Agriculture bio: les semences de la désobéissance

La réglementation du commerce des semences favorise une agriculture productiviste et gorgée de pesticides. Inadaptée aux enjeux sanitaires et environnementaux, et de plus en plus restrictive, elle finira par pousser les paysans qui veulent «cultiver la biodiversité» à désobéir.

Mauvaise graine

Clé de voûte de l’agriculture, la semence est le tout premier maillon de la chaîne alimentaire. La contrôler, c’est régner sur l’ensemble de la filière agricole et pouvoir jongler avec les marchés de la fertilisation, des produits chimiques et des équipements. Les cadors de l’agroalimentaire l’ont bien compris. Et pour s’assurer que l’agriculture conventionnelle prospère, ils se sont dotés d’un outil imparable: la loi.

En France, seules les variétés inscrites au Catalogue officiel des espèces et variétés peuvent être échangées, gratuitement ou non, en vue de cultures commerciales. Géré par le Gnis (Groupement national interprofessionnel des semences), le Catalogue a été créé en 1932 pour remettre de l’ordre sur ce marché alors désorganisé. Variétés différentes vendues sous le même nom ou variétés identiques aux appellations variables… Il était nécessaire de clarifier l’offre et d’assurer l’identité de la semence achetée par l’utilisateur.

Au fil des ans, le Catalogue est devenu une pomme de discorde entre les semenciers et les paysans non conventionnels. Pour ces derniers, il n’aurait servi qu’à évincer les variétés paysannes traditionnelles, inadaptées aux cultures intensives, à la mécanisation et aux pesticides. Freinant par ailleurs l’essor de l’agriculture biologique, dont les semences sont fréquemment éliminées par les critères DHS (distinction/homogénéité/stabilité), auxquels elles doivent répondre pour être inscrites et commercialisées légalement.

Selon Guy Kastler, membre de la Confédération paysanne, «une semence industrielle, homogène et stable, ne peut pas s’adapter aux différents territoires sans produits chimiques, contrairement aux semences paysannes, parfaites pour l’agriculture biologique». Pour le ministère de l’Agriculture, le problème ne vient pas des critères du Catalogue, mais du marché morcelé de l’agriculture bio, et des difficultés à rentabiliser son développement.

Gratin de pesticides

«Alors que la France possédait la plus forte diversité de fruits au monde il y a quelques décennies, seulement cinq variétés de pommes sont commercialisées dans l’Hexagone aujourd’hui. Celles qui résistaient naturellement aux aléas climatiques et aux insectes ont été éliminées. Pourtant fragile, la fameuse Golden a été imposée sur le marché. Réclamant une trentaine de pesticides par an, elle représentait une manne financière pour les grands groupes de l’agrochimie», dixit l’ingénieur agronome Claude Bourguignon dans le film de Coline Serreau Solutions locales pour un désordre global.

Gâteaux, produits à base de céréales, légumes et fruits frais ou en conserve… Les pesticides sont présents dans tout ce que nous mangeons, ou presque. Car le Catalogue compte essentiellement des semences «standardisées», destinées aux cultures conventionnelles.

Ces nouvelles variétés, issues de croisements industriels accélérés ou de manipulations génétiques, ne donnent les résultats escomptés que sous intrants chimiques. Une partie croissante d’entre elles est même de type «hybride F1»: des semences non reproductibles, qui offrent de bons rendements la première année tout en produisant des plants identiques (parfaits pour la mécanisation), gorgés d’engrais chimiques et de faible qualité nutritionnelle. En France, les F1 concernent surtout le maïs et le tournesol. On les trouve aussi chez la majorité des espèces potagères, comme la tomate.

Parce qu’ils sont homogènes, stables et productifs, tous ces nouveaux standards répondent parfaitement aux critères du Catalogue, lesquels n’ont quasiment pas évolué en 80 ans. Ce qui n’est pas le cas des semences paysannes (sélectionnées et multipliées dans les champs des paysans). «Celles-ci ne sont pas toujours homogènes visuellement, surtout lorsqu’il s’agit de “populations végétales” qui mélangent plusieurs lignées génétiques», explique Jacques Caplat, de l’association Agir pour l’environnement.

«Et trop rares sont les semenciers motivés pour travailler sur les semences bio, car l’activité n’est pas rentable, en particulier pour les céréales: pour être inscrite au Catalogue, la variété candidate doit avoir un rendement supérieur, ou au moins équivalent, aux quatre premières variétés de sa catégorie. C’est ce qu’impose notamment l’épreuve de VAT (valeur agronomique et technologique). Et puisque les tests sont effectués sous béquilles chimiques, les semences bio sont forcément moins productives.»

Les acteurs de l’AB (Itab, Inra, Fnab, etc.) ont bataillé pour obtenir des protocoles plus adaptés à la création variétale en agriculture biologique. Et parce que cette mise au point agronomique demande d’importants moyens humains et financiers, elle n’est dans les faits possible que dans le cadre d’un programme de recherches.

Ainsi, l’Inra et lItab, avec le soutien de l’État et de la filière, viennent de sortir deux nouvelles variétés de blés bios. Douze ans d’expérimentation ont été nécessaires pour les sélectionner et les adapter aux épreuves de l’agriculture biologique. Ils répondent par ailleurs aux critères DHS du Catalogue. D’ici l’automne 2013, ils intégreront le circuit de la consommation, pour la fabrication du pain notamment.

Pour François Burgaud, directeur des relations extérieures du Gnis, «n’importe quel paysan peut créer et inscrire sa semence au Catalogue. Il n’y a pas de lobby semencier et le marché n’est pas captif, contrairement à ce que l’on peut entendre». Effectivement, n’importe qui peut enregistrer une semence, à conditions de débourser quelques milliers d’euros. A titre d’exemple, l’inscription des blés susdits a coûté pas moins de 15.000 €. Un montant qui disqualifie les petits producteurs… Alors que ce sont eux, qui généralement, se battent pour préserver la biodiversité et la qualité de nos aliments.

Désobéir pour mieux manger

L’évincement des variétés paysannes, anciennes ou modernes, s’est traduit par une perte extraordinaire de la diversité: 80% des légumes cultivés il y a cinquante ans ont disparu d’après Réseau semences paysannes.

Afin de protéger les espèces menacées d’érosion génétique, le Gnis a établi un registre de conservation. Enfin un vivier pour les agriculteurs biologiques? Pas tellement, car l’obligation de standardiser la variété est maintenue et son utilisation est zonée et quantifiée. Impossible donc de développer une activité commerciale digne de ce nom si la surface de la récolte est limitée. Impossible aussi de choisir sa semence, puisqu’elle est régionalisée.

