La France, le pays des manifestations et des grèves en tout genre ? Les institutions européennes, le lieu des salons feutrés où le compromis et le consensus sont les règles d’or ? Deux mythes tenaces qui pourraient voler en éclat… le temps d’une journée. Le 24 février, devant le Berlaymont, la majorité des syndicats appellent le personnel des institutions européennes à soutenir les droits des agents locaux en délégations de l’Union européenne (UE).
Qui sont ces « agents locaux » ?
L’Union européenne (UE) est représentée dans le monde entier par plus d’une centaine de délégations de l’UE[1]. Au sein de ces délégations, travaillent des fonctionnaires européens de catégorie A (ADM pour administrateur), B et C (AST pour assistant). Mais pas seulement.
Comme dans toute administration qui se respecte, il y a des contractuels : européens en central (à Bruxelles) et « locaux » en délégations. Des Chinois à la délégation de l’UE à Pékin, des Japonais à celle de Tokyo, des Américains à Washington DC, des Mexicains à Mexico, etc. Faut-il préciser que ces agents locaux ne dirigent pas les délégations mais font généralement les chambres, les repas, et le ménage.
Pourquoi les syndicats appellent-ils à la manifestation ?
Lors de la dernière modification du statut du personnel, la majorité syndicale a décroché qu’une base légale concernant l’établissement d’un système de sécurité sociale soit introduite pour les agents locaux.
Dans les faits, ce n’est toujours pas le cas. Selon les syndicats, les agents locaux qui travaillent toute leur carrière pour les institutions européennes, partent à la retraite sans couverture médicale, et avec, dans certains cas, une retraite principale de… 35 euros ( !). À côté, le fait que l’ajustement salarial n’ait pas été effectué passe pour une bagatelle.
Pour les syndicats, cette situation est intenable : la Commission européenne et le Service européenne pour l’action extérieure (SEAE) ne respectent pas la dignité humaine.
Par cette action, les syndicats espèrent convaincre les institutions européennes de transformer leurs promesses en actions. Comme pour toutes les manifestations, la question sera celle de la mobilisation : ras de marée ou pétard mouillé ? Réponse le 24 février.
Jamel de L’or
Membre des Cabris de l’Europe
[1] Les délégations de la Commission européenne se sont transformées en délégations de l’UE avec la ratification du traité de Lisbonne (2009). Si l’Union était un État, on parlerait d’Ambassades.












