8 juin 2011, à Paris. Les Cabris de l’Europe en ont profité pour l’interroger sur les enjeux européens, lors d’une rencontre au British Council.
Du haut de son mètre quatre vingt cinq, et vêtu de sa cravate violette, Nick Clegg était definitely so british. Quid, sur le fond ?
À la question, comment les accords conclus à l’automne 2010 entre le Royaume-Uni et la France dans le domaine de la défense peuvent-ils être vus autrement que comme un coup de couteau dans le dos de la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC) ?, Nick Clegg a répondu par la complémentarité des deux actions : la coopération bilatérale d’une part, la voie européenne d’autre part.
Pour le patron des LibDem, il est légitime que les deux principales puissances militaires, les « deux ingrédients essentiels » du continent européen renforcent leurs liens en la matière. Réponse « diplo » pas franchement convaincante mais qui avait le mérite d’être, comme la moitié des réponses de Clegg… en français.
À la deuxième question, alors l’ambiance dans le gouvernement britannique sur les enjeux européens (entre le Premier ministre conservateur David Cameron connu pour son euroscepticisme, et un vice-Premier ministre libéral Nick Clegg à l’europhilie affichée), funny ?, Nick Clegg a été d’un franc-parler étonnant, presque déconcertant pour votre serviteur qui a l’habitude de tièdes réponses de la part des dirigeants politiques français : « il y a une grande différence sur l’Europe entre David Cameron et moi ». Il a rappelé les deux traditions (antagonistes) sur cette question entre le conservateur nationaliste Cameron et le libéral europhile Clegg.
Alors, comment les deux hommes peuvent-ils trouver des positions communes sur les dossiers européens ? Le patron des LibDem a donné deux éléments de réponse : 1. Heureusement, il n’y a pas de conférence intergouvernementale (CIG) de prévue, pas de discussions institutionnelles intenses, 2. Le grand défi est économique, domaine sur lequel les conservateurs et les libéraux sont « sur la même ligne ».
Morale de l’histoire ? La crise permet de constater que les libéraux et les conservateurs britanniques se retrouvent sur l’essentiel : l’économie. Les enjeux européens sont relayés à un rôle de faire valoir, sans intérêt.
Jamel de L’or
Membre des Cabris de l’Europe












