Thom Browne de l’autre côté du miroir

 

Installation view of "Thom Browne Selects." Photo by Matt Flynn © 2016 Cooper Hewitt, Smithsonian Design Museum

Prodige tardif de la mode, Thom Browne n’a créé sa propre marque qu’à près de 40 ans en 2003. Vite remarqué et remarquable, son style classique a rapidement eu du succès. À New-York au musée Cooper Hewitt, la créateur a choisi des objets pour l’exposition « Thom Browne selects ».

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À ses créations sous son nom, il ajoute d’autres collaborations : une ligne chez Brooks Brothers (Black Fleece), Bleu pour homme chez Moncler, des bijoux pour Harry Winston… Parmi les différents prix reçus, celui de styliste pour homme de l’année du CFDA (Council of fashion designer of America). Si son style est relativement classique, ses défilés eux sont originaux et spectaculaires. Un choix qui participe à la perception de la mode de Thom Browne et qui donne un twist à ses créations. Il dit : « Je veux que le public expérimente quelque chose qu’il n’a pas vu auparavant et qu’il sache qu’il y a une véritable pensée derrière la collection, le concept de la présentation et le show. Ce n’est pas juste un show pour le show. » Combat de boxe, lieux atypiques, esthétique travaillée, les propositions sont toujours étonnantes. Mais le style renoue avec un classicisme et un sens de la coupe très construit, retour au « costume ». « L’idée de costume ne semblait pas d’avant-garde aux jeunes. Il y a une aversion pour l’uniformité, mais en réalité, les gens qui marchent dans la rue sont pour la plupart avec le même style, ce que la tendance dicte… C’est ironique qu’ils pensent que l’uniformité ne libère pas assez ».

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Jeux de miroir dans une installation pour homme en juillet 2015 où la perception semble uniforme, seuls les détails distinguent les vêtements. Au printemps 2016 sa collection pour femmes, inspirée du nom de l’exposition du MET « Through the looking glass » est moins sous l’influence de la Chine que du Japon qui intéresse Thom Browne pour la perfection de son artisanat. Là, l’idée de l’uniforme s’inspirait des écolières du Japon, mais aussi des écoles privées des États Unis et de la poussière des Raisins de la colère de Steinbeck.

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De l’uniforme à la multiplication des objets, Thom Browne a dans son exposition au Cooper Hewitt sélectionné des miroirs historiques et des cadres dans les collections. Pas un choix de textiles, mais plutôt travailler sur l’idée de reflet. Uniformité d‘apparence et détails différenciants pour ces miroirs la plupart européens, de France, d’Italie, d’Espagne ou aussi de Turquie, depuis le XVIIIe siècle.

Mirror. England, ca. 1760. Carved and gilt pine, mirrored glass. H x W x D: 182.9 x 109.2 x 17.8 cm (6 ft. x 43 in. x 7 in.). Bequest of Mary Hayward Weir, 1968-158-4.

Mobilier argent, éclats aluminium et sol jonché de paires de chaussures argent bien ordonnées. Dans la salle aux reflets métalliques où l’argent futuriste domine, les miroirs sont le brillant reflet du passé.

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Miroir anglais ca 1760 Bequest of Mary Hayward Weir.

Matt Flynn ©

 

 

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