Bon nombre d’agriculteurs, les petits exploitants notamment, revendiquent leur droit à faire de la sélection, de la recherche, de conserver des variétés non inscrites ou encore de s’échanger des semences. Et ce, malgré les quelques contrôles visant à les intimider.

Guy Kastler précise:

«C’est la commercialisation des semences non inscrites qui est proscrite. Un paysan peut vendre une récolte à partir de la semence de son choix. Concernant. l’échange de graines, il est interdit en théorie mais pratiqué dans les faits. Heureusement, car c’est la meilleure manière de produire des aliments sains: cela permet une meilleure adaptation locale, sans recourir aux produits chimiques.»

Jusqu’alors tolérée, cette façon d’agir est en danger depuis l’adoption de la loi sur les obtentions végétales: un article demande au gouvernement de réglementer la sélection, la production et tous les échanges de semences en durcissant les contrôles. L’étau se resserre autour des agriculteurs, qui devront bientôt désobéir pour conserver leur savoir-faire.

Anny Poursinoff, députée EELV des Yvelines, s’insurge de ce système monopolistique:

«L’intérêt des semenciers est d’uniformiser les semences en les simplifiant génétiquement, pour les cultiver en grande quantité. La santé des consommateurs, la préservation des sols,. de l’eau et la condition des paysans ne sont pas pris en compte.»

L’anti-loi de la nature

Les semences de fermes sont les graines récoltées à partir des créations standardisées de l’industrie, mais multipliées chez l’agriculteur. Elles contiennent moins de produits chimiques. Or, la loi sur les obtentions végétales votée le 28 novembre dernier restreint cette pratique, en la conditionnant au paiement d’une taxe, pour une vingtaine d’espèces agricoles et en l’interdisant pour les autres, dont tous les légumes.

Avant cela, les paysans ressemaient chaque année sans forcément régler leur dû aux semenciers obtenteurs, car il n’existait aucun outil juridique. Le texte voté à l’Assemblée nationale les obligera à payer. Pour Thierry Lazaro, député UMP du Nord, «Ces royalties rémunèreront la recherche privée, sans laquelle nous perdrions notre compétitivité sur le marché mondial de la semence».

Un avis que ne partage pas Michel Géray, porte-parole de la CNDSF (Coordination nationale pour la défense des semences de ferme), «ce texte est un carcan juridique pour dissuader de ressemer. A terme, les agriculteurs seront tentés par l’achat de semences hybrides non reproductibles. La loi est une fois de plus du côté des semenciers».

Même si le ministère de l’Agriculture prévoit de réduire de 50 % l’usage des pesticides dans les dix prochaines années (projet Ecophyto 2018), les agriculteurs, pour s’y retrouver financièrement, viseront le rendement, et la culture intensive se renforcera. Ce qui va à l’encontre d’une agriculture durable. Et d’une alimentation saine.

Julie Snasli

26 commentaires pour “Agriculture bio: les semences de la désobéissance”

  1. […] jQuery("#errors*").hide(); window.location= data.themeInternalUrl; } }); } blog.slate.fr – Today, 6:22 […]

  2. Article un peu approximatif, gloubi-boulga journalistique typique…Un petit cours de génétique et de pathologie des plantes ne serait pas inutile.
    -Les hybrides F1 sont un progrés agronomique puisqu’ils permettent de meilleurs rendements et de meilleurs résistance aux maladies…Les agriculteurs qui les utilisent ne s’y trompent pas puisqu’ils ont le choix de ne pas en acheter.
    – les hybrides F1 et les OGM ne sont pas incompatibles avec une agriculture “dite bio” au contraire, puisqu’ils permettent de réduire les pesticides.
    – Les semences véhiculent des pathogènes variés, le circuit traditionnel de production inclut des contrôles sanitaires obligatoires, qui ont un coût. Une circulation sans contrôle, même si elle apparaît sympathique, conduira probablement à la recrudescence des maladies.
    – S’il faut 12 ans a l’INRA (2000 chercheurs) pour sortir deux blès “dit bio”, c’est que la génétique des plantes c’est assez compliqué…
    – “Chimique” ne veut rien dire, tout, absolument tout, est chimique…

  3. Je suis moi même paysan en bio.

    Rastapopoulos, je ne suis pas d’accord, tout dépend du cadre envisagé.

    – Les F1 sont certes un progrès uniquement en terme de rendement. Par contre, inutile de ressemer leur descendance car elle sera hétérogène… Cela ne donnera pas la même chose. Il faut donc racheter les semences F1 tous les ans.

    – Les F1 sont compatible avec la bio, pas les OGM, interdites au cahier des charges. MAis même si c’était autorisé, pas d’OGM dans mes champs.

    – La plupart des OGM ne réduisent pas les pesticides, puisque soit elles en fabriquent, soit on en épand et elles leur résistent…

    – Les pathogènes et maladies sont effectivement partout. La solution est de cultiver plusieurs variétés de la même espèce (biodiversité) car si une variété est malade, les autres ne le seront pas.

    – Concernant les deux blés bio, ce ne sont pas les mêmes techniques ni les mêmes critères de sélection qui sont employés. Les objectifs (rendements, rusticité, résistance, vigueur) ne sont pas non plus les mêmes. C’est là que se justifie, parce qu’il n’y a pas de béquille chimique. Les contrôles sanitaires sont moins coûteux que les engrais et produits phyto.

    – Quand on parle de chimique, on parle des produits de sythèse issus du gaz et du pétrole, interdits en bio.

    – Le terme organique convient mieux que le bio.

    Cela rectifié, ce que disent Claude et Lydia Bourguignon est vrai!

  4. Parfaitement d’accord avec Rastapopoulos: parfait exemple d’information et de désinformation. Voulue ou non de la part du journaliste, comme son propre commentaire:
    – OGM pas incompatible avec une agriculture bio alors que son utilisation est interdite par le cahier des charges de l’AB) …
    – Laissons donc le temps (ET DES MOYENS INDEPENDANTS) aux scientifiques de juger de l’innocuité des OGM pour la santé humaine et l’environnement.
    – Tout est chimie, et à l’intérieur de ce grand tout, il existe tout ce qui est synthétisé par l’homme: peut-on oser parler de produits de synthèse (sous entendu synthétisés par des processus mis en oeuvre par l’homme) ?
    Je vous vois arriver me dire que la culture du blé est un processus mis en oeuvre par l’homme… Merci d’aider au débat! :)

  5. “”-Les hybrides F1 sont un progrés agronomique puisqu’ils permettent de meilleurs rendements et de meilleurs résistance aux maladies…Les agriculteurs qui les utilisent ne s’y trompent pas puisqu’ils ont le choix de ne pas en acheter.””
    Tu crois qu’ils faisaient comment les agriculteurs avant? Qu’aucune récolte ne pouvait avoir lieu car tout était tué par des maladies et des ravageurs? Surement pas, ce qu’explique l’article c’est qu’une variété issue d’une biodiversité, s’adapte très bien et qu’il y a un équilibre naturel qui se créer au fil du temps. D’où l’intérêt d’avoir des semences paysannes et local…

    “”- les hybrides F1 et les OGM ne sont pas incompatibles avec une agriculture “dite bio” au contraire, puisqu’ils permettent de réduire les pesticides.””
    Là, excuse moi, mais on pourrait demander le retrait de cette partie de ton commentaire pour énorme mensonge. C’est exactement le contraire, pour les hybride F, c’est expliqué au-dessus. Pour les OGM, peut-être qu’un jour se sera le cas, mais aujourd’hui ils sont fait de tel manière à résister à des pesticides/insecticides/herbicides, comme ça, la plante n’est pas atteinte par les produits chimique. Bref, les semenciers, très liés au gros groupe fournisseur de produits chimique, font le beurre et l’argent du beurre, le système parfait pour eux.

