
Lundi matin, pour la première fois dans l’histoire de la presse, trois grands journaux d’envergure mondiale, le New York Times, le Guardian et Der Spiegel, ont fait leur une sur une information venue du web, et fournie par des tiers. L’information? La confirmation chiffrée que la guerre en Afghanistan est un conflit sale, chargé en victimes collatérales et en couacs logistiques. Et que le public dispose désormais — ou à terme — 91.000 documents classifiés pour en attester. Qui sont ces tiers? WikiLeaks, une organisation incolore et apatride qui vient officiellement de devenir la première entreprise de presse à géométrie variable.
Un peu partout, et notamment en France (même si nos journaux se sont contentés d’un entrefilet), on disserte avec admiration sur cette grenade à fragmentation jetée à la face de l’administration américaine. Mais dans le dithyrambe, on entend des voix dissonantes. Certains, et pas forcément des moindres, freinent des quatre fers. L’information, à leurs yeux, revient à dire que la guerre, c’est moche. Les tiers? WikiLeaks, une coquille vide, une zone grise entre activisme et journalisme.

Comment le web change la donnée

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