Faites la “Food Revolution”!

La Fondation Jamie Oliver lance la première édition du Food Revolution Day. Le 19 Mai, on va se mobiliser dans 45 pays du monde «pour une alimentation saine, joyeuse et durable».

Jamie Oliver, c’est le super médiatique chef anglais qui a publié plusieurs chouettes bouquins de cuisine et possède des restaurants à Londres et dans d’autres villes britanniques. Il est aussi militant pour le «bien manger», en partant du principe que l’obésité est causée par une alimentation industrielle trop riche. La fondation qui porte son nom a été créée pour promouvoir une alimentation équilibrée, par l’éducation au goût, l’apprentissage de la cuisine et le développement de l’utilisation d’aliments frais, à la maison, à l’école et dans les entreprises.

Jamie a donc imaginé dans son cerveau bouillonnant un événement international pour partager les bienfaits d’une «alimentation différente», «adopter une vraie philosophie de vie positive et poser un regard neuf sur nos habitudes alimentaires». Edouard Morhange, organisateur du Food Revolution Day en France, explique que “c’est une étape supplémentaire dans ce combat pour se réapproprier l’alimentation et lutter contre des maux qui tuent beaucoup dans nos sociétés”. Pour lui, “si on veut lutter contre la tendance à réchauffer des plats industriels tout prêts, l’éducation alimentaire à l’école est primordiale. Si on apprenait une dizaine de recettes à chaque enfant, les bénéfices sur la santé seraient énormes…”.

En quoi consiste cette journée du 19 mai? Il s’agit justement de nombreuses actions pour «promouvoir, éduquer et valoriser tous ceux qui se battent pour une alimentation plus saine». On pourra donc assister à des évènements de sensibilisation aux risques d’une mauvaise alimentation et de conseils en matière de choix alimentaires. Concrètement, il y aura des cours de cuisine, des visites de marchés de producteurs, des rencontres avec des acteurs de l’alimentation…

Sur la page Facebook et le site du Food Revolution Day,vous pouvez consulter les évènements qui auront lieu près de chez vous. En France les actions sont surtout à Paris, mais l’équipe espère susciter de l’enthousiasme pour pouvoir étendre plus largement l’évènement l’année prochaine. Par exemple, les parisiens pourront tenter un blind test organoleptique (en comparant les produits fermiers avec ceux issus de la grande distribution) à la Bellevilloise, un “pique-nique eat-in” (avec des petits plats frais et faits maison!) aux Buttes Chaumont, ou encore une visite des Jardins du Ruisseau

Chacun peut aussi monter un “dîner”, en s’engageant à acheter des produits frais, à les cuisiner et à partager un repas avec des amis, ce qui peut être l’occasion de se réunir autour d’une table et de valeurs. Et éventuellement de discuter de nouveaux projets de circuits courts, de jardins partagés…

Edouard Morhange précise qu’il y a de nombreuses initiatives (chaque organisateur est libre du format qu’il préfère) dépendant des pays, du mode de vie et des besoins des gens: “les idées partent de la base. On n’impose pas un modèle unique d’évènement”. Et cela parce que l’alimentation est “une préoccupation de citoyen, et pas seulement de consommateur”.

Lucie de la Héronnière

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Les trois quarts des aliments jetés sont encore mangeables

Un français jette 20 kg de déchets alimentaires par an, dont 7 kg de produits non consommés et encore emballés. Mais 75% des aliments jetés à la poubelle parce qu’ils dépassent la date de péremption seraient encore consommables pendant au moins deux semaines. L’Express Style explique que «les dates limites de péremption favorisent le gaspillage, d’après un rapport livré le 3 mai 2012 par l’Alliance des consommateurs suisses».

L’organisme suisse a effectué un test sur la durée de vie des aliments, pour vérifier si ce qu’on jetait était vraiment mauvais ou dangereux: en gros, ils ont mangé de la charcuterie, des desserts et des produits laitiers (achetés dans plusieurs supermarchés) après la date de péremption. Et il s’avère que la plupart sont encore consommables quelques semaines après le jour fatidique.