    “”- Les semences véhiculent des pathogènes variés, le circuit traditionnel de production inclut des contrôles sanitaires obligatoires, qui ont un coût. Une circulation sans contrôle, même si elle apparaît sympathique, conduira probablement à la recrudescence des maladies””
    Jamais entendu parler de ça, aucune connaissance à ce sujet, en tout cas, la recrudescence des maladies pourrait dificilement être au niveau de tout les cancer, Alzheimer, Parkinson et autres pathologie engendré par les pesticides depuis 50 ans

    “”– S’il faut 12 ans a l’INRA (2000 chercheurs) pour sortir deux blès “dit bio”, c’est que la génétique des plantes c’est assez compliqué…””
    J’avais étudié le délai moyen d’obtention de mise en circulation des semences, ça tourne en moyenne à 2 ans (à vrai dire, dans mon souvenir, c’est 18 mois, les semences sont donc toutes testé 2 fois, mais il doit bien y avoir 6 mois de paperasse)

    “”- “Chimique” ne veut rien dire, tout, absolument tout, est chimique…””
    Produit chimique, Molécule, ce sont des termes utilisé régulièrement par les agriculteurs et ceux qui vendent ces même molécules, de toute évidence, tu as des connaissances, mais pas en agriculture, laisser un message comme cela sur un article de cet envergure, ça ressemble beaucoup à de la propagande…

  6. Bon, l’aspect le plus faux de cet article est qu’il laisse croire que TOUTES les semences mis au point et distribués par les agro-industries contiennent des produits chimiques (de synthèse). C’est tout simplement faux et archi-faux. Le reste de l’article est assez convaincant mais cette erreur fait chuter toute l’argumentation…

  7. “la variété candidate doit avoir un rendement supérieur, ou au moins équivalent, aux quatre premières variétés de sa catégorie” Non, la VAT est indicative pour le client, ce qui compte c’est que la variété soit différente. Si vous annoncez que votre variété “maintient le taux de protéine dans le blé même en carence d’azote” vous pouvez l’inscrire. L’Inra l’a fait pour plusieurs variétés spécialement sélectionnée pour l’AB.

    http://agriobtentions.fr/information/semez-bio

    “L’intérêt des semenciers est d’uniformiser les semences en les simplifiant génétiquement, pour les cultiver en grande quantité” C’est vraiment n’importe quoi, les semenciers cherchent au contraire à avoir des ressources génétiques les plus larges possible pour avoir une gamme de variété très étendu et qui correspond à un maximum de besoin, que ce soit au niveau du rendement, de la résistances aux maladies ou à la qualité du produit. Il existe plus de 2000 variétés de maïs disponible pour l’Europe contre une vingtaine au début du siècle.

    “Les semences de fermes sont les graines récoltées à partir des créations standardisées de l’industrie, mais multipliées chez l’agriculteur. Elles contiennent moins de produits chimiques. ” Franchement vous avez étudié le sujet? On peut avaler des couleuvres mais là j’hésite en démagogie et diffamation. Les semences commerciales ou de ferme n’ont aucune différence entre terme de “contenance de produit chimique”, si les agriculteurs veulent les traiter, le font à la ferme, soit eux même, soit avec un presta.

    “prévoit de réduire de 50 % l’usage des pesticides dans les dix prochaines années ” Seule des variétés modernes ultra performantes permettront d’y arriver sans diviser la production agricole par 3.

    Article lamentable.

  8. “S’il faut 12 ans a l’INRA (2000 chercheurs) pour sortir deux blès “dit bio”, c’est que la génétique des plantes c’est assez compliqué…” Il faut une bonne dizaine d’année pour sortir une variété de céréale, bio ou pas bio. La négation du travail des sélectionneur par les écogistes entraine ce genre de remarque qui prouvent leurs incompétences totales qu’ils exhibent avec suffisance.

  9. “ne peut pas s’adapter aux différents territoires sans produits chimiques” Tout les tests effectués par l’Inra ou Arvalis depuis 40 ans montrent que les variétés modernes sont plus efficaces que les variétés traditionnelles, et que cette écart est encore plus flagrant en situation sans traitement ni engrais chimique où seule la génétique compte. Vigueur, résistances aux maladies, qualités de produits, résistance aux aléas climatiques, les variétés traditionnelles se font laminer. Raconter que les variétés modernes ont besoin de traitement est un mensonge aussi fréquent que grossier.

  10. On se demande ce qui a pris à Slate.fr de publier un tel tissu d’âneries et de contre-vérités qui relèvent de l’obscurantisme le plus moyenâgeux (et encore, c’est faire injure au Moyen-âge !). Serait-ce parce qu’elles sont à la mode ?

  11. yop95 : L’article met en avant l’enfermement législatif que doivent faire face des agriculteurs voulant utiliser des semences hors catalogue, ou ne voulant pas payer pour ré-semencer une récolte. Cela est vrai : cultiver la biodiversité est trop souvent non autorisé, quand il n’est pas illégal.
    Je me permets de reprendre certains commentaires, se rapprochant de la désinformation digne de certains lobbies.

    Karg : “ne peut pas s’adapter aux différents territoires sans produits chimiques” Tout les tests effectués par l’Inra ou Arvalis depuis 40 ans montrent que les variétés modernes sont plus efficaces que les variétés traditionnelles, et que cette écart est encore plus flagrant en situation sans traitement ni engrais chimique où seule la génétique compte. Vigueur, résistances aux maladies, qualités de produits, résistance aux aléas climatiques, les variétés traditionnelles se font laminer.

    yop95 : Bravo, vous venez d’expliquer les conditions pour être une nouvelle variété inscrite (hors fruit/potager) : rendement, etc. Tout cela mène au profit, et non à la responsabilisation de la consommation des produits liés à l’agriculture.
    Votre notion d'”efficace” ici se rapproche du terme “profit financier”.

