En visite à Athènes, jeudi 27 janvier, le ministre français de l’intérieur, Brice Hortefeux, a défendu la construction d’un mur entre la Grèce et la Turquie pour répondre à la question de l’immigration clandestine : 200 clandestins tenteraient leur chance chaque jour selon Frontex. Faire de Brice Hortefeux un bouc-émissaire serait contre-productif, le considérer comme l’un des portes drapeaux de la droite conservatrice qui gouverne une majorité écrasante d’États européens et l’Union européenne est un rappel réaliste et nécessaire.
Construire l’Europe forteresse
Les discours font vivre la politique et participent à la construire. Certains d’entre eux sont des chefs d’œuvre, d’autres des horreurs. Dans cette seconde catégorie, Brice Hortefeux, toujours et actuel Ministre de l’intérieur malgré ses multiples condamnations (racisme, présomption d’innocence – que des « petits délits »), est, force est de le reconnaître, en haut de l’affiche.
Cet été, il s’était fait remarquer à Bruxelles avec les Rroms, priés de rentrer chez eux. Cet hiver, poursuivant son travail de sape, il vient d’apporter son soutien au projet du gouvernement grec visant à ériger un mur en Grèce pour stopper l’immigration clandestine venue de Turquie : « Les mesures qui sont engagées, dès lors qu’il ne s’agit pas de restaurer le mur de Berlin, vont dans le bon sens et nous les soutenons ». Mais oui Brice, c’est bien connu, plus c’est gros et mieux ça passe. L’idée est sûrement appréciée rue de la Boétie, au siège de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) où l’arrivée de Marine Le Pen à la tête du Front national (FN) pose électoralement problème à 14 mois des élections présidentielles.
Malmström + ONU vs Hortefeux
Toutefois, cette idée de mur n’est pas partagée par la commissaire aux Affaires intérieures, la suédoise Cecilia Malmström (pour celles et ceux qui se poseraient la question, Cecilia n’est pas une horrible gauchiste révolutionnaire mais une honorable libérale) pour qui : « Les murs ou les grillages sont des mesures à court terme qui ne permettent pas de s’attaquer de manière structurelle à la question de l’immigration clandestine ».
L’Organisation des nations unies (ONU) a également condamné cette proposition qui est présentée comme une « solution technique ».
Hortefeux, Wauquiez, Sarkozy, même combat !
Solution sur laquelle le Ministre des Affaires européennes, le jeune et fringant Laurent Wauquiez ne s’est pas prononcé, malgré son soutien à la politique de lutte contre l’immigration du gouvernement grec. Comprendre : « Je suis moins bête/courageux que mon collègue Brice, mais on pense tout pareil ».
Il serait d’ailleurs trop facile de dire : c’est la faute à Brice, le gros méchant ! Et de considérer que ses collègues sont blancs comme neige. Non, les Cabris de l’Europe ne sombreront pas à la trop facile ficelle du bouc émissaire. D’ailleurs si l’on en croit L’Express, soutenir la construction de ce mur, est une position… de la France : Hortefeux, Wauquiez, Sarkozy, même combat !
Après Grenoble et Athènes, what else ?
Après le « fameux » discours de Grenoble, il y aura le « fameux » discours d’Athènes. Médiocrité politique qui ne fait que confirmer une position politique au mieux conservatrice, au pire rétrograde où les murs remplacent les frontières dans l’espace le plus libéral du monde qu’est l’Europe.
Difficile dans ces conditions de ne pas avoir envie de s’exclamer : « Quand j’entends le mot Hortefeux, je sors mon revolver ! » Le revolver républicain et démocrate qu’est la liberté d’expression, bien sûr. Servons en nous, abusons en !
En attendant, les quatorze prochains mois vont être bigrement loin…
Jamel de L’or
Membre des Cabris de l’Europe













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