Sur les douze aliments testés, tous étaient encore comestibles et sans danger pour la santé deux semaines après la date de péremption.  Pour les trois quarts, le goût n’était pas altéré. Au bout de trois semaines, les 12 aliments étaient encore comestibles sans risque, mais cinq avaient une saveur «désagréable»…

Alors comme “le consommateur actuel est plus pressé et moins attentif. Il ne comprend pas bien les dates de consommation, estime mal ses besoins, achète de manière compulsive, ou encore gère mal son stock”, on se retrouve avec des tonnes d’aliments encore bons à la poubelle.

L’Alliance des consommateurs suisses conclut que «le comportement des consommateurs face aux produits dont la date est échue devraient certes être prudent mais pas drastique au point de jeter des aliments périmés sans les avoir examinés ou goûtés». Alors «l’Alliance demande aux producteurs d’appliquer des critères uniformes et scientifiquement fondés pour établir les dates; quant aux autorités de contrôle, elles devraient porter une attention plus soutenue à cette question».

A l’échelle de la planète, un tiers des aliments produits pour la consommation humaine est perdu ou gaspillé. Ces pertes concernent environ 1,3 milliards de tonnes de denrées alimentaires par an. Alors pour moins jeter d’aliments consommables, on peut essayer de distinguer les nuances de la réglementation française à ce sujet: la DLC (Date limite de consommation), une limite impérative pour les aliments susceptibles de devenir dangereux après une courte période (viande par exemple) est différente de la DLUO (Date limite d’utilisation optimale) qui veut dire «à consommer de préférence avant le…». Le produit peut éventuellement perdre un peu de son goût ou de sa texture originale, mais sans pour autant devenir un danger. Et ne mérite donc pas d’atterrir directement à la poubelle sans avoir au moins été goûté…

Photo: bin signs/ Ben Cumming via FlickCC License by

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Les régimes restrictifs “commerciaux” ne sont pas efficaces à long terme

L’étude NutriNet-Santé, initiée il y a 3 ans, étudie les comportements alimentaires et les relations entre nutrition et santé chez des volontaires recrutés sur le web. Aujourd’hui, 223 000 «Nutrinautes» (mais l’appel aux nouveaux venus continue, pour atteindre l’objectif d’une cohorte de 500 000 sujets!) remplissent chaque mois un questionnaire sur leur alimentation, leur activité physique, leur poids, leur taille, leur état de santé ou sur divers déterminants du comportement alimentaire. Tout est examiné et analysé par une équipe dirigée par le Pr Serge Hercberg. Pour lui, il s’agit d’une «recherche citoyenne».

Ces données ont notamment permis de tirer des conclusions sur l’efficacité des régimes amincissants. D’abord, 2 femmes sur 3 et 1 homme sur 2 souhaiteraient peser moins. Et même chez les sujets de poids tout à fait normal, 58% des femmes et 27% des hommes aimeraient diminuer leur poids.

Alors 76% des femmes et 45% des hommes qui se trouvent trop gros(se)s ont fait au moins un régime au cours de leur vie. Le régime étant ici défini au sens large comme «toute modification volontaire des pratiques alimentaires dans le but de perdre du poids, et ce quelle que soit la durée ou le type de cette modification, qu’elle soit de l’initiative des sujets ou prescrite par un professionnel de santé»... Pour la moitié des sujets, l’objectif est de se sentir mieux dans son corps… La raison esthétique joue pour 12,4% des personnes interrogées. Pour 11,8%, c’est parce que le surpoids peut entraîner des problèmes de santé.

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Obama est prié de ne pas manger de burgers en public

Le svelte président des Etats-Unis s’est plusieurs fois laissé photographié pendant qu’il mangeait un repas s’apparentant à de la junk food… Le Physician Committee for Responsible Medicine (PCRM, un Comité de Médecins américains pour une médecine plus responsable, basé à Washington), demande officiellement au Président Obama d’arrêter de se montrer en public en train d’ingurgiter des burgers, frites et autres hot-dogs.

Ces médecins prévoient de lancer une pétition le 10 mai appelant à “un décret interdisant les séances de photos officielles qui montrent le Président, sa famille, le Vice-Président et les Membres du Cabinet du Président consommant des aliments malsains et transformés qui peuvent causer cancer et obésité” .