    Karg : Raconter que les variétés modernes ont besoin de traitement est un mensonge aussi fréquent que grossier.

    C’est vous qui mentez : toute variété a besoin d’un traitement : eau, lumière, gaz et autres nutriments. Le jour où une plante poussera dans le vide de l’espace, vous nous appelez. Une plante possède un besoin en nutriment dont l’optimal diffère pour chaque génétique, et diffère encore suivant son phénotype. Allez savoir pourquoi la plupart des fabricants de semences produisent également ces traitements, qui correspondent évidemment à la variété qu’ils proposent. Où est l’indépendance et la neutralité de la technique mise en œuvre ici ?

    Karg : “S’il faut 12 ans a l’INRA (2000 chercheurs) pour sortir deux blès “dit bio”, c’est que la génétique des plantes c’est assez compliqué…” Il faut une bonne dizaine d’année pour sortir une variété de céréale, bio ou pas bio. La négation du travail des sélectionneur par les écogistes entraine ce genre de remarque qui prouvent leurs incompétences totales qu’ils exhibent avec suffisance.

    yop95 : J’aimerai avoir la source de ce dénigrement ? Personne ne peut dénigrer qu’un travail sérieux de breeding se compte en années, voire en dizaine d’années. Personnellement, le grief entendu de ces écologistes était surtout : sélection par l’homme égale moins de diversité génétique. Paroxysme atteint en établissant un “catalogue” des variétés “autorisées”.

    Karg : “la variété candidate doit avoir un rendement supérieur, ou au moins équivalent, aux quatre premières variétés de sa catégorie” Non, la VAT est indicative pour le client, ce qui compte c’est que la variété soit différente. Si vous annoncez que votre variété “maintient le taux de protéine dans le blé même en carence d’azote” vous pouvez l’inscrire. L’Inra l’a fait pour plusieurs variétés spécialement sélectionnée pour l’AB.
    http://agriobtentions.fr/information/semez-bio

    yop95 : Déjà, quel rapport entre la citation et votre lien ? Pointez plutôt les conditions d’inscription, notamment le test VAT. (Le site du GEVES n’est pas très parlant, ainsi : http://www.plantdepommedeterre.org/pages/catalogu.htm) Le test existe pour démontrer un progrès agronomique et/ou technologique. Il est requis pour certaines espèces agricoles mais pas pour les espèces fruitières et potagères. Et à voir après la candidature, qui, comment et pourquoi décide-t-on ou non de l’inscription au catalogue ? Le test DHS est lui obligatoire pour toute espèce : dites moi en quoi homogénéité et stabilité peuvent être garant de diversité ?

    Karg : “L’intérêt des semenciers est d’uniformiser les semences en les simplifiant génétiquement, pour les cultiver en grande quantité” C’est vraiment n’importe quoi, les semenciers cherchent au contraire à avoir des ressources génétiques les plus larges possible pour avoir une gamme de variété très étendu et qui correspond à un maximum de besoin, que ce soit au niveau du rendement, de la résistances aux maladies ou à la qualité du produit.

    yop95 : aucun semencier ne vous dira combien sa collection compte d’espèces “pures”, encore moins lesquelles sont toujours viables. Je ne vais pas vous apprendre le travail du breeding, mais avant de réaliser les croisements, il convient de “purifier” les caractères d’une plante, afin d’en sortir les caractères dominants. Cela afin de mieux maîtriser la progéniture. Donc oui, le travail de breeding est souvent à l’opposé de la diversité génétique. Encore une fois, les caractères fixés par l’homme sont d’une facilité et inconséquence affligeante.

    Karg : Il existe plus de 2000 variétés de maïs disponible pour l’Europe contre une vingtaine au début du siècle.

    yop95 : Quel rapport ? Si je prend la récolte d’un F1 stable et homogène, disons 5000 graines, que je les traite à la colchicine (supposons que toutes sont viables) et les stabilise, 5000 variétés sont crées. Que cela soit clair : il peut exister autant de variétés que de génotypes dans l’espèce. Ainsi, limiter les variétés considère de choisir que telle ou telle espèce a le droit d’exister ou non. C’est une aberration pour la diversité génétique. Dans le langage de l’homme, on appelle ça l’épuration, et dans notre histoire, elle s’est faite en jugeant certains traits en pensant à raison. Et de quel droit pouvons-nous juger des bons traits ou des mauvais ? Qui assumera les impacts négatifs des choix faits ?

    Karg : “Les semences de fermes sont les graines récoltées à partir des créations standardisées de l’industrie, mais multipliées chez l’agriculteur. Elles contiennent moins de produits chimiques. ” Franchement vous avez étudié le sujet? On peut avaler des couleuvres mais là j’hésite en démagogie et diffamation. Les semences commerciales ou de ferme n’ont aucune différence entre terme de “contenance de produit chimique”, si les agriculteurs veulent les traiter, le font à la ferme, soit eux même, soit avec un presta.

    yop95 : citez moi un breeder industriel qui n’a jamais utilisé de produits chimiques pour produire une variété… Par produits chimiques, on entend tout amendement non naturellement présent dans le sol ou l’air. Pour information, la reproduction naturelle n’utilise que les fertilisants utilisés sur les parents. Cependant l’article utilise un raccourci : l’empreinte “produits chimiques” produite par les graines “de fermes”, si elles sont issues directement de graines de l’industrie, ont donc la même empreinte.

    Karg : “prévoit de réduire de 50 % l’usage des pesticides dans les dix prochaines années ” Seule des variétés modernes ultra performantes permettront d’y arriver sans diviser la production agricole par 3.

    yop95 : des procédés comme la jachère n’ont pas attendu la sélection génétique et le breeding moderne pour améliorer la productivité des récoltes. La production intensive n’est pas l’unique solution… Quant à savoir si l’usage des pesticides est raisonné, et l’impact effectif d’une diminution de 50%… J’aimerais avoir votre boule de cristal, même mathématiquement on arrive à une production divisée par 2.

