Kimiko ci Kimiko là

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Athéna déesse de la guerre de Klimt                            Vénus de Véronèse

Pas besoin de chercher Charlie au milieu de la foule, Kimiko Yoshida est présente sur chacune de ses photos. Avatars artistiques, ethniques, l’artiste japonaise joue à se maquiller, se transformer, se métamorphoser pour mieux prendre la pose. L’exposition de la MEP présentait une multitude de portraits dont la dernière série avec des vêtements de Paco Rabanne. Celui que Coco Chanel appelait le métallurgiste avait choisi des matériaux autres que les tissus, privilégiant le métal ou les plastiques (rhodoïd…). Avec les « Peintures », Kimiko a la tentation du monochrome  (l’artiste y voit « une figure de l’inatteignable »). Sa série de 120 photos permet de retrouver Gauguin, Rembrandt… dans un travail de citation qui n’est pas une parodie, mais un jeu de miroir. Saint François agenouillé de Zurbaran, Le printemps de Botticelli, Dona Isabel de Porcel de Goya, Berthe Morisot de Manet, Athena déesse de la guerre de Klimt sont autant d’avatars de Kimiko. L’Orient est aussi présent avec des inspirations de peintures sacrées de Thaïlande, du Cambodge. S’il est dit que l’artiste a quitté le pays du soleil levant pour échapper aux conditions de la femme dans l’archipel, en France elle joue le paradoxale jusqu’à y à perdre son identité. La série des mariées célibataires (hommage duchampien ?) est une de ses plus connues (La mariée Mao est un quasi monochrome rouge avec petit livre et costume de garde). Dans la traduction de ce moment (mariage), l’apparence joue un rôle majeur. Surgit le mot célibataire et semble s’arrêter le processus normal. Si le vêtement est très présent, il est détourné tandis que le visage de Kimiko la plupart du temps s’estompe, se fond, ne laisse visibles que les yeux et la bouche. Le thème de la mariée renvoie aussi au Japon à l’omiai ou mariage arrangé. Surgissent dans l’oeuvre nombre de souvenirs du soleil levant. La belle histoire des croyances à l’origine du pays se redécouvre avec Le miroir sacré d’Amaterasu (2008). Naissance d’une geisha, Marie-Antoinette recapitée en geisha, Louis XIV en kimono hybrident joyeusement l’Orient et l’Occident. De Kimiko Endormie dans le souvenir de Brancusi à La Mariée sakura, un voyage.

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Sitting Bull, Chef Sioux                                                 Zapata de Diego Rivera

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