Sur leur site, les médecins du PCRM expliquent que “depuis sa prise de fonction, le president Obama a posé devant les appareils photos entre autres en train de manger un hot-dog à un match de basket avec David Cameron, en train de manger des cheeseburgers avec le russe Dmitri Medvedev, ou encore s’arrêtant dans un fast-food pour partager un burger avec un journaliste. Ses prédécesseurs, comme Bill Clinton, George W. Bush ou Ronald Reagan ont aussi été photographiés dégustant de la junk food, de la crème glacée ou un Big Mac.”

Pour le PCRM, ces photos de présidents sont plus médiatisées que les messages nutritionnels, et contribuent donc à l’ignorance dans ce domaine.  Les médecins de l’association pensent aussi que ces séances photos, souvent organisées dans des restaurants, sont une bonne pub pour certains produits. Par exemple, Barack Obama aurait donné un coup de pouce publicitaire aux chaînes Five Guys Burger and fries en s’y arrêtant à Washington en 2009…

Selon USA Today, le docteur Susan Levin, directrice du Comité pour la thématique de l’éducation à la nutrition, déclare que “la Maison Blanche ne montrerait jamais la photo d’un Président avec une cigarette, alors pourquoi peut-on le montrer en train de manger des choses qui causent le cancer?”. Elle ajoute: “Hot-dogs, hamburgers et de nombreux autres aliments malsains tuent chaque année plus d’Américains que le tabac et coûtent plusieurs milliards aux contribuables en soins de santé. Le Président peut manger ce qu’il aime en privé, mais pas pendant des évènements publics. Nos dirigeants doivent être des modèles”.

Photo: DSC02626, Johnny Rocket’s, Redwood City, CA, USA/ jimg944 via FlickrCC License by

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Des légumes bio au distributeur automatique

Quelques piécettes dans le distributeur automatique et voilà une botte de poireaux ou deux kilos de patates, pour des mangeurs ayant des envies de soupes nocturnes ou n’ayant pas le temps d’aller au marché. Dans le Gers, Les Jardins de Mesples alimentent le seul distributeur de légumes de la région (mais les distributeurs de lait et de yaourts existent déjà!), comme l’explique Sud Ouest.

Sonia Coron et Sébastien Lasportes sont agriculteurs associés sur la ferme bio de Mesples, à Castéra-Verduzan. Chaque jour, ils ravitaillent le distributeur avec des légumes du jour et de saison,  lavés et préparés… Ils ramassent au fur et à mesure, pour remplacer ce qui a été pris dans le distributeur. Les pertes et le gaspillage sont ainsi minimisés. Et le consommateur mange des légumes extra-frais, cueillis il y a quelques heures.

C’est le garage de Sonia Coron qui accueille le distributeur de légumes, cultivés à quelques kilomètres de là. Comme pour acheter un Coca dans un distributeur classique, on glisse quelques pièces dans la machine, on tape le numéro souhaité et un des 36 casiers en inox s’ouvre sur une botte de radis ou des topinambours, parfois accompagnés d’idées de recettes ou d’indications de cuisson.

C’est un exemple de circuit court intéressant: pas d’intermédiaire entre l’agriculteur et le consommateurs, les prix sont donc raisonnables pour les deux… Les producteurs expliquent à Sud Ouest: «Ce système de vente nous permet de vendre notre production directement au consommateur sans devoir passer tout notre temps derrière un comptoir. Les clients y trouvent aussi leur compte avec la fraîcheur et les horaires d’ouverture très larges». Un circuit court bien commode pour les clients, qui peuvent passer presque tous les jours entre 8 heures et 21 heures, et pour les agriculteurs, qui passent ainsi plus de temps sur leurs exploitations. Après, il y a sans doute moins de ce lien entre producteurs et consommateurs propre à la vente directe…

Ce n’est pas le premier distributeur de produits fermiers en France. Entre autres exemples, un maraîcher des Yvelines utilise la machine (accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7) depuis 2010. Daniel Pasquier a aussi installé un distributeur à Cour-Cheverny (Loir-et-Cher) pour permettre aux “rurbains” pressés de s’approvionner en produits frais. C’est Didier Filbing qui a importé et commercialisé ce système en France. Un système déjà très répandu en Suisse et en Allemagne… Pour lui, cette forme de vente directe marche de mieux en mieux puisqu’elle correspond à la montée d’inspirations locavores.