    Du coup je me permets de qualifier votre commentaire comme vous avez fait avec cet article : commentaires lamentables de désinformation et de démagogie.

    rastapopoulos : les hybrides F1 sont un progrés agronomique puisqu’ils permettent de meilleurs rendements et de meilleurs résistance aux maladies…

    yop95 : définissez la notion de progrès SVP, je suis sûr qu’elle est très subjective, et à un côté financier relativement important. Votre définition d’hybride F1 me permet de vous demander également de revoir vos cours de génétique. A part l’effet d’hétérosis, un hybride F1 n’est pas un progrès : il représente l’expression des caractères dominants des parents sélectionnés (via les allèles des gamètes). C’est uniquement grâce à la sélection des parents qu’il peut représenter un progrès.

    rastapopoulos : Les agriculteurs qui les utilisent ne s’y trompent pas puisqu’ils ont le choix de ne pas en acheter.

    yop95 : donnez moi le ratio de variétés F1 de ceux non-F1 pour chaque espèce. Je ne pense pas que le résultat puisse être considéré comme un choix. Vous oubliez également le lobbying très agressif des semenciers auprès des agriculteurs.

    rastapopoulos : les hybrides F1 et les OGM ne sont pas incompatibles avec une agriculture “dite bio” au contraire, puisqu’ils permettent de réduire les pesticides.

    yop95 : depuis quand l’agrictulture bio se limite à l’utilisation d’une volumétrie de pesticide ? Un bon vieu purin d’orties pour amender le sol n’est pas bio ? Le problème sont les pesticides non naturels, minéraux ou synthétiques, non bio dégradables, et j’en passe. Certains pesticides comprennent même des agents mutagènes. Un hybride F1 de semencier industriel sera très souvent limité pour la reproduction (physiquement ou non : stérilité des graines, contrat…).
    Quant aux OGM, ils ne sont qu’une sélection dont un caractère est fixé génétiquement par l’homme. Quels sont les critères, les impacts, etc. ? On n’en sait rien, c’est la même irresponsabilité affligeante que l’on retrouve.

    rastapopoulos : S’il faut 12 ans a l’INRA (2000 chercheurs) pour sortir deux blès “dit bio”, c’est que la génétique des plantes c’est assez compliqué…

    yop95 : raccourci affligeant. Par exemple, qui dit que l’INRA n’a pas sorti d’autres variétés bio mais qui ont été rejetées car ne remplissent pas les critères pour l’inscription au catalogue ? Oui, la génétique est compliquée, et non, ce n’est pas l’unique raison pour expliquer l’appauvrissement de la diversité génétique.

  12. Alors que la France possédait la plus forte diversité de fruits au monde il y a quelques décennies, seulement cinq variétés de pommes sont commercialisées dans l’Hexagone aujourd’hui, dixit l’inénarrable Claude Bourguignon.

    Allez, de tête, quelques variétés que je trouve fréquemment chez mon marchand de primeurs habituel ; Golden Delicious, Golden Rosée, Granny Smith, Belle de Boskoop, Chanteclerc, Canada blanche, Canada grise, Fuji, Jonagold, Reine des Reinettes, Reinette du Mans, Fuji, Royal Gala…Soit 13 variétés.

    Encotre une fois, Bourguignon raconte n’importe quoi, et pas un seul journaliste pour aller vérifier ces dires.
    Comme pour la fameuse fable qu’il nous ressort en permanence (et notamment dans le calamiteux film de Coline Serreau), qu’il serait le seul spécialiste des sols en France, et qu’il n’y a plus aucune chaire publique d’étude des sols en France, même à l’INRA.

    Alors qu’il suffit de taper sur Google “INRA sol” pour tomber, en deuxième position sur la liste sur le lien qui mène à l’Unité de Recherche Science du Sol de l’INRA d’Orléans.

    Par conséquent, tout article qui donne la parole à ce charlatan doit être sérieusement mis en doute

  13. http://danactu-resistance.over-blog.com/article-liberation-des-semences-kokopelli-vers-la-victoire-devant-la-cour-de-justice-de-l-ue-97514078.html

  14. Bravo pour ce formidable article, très clair et qui a le mérite de résumer une situation agronomique et juridique très complexe.
    Merci pour l’esprit critique du journaliste, qu’apparemment les commentateurs précédents n’ont pas.

    La liberté de produire ses semences, adaptées à chaque terroir et chaque mode de production, sera la seule garante de la souveraineté alimentaire de nous, consommateurs, et de l’autonomie du paysan.
    Pauvre monde que celui des F1 et OGM !

  15. yop95 : Bravo, vous venez d’expliquer les conditions pour être une nouvelle variété inscrite (hors fruit/potager) : rendement, etc. Tout cela mène au profit, et non à la responsabilisation de la consommation des produits liés à l’agriculture.
    Votre notion d’”efficace” ici se rapproche du terme “profit financier”.

    => Vous avez vu des catalogues de semences? Pourquoi la résistance aux maladies est le critère matraqué dans la com? Pour deux raisons: c’est un facteur de rendement en soit et les traitements sont très couteux. Parfois certaines maladies peuvent complètement détruire la récolte. C’est souvent le cas en pomme de terre bio avec le mildiou.

    ” Allez savoir pourquoi la plupart des fabricants de semences produisent également ces traitements, qui correspondent évidemment à la variété qu’ils proposent. Où est l’indépendance et la neutralité de la technique mise en œuvre ici ?”

    => Votre ignorance et votre mauvaise foi ne vous permet pas d’admettre un fait simple: la résistance aux maladies est un facteur de rendement critique. Un commercial qui se pointe avec une variété très productive mais fragile ne la vendra pas. Les variétés du catalogue sont noté sur leurs
    résistances aux maladies les plus courantes.

    http://secobra.com/Produits.php?type=1

    yop95 : J’aimerai avoir la source de ce dénigrement ? Personne ne peut dénigrer qu’un travail sérieux de breeding se compte en années, voire en dizaine d’années.

    “Personnellement, le grief entendu de ces écologistes était surtout : sélection par l’homme égale moins de diversité génétique. Paroxysme atteint en établissant un “catalogue” des variétés “autorisées”.”

    => Ce qui est faux c’est croire que l’agriculture permet une sélection naturelle des plantes. Dans un champ la génétique se réduit inexorablement. De tout temps les paysans ont échangés des semences pour réduire la consanguinité. Un champ n’est pas un milieu naturel, les plantes cultivées ne sont pas des végétaux sauvage soumis à la loi de l’évolution. Ce sont des organismes détournées de leur fonction biologique, incapable de survivre sans l’intervention de l’Homme. Les variétés créés par les sélectionneurs sont plus riche en génétique que les quelques variétés disponibles dans l’ancien temps.

    “yop95 : Déjà, quel rapport entre la citation et votre lien ? Pointez plutôt les conditions d’inscription, notamment le test VAT. (Le site du GEVES n’est pas très parlant, ainsi : http://www.plantdepommedeterre.org/pages/catalogu.htm) Le test existe pour démontrer un progrès agronomique et/ou technologique. Il est requis pour certaines espèces agricoles mais pas pour les espèces fruitières et potagères. Et à voir après la candidature, qui, comment et pourquoi décide-t-on ou non de l’inscription au catalogue ? Le test DHS est lui obligatoire pour toute espèce : dites moi en quoi homogénéité et stabilité peuvent être garant de diversité ?”

