Mini-aliments: “facteur mignon” ou individualisme?

Mini-lasagnes, mini-tourtes au poulet, mini-gratins de macaronis au fromage… Michaeleen Doucleff s’étonne, sur Npr, d’assister aux Etats-Unis au développement de la miniaturisation des plats. L’idée serait venue de Pinterest, où l’on peut trouver des recettes de mini-sandwichs, mini-tacos et autres mets minuscules… A cuisiner le plus souvent dans des moules à cupcakes.

Alors d’où vient cette fascination pour les plats miniaturisés? Est-ce simplement une nouvelle tendance «food», une adaptation de la mode du cupcake? Ou est-ce que cela correspond, plus profondément, à un besoin d’individualiser tout? Précisons que nous avons eu des tendances similaires en France: verrines, ou plats cuisinés dans des mini-cocottes par exemple…

Alice Julier, directrice des études sur l’alimentation à l’Université de Chatham, n’est pas d’accord avec l’argument individualiste. Pour elle, le désir de réduire les plats appréciés en portions individuelles imprègne le paysage gastronomique mondial…  A l’image des tapas ou des boîtes à bento par exemple.

Elle explique que «les Japonais font ça avec la nourriture depuis toujours. Ils font de la miniaturisation et de l’individualisation à l’extrême. Ils vendent des fraises individuellement emballées et certains ont des cuisines-jouets pour fabriquer des mini-donuts et pizzas, avec des ustensiles de lilliputiens».

Tout cela ajouterait un peu de créativité, de fun et de jeu dans la cuisine de tout les jours… «Les Américains se sentent déconnectés avec leur nourriture. Cela leur redonne un certain contrôle sur la forme des aliments» précise Alice Julier.

Mais cela n’explique pas la réponse émotionnelle que nous avons (enfin, pas tous!) en voyant une mini-pizza ou une bouchée de lasagnes: «Oh, comme c’est adorable!». Nathalie Angier, abordant le sujet dans le New York Times il y a quelques années, parlait du «facteur mignon». Les humains seraient codés pour répondre positivement aux signes qui rappellent l’état de nouveau-né. Les mini-plats, mais aussi les chatons ou les bébés pandas…

Enfin, ce mouvement de miniaturisation des plats permettrait aux consommateurs de manger des mets riches sans trop culpabiliser, puisque ce sont des parts minuscules… Sauf que bien sûr, on a tendance à se resservir plus de petites portions.

Photo: mini tacos/  ginnerobot via FlickrCC License by

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Lucie de la Héronnière