Photo: Tomates du jardin/ fred_v via FlickrCC License by

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Les deux candidats et l’assiette des Français

Nicolas Sarkozy goûte des produits locaux d’une ferme d’Isserpent, dans le centre de la France, le 25 novembre 2010. REUTERS/Eric Feferberg

Où est l’alimentation dans la campagne et les programmes des deux candidats finalistes à l’élection présidentielle? Bien cachée, pour une thématique qui concerne la vie quotidienne de tous les français. Quels sont les engagements de François Hollande et Nicolas Sarkozy en matière de «bien manger» et de nutrition? Quelle place accordent-ils à la cuisine saine, au bio, à la prévention de l’obésité, à la qualité de la restauration collective, aux circuits courts?

Finalement, pendant cette campagne, un seul thème s’est rapproché de l’alimentation: la viande halal. Mais dans la bouche de Marine Le Pen, il s’agissait plus de parler d’immigration que de bouffe. Hors des détails personnels et des anecdotes de campagne (Hollande fait ses courses tout seul et aime acheter de la compote, Sarkozy a mangé du boudin à Bayonne…), l’alimentation n’a pas fait recette.

D’abord, examinons purement et simplement leurs programmes. Aucun des deux ne s’attarde vraiment sur le sujet. Parmi les propositions de Hollande, la 6ème concerne la défense de l’agriculture française et le soutien à la ruralité. Le candidat affirme là: “Je défendrai un budget européen ambitieux pour l’avenir de l’agriculture dans sa diversité, en particulier l’élevage, dans le cadre de la révision de la politique agricole commune. J’encouragerai la promotion de nouveaux modèles de production et de l’agriculture biologique. Je donnerai aux producteurs les moyens de s’organiser pour rééquilibrer les rapports de force au sein des filières face à la grande distribution.”

Chez Sarkozy, la section du programme intitulée “consolider le renouveau de notre agriculture” parle de “renforcer l’organisation des filières de transformation afin de permettre aux agriculteurs de peser dans la négociation de leurs prix face aux distributeurs”. Pas de précision sur une éventuelle répercussion des prix pour les consommateurs…

Prévention et éducation

Ni Hollande ni Sarkozy n’a pris le temps de répondre aux questions d’Alimentons 2012, qui lance un appel pour faire de l’alimentation une question politique de premier plan et non plus «un enjeu de spéculation commerciale et boursière». Par contre, ils ont bien voulu répondre à l’Ania (Association nationale des industries alimentaires), qui a posé des questions à tous les candidats, pour éclairer leurs postures concernant l’alimentation et les industries concernées.

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Bien manger en Nouvelle-Zélande: du fast-food à l’assiette «gourmet»

Des moutons néo-zélandais / Maud Descamps

Cinquième épisode du tour du monde du bien manger de Maud Descamps

J’avais connu le pire à Dunedin dans le sud du pays, mais mon parcours gustatif en Nouvelle-Zélande s’est sensiblement amélioré au fil des jours pour atteindre le pur plaisir à Napier, région viticole où l’on sait recevoir le voyageur.

Il faudra des années pour que la Nouvelle-Zélande devienne un pays hautement gastronomique. Les scories d’une mauvaise cuisine british souillent encore trop souvent les assiettes, vous poussant à vous demander si le chef du pub dans lequel vous avez atterri après avoir tourné en vain dans les rues de Dunedin vous en veut personnellement.

D’abord il y a la serveuse qui vous rappelle que la cuisine ferme dans dix minutes. Mais il n’est que 20h20! Inutile de contester, ici on mange tôt. Vient ensuite la carte, variée certes, mais les prix affichés réduisent sensiblement le choix. Alors ce sera saucisses-purée avec oignons caramélisés. Au moins on limite les risques…

Quatre petits baleineaux

Arrive alors l’assiette, longuement attendue en sirotant une bière blonde maison pas trop mauvaise. Quatre gigantesques saucisses –genre andouillettes– échouées tels quatre petits baleineaux sur une mer de purée industrielle gisent devant moi. Rien qu’à les observer je n’ai déjà plus faim. Faut-il les secourir?