    Le test VAT est tout à fait adapté aux semences AB: les agriculteurs bio ont des demandes particulières et les variétés proposés doivent répondre à leur besoin. La DHS est obligatoire pour éviter la tromperie sur la marchandise. La DHS garantie les caractères d’une variété et sa conservation. La diversité vient du grand nombre de variétés disponibles et qui sont maintenu isolé. La suppression de la DHS aurait plusieurs effets:

    – concentration du marché des semences: seuls les gros semenciers seraient capable d’entretenir la confiance des agriculteurs
    – perte de qualité des semences: moindre rendement, plus de maladie

    “yop95 : aucun semencier ne vous dira combien sa collection compte d’espèces “pures”, encore moins lesquelles sont toujours viables. Je ne vais pas vous apprendre le travail du breeding, mais avant de réaliser les croisements, il convient de “purifier” les caractères d’une plante, afin d’en sortir les caractères dominants. Cela afin de mieux maîtriser la progéniture. Donc oui, le travail de breeding est souvent à l’opposé de la diversité génétique. Encore une fois, les caractères fixés par l’homme sont d’une facilité et inconséquence affligeante.”

    => Breeding? Vous parlez de la fixation des lignés? Ca se dit Inbreeding ou autocroisement. La plupart des plantes cultivés sont des lignés: quasiment tout les céréales à pailles, le colza etc. Et je ne parle pas des arbres fruitiers qui sont des clones et des chimères. Vous avez entendu parlez de germplast? Les lignés sont issus des croisement du germplast. Les semenciers ont des banques génétiques de milliers voir de dizaine de milliers de variétés qu’ils combinent les uns aux autres. Les lignés ne sont qu’un outil pour la multiplication.

    “yop95 : Quel rapport ? Si je prend la récolte d’un F1 stable et homogène, disons 5000 graines, que je les traite à la colchicine (supposons que toutes sont viables) et les stabilise, 5000 variétés sont crées. Que cela soit clair : il peut exister autant de variétés que de génotypes dans l’espèce. Ainsi, limiter les variétés considère de choisir que telle ou telle espèce a le droit d’exister ou non. C’est une aberration pour la diversité génétique. Dans le langage de l’homme, on appelle ça l’épuration, et dans notre histoire, elle s’est faite en jugeant certains traits en pensant à raison. Et de quel droit pouvons-nous juger des bons traits ou des mauvais ? Qui assumera les impacts négatifs des choix faits ?”

    => Non vous obtiendrais n’importe quoi. La sélection des plantes consistent à créer un grand nombre de combinaison génétiques nouvelles et ensuite de conserver les meilleurs.

    Les Hybrides sont utilisés en sélection pour deux raisons:
    – créer des nouvelles lignés, on croise alors des lignés du même pool génétique.
    – évaluer l’aptitude des lignées à produire des hybrides: les nouvelles lignés sont testés avec des géniteurs de référence ou nouveau, issu d’un pool génétique complémentaire, les hybrides obtenus sont évalués.

    La sélection des plantes, une forme d’épuration ethnique? Bonne idée de parler de la colchicine, vous avez une idée de l’origine du blé? C’est une fusion de trois espèces, seul cette toxine à permis de reproduire le phénomène. Le blé est contre nature?

    “yop95 : citez moi un breeder industriel qui n’a jamais utilisé de produits chimiques pour produire une variété… Par produits chimiques, on entend tout amendement non naturellement présent dans le sol ou l’air. Pour information, la reproduction naturelle n’utilise que les fertilisants utilisés sur les parents. Cependant l’article utilise un raccourci : l’empreinte “produits chimiques” produite par les graines “de fermes”, si elles sont issues directement de graines de l’industrie, ont donc la même empreinte.”

    => Pur trollage sans sens ni intérêt. Vous n’avez manifestement aucun connaissance en biologie ou en génétique.

    “yop95 : des procédés comme la jachère n’ont pas attendu la sélection génétique et le breeding moderne pour améliorer la productivité des récoltes. La production intensive n’est pas l’unique solution… Quant à savoir si l’usage des pesticides est raisonné, et l’impact effectif d’une diminution de 50%… J’aimerais avoir votre boule de cristal, même mathématiquement on arrive à une production divisée par 2.”

    => La jachère n’améliore pas forcément le rendement, seul une rotation efficace le permet. Une jachère ne fait que concentrer la production sur une année.
    La réduction des pesticides est un sujet trop complexe pour les estimations à la louche et les calculs de coin de table. Chaque système agricole est unique, certain pourrons encaisser -50% sans problème (surtout ceux qui surconsomme, pour des raisons aussi trivial que la dureté de l’eau qu’ils utilisent pour les bouillies de traitement), d’autre, notamment la vigne et l’arboriculture (en bio ils traitent avec du cuivre stérilisant le sol et du neem interdit car perturbateur endocrinien), sont incapable d’encaisser cet effort.

    “yop95 : définissez la notion de progrès SVP, je suis sûr qu’elle est très subjective, et à un côté financier relativement important. Votre définition d’hybride F1 me permet de vous demander également de revoir vos cours de génétique. A part l’effet d’hétérosis, un hybride F1 n’est pas un progrès : il représente l’expression des caractères dominants des parents sélectionnés (via les allèles des gamètes). C’est uniquement grâce à la sélection des parents qu’il peut représenter un progrès.”

    => Produire plus est un progrès. Si vous êtes contre la croissance, contre l’enrichissement, admettez le. Il serait temps que les écologistes fassent leur outing: vous êtes anti développement, anti science et anti croissance.

    “yop95 : donnez moi le ratio de variétés F1 de ceux non-F1 pour chaque espèce. Je ne pense pas que le résultat puisse être considéré comme un choix. Vous oubliez également le lobbying très agressif des semenciers auprès des agriculteurs.”

    => Blé 3%, en colza 27%, le développement du semis de précision à faible densité (ce qui permet de désherber mécaniquement par exemple) favorise les hybrides. Tournesol et Maïs quasiment 100%, ces plantes hétérogames supportent très mal l’inbreeding.

    “yop95 : depuis quand l’agrictulture bio se limite à l’utilisation d’une volumétrie de pesticide ? Un bon vieu purin d’orties pour amender le sol n’est pas bio ? Le problème sont les pesticides non naturels, minéraux ou synthétiques, non bio dégradables, et j’en passe. Certains pesticides comprennent même des agents mutagènes. Un hybride F1 de semencier industriel sera très souvent limité pour la reproduction (physiquement ou non : stérilité des graines, contrat…).”

    => pourquoi utiliser le cuivre en AB? Le neem terratogène, perturbateur endocrinien?

    “Quant aux OGM, ils ne sont qu’une sélection dont un caractère est fixé génétiquement par l’homme. Quels sont les critères, les impacts, etc. ? On n’en sait rien, c’est la même irresponsabilité affligeante que l’on retrouve.”

