Les mouvements tectoniques du bassin méditerranéen et du Moyen-Orient ne sont pas sans rappeler la période 1989-1992 en Europe centrale et orientale. Après le premier mouvement dans un pays clef (la Pologne ou la Tunisie), chaque société entre en ébullition et Bruxelles se demande bien ce qu’elle pourrait faire.
En 1989, Jacques Delors s’exprimait trois jours après la chute du Mur à la télévision allemande et il déclarait que « la Communauté européenne est le centre de gravité de l’histoire de l’Europe ». On connaît la suite et le rôle stabilisateur que la promesse de l’intégration européenne a joué dans la stabilisation des anciennes républiques populaires et dans une certaine mesure dans celle des anciennes républiques soviétiques.
Deux propositions ont alors été faites concernant les mutations en Europe centrale et orientale, l’une française et l’autre communautaire. La première s’incarnait dans ce que Mitterrand appelait « la Confédération européenne », c’est-à-dire l’idée de créer une fédération (qui deviendra l’UE) dans une confédération plus large. La seconde proposition fut de mettre en place un programme d’aide prioritaire et structurel pour la Pologne et la Hongrie (le programme PHARE), ensuite élargi aux autres pays de la région.
Ces deux projets peuvent-ils nourrir la réflexion vingt ans plus tard ? Tout d’abord, on remarquera que le projet d’Union pour la Méditerranée (UPM) ressemble étrangement au projet mitterrandien de Confédération européenne. Il a bien tenté de créer une fédération dans une confédération. Pour l’instant, les succès sont bien maigres, mais le bousculement démocratique dans la région devrait permettre de remettre le projet sur ses rails et d’aller plus loin. La Confédération était une main tendue dans une période d’incertitude comme celle que nous connaissons aujourd’hui. Et l’Europe semble garder un peu les mains dans les poches. Il convient de repenser rapidement les mécanismes de fonctionnement de l’UPM pour faire une proposition claire à ce voisinage en mutation.
Cette proposition devrait s’accompagner d’un programme ambitieux qui ressemblerait à PHARE dès que des interlocuteurs auront émergé des mouvements politiques aujourd’hui en lutte. Il est évident que les acteurs les plus démocratiques se sentiront soutenus par la promesse d’un programme structurel et d’un dialogue. Il reste à savoir qui du Président de la Commission européenne, de la Haute Représentante pour la politique étrangère ou du Président stable du Conseil européen est le mieux à même de travailler à cette proposition et de l’annoncer solennellement.
Une question reste à poser. Quelle est l’efficacité de cette « Union sans l’élargissement » ? Le programme PHARE n’a-t-il fonctionné que parce qu’il se doublait d’une promesse de devenir membre à part entière du club à moyen terme ? Seule l’expérience peut le démontrer. L’exemple ukrainien semble indiquer que tout n’est pas si simple, à la différence près qu’il n’y a pas de Russie au-delà du Sahara.
Philippe Perchoc
Docteur en science politique, Sciences Po
Enseignant (ATER) de science politique à l’Université Paris III Sorbonne Nouvelle













[...] supraestatal. Ashton fue elegida precisamente para garantizar que eso no pasara. Al Mediterráneo no se le va a ofrecer un programa de desarrollo tipo PHARE como el que se ofreció a Europa del Este. Y los ciudadanos hace rato que han exigido [...]