Je plonge ma fourchette dans la masse dense et ferme et commence à découper avec précision une tranche de mon «festin». La première bouchée est douloureuse. Puis il y a la purée et enfin la bière qui aident à avancer. Mais en milieu de course je cale. Mon corps dit non.

La serveuse débarrasse l’assiette. Mon corps se sent mieux. La serveuse m’apporte l’addition et une petite boite en polystyrène. Je l’ouvre, curieuse. Surprise! Les trois petits baleineaux que j’avais osé abandonner sont là, posés sur quelques restes de purée et d’oignons. La culpabilité me gagne… lorsque je fais glisser la boîte dans la poubelle postée à la sortie du pub.

Burgers, donuts et maoris

Je décide d’attendre d’être à Auckland, capitale économique du pays, pour retenter l’expérience. Si les cartes affichent désormais toutes sortes de cuisines du monde dans les multiples restaurants du centre, les fast-foods semblent tout de même avoir gagné la partie. Difficile de discerner les façades de Queen street, dans le centre-ville, cachées derrières les enseignes lumineuses qui se chevauchent presque.

Derrières les immenses vitres, ce sont surtout des ados –maoris dans plus de 70% des cas– qui passent commande au caissier guère plus âgé qu’eux. Plus de la moitié des jeunes que je vois est en surpoids. Pas vraiment une surprise dans un pays où l’obésité touche jusqu’à 25% des enfants et jusqu’à 44% de adultes maoris. Une population plus encline à la prise de poids et plus touchée par la pauvreté.

«La plupart de mes patients sont maoris, quasiment tous sont en surpoids et présentent des problèmes de diabète. On constate surtout, et comme dans n’importe quel pays industrialisé, une mauvaise alimentation liée directement à la paupérisation d’une catégorie de la population», m’explique Jason, un jeune médecin généraliste qui quitte Auckland pour s’installer du côté de Napier, sur la côte est.

Mouton midi et soir

C’est à Napier, capitale de l’art déco, que cette balade gustative prend enfin du corps. Duncan Mc Lean, éleveur à Hawkes Bay, est  à peine surpris par mon expérience malheureuse. «Il y a quinze ans, il n’y avait même pas de pizza en Nouvelle-Zélande. Moi j’ai grandi avec la viande de mouton qu’on mangeait midi et soir accompagnée de pommes de terre», se rappelle mon ami fermier. «Aujourd’hui on trouve un peu de tout dans les restaurants à condition d’y mettre le prix», précise-t-il. Pas évident en effet de trouver un plat convenable à moins de 25 dollars australiens (19 euros).

J’oublie alors l’expérience de Dunedin et des baleineaux et prend place autour de la grande table en bois de Duncan et Eleonor, son épouse. D’abord on débouche une bouteille de merlot du vignoble voisin, puis Eleonor sort quelques côtelettes d’agneau grillées au four et des tranches de chevreuil accompagnées de pommes de terre et de haricots. «Voilà un repas typique», me lance l’institutrice en découpant la viande rosée.

L’agneau fond sur ma langue tandis que le chevreuil se couperait presque avec une fourchette. Duncan me ressert du vin. La France n’est pas très loin, à la seule différence qu’ici l’agneau est bien meilleur!

Maud Descamps

La journaliste globe-trotteuse Maud Descamps a entamé un tour du monde d’un an au mois de septembre. En plus de sa chronique un samedi sur deux dans les Carnets du monde sur Europe 1, elle raconte pour Quand l’appétit va ses découvertes culinaires au fur et à mesure de son périple. Passionnée de cuisine et de bonne bouffe, Maud a éduqué son palais du côté de Lille pendant vingt ans, avant d’aller l’affiner dans le sud-ouest, à Toulouse, puis en Australie. Suivez-là sur twitter!

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Vous ne saviez pas que le Nutella était si gras? Demandez un remboursement à Ferrero!

Athena Hohenberg est une maman américaine. Son histoire est racontée par le Monde.fr: elle vit à San Diego et gave son enfant de Nutella. Jusqu’à ce qu’elle se rende compte que la pâte à tartiner n’est pas vraiment un produit diététique et sain… En février 2011, elle décide alors d’intenter une action en nom collectif contre l’entreprise Ferrero, en argumentant que la publicité montre le Nutella comme «un exemple de petit déjeuner équilibré et savoureux» et une pâte «plus saine qu’elle ne l’est en réalité».