    =>Des milliers de publications existent sur le sujet, nier l’existence d’un consensus sur l’absence de danger sanitaire et écologique est là encore une marque de mauvaise foi ou de stupidité.

    http://gmopundit.blogspot.com/2007/06/150-published-safety-assessments-on-gm.html

    ” yop95 : raccourci affligeant. Par exemple, qui dit que l’INRA n’a pas sorti d’autres variétés bio mais qui ont été rejetées car ne remplissent pas les critères pour l’inscription au catalogue ? Oui, la génétique est compliquée, et non, ce n’est pas l’unique raison pour expliquer l’appauvrissement de la diversité génétique.”

    => Avant de troller, vous pouvez vous renseigner? L’INRA est un établissement publique et ils seront ravis de vous répondre. Sortir une variété prend du temps et de l’argent. Et je peux vous garantir que la Station de Maugio par exemple travaille bien sur la sélection du blé dur adapté au “bio” et aux itinéraires à faible intrant, surtout d’azote. Ils font pour cela de la sélection tout à fait classique, avec croisement pour créer de la variabilité à partir de ressource génétique les plus variées possibles puis fixation des caractères et évaluation des lignés élites en placette.

  16. OMG ! Slate, je vous aime, mais là, vous n’êtes pas sérieux de laisser sortir un papier comme celui-ci… pour ses erreurs agronomiques, de génétique végétale et d’interprétation des lois. Au moins. C’est un sujet déjà beaucoup trop instrumentalisé pour prendre le risque de conduire votre lectorat vers plus de désinformation. Et il y a d’autres façons plus rigoureuses de lancer le débat, qui lui est tout à fait souhaitable. Julie Snasli, je vous invite cordialement à diversifier vos sources et à objectiver votre analyse. Votre culture et celle de vos lecteurs n’en seront que meilleures.

  17. […] Selon Guy Kastler, membre de la Confédération paysanne, «une semence industrielle, homogène et stable, ne peut pas s’adapter aux différents territoires (…) Lire la suite sur Slate.fr […]

  18. Article lamentable d’un côté ! Commentaires calomnieux de l’autre ! Tout cela commence bien et je félicite la journaliste de proposer quelque chose qui donne à penser. Je ne suis ni semencier, ni paysan mais un citoyen qui se démêle lui-même avec ses propres contradictions. Cet article enflamme les “spécialistes”. Il nous montre bien, et même très bien et heureusement avec ses “lacunes” que les “mauvaises graines” sont partout et qu’elles cherchent toutes à défendre la “bonne” graine. D’un côté un semencier et son progrès agronomique, de l’autre un paysan bio qui évoque sa méfiance légitime des lobbies. J’avoue avoir un faible pour “yop95” qui sait reprendre tranquillement les choses.
    Et si finalement c’était le consommateur citoyen qui se chargeait de faire la pluie et le beau temps ? Je crois que “l’air du temps” va plutôt dans le bon sens. Il souffle sa graine du côté de la qualité, du développement durable mais aussi du respect de la planète. J’achète ma baguette tous les jours mais dans la meilleure boulangerie de ma ville, là où le boulanger me respecte.

  19. […] Agriculture bio: les semences de la désobéissance (slate)  […]

  20. Selon Karg, seules des variétés modernes ultra performantes permettront de réduire de 50 % l’usage des pesticides dans les dix prochaines années sans diviser la production agricole par 3.
    Croire que seule l’agriculture conventionnelle, autrement dit les semences modernes, peut nourrir l’humanité est un mythe. Olivier De Schutter, rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation démontre dans son rapport “Agroécologie et droit à l’alimentation” que l’agriculture biologique peut doubler la production alimentaire dans de nombreuses régions du monde. Cela, en réduisant la pauvreté rurale et en préservant l’environnement.
    L’avenir n’est sûrement pas dans la culture pétro-chimique, la pollution des sols, l’appauvrissement du savoir-faire paysan et l’augmentation des cancers, dont le lien avec cette agriculture “moderne” n’est plus à démontrer. Les techniques biologiques ont donné des résultats impressionnants pour de nombreux chantiers initiés dans des paysanneries asiatiques, africaines et sud-américaines.

    Concernant la Golden et les propos de Claude Bourguignon. Certes, cet expert en microbiologie des sols, et ancien collaborateur de l’Inra, joue parfois la carte de la provocation. Mais quand bien même ce chiffre “5” serait quelque peu exagéré, bien que vérifié dans beaucoup de supermarchés, il n’est pas loin de la réalité. La Golden a été imposée sur le marché, malgré sa faible résistance. Cherchez l’intérêt…

    La sphère semencière dit avoir augmenté le nombre des variétés. En quantité oui. En terme de diversité, sûrement pas. Car ces variétés modernes se ressemblent tellement que certaines ne se distinguent que par quelques gènes de résistance à une maladie.
    C’est la diversité qui doit être cultivée et non le nombre. Et ce n’est pas seulement en conservant des variétés paysannes ex-situ (dans des banques de semences) qu’on pourra les protéger durablement.

    Quant au soi-disant choix qu’ont les paysans entre acheter ou pas un hybride F1… autant dire que la marge de manœuvre est réduite, et qu’elle ne cesse de diminuer. Quelques chiffres sur la tomate ? En 1973, le Catalogue tomate inscrivait les premiers hybrides. En 1979, on en comptait 51 contre 36 non hybrides. En 2005, 12 non hybrides contre 393 hybrides. Entre 1979 et 2005 : perte de 76 % des variétés de tomates inscrites en 1965, toutes non hybrides. Et la proportion des hybrides F1 ne cesse d’augmenter. S’agissant des grandes cultures, comme le maïs et le tournesol, ce ne sont pas moins de 90 % des variétés inscrites au Catalogue qui sont hybrides F1. On a connu mieux en terme de choix…

    Mon article n’affirme pas que toutes les semences contiennent des produits chimiques. Il est dit que les semences standard ne donnent les résultats escomptés – le rendement notamment – que sous intrants chimiques. Pour rappel, le rendement est un argument de vente élémentaire pour les semenciers.

  21. Oui, seul les semences avec une génétique moderne peuvent assurer des rendements performants avec des besoins en pesticides faible. Faire du blé à 8 quintaux comme en France avant les années 50, il n’y a pas besoin de traiter, faire 70 quintaux de moyenne avec des variétés anciennes, c’est surnaturelle en terme de béquille chimique.

    L’agro-écologie n’a rien à avoir avec la tentation réactionnaire sur les semences paysannes, on peut faire de l’agro écologie avec des semences modernes. On peut même faire du bio avec des semences modernes, c’est ce que font l’immense majorité des agriculteurs bio.

