Des Bulles Carrées ne répond plus


Vers l’infini et au-delà

Je ne vais pas y aller par quatre chemins: Des Bulles Carrées, c’est terminé. Oui, c’est le moment où vous lancez des “By Jove”, des “Saperlipopette” ou des “Par Toutatis”. C’est la vie, c’est comme ça. Parfois les bulles de BD – même si elles sont carrées comme les oeufs de Picsou – explosent en vol comme si elles étaient de savon.

Tout à une fin, et je dois avouer qu’en écrivant ces quelques lignes, je suis un peu nostalgique. Cette histoire d’amour a duré trois ans, il paraît que c’est déjà pas mal. Et puis on sait tous que les histoires d’amour finissent mal en général. Merci à Slate.fr de m’avoir donné cet espace, merci à vous lecteurs de m’avoir envoyé tant de commentaires sympathiques et d’être, pour certains, devenus des fidèles.

Mais si ce blog disparaît, moi je reste bien vivante! Ce ne sera pas le Grand Rien. Vous pourrez retrouver parfois mes chroniques sur le site de Slate.fr, mais aussi plus ponctuellement pour L’Imparfaite (j’y parle sexualité et BD), Snatch ou encore Beaux-Arts magazine. Et ailleurs, si on me propose.

Si j’étais parfois bavarde dans mes chroniques, je me sens affreusement maladroite pour dire au revoir. Je vous ai donc fait une petite sélection de papiers pour essayer d’embrasser ce que j’ai tenté de faire avec ce blog en trois ans et 179 articles. Et puis, voilà, basta.

Faire résonner l’actualité et la BD

Le principe fondateur de ce blog était de mettre en résonance l’actualité et la BD. Tous les matins en allumant la radio ou en ouvrant un journal, des informations très diverses m’ont fait penser, d’une façon ou d’une autre, au neuvième art. Ainsi le conflit en Libye m’évoquait Buck Danny ou encore les différents styles de BD de guerre. Je me suis demandée qui Tintin soutiendrait pendant le Printemps arabe alors que Fukushima rappelle immanquablement la culture de la catastrophe dans les mangas.

Quand Breivik massacre des innocents en Norvège, c’est Bilal qui me vient à l’esprit. Quand l’ennemi public s’appelle H1N1, j’entends le N14 de Tintin. Quand DSK commet les frasques que l’on sait un hôtel new-yorkais, je sais malheureusement que la BD a popularisé le fantasme de la femme de chambre. Parfois, je l’avoue, j’ai frôlé le mauvais goût. Après le crash du Rio-Paris, je me suis dit qu’en BD, les accidents d’avion sont rarement mortels. Ou que le neuvième art regorgeait d’idées pour cacher des cadavres mieux que Dupont-de-Ligonnès.

I <3 Astérix

Les plus fidèles auront remarqué certaines constances au fil de mes articles. J’ai ainsi convoqué moult fois Astérix pour décrypter l’actualité, que ce soit pour analyser le duel Copé-Fillon, pour parler des Jeux Olympiques ou du tournoi des 6 nations ou encore pour évoquer la crise du logement. Est-ce vraiment étonnant? Astérix, même si les derniers albums sont mauvais, est une des séries les plus marquantes de l’histoire de la BD n’en déplaise à Éric Le Boucher.

D’autres séries m’ont été aussi très utiles, comme Tintin bien sûr, mais aussi Picsou –une saga de l’Amerique moderne. Sans oublier les conseils politiques de Babar, évidemment.

(Blast, Manuel Larcenet)

Mine de rien, en parlant des Etats-Unis, j’ai eu souvent l’occasion d’aborder la question des supers-héros. Personnages symboles de valeurs et d’une certaine culture, ils ont été au cours de ces trois dernières années souvent au coeur de polémiques. Entre le Batman français qui est musulman, Superman qui arrête d’être journaliste et devient un hipster new-yorkais, ça n’a pas arrêté. Heureusement, nos super-héros français, eux, restent bien constants.

Mais le blog Des Bulles Carrées était aussi parsemé de coups de coeur pour des auteurs et des albums. Je vous invite à (re)lire mon Top 50 des meilleurs BD de la décennie, mes chroniques mensuelles sur les dernières sorties et les innombrables papiers sur des ouvrages en particulier. Si je ne souhaite pas que la BD entre à l’Académie, je considère que c’est un art vivant, ambitieux et créatif.  So long!

 

 

Laureline Karaboudjan

 

PS:  J’en profite pour saluer mes camarades de Plat du Pied, qui arrêtent aussi.

lire le billet