Athena a été «choquée de découvrir que le Nutella était une nourriture ni saine ni nourrissante, mais à peine mieux que des bonbons, et qu’il contenait des niveaux élevés de graisses saturées». En effet, le Nutella est composé essentiellement de sucre, d’huile de palme, de cacao et de lait écrémé. Même si très savoureux, le Nutella n’est pas tout à fait ce qu’on appelle un”petit déjeuner équilibré” (et Athena n’a pas dû beaucoup lire les étiquettes pour ne pas s’en rendre compte avant).

Ferrero nie les accusations et décide de «conclure un accord avec les parties impliquées». Alors Ferrero USA, filiale du fabricant de pâte à tartiner, versera jusqu’à 4 dollars par pot de Nutella acheté en Californie entre août 2009 et le 23 janvier 2012, ou dans le reste des Etats-Unis entre janvier 2008 et le 3 février 2012. Les consommateurs doivent envoyer leur demande avant le 5 juillet, mais le remboursement ne peut pas excéder 5 pots… Au total, cela correspondrait à la coquette somme de 3,05 millions de dollars. Le monde.fr ajoute que cette somme ne va pas beaucoup pénaliser l’entreprise, qui est largement bénéficiaire. La filiale USA s’engage aussi à «modifier certaines déclarations marketing sur le Nutella» et à mieux détailler les informations nutritionnelles…

Précisons que l’accord ne concerne pas le reste du monde. Donc dommage, un aficionado européen ne pourra pas se faire rembourser sa consommation de Nutella des trois dernières années… Et nous n’aurons pas non plus droit à des mesures spéciales pour de meilleures informations nutritionnelles. Les publicités vont continuer à décrire le Nutella comme faisant partie intégrante d’un «petit déjeuner équilibré», aidant les enfants à avoir de l’énergie toute la journée et comme un produit contenant des jolies noisettes, du lait et du bon cacao. Et bien sûr sans jamais mentionner dans les spots télévisés un des principaux ingrédients, l’huile de palme.

Photo: Nutella. 38-365./ PV KS via FlickrCC License by

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Chez les boulangers, les pâtisseries industrielles gagnent du terrain

Le croissant moelleux, la tarte au citron ou l’éclair que vous achetez chez votre boulanger a des chances d’être un produit surgelé réchauffé. Même si ça sent bon le beurre et la pâtisserie qui sort du four à l’approche de la boutique. Le dernier numéro de Que Choisir explique que les consommateurs sont quelque peu «roulés dans la farine» à ce sujet là…

Dans les boulangeries, le pain est toujours fabriqué sur place, c’est la législation qui le veut. Pour utiliser l’appellation «Boulanger», les artisans doivent assurer eux-mêmes “à partir de matières premières choisies, le pétrissage de la pâte, sa fermentation et sa mise en forme ainsi que la cuisson du pain sur le lieu de vente au consommateur final”. Et ne surtout pas utiliser la congélation. Mais regardez autour de vous… Beaucoup de chaînes n’utilisent pas le terme «boulangerie» mais ont des jolies devantures qui évoquent l’univers et les senteurs de la vraie boulangerie.

Cette législation est valable pour le pain. Mais en ce qui concerne le sucré, les pâtisseries et viennoiseries peuvent tout à fait être fournies par des entreprises agro-alimentaires. Que Choisir précise qu’il est difficile d’évaluer la proportion de ces surgelés chez les boulangers, mais cite Philippe Godard, de la Fédération des entreprises de boulangeries et pâtisseries industrielles: «on peut néanmoins estimer, sans risque d’être contredit, qu’une viennoiserie sur deux n’est pas fabriquée par l’artisan. (…) Elles lui ont été livrées déjà prêtes et il n’a plus qu’à les cuire dans son four». Ou alors, il s’est fait livrer des produits qu’il n’aura plus qu’à assembler (fond de tarte et crème par exemple…).