    Tout ce blabla biobiosite est inacceptable, l’augmentation des cancers est un mythe (http://www.larecherche.fr/content/recherche/article?id=15531), si on supprime le tabac la mortalité par cancer en occident a régressé depuis 50 ans. Il est plus important de manger beaucoup de fruit et légume pas cher que se payer du bio de temps en temps, toute les études épidémio qui soutiennent la consommation de fruit et légume montrent que les productions conventionnelles sont bonne pour la santé.

    L’agriculteur perd son savoir faire? Franchement vous ignorez totalement le métier d’agriculteur, c’est une marque de mépris lamentable.

    Des bons résultats avec des techniques biologiques? On parle de quoi, d’essais en conditions de laboratoire? On peut faire du maïs “bio” à 130 quintaux, mais c’est des cas particuliers. Quand on regarde les chiffres, l’AB produit 2 à 4 fois moins, sans parler des années blanches. L’Humanité retomberai dans l’insécurité alimentaire généralisé, c’est le brillant avenir que vous souhaitez?

    Au sujet des pommes, c’est le consommateur et les distributeurs qui décide. C’est très difficile de faire rentrer des nouvelles variétés de pomme dans le circuit. Bourgignon, c’est une lame à double tranchant, il est capable de dire des choses vrais (sur les dégats labour par exemple) tout en balançant des chiffres farfelus dans la minute qui suit (“on gagne 0.3 point de matière organique par année de semis direct”, ce chiffre peut être divisé par 3).

    Sur quelle critères vous affirmez que les variétés modernes sont proches les unes des autres? Vous avez vu un essai variété? Je peux vous indiquer la position de deux essais, ça vous intéresse? Un petit passage sur le terrain vous permettra de comprendre que les variétés mises sur le marché sont très différente les unes des autres.

    Pourquoi critiquer les hybrides? C’est plus performant, point barre, en maïs et tournesol le rendement est double, à fertilisation et traitement égal. Vous ressemer vos graines de tomates? de courgette? de cornichon? Vous n’avez qu’a faire vos hybrides à la maison, une petite cage en filet, une boite à bourdon ou un pinceau, et hop des milliers de graines potagères hybrides. Il suffit de fixer vos lignés et les conserver à part.

    Ne donne pas les rendements escomptés sans produits chimiques? C’est quoi le rendement escomptés? Il n’y a aucun publicité mensongère, il faut fertilisé et traité si besoin. Pourquoi cet haine du rendement? C’est un facteur de richesse, produire plus. Vous voulez quoi, la pauvreté pour tous?

  22. Précision, ce que je voulais par: “– S’il faut 12 ans a l’INRA (2000 chercheurs) pour sortir deux blès “dit bio”, c’est que la génétique des plantes c’est assez compliqué…”
    C’est que la création des nouvelles variétés qui conservent leur rendement, tout en résistant bien aux pathogènes et en utilisant moins d’intrants (ce que tout le monde souhaite) ne se fera pas sans un investissement important en recherche (génomique, physiologie, agronomie etc…) aussi bien publique que privée.
    Ces progrès nécessiteront sans doute l’exploitation de la variabilité génétique présente dans les espèces sauvages, partiellement perdue lors du goulot d’étranglement de la domestication, ainsi que l’utilisation de la variabilité au delà de l’espèce, permise par la transformation génétique. Il ne s’agit donc pas du tout de nier la nécessité de diversifier les ressources, bien au contraire.
    Il est donc peu probable que la production “artisanale” de semences paysannes puisse apporter un progrès significatif.

  23. “Il est donc peu probable que la production “artisanale” de semences paysannes puisse apporter un progrès significatif.” Ce serait même une formidable bond en arrière, avec le retour des maladies du passé et des rendements du passé. Le blé bio produit en moyenne 25 quintaux par ha en utilisant des variété moderne, adapté au bio ou réputé efficace en AB. Si on retourne aux semences paysannes, les rendements seront divisé par 3. Sans parler de l’usage intensif du travail du sol en AB, la charrue aura raison de nos sols: à l’époque de l’Empire Romain les rendements étaient proche de 25 quintaux en France, ils sont tombés à 8 quintaux à la fin de l’Ancien Régime. Ce phénomène s’explique par l’épuisement des sols et par la dégradation de la génétique des semences paysannes.

    Avec les céréales à paille, l’agriculteur ne peut pas faire de sélection pour maintenir la qualité de ses semences, il ne passe pas des journées dans les champs pour ramasser les 200 à 300 kg de grain par ha qu’il a besoin pour ses semailles. Il sème donc un mélange tout venant, qui s’appauvrit progressivement: une année froide fait disparaitre les individus sensibles au froid, une année sèche les sensibles au sec. Le problème c’est que les autres gènes intéressants que ces individus possédaient sont eux aussi irrémédiablement perdus. D’où l’appauvrissement génétique inévitable.

    @rastapopoulos: vous parlez de l’introduction de gène de variante sauvage, ça été fait avec de la colchicine sur le blé, les plantes sauvages ont été retrouvé et des lignés de blé néosélectionné ont été mise au point par un chercheur de l’Inra. Ca lui a prit 20 ans mais ces lignées et leurs descendants sont dans tout les programmes de sélection depuis les années 70.

    La question de la transgenèse est intéressante, la pomme de terre Fortuna, résistante au mildiou à l’aide de gène de pomme de terre sauvage, est la seule alternative biologique au cuivre. L’AB acceptera elle la disparation de la culture de la pomme de terre, l’utilisation de la chimie ou d’un gène d’une plante apparenté?

  24. Mot pour Astre noir

    Le débat est bien difficile, inutile de le polluer par des attaques grossières contre Claude Bourguignon. Heureusement qu’il nous a seccoué en viticulture…et puis il a raison de souligner l’ absence d’ enseignants chercheurs en agronomie dans les ENSA, et on pourrait aller plus loin,sur la carrence en agronomie dans l’ enseignement agricole, et la lente redécouverte de la vie du sol souvent par la base, contre les marchands d’engrais et les chambres.Pourquoi le nier ?

    Je ne rentre pas dans le machiavélisme du bon paysan qui fait la bonne semance…je suis paysan depuis quelques générations…

  25. “la lente redécouverte de la vie du sol souvent par la base, contre les marchands d’engrais et les chambres” Cette phrase serait crédible si vous n’aviez pas oubliez les fabricants d’outils de travail du sol, notamment les charrues. L’agriculture est un milieu conservateur, y voir un complot chimico-chambre d’agriesque, c’est vraiment un abus de pensée. La charrue est utilisé depuis 5000 ans, c’est difficile de faire comprendre qu’il faut arrêter.

  26. http://www.inra.fr/les_partenariats/collaborations_et_partenaires/entreprises/en_direct_des_labos/melkior

    Un exemple concret de progrès génétique réduisant le besoin en pesticide tout en permettant de produire autant voir plus.

« »