ITER: Quand la fusion des atomes divise (2/2)

Vue de l'atomium, Bruxelles / Flickr, creative commons

Vue de l'atomium, Bruxelles / Flickr, creative commons

Cliquez ici pour lire la première partie de cet article.

ITER vaut-il la peine d’être financé ?

Les retards et le besoin supplémentaire de financement provoque des critiques, en particulier chez les écologistes .

Le projet rencontre une violente opposition des  anti-nuclaires qui critiquent, notamment, l‘origine nucléaire de l’énergie produite par fusion (l’adjectif s’applique en effet, mais la physique du phénomène reste totalement différente des centrales « nucléaires », à fission, actuelles). ITER est également critiqué comme utilisant des crédits qui pourraient être disponibles pour développer d’autres sources d’énergies.

ITER présente des avantages: la perspective d’une source d’énergie de remplacement aux centrales à fission (qui fournissent 75% de l’électricité en France) qui produirait beaucoup moins de déchets radioactifs n’est pas négligeable. Et les avancées technologiques associées dans les domaines des plasmas, des champs magnétiques, des nouveaux matériaux, … avec à la clef des emplois hautement technologiques, bénéficieraient à l’Union européenne, qui souhaite trouver un nouveau souffle dans le domaine de l’innovation technologique (lire ici et ici page 30).

Face à ces arguments « pour » ou « contre », on peut critiquer le choix de la Commission européenne qui apporte généreusement une rallonge budgétaire au projet sans demander aux partenaires de mettre également la main au porte-monnaie. On peut aussi remarquer qu’en temps d’austérité budgétaire, un projet comme ITER pourrait tourner au ralenti afin d’en continuer la construction, en évitant l’apport énorme de crédits nécessaire pour le maintenir en pleine activité. Enfin, cet épisode révèle que l’UE n’a pas de structure adaptée au financement de projets à long terme comme ITER (lire ici, page 5).

Comparativement aux enjeux stratégiques et technologiques du projet, ITER est pratiquement absent du débat politique. Ce serait une grave erreur que de l’abandonner pour des raisons purement budgétaires ou sur la base d’arguments qui ne reflètent pas la réalité scientifique du projet. De plus, ce serait courir le risque que les États-Unis, ou la Chine, ou d’autres développent la fusion sans l’Europe, ce qui contribuerait à creuser encore plus le déficit d’innovation de l’UE.

Greg Henning

Blogueur sur EU Weekly

Laisser une réponse

Retrouvez nous

   http://www.wikio.fr