Evidemment, bien des artisans-boulangers continuent à faire leurs propres pâtisseries ou se concentrent sur quelques spécialités et achètent le reste à l’extérieur. Philippe Maupu, secrétaire général de la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française,  déclare quant à lui que le recours à la pâtisserie industrielle «reste marginal». Difficile de vérifier les dires des uns et des autres, car les industriels refusent de donner des chiffres ou d’ouvrir leurs carnets de commande…

Pour Michel Bernardin, directeur adjoint de Coup de pâtes, un des leaders du secteur, «de tous temps, le boulanger a eu besoin de produits finis ou semi-finis parce qu’il n’avait pas les compétences ou le personnel pour le confectionner lui-même».  Alors il propose des épais catalogues de pâtisseries: on dirait des vraies, mais c’est du «cru-surgelé» ou du «précuit-surgelé»

Alors, comment savoir si on achète du frais ou de l’industriel? D’abord, demander simplement au boulanger semble une bonne idée! Même si un boulanger vendant des produits industriels ne va pas trop s’en vanter… Certains artisans lèvent le doute directement avec des affichettes «tous nos produits sont fabriqués sur place». Normalement, quand ils mettent en vente un produit surgelé, les boulangers doivent mettre un logo d’igloo sur leur vitrine (ou un pingouin dans les pâtisseries «pures»). Aussi, selon Que choisir, plus la gamme est large, plus l’origine industrielle est probable. Ensuite, les gâteaux faits maison sont souvent plus irréguliers et moins calibrés que leurs cousins sortis d’une chaîne de production. Enfin, il faut surtout goûter! Car c’est sûr et certain, un éclair au chocolat congelé n’a vraiment pas le même goût qu’un autre préparé le matin même par un artisan.

Photo: religieuse/ jetheriot via Flickr CC License by

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McDo, des burgers jusque dans les hôpitaux

Un Big Mac en sortant du bloc opératoire? Aux Etats-Unis, c’est possible. Npr décrit cette implantation du fast-food à l’hôpital… Dans la caféteria du Centre médiacal Truman de Kensas City, on peut sagement acheter un repas à faible teneur en calories, en gras et en sodium. De l’autre côté du mur, on peut aussi acheter des frites bien salées dans un des restaurants de la grande enseigne jaune…

Cette affaire est délicate pour le directeur de l’hôpital, John Bluford. En tant que président de l’Association américaine des hôpitaux, il a lancé l’année dernière un appel à l’élimination des aliments malsains présents dans les établissements de santé, qui donnent «un message incohérent» au personnel et aux patients.

Mais l’hôpital Truman a signé en 1992 un contrat de 25 ans avec MacDo. A une époque où les bénéfices financiers l’emportaient sur les éventuels risque sanitaires… Le problème, c’est qu’il n’est pas si facile de se défaire d’un contrat avec la grande chaîne de fast-food. La Clinique de Cleveland a essayé, en vain.

Sur les 14 000 McDonalds implantés aux Etats-Unis, “seulement” 27 sont dans des hôpitaux, selon la chaîne. Toujours selon Ronald, la présence de ces échoppes peut apporter commodité et confort aux patients. Ou même réveiller les papilles des gens subissant des traitements forts… Danya Proud, la porte-parole de McDo, va même jusqu’à dire que la chaîne peut s’adapter à tous les régimes: “aujourd’hui, nous avons une grande variété dans nos menus. Nous avons confiance en nos clients pour qu’ils fassent des choix appropriés pour eux, leurs familles et leurs modes de vie”…

Le journal Ouest France précise que 2000 médecins et professionnels de la santé se sont insurgés devant cette aberration en envoyant une lettre à une vingtaine de directeurs d’hôpitaux, demandant la fermeture pure et simple de ces McDo. L’entreprise est accusée entre autres de se faire «un bonus d’image, en faisant croire que ses produits sont bons pour la santé», puisqu’ils sont «associés à des hôpitaux».

Mais pendant que certains hôpitaux essaient de rompre les contrats avec les chaînes de restauration rapide, d’autres s’en donnent à cœur joie. Des restaurants Chick-fil-A ont récemment ouvert dans plusieurs établissements, comme au Texas ou en Caroline du Sud. Et le fast-food à l’hôpital américain est loin d’être éradiqué, puisque d’autres chaînes ont déjà des points de vente depuis plusieurs années, comme KFC ou Pizza Hut.

Photo: Happy Meal Play Set // Dinette Happy Meal/ Stéfan via Flickr CC License by

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Lucie